Me suis décidée hier devant le rayonnage à Cultura, un peu de local, et lu dans la foulée (édition POKET) :

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Il n’a que 22 ans…Il se réveille, apprend le décès de son père par son ex, Laure et son meilleur ami Samuel, suite à un accident de voiture.Ce qui ne serait pas si dramatique s’il n’avait pas perdu auparavant son frère et sa mère dans un précédent accident de voiture, son père conduisant…Blondel réussit le pari de nous raconter le dépassement au travers d’un spectre de couleurs, d’abord noir/blanc puis par aplat de couleurs, de petites touches qui vont et viennent progressivement en traçant la route.

P.23 « ça n’arrive jamais, ce genre de chose. Même dans les romans. Il y a une limite à l’indécence ; quand même. Le romancier plonge son héros dans la tragédie, il ne va pas en rajouter une couche. Il est sur le point d’ajouter un troisième décès, et puis, il se reprend: « Ah non, honnêtement, c’est impossible, il faut que je trouve autre chose. »

Pas de larmoiement intempestif, le style est vif, les phrases saccadées mais pas fuyantes,  elles rendent bien justice à ce mélodrame, aux tranches de  vie traversées et au chemin parcouru.

P.55 « Je n’aime pas les photographies. Je n’aime pas ce qui fixe. Je préfère le mouvant. indistinct. Le fondu enchaîné. C’est ce que je suis. Fondu et enchaîné »

p.128 « Je suis en lutte perpétuelle .Je marche écartelé sur la ligne rouge qui sépare la marge de la page. Je m’y maintiens en équilibre.J’étends les bras.Mes pas sont encore mal assurés .Le vent menace à tout moment de me faire basculer. Je suis là-haut, tout là-haut. Je suis un funambule »

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