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Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Journal de bord des lectures, critiques et moments d'écritures

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Les écritures

De l’éloignement/Ecriture/sf/1

1.Résultat de recherche d'images pour "desert glace"

Les relations humaines avaient commencé à se distendre,

puis à s’éroder,

s’étiolant dangereusement et ce, alors que les relations interconnectées s’étaient elles, considérablement étoffées.

Alors que les conversations de la vacuité fleurissaient, que tout à chacun exposaient délibérement et joyeusement ses affects débordants sur la démesurée « Toile », par écran interposé, les paroles, les mots entre humains dépérissaient tout aussi rapidement. Aussi, constatait-on que les humains, propriétaires de territoires extensibles d’amitiés fulgurantes, multipliant les quantités relationnelles, oubliaient de se nourrir de relations charitables et humantaires.Si bien que les déserts de conversations arides, les sourires exilés, les pensées finirent par remplacer les conversations non virtuelles. Celles-ci étaient tout bonnement ..depassées… pour le commun des mortels qui n’y trouvaient plus aucun intérêt. Les conversations entre pairs céssèrent donc pour se réduire a minima comme si le silence se suffisait à lui-même, si bien que chaque éclat de voix, chaque empreinte sonore, devenait heurt de la sensibilité. Cette impossibilité rendue contribua à dénaturer les rapports entre humains et ne simplifièrent pas les relations entre les deux sexes. Il devenait compliqué pour un homme de s’adresser à une femme de peur de la brusquer et de voir tous ses espoirs s’envoler, l’initiative frôlant l’impolitesse et l’incorrection ultime et pour une femme… cela dépassait l’entendement.

Le silence s’était érigé incommensurable,

ineffritable,

les paroles étant jugées bien trop dangereuses pour les jeux relationnels.

Il avait donc fallu trouver des parades pour assouvir et garantir la survie de l’espèce humaine…

M.G

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19118772&cfilm=145736.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kazuki :/Sakura

 

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Article mis en avant

Simone Veil, hommage.

A la Dame, Résultat de recherche d'images

pour hommage,

un florilège :

« L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité… C’est en somme le sujet de l’histoire du Graal. Seul un être prédestiné a la capacité de demander à un autre : quel est ton tourment ? Et il ne l’a pas en entrant dans la vie. Il lui faut passer par des années de nuit obscure. »

(lettre au poète Joë Bousquet, 1942)

« Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments de l’avenir. » L’Enracinement

« Autrui. Percevoir chaque être humain (image de soi-même) comme une prison où habite un prisonnier, avec tout l’univers autour ». La pesanteur et la grâce.

« Il ne suffit plus de vouloir leur éviter des souffrances, il faudrait vouloir leur joie.« Conditions premières d’un travail non servile.

« Je voyais le critérium des actions imposées par la vocation dans une impulsion essentiellement et manifestement différente de celles qui procèdent de la sensibilité ou de la raison, et ne pas suivre une telle impulsion, quand elle surgissait, même si elle ordonnait des impossibilités, ne paraissait le plus grand des malheurs. C’est ainsi que je concevais l’obéissance, et j’ai mis cette conception à l’épreuve quand je suis entrée et demeurée en usine, alors que je me trouvais dans cet état de douleur intense et ininterrompue que je vous ai récemment avoué. La plus belle vie possible m’a toujours paru être celle où tout est déterminé soit par la contrainte des circonstances, soit par de telles impulsions, et où il n’y a jamais place pour aucun choix. » Le ravissement de la raison.

M.G

Article mis en avant

La biche, »si jolie, jolie »/Ecriture

Cte fille, au début, on la remarquait pas, elle se fondait dans le décor, elle aimait se frayer un chemin parmi les ombres. Elle guettait, elle observait les groupes et doucement elle s’approchait, petite biche apeurée. Elle essayait de le masquer..mais moi, j’ai tout de suite compris. C’était elle, je l’avais dans mon viseur.

Un petit je ne sais quoi dans la démarche à peine perceptible pour les autres,  mais moi, moi , j ‘ai ce don, je les repère à mille lieux ces êtres abîmés..et je m’en empare. Moi c’est Jack, elle, c’est Elle, et je pourrai lui donner un numéro mais je trouve ça glauque, ça fait un peu serial killer non? Alors que moi, moi, je joue pas dans cette catégorie-là, moi je suis, j’enquête, j’entasse, je collecte les miettes, je  croise et je recoupe, oui c’est ça je recoupe….

Après, je me fais ma petite idée…Je prends mon temps, c’est ce que je préfère, maman disait toujours que j’étais patient, qu’elle avait jamais vu un gosse si patient, tu sais …comme le bulldog, celui qui lâche rien…C’est vrai, je parvenais toujours à mes fins et Elle, Elle…c’était de sa faute, même si elle le savait pas encore, elle le découvrirait bientôt. Elle, c’était Paty, ouais Paty, je sais pas de quelle origine ça vient ça, mais ça a tout de suite sonné juste dans mes oreilles, » Paty, Paty jolie où vas-tu, que fais-tu, quand tu rentres après ta journée harassante? » Moi, moi je sais, bien sûr, elle me facilite pas la tâche  elle s’expose pas sur les réseaux,  « Paty, Paty » incompréhensible comme spécimen, »Paty, Paty » tout le monde s’affiche maintenant et Elle non non!! Obligé de laisser traîner l’oreille, de caresser des bribes et éclats de voix..

Tu sais, je la frôle parfois, elle me voit pas..mais moi je la frôle..moi je sais…

Je sais qu’elle prend son café , petit rituel, seule, vers 10h10 quand tous les autres sont déjà servi, on dirait qu’elle flotte, elle se déplace, tu sais, un peu féline sauvage…et elle recommence vers 17h…Elle part toujours ponctuelle, droite, vers 18h30, elle ferme à clés, c’est la dernière qui sort des bureaux, premier étage, porte de gauche, et me salue, elle me dit « à demain Jack, bonne soirée » quand elle me croise..Mais c’est mécanique, je vois bien dans son regard qu’elle est déjà partie…Elle monte dans le bus, deux  correspondances,  arrêt 1102. Elle marche sur près d’un kilomètre, et elle s’engouffre dans son trois pièces.

Moi, moi, je le sais, je connais ces mesquines petites habitudes… Il m’a fallu du temps…D’abord, j’ai fouillé son bureau…J’ai pris quelques photos..Vous me prenez pour une buse ? J’ai l’habitude, Paty, c’est pas ma première…Je sais comment faire avec elles, et puis je vous l’ai dit, elles me voient jamais, trop occupées.Alors? je continue à la saluer, imperturbable, tous les soirs, et puis j’enfile mon veston, et je la poursuis.

Je la poursuis dans la rue, je la poursuis dans ma tête, à bonne distance, tu vois, sinon, la biche, elle détale, toujours apeurée…ça m’est arrivé une fois, elle, l‘autre elle, elle m’avait surpris, elle avait dit aux flics que je la harcelais, elle avait tout balancé…J’avais reçu un AVERTISSEMENT, Défense de l’approcher...Elle avait balancé tous les coups de fil, ouais, pas fun la fille, une vraie peureuse, même ceux de la nuit..Pourtant? je crois qu’elle aimait entendre mon souffle à deux, trois, cinq, six heures, ça se voyait qu’elle aimait, elle affichait son teint pâle et ses traînées violacées sous les yeux..j’aime bien ces yeux -là…de toute façon, je l’avais eu celle-là, ça avait été retord..mais je l’avais eu…

Alors tu vois, j’ai toujours ce que je veux…

Paty, je l’ai coincé un vendredi soir, dans le parking, celui qu’elle doit traverser pour regagner l’arrêt de bus…Elle a pas eu le temps de me voir venir, suis arrivé derrière elle, j’ai touché son épaule, elle s’est retournée surprise, j’ai affiché mon plus beau sourire « Paty, Paty si jolie » et j’ai serré, au début, elle s’est débattue, elles font toujours ça au début, elles ont les yeux qui brillent les larmes qui montent, le souffle court, on lit la peur ou l’incompréhension, ça dépend des fois ça…et puis elles deviennent pantelantes, je les emmène, j’ai mon petit coin, comme ça, elles peuvent se tenir compagnie, les biches…

M.G

L’art de la conversation?/ Ecriture

« J’appelle Conversation, tous les entretiens qu’ont toutes sortes de gens, qui se communiquent les uns aux autres, soit qu’on se rencontre par hazard, et qu’on ait que deux ou trois mots à se dire ; soit qu’on se promene ou qu’on voyage avec ses amis, ou mesme avec des personnes qu’on ne connoist pas ; soit qu’on se trouve à table avec des gens de bonne compagnie, soit qu’on aille voir des personnes qu’on aime, et c’est où l’on se communique le plus agréablement ; soit enfin que l’on se rende en quelque lieu d’assemblée, où l’on ne pense qu’à se divertir, comme en effet, c’est le principal but des entretiens. »
Chevalier de Méré, De la Conversation.

 

Une petite irruption, fracassante, évitement de fausses notes et de considérations météorologiques, imprévisible, je n’aimais être bousculé de mes pensées multiples.

J’étais, pour cette fin de soirée, honoré de ma flûte galante estampillée millésime, sirupeusement admiratif, candide et gai devant cette toile.C e vernissage était tout simplement délicieux, il laissait deviner les anamorphoses. Ce curateur avait fait un choix plus qu’audacieux, il fallait bien le reconnaître.

Puis,

__ »Et toi, tu fais quoi dans la vie ? » ( A cette ineptie, il était de bon ton de répondre par acronymes, avec suffisance, revers incorrigible annoncé par le tutoiement, il  fallait faire son choix, ENSAPC, ENSAD, ENSBA, ESAAD, ESAIG, pour ne pas déteindre, aussi prétentieusement que possible et avancer un impitoyable « Je suis élève à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris »! ») C’était avec cette phrase qu’elle s’était immiscée, une phrase, somme toute banale, anodine, teintée de curiosité. On ne se connaissait absolument pas,  mais la familiarité semblait naturelle, pas de fausse note, de larsen et pourtant le tutoiement intempestif, ce n’était vraiment pas dans mon tempérament. Je m’offusquais de ces pratiques que je jugeais plutôt vulgaires, j’apparaissais anachronisme totalitaire de mon époque, et pour le coup, aux yeux des autres, complètement impotent, décalé, et cela me convenait plutôt bien. J’avais répondu, donc, tout naturellement, juste à côté :

__ »Moi, je découvre, je tâtonne, je  trébuche dans les regards sourds et les premières respirations, celles qui palpitent et transpirent… »

_ »C’est assez étonnant comme démarche, et peu courant, en effet » avait-elle hâtivement répondu, avant de détaler aussi brusquement qu’elle avait su faire irruption dans mes pensées. Elle avait ce quelque chose de l’Alice de Carroll, mais j’avais su couper court, et ne pas éterniser cette embryon de conversation.J’étais resté pantelant, immobile et songeur, la maudissant de cette interruption inopinée, étais retourné à mes occupations premières, toutes contemplatives, je voulais prolonger ce moment de grâce admirative, et n’ en être détourné, à aucun prix. Après tout, c’est ainsi que je m’inspirais…Je passais d’incommensurables heures, figé devant certaines oeuvres, à l’affût de chaque détail technique que je mémorisais, m’imbibant de chaque demi-teinte et nuance, devinant les coups de crayons des maîtres. Je révérais les romantiques, mais pas uniquement, assujetti à Friedrich, mendiant chaque oeuvre d’un regard nouveau, pour en éprouver davantage. Puis, je retournais dans ma misérable petite mansarde, mais nimbée de cette lumière obséquieuse, je jetais mon dévolu sur ces toiles vierges que j’avais depuis quelques temps dézinguées, fustigées, vieillies, boursouflées..Ce n’était pas mon premier coup d’essai, je poussais le perfectionnisme  jusqu’à manier le pinceau des heures,  poignet tantôt crispé et souple,  pour parachever ma technique et m’approprier celle des autres…Mon éducation aux arts, mon talent avait suffit à faire éclater mon génie à l’école, alors j’avais déserté, je ne cherchais pas la renommée, je ne voulais pas briller, mes apparitions aux vernissages étaient  quasi silencieuses, je voulais l’invisibilité, pour exceller indécemment, le statut de faussaire me convenait parfaitement et je ne cherchais pas à être identifié, je me cantonnais donc à écumer les galeries comme critique d’art officiel. Le reste n’était connu que de moi, je conservais mes faux et savait exactement à quel moment offrir une percée…J’en jubilais d’avance, et je comptais bien garder toujours un coup d’avance, l’invisibilité dans l’évidence, rester dans l’ombre.

M.G

 

Fragmentaires…/Ecriture

 

La folie n’est pas que rhétorique pure, c’est une hérésie abrupte de la penseé nébuleuse.

 

M.G

 

Murmures …/poésie/ Ecriture

Murmures…

 

 

Toute corrompue, embuée, laisse-les

Tristesses endimanchées et craquelures folles

Givrées, toutes fêlées

Murmures égarés,

doux chuchotis…effleuré,la frêle corolle,

L’écharde au coeur, les veines, verre pillé…

 

 

 

M.G

 

 

 

 

 

Fêlé/Les petits objets/Ecriture.

Juste ébréchée, la petite tasse de vaisselle anglaise aux motifs fleurs tendre, fine porcelaine aux petits reflets nacrés, logée dans son compartiment, dorlotée et nichée au coeur de papier de soie, rosée. Celle-là trouve sa place aux côtés des autres, des centaines d’autres, comme estampillées, sur lesquelles je veille, précieusement, jalousement, comme si chacune d’elles était menacée.

De quoi d’ailleurs ?

Je me demande bien : d’extinction ? Peut-on imaginer un jour la disparition ultime et programmée des tasses ? Est-ce vraiment crédible ?

Chacune a sa place, bien définie, et nulle part ailleurs qu’à sa place.Elles sont vestiges d’un autre temps, d’un épisode gustatif certain. Ce n’est pas celle-là que je préfère bien sûr, si le choix était si évident, si elles n’étaient pas toutes si belles, je ne me sentirai pas l’obligation de toutes les conserver, de les chouchouter ainsi.

Chaque jour, j’admire, j’observe, je contemple, je fixe…

Bon, j’admets, je suis bolophile..C’est venu comme ça, un jour, un détour, je suis tombée sur ma première tasse, elle était originellement ébréchée, à se demander de nous deux,  lequel était le plus fêlé…

M.G

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