Recherche

Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Journal de bord des lectures, critiques et moments d'écritures

Tag

thriller

Paz, CARYL FEREY.

Bienvenue en enfer,

*âmes sensibles s’abstenir pour ce thriller, qui n’épargne pas les détails gores et trash,

« Sans parler des fugues ou des disparitions volontaires, au moins quarante mille Colombiens s’étaient volatilisés sans laisser de traces durant la guerre civile, jetés dans les fleuves, enterrés, coulés dans du béton, brûlés dans des fours ou dissous dans l’acide. » en partance vers la Colombie, au coeur de la guérilla, de la lutte contre la corruption à tous les étages et des forces para, sous fond de conflit avec les FARCS , territoires des narcos

« Les feuilles de coca étaient triturées avant d’être mélangées à l’essence, au ciment et à l’acide sulfurique. Le procédé était basique, l’odeur infernale. Après décantation, on obtenait la pasta base, une pâte brune riche en alcaloïdes, que les paysans revendaient aux trafiquants en cheville avec la guérilla ou les paramilitaires. La pasta était ensuite raffinés dans les labos clandestins plus sophistiqués, des changos, pour devenir une fine poudre blanche prête à l’export. C’est elle qui rapportait gros – très gros »

et avec pour héritage Pablo Escobar.

« Ex-acteurs du conflit recyclés dans le privé, groupes armés d’extrême gauche ou droite toujours en exercice, délinquants manipulés, narcos, capos mafieux et sicarios, tout ce que la Colombie comptait de criminels était susceptible d’avoir planifié pareille boucherie. Jusqu’à présent rien n’expliquait ces meurtres sauvages, mais la coupe du « vase à fleurs » était un marqueur, tout comme l’exposition publique du corps, relents des massacres qui avaient précipité le pays dans la guerre civile : la ViolenciaResté bien accroché pour suivre notre chef de la police Lautaro, la jungle est luxuriante et mortelle, elle est piégeuse tout comme l’entrée en lecture qui est force d’abondances et de références, « 

rendant l’enquête particulièrement complexe.

C’est ultra violent, noir, sombre à souhait, bien documenté, foisonnant et très précis, ciselé sur 596 pages, une course d’endurance, donc, que je ne regrette pas d’avoir lu, qui était le dernier de la série polars que j’avais, il en restent quelques uns.

M.G

Article mis en avant

Surface, Olivier NOREK.

En surface, la quiétude règne sur les rives, l’innocence, en surface, oui.

Olivier NOREK ne nous ménage pas, d’entrée de lecture, il nous heurte de plein fouet, Noémie Chastain, femme flic est blessée en pleine opération et se retrouve défigurée, « Ne vous trompez pas, réparer votre enveloppe ne pose pas de problème. Réparer des dégâts invisibles, c’est plus aléatoire, donc plus imprévisible, forcément »p.26

Ces cicatrices font de Noémie un monstre, au-delà de la reconstruction, les cicatrices demeurent et rappellent à chacun de ses coéquipiers que toute situation demeure risquée, elle doit avancer et souhaite avant tout retrouver sa brigade, mais le retour n’est pas si facile, et ses supérieurs ne lui facilitent pas la tâche, elle est suivie par un psychologue et doit renoncer pour l’instant à réintégrer son poste auprès de ses coéquipiers. Elle est envoyée en Aveyron, à Decazeville, mise au placard et doit en plus d’intégrer le service, juger de sa nécessité de rester en activité, une mission de prime abord, très ennuyante et pénible. Sauf qu’un premier cadavre, un fait tout à fait exceptionnel émerge, des enfants disparus, une légende urbaine, un village déplacé et immergé, en surface tout va bien, tout est calme, mais si l’on sonde, si l’on questionne la surface, que risque-t-on ?

Un polar thriller bien mené, une course contre le temps, des personnes bien campés et une écriture fluide m’ont facilement emmené au-delà de la surface, comme souvent, il faut creuser les profondeurs pour frôler l’abîme.Un polar que je verrai bien adapté au cinéma, un jeu de questions réponses, un village et des rumeurs ancestrales, des familles en opposition, des secrets, tous les bons ingrédients y sont, une bonne lecture que j’ai apprécié pour une débuter une série de polars.

M.G

Article mis en avant

Glacé, Bernard MINIER.

Glacé par Minier

La 4ème »Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise. Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée. Le commandant Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière.« 

« Servaz surprit cependant un regard aigu filtrant sous les paupières et il comprit que l’ex-magistrat dissimulait derrière cette bonhomie de façade un esprit pénétrant – à l’inverse de tant d’autres qui cachent derrière le masque du cynisme et de l’ironie leur absence d’idées ».

Un autre Minier, une autre atmosphère,

glaçante,

un thriller psychologique réussi,

haletant, bien rythmé, les personnages ont de l’épaisseur, l’intrigue commence par une découverte atypique, un cadavre mutilé de.. cheval au sommet des Pyrénées,

donc assez énigmatique, suscitant nombres d’hypothèses et de questionnement chez le lecteur,

parallèlement à cela on suit une psychologue qui vient d’intégrer juste à côté du site criminel un centre psychiatrique,

le décor est donc campé,un environnement particulièrement

hostile, propice à la psychose..

« La folie est contagieuse,

répondit Servaz. Comme la grippe. Voilà une chose que les psychiatres auraient dû comprendre depuis longtemps. Contagieuse? fit Marchand, dérouté.Elle ne saute pas d’un individu à l’autre comme la grippe, précisa Servaz. Mais d’un groupe de population à un autre. Elle contamine toute une génération. Le vecteur du paludisme, c’est le moustique. Celui de la folie, ou du moins son vecteur préféré, ce sont les médias.« 

« Oui… Ici, les doses dépassent largement les normes recommandées. C’est un peu Hiroshima version médocs. On ne fait pas dans la dentelle. Attendez, on ne les shoote pas pour autant ! Regardez-les : ce ne sont pas des zombies. Simplement, la plupart de ces… individus… sont chimio-résistants. Alors on jongle avec des cocktails de tranquillisants et de neuroleptiques à assommer un bœuf (…) quand rien d’autre ne fonctionne, on a recours à la molécule miracle : la clozapine…
Diane en avait entendu parler : la clozapine était un antipsychotique atypique utilisé pour traiter des cas de schizophrénie réfractaires aux autres médicaments. P.223/224

Aussi ne suis-je pas étonnée d’en trouver une adaptation :

cf lien avec le prix de la meilleure série lors du Festival de la fiction télévisée de La Rochelle en 2016.

J’avoue ne pas l’avoir encore visionné, mais je le garde en tête,

M.G

Article mis en avant

Ceux qui te mentent, Nuala ELLWOOD.

Ceux qui te mentent par EllwoodIl y a ceux qui te mentent,

et ceux qui ne disent pas la vérité,

ceux qui omettent,

ceux qui oublient

ou préfèrent oublier,

et on ne peut pas dire qu’on n’était pas prévenu,

pourtant c’est affiché,

oui là

devant notre nez, sur la couverture..Tu ne vois pas..sous le titre rouge, dessous, en gras en noir.

Et bien moi, en cours de lecture,

j’ai oublié ce doux conseil, et je me suis laissée embarquer dans l’histoire dont je vous livre la 4ème :

« Kate est reporter de guerre et souffre de stress posttraumatique. À cause, entre autres, d’un enfant qu’elle n’a pas pu sauver à Alep.
Quand elle rentre à Herne Bay pour les obsèques de sa mère, Kate se souvient de cet endroit où tout allait bien jusqu’à la mort de David, son petit frère. Un accident, dira-t-on. Ensuite plus rien n’a jamais été pareil. Leur père est devenu violent. Leur mère a perdu la raison. Puis sa sœur, Sally, a sombré elle aussi, malgré l’aide de son mari, Paul. Dès son retour dans la maison de sa mère, Kate se sent oppressée et abuse des somnifères. Elle entend un petit garçon crier la nuit chez les voisins et ne sait plus ce qui est réel ou le fruit de son imagination torturée. Alors elle prévient Paul et Sally qui ne la croient pas, la police non plus, il n’y a pas d’enfant chez la voisine qui vit seule. Pourtant elle l’a vu. Dans le jardin d’à côté. Elle sait qu’il existe… « 

Un premier roman thriller psychologique réussi,

qui évoquent les traumatismes,

de toute part, car certains sont mieux lotis que d’autres,

48 chapitres, 1 épilogue, 364 pages avec Kate:

« -Diriez-vous que ces rêves ont empiré depuis votre retour à Herne Bay ?

Je repose le gobelet sur la table et me redresse sur ma chaise. Il faut que j’empêche mon esprit de divaguer, que je sois vigilante : chaque mot que je prononce peut être utilisé contre moi.

Je m’efforce de maîtriser ma voix :

-Non, ils n’ont pas empiré. Ils sont simplement devenus réels. p16″

Le lecteur doute et se questionne tout au long du roman, sur la santé mentale des personnages,  entre délires et hallucinations, valeurs refuges et résilience,manipulations et non dits, Kate, Sally, Hannah,  leur passé et leur héritage, tout semble se délabrer, tenir à peu.

Un style fluide, efficace, une jolie construction avec alternance de chapitres et de tranches de vie, d’épisodes, que je recommande, lu d’une traite hier, M.G.

Une putain d’histoire, Bernard MINIER.

Un rythme estival,

comme souvent je me remets au polar, mais le réseau était si  faiblard que je  ne pouvais venir garnir mes articles…

Une putain d’histoire,

de celle qui ne m’a pas lâchée,

sur les plages, primée par le Prix Cognac du meilleur roman francophone, un bandeau élogieux « le polar de l’année » pour RTL, et « Intense, efficace, jouissif » Pour le Parisien, 593 pages

avec Henry, adolescent ténébreux, secret, coincé sur Glass Island avec ses deux mères adoptives,

 » L’orque nomade est le plus cruel des mammifères marins mais l’homme est le plus cruel des mammifères tout court. « 

et Naomi, sa petite amie, dommage,

parce qu

‘au commencement est la peur p.13, la peur de se noyer .La peur des autres__ceux qui me détestent, ceux qui veulent ma peau, la peur de la vérité, aussi. »

parce que comme le dit Henry « Ouais, une putain d »histoire.p13″

et pour Naomi :

« Henry, j’ai découvert la vérité. »
Elle a planté son regard dans le mien. Naomi a – avait – des yeux améthyste, avec des nuances myosotis et lapis-lazuli, un cercle plus sombre, presque noir, autour de l’iris, et une cornée opaline : des yeux de chat.
« Quelle vérité ? » j’ai demandé.
J’ai été pris d’un vertige. Ma tête s’est mise à tourner.
« J’ai découvert qui tu es. »
Voilà. Ça a commencé comme comme ça.
Une séparation – comme il y en a des millions chaque année à une époque où tout le monde veut le bonheur sans en payer le prix. « 

Une putain d'histoire par MinierUne histoire ficelée comme un puzzle, rondement menée, le lecteur se laisse guider au fil de l’eau,

à la fois compréhensif « Le cerveau est un vilain faceur, et parfois notre ennemi. »

et pris de vertiges

« C’est là, sans doute, que tout s’est joué. En dernière analyse, ce sont ces moments-là qu’on retient toujours. Ils sont comme des jalons de nos existences, comme des phares le long d’une côte. C’est en tout cas là que je l’ai perdue – au sens propre comme au sens figuré. »

Un mot me semble particulièrement approprié, mais le dire ce serait distiller quelques indices, donc je m’abstiendrai

M.G

L’HOMME CRAIE, C-J TUDOR.

Elle est là, cette pépite que j’avais évoqué,

le meilleur polar… que j’ai lu ces dix dernières années,

un coup de coeur puissance dix, assurément !!! Je voudrai être dithyrambique sans desservir cette perle,

il faut dire que qu’avec ce bandeau si élogieux,

juste Maxime CHATTAML'homme craie

qui annonce  » JE N’AVAIS PAS LU UN POLAR AUSSI PRENANT MALIN ET DIVERTISSANT DEPUIS LONGTEMPS. VIVEMENT RECOMMANDE. »

Trop impatiente je vous livre la 4ème :

« Nous n’étions pas d’accord sur la manière dont ça avait commencé. Etait-ce lorsqu’on s’était mis à dessiner les bonhommes à la craie, ou lorsqu’ils sont apparus tout seuls ?

1986

.Le jeune Eddie et ses amis élaborent un langage secret pour communiquer : de petits bonhommes tracés à la craie. Ce qui n’est qu’un jeu prend une tournure tragique lorsque l’un de ces dessins les conduit jusqu’au cadavre d’une jeune fille.Trente ans après le drame, alors qu’Eddie le pense derrière lui refait surface…Le jeu n’est pas terminé. »

C’est le moment où toi lecteur,

redeviens un enfant,

tu dessines un petit bonhomme, innocent,

ou peut-être joues-tu au pendu,

innocent toujours ?

Une écriture fluide, une virtuosité certaine, alternance du temps de l’innocence 12ans, de flash-back et de scènes présentes « 2016.(p.11) Commencer par le début.Le problème, c’est que nous n’avons jamais réussi à nous mettre d’accord sur le début.Est-ce quand Gros Gav a reçu le seau de craies pour son anniversaire? Est-ce quand nous nous sommes mis à nous en servir pour dessiner des bonshommes? Ou quand ils ont commencé à apparaître d’eux-mêmes? Est-ce le terrible accident? Ou quand on a retrouvé le premier cadavre? »

Car « Le moment s’éternise une fraction de seconde de trop, dérivant de la pause naturelle vers le silence inconfortable. (p.81)*

 » puisqu’on« On croit vouloir des réponses. Mais en réalité ce que nous voulons ce sont les bonnes réponses. Nous posons des questions dont nous attendons en retour la vérité que nous voulons entendre. Le problème, c’est qu’on ne peut pas choisir ses vérités. » 

et que« Les idées des enfants sont un peu comme des graines dispersées au vent .Ceraines se perdent, portées par la brise , oubliées pour toujours.Mais d’autres prennent racine, creusent leur chemin, croissent et se répandent »

Mais » de toute façon, ma vie est déjà une ruine dont les pierres gravées de « j’aurais dû » s’entrechoquent les unes contre les autres dans un grand désordre mêlé de regrets. (p.275) »

Lecteur..

« Je dois te dire quelque chose…
Des mots que je n’aime pas entendre. Rien de bon ne sort des phrases qui commencent ainsi. Comme avec « Il faut qu’on parle. » (p.167) « 

alors jettes-toi à l’eau lecteur, je serai ravie d’avoir ton avis..vraiment.

M.G

 

Tu devras choisir, Samantha KING.

Tu devras choisir par King

Premier roman dans la veine des thrillers, de Samantha King,  anglaise,

mère de deux enfants,

qui après l’édition s’est lancée dans l’écriture,

350 pages,

pour investir le psychisme de cette mère de famille traumatisée par un dilemme qui la hante,

Aiden et Annabel , Aiden ou Annabel ?

Face à la menace de cet homme qui s’est introduit à l’aube des 10 années de ses chérubins, et qui lui ordonne de faire un choix, » Et là, le choc.La dévastation..Tout mon corps tétanisé d’horreur.p.285″

comment Madeleine peut-elle sacrifier l’un des jumeaux,

« Et voilà..parfait! Inconsciente de la tragédie qui se nouait, du mal qui guettait notre famille ordinaire et sans histoires, j’ai même souri en enfonçant la dernière bougie dans le glaçage bleu de l’énorme gâteau d’anniversaire en forme de piscine(…).Ce serait le clou de leur piscine party, cet après-midi.p.10 »

qu’est-ce qui motive cet homme?
Madeleine sait que le choix a été fait, elle doit vivre avec, survivre plutôt, mais il lui manque des pièces du puzzle, cette amnésie, ces souvenirs fatidiques oubliés sèment le doute et la désoriente..Pourquoi ne parvient-elle pas à se souvenir..ces bribes..ces absences…que révèlent-elles ?
« Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas éprouvé autant de sensations physiques, tant j’étais anesthésiée par le chagrin. Maintenant, au moins, je suis consciente de la douleur. C’est une sorte de progrès, même si je m’en inquiète. Mon système immunitaire étant affaibli par le stress, j’ai peut-être développé une espèce de maladie débilitante. »
Un joli jeu de pistes entre réalité, rêves et hypothèses, parfois tortueux mais on se laisse bien prendre le rythme.
M.G

Site Web créé avec WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :