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Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Journal de bord des lectures, critiques et moments d'écritures

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L’HOMME CRAIE, C-J TUDOR.

Elle est là, cette pépite que j’avais évoqué,

le meilleur polar… que j’ai lu ces dix dernières années,

un coup de coeur puissance dix, assurément !!! Je voudrai être dithyrambique sans desservir cette perle,

il faut dire que qu’avec ce bandeau si élogieux,

juste Maxime CHATTAML'homme craie

qui annonce  » JE N’AVAIS PAS LU UN POLAR AUSSI PRENANT MALIN ET DIVERTISSANT DEPUIS LONGTEMPS. VIVEMENT RECOMMANDE. »

Trop impatiente je vous livre la 4ème :

« Nous n’étions pas d’accord sur la manière dont ça avait commencé. Etait-ce lorsqu’on s’était mis à dessiner les bonhommes à la craie, ou lorsqu’ils sont apparus tout seuls ?

1986

.Le jeune Eddie et ses amis élaborent un langage secret pour communiquer : de petits bonhommes tracés à la craie. Ce qui n’est qu’un jeu prend une tournure tragique lorsque l’un de ces dessins les conduit jusqu’au cadavre d’une jeune fille.Trente ans après le drame, alors qu’Eddie le pense derrière lui refait surface…Le jeu n’est pas terminé. »

C’est le moment où toi lecteur,

redeviens un enfant,

tu dessines un petit bonhomme, innocent,

ou peut-être joues-tu au pendu,

innocent toujours ?

Une écriture fluide, une virtuosité certaine, alternance du temps de l’innocence 12ans, de flash-back et de scènes présentes « 2016.(p.11) Commencer par le début.Le problème, c’est que nous n’avons jamais réussi à nous mettre d’accord sur le début.Est-ce quand Gros Gav a reçu le seau de craies pour son anniversaire? Est-ce quand nous nous sommes mis à nous en servir pour dessiner des bonshommes? Ou quand ils ont commencé à apparaître d’eux-mêmes? Est-ce le terrible accident? Ou quand on a retrouvé le premier cadavre? »

Car « Le moment s’éternise une fraction de seconde de trop, dérivant de la pause naturelle vers le silence inconfortable. (p.81)*

 » puisqu’on« On croit vouloir des réponses. Mais en réalité ce que nous voulons ce sont les bonnes réponses. Nous posons des questions dont nous attendons en retour la vérité que nous voulons entendre. Le problème, c’est qu’on ne peut pas choisir ses vérités. » 

et que« Les idées des enfants sont un peu comme des graines dispersées au vent .Ceraines se perdent, portées par la brise , oubliées pour toujours.Mais d’autres prennent racine, creusent leur chemin, croissent et se répandent »

Mais » de toute façon, ma vie est déjà une ruine dont les pierres gravées de « j’aurais dû » s’entrechoquent les unes contre les autres dans un grand désordre mêlé de regrets. (p.275) »

Lecteur..

« Je dois te dire quelque chose…
Des mots que je n’aime pas entendre. Rien de bon ne sort des phrases qui commencent ainsi. Comme avec « Il faut qu’on parle. » (p.167) « 

alors jettes-toi à l’eau lecteur, je serai ravie d’avoir ton avis..vraiment.

M.G

 

L’outsider, King 2/2.

Le décor est parfaitement planté,

univers manichéen  à souhait :

« Le Diable peut avoir de nombreux visages. Et s’il avait le vôtre ?

Et en passant, passage au vitriol de la société américaine..

« La vie d’un Noir compte autant que celle d’un Blanc, leur avaient appris leurs parents, mais pas forcément aux yeux de la police. « 

terrifiant qui débute par un crime,

King cultive les peurs ancestrales,

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quoi de plus abject, pénible, que les crimes commis sur les enfants,

figures même de l’innocence et de la pureté,

travail sur le monstrueux,

bercé dans son univers familier pour moi

« étant donné qu’on vient des ténèbres, la logique veut qu’on y retourne. En revanche, je crois aux étoiles et à l’univers infini. Le grand Là-Bas. ici-bas, je crois qu’il existe d’autres univers dans chaque poignée de sable, car l’infini est une rue à double sens. Je crois qu’il y a dans ma tête des dizaines de pensées alignées en file indienne derrière chaque pensée consciente. Je crois à la conscience et à l’inconscient, même si je ne sais pas ce que c’est. Et je crois en Conan Doyle, qui fit dire à Sherlock Holmes :  » Une fois que vous avez éliminé le possible, ce qui reste aussi improbable que cela puisse paraître, ce doit être la vérité. » ,

tous les codes kingiens y sont

« La plupart des légendes possèdent une part de vérité ». , je retrouvais l’univers  rôdé de » ça », des références multiples et croisées, »Shining » »Accordez-moi juste un instant pour arrêter le film que je suis en train de regarder. [Holly Gibney]
– J’espère que je ne vous gâche pas la soirée. [Alec Pelley]
– Nous, rassurez-vous. J’ai déjà vu Les Sentiers de la gloire une dizaine de fois, au moins. Un des meilleurs films de Kubrick. Bien meilleur que Shining et Barry Lyndon, si vous voulez mon avis. Mais évidemment, il était beaucoup plus jeune quand il l’a réalisé.

d’autres plus contemporaines, Lisa Gardner et Harlan Coben.

Et puis comme souvent King joue avec nos nerfs, il choisit un membre honorable de la société Coatch T,dont on répugnerait qu’il soit coupable, alors que tout l’accuse, « Il n’a pas une tête de monstre, hein ? / C’est rarement le cas. » (p. 57) « 

«  Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes », 

il me les indices ,

instille les doutes,
« Il y a un vieux proverbe qui dit que tout le monde a un double. Je crois même qu’Edgar Poe a écrit une histoire là-dessus ».

« Les pires criminels maîtrisaient à la perfection l’art de Qui ça, moi ? »

Sans compter le jeu des frontières, « Le monde est rempli de coins et recoins étranges. » 

minces, « La réalité est une fine couche de glace, mais la plupart des gens patinent dessus toute leur vie sans passer à travers, sauf à la toute fin. »

entre surnaturel, Rêves et Cauchemars « Les rêves, c’est ce qui permet d’entrer en contact avec le monde invisible.

« Il y a également des forces du bien sur cette terre. (…) Pas seulement ici, mais partout. Il existe des forces qui tentent de rétablir l’équilibre. 

Un joli retour, croisée entre le polar, l’horrifique et le fantastique, ça fonctionne toujours très bien..

M.G

 

Un enfant à ma porte, Ying Chen.

A la lecture,

des impressions et rappels,

sensations de déjà-vu…

Immédiatement, j’ai pensé à l’incipit de Souvenirs pieux de Marguerite Yourcenar…

« L’être que j’appelle moi vint au monde un certain lundi 8 juin 1903, vers les 8 heures du matin, à Bruxelles, et naissait d’un Français appartenant à une vieille famille du nord, et d’une Belge dont les ascendants avaient été durant quelques siècles établis à Liège, puis s’étaient fixés dans le Hainaut. La maison où se passait cet événement, puisque toute naissance en est un pour le père et la mère et quelques personnes qui leur tiennent de près, se trouvait située au numéro 193 de l’avenue Louise, et a disparu il y a une quinzaine d’années, dévorée par un building.

« Ayant ainsi consigné ces quelques faits qui ne signifient rien par eux-mêmes, et qui, cependant, et pour chacun de nous, même plus loin que notre propre histoire et même que l’histoire tout court, je m’arrête, prise de vertige devant l’inextricable enchevêtrement d’incidents et de circonstances qui plus ou moins nous déterminent tous. Cet enfant du sexe féminin, déjà pris dans les coordonnées de l’ère chrétienne et de l’Europe du XXème siècle, ce bout de chair rose pleurant dans un berceau bleu, m’oblige à me poser une série de questions d’autant plus redoutables qu’elles paraissent banales, et qu’un littérateur qui sait son métier se garde bien de formuler. Que cet enfant soit moi, je n’en puis douter sans douter de tout. Néanmoins, pour triompher en partie du sentiment d’irréalité que me donne cette identification, je suis forcée, tout comme je le serais pour un personnage historique que j’aurais tenté de recréer, de m’accrocher à des bribes de souvenirs reçus de seconde ou de dixième main, à des informations tirées de bouts de lettre ou de feuillets de calepins qu’on a négligé de jeter au panier, et que notre avidité de savoir pressure au-delà de ce qu’ils peuvent donner, ou d’aller compulser dans les mairies ou chez des notaires des pièces authentiques dont le jargon administratif et légal élimine tout contenu humain. Je n’ignore pas que tout cela est faux ou vague comme tout ce qui a été réinterprété par la mémoire de trop d’individus différents, plat comme ce qu’on écrit sur la ligne pointillée d’une demande de passeport, niais comme les anecdotes qu’on se transmet en famille, rongé par ce qui entre temps s’est amassé en nous comme une pierre par le lichen ou du métal par la rouille. Ces bribes de faits crus connus sont cependant entre cet enfant et moi la seule passerelle viable ; ils sont aussi la seule bouée qui nous soutient tout deux sur la mer du temps. »

C’est assez étrange d’ailleurs, car les deux textes me laissent en arrière-bouche une sensation désagréable,

le thème abordé sans doute un peu, puisqu’il s’agit du rapport à la maternité,

et à l’ instinct maternel,

4ème:

« Un couple reçoit mystérieusement un enfant, déposé par des forces inconnues dans le jardin. Ce nouveau venu est une sorte de démon, haï par la mère. Révélateur de la mésentente du couple, de l’angoisse de la mère, de la solitude de l’écrivain, l’enfant renverse toutes les valeurs habituelles de la famille et de la vie bourgeoise. Dans ce curieux apologue, Ying Chen fait le procès du sentimentalisme et des conventions sociales et familiales, mais pour exprimer paradoxalement l’amour. Il s’agit d’un « faux » livre autobiographique, mais qui touche à des éléments essentiels de la vie et de la littérature. »

et des relations somme toutes complexes à l’enfant, dont l’arrivée est …don du ciel

« .Je craignais de lui faire mal en le touchant, comme un esthète devant un précieux objet d’art, ou comme un artiste séduit par une oeuvre. p.99 «  mais aussi en un sens,

bouleversement et entrave d’un ordre préétabli, « La perspective de revoir l’enfant plus tard, notre éprouvant rendez-vous du soir, devenait le seul moteur qui me faisait bouger pendant ma journée autrement inoccupée. »p.80 ______de la reproduction de l’espèce aux désirs égoïstes et prolongements narcissiques..

Ying Chen comme Yourcenar adoptent un ton distancié à la chose, à la manière d’une analyse sociologique, la particularité avec Chen, une femme, à laquelle on peine en tant que lecteur à s’attacher, puisqu’elle n’est que rattachée à une initiale,

perte de son individualité,

dépersonnalisation, avec ce personnage principal, caractérisé façon lapidaire :

« la femme de A. »

mais aussi dans le style sobre,

dénué de sensiblerie et d’affect, une image est récurrente…

 » Devant mon enfant, j’étais vite devenue une mère, un ver à soie mourant, et non pas un artiste devant une oeuvre. Je ne pouvais plus me permettre la distance entre le spectateur et l’objet. Il n’y avait plus de rapport entre l’enfant et moi puisque nous étions littéralement confondus en un seul être.J’avais l’impression que l’enfant pouvait sentir toutes mes douleurs sans même les comprendre et sans les exprimer, et que je le connaissais jusqu’au bout des doigts. Nous formions un tas sous le même toit. Dans ces conditions, comment pourrait-il exister un amour quelconque? » p.100/101

 

https://www.images-booknode.com/book_cover/36/un-enfant-a-ma-porte-35910-264-432.jpg

Les appréhensions, questionnements, doutes, angoisses qui peuvent germer dans l’esprit, les rapports à la possession, à l’abandon de soi et de l’enfant, ici il « apparaît » (visibilité/ se montre/évidence et limpidité) presque comme par magie…« On dirait qu’il y avait une réserve, que tout était déjà dans sa tête depuis le début, qu’il était la miniature d’un adulte, un démon dans un bocal fermé, qu’il n’était attendrissant que par sa forme. La chair jeune et parfumée des enfants , leur apparente fragilité et leur déraison ont dérouté tant de parents. p.92 »

Autant de questions qui jalonnent le quotidien de la femme de A. déployant l’éventail de paradoxes et de contradictions de l’amour maternel, inconditionnel , entre évidences et non-dits, conventions sociales, attentes et exigences,

un enfant à ma porte...pas mon enfant, « un » indéfini « ?

un enfant ( laissé/délaissé/trouvé …) comme une tuile, un hasard, une chance inespérée etc…

M.G

King le fiévreux…

J’ai toujours apprécié Stephen King, j’ai commencé tôt et suis devenue accro et collectionneuse (ou comme dirait Foenkinos David atteinte de « la collectionnite »).

Je dois au bas mot en possèder une quarantaine que ce soit sous son nom ou ses pseudo comme avec Chantier ou Rage de Richard Bachman. Je le trouve paticulièrement efficace pour instiller et réveiller les terreurs enfantines et adolescentes, il devient même fiévreux et diabolique sur le format de la nouvelle, je pense notamment à La ballade de la balle élastique.

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J’ai relu récemment la petite fille qui aimait Tom Gordon dans lequel Trisha, âgée de 9 ans connaît l’errance dans la forêt des Appalaches et doit survivre seule, (avec sa petite radio et son attachement à Tom Gordon, joueur de baseball) alors qu’elle est en proie à toutes ses peurs..terrible…On en vient à penser que ce pourrait être issu d’un fait divers…

 

 

 

[22/11/63 Stephen King Albin Michel, couverture complete (thumbnail) - Photo]

Je me suis attaquée mi-mai à 22/11/63...

Pour moi, il ne detrônera pas l’excellentissime Bazaar ..Quelques passages savamment orchestrés qui nous tiennent en haleine..Et j’ai toujours beaucoup de plaisir à voyager dans le temps,ici, sur toile de fond des 50’s avec brio, d’autant plus avec ce petit air entêtant fredonné In the Mood de Glenn Miller..musique!!!L’ambiance y est…On est pris dans l’engrenage de Georges/Jack: va-t-il ou non réussir à sauver J.F.K?  Il est aux prises entre son individualité , Sadie, et son patriotisme, le destin de toute la nation.J’ai aimé aussi le final traditionnel, p 919, « Au revoir,Sadie .Tu ne m’as jamais connu. Mais … » et les références kingiennes à souhait, je me suis délectée de ça entre autre…Et cette idée étrange d’un carnet bleu à détruire, l’effet papillon et les paradoxes temporels fonctionnent bien.Je regrette simplement quelques longueurs_____des passages à vide..qui pourtant contribuent à entretenir la confusion avec

« Carton jaune/rouge/noir » et « jimla » parce que George se demande, p141, « je suis fou », p58 « Pas au bord du cafouillage mental-non-je pense qu’un esprit humain modérément équilibré peut absorber pas mal d’étrangeté avant de chanceler-mais paniqué,-oui ».
Ce qui se conçoit relativement bien au regard du contexte, quand Georges avoue « Je me sentais comme un extra-terrestre dans un film de science-fiction, tentant de se faire passer pour un terrien. »

Les récurrences à l’Attrape-coeurs de J.D Salinger m’ont tout naturellement orienté …Je comprends mieux les références de King que ce soit dans le Shining de Kubrick, dans 22/11/63, et je suis certaine dans bien d’autres, j’y serai bien plus attentive..La perdition, la déperdition, l’adolescence, des thèmes chers et particulièrement inspirants pour King!.De Salinger, je garderai le ton familier, sans chichis, « la môme Phébé » et le regard de couvade du grand-frère qui « bigophone » « bicause ».

Trouvé pendant les vacances les tomes manquants de la Tour sombre, je dois refaire le point, et aussi un autre totalement inconnu Colorado Kids publié en 2005 .Mais King prévient d’entrée de jeu ses lecteurs, jugement sans concession, soit ils aimeront soit ils détesteront…Je dois avouer que j’ai tenté plusieurs approches, mais pour le moment ça ne passe pas bien, j’ai préféré me rabattre sur l’Histoire de Lisey.Le début me semble particulièrement familier ,donc je l’ai peut-être déjà rencontré, j’ai un doute mais il s’annonce prometteur..Suite à venir..

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Pour ceux qui découvriraient, je recommande de commencer par les nouvelles, notamment Différentes saisons et Danse macabre, ce sont les plus usés de ma collection…

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