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Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Journal de bord des lectures, critiques et moments d'écritures

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Les lectures

Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus, Eric-Emmanuel Schmitt.

Première lecture de Schmitt,

et rencontre avec un personnage fantasque, original qui nous emmène bien volontiers le temps de l’affabulation.

Un style plaisant, une lecture rapide suggérée tant par le style que par les protagonistes.

Madame Ming :

« La tête ronde d’une couleur écarlate, des plis nets sur la peau, des dents aussi fines que des pépins, madame Ming évoquait une pomme mûre, sinon blette, un brave fruit, sain, savoureux, pas encore desséché. Mince, son corps semblait une branche souple. Sitôt qu’elle s’exprimait, elle s’avérait plus acidulée que sucrée car elle distillait à ses interlocuteurs des phrases aigrelettes qui piquaient l’esprit. » p.9″

« En chine, on a réduit la besogne des parents a un seul enfant. Mais cela n’améliore ni les parents ni les enfants. Maintenant,il y a des millions de géniteurs crispés,inquiets et hystériques trottant derrière un fils qui se croit l’empereur. Notre pays devient une fabrique d’égoïstes surveillés par des névrosés. »

 

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Parsemé de sentences, références à Confucius qui peuplent le discours de cette chère Madame Ming, un certaine sagesse, philosophie, ou une douce folie, mythomanie, parfois « Pas trop d’isolement ,pas trop de relations ,l’exact milieu, voilà la sagesse. »

« L’homme supérieur ne demande rien qu’à soi-même; l’homme trivial et déméritant demande tout aux autres ».

Le « je » masculin,

le voyageur,

« Cette nuit là, je me couchai et ouvris au hasard le livre de Confucius. Dès la première sentence, « Le sage est calme et serein ; l’homme de peu écrasé de soucis », je frissonnai ; cette déclaration me ramenait à la dame pipi du Grand Hôtel, plus rayonnante que les éminents ambitieux qui défilaient devant elle. « Un homme heureux se contente de peu », « Appliquez-vous à garder en toute chose le juste milieu ». Au fur et à mesure que les phrases résonnaient, elles s’avéraient l’écho de celles que j’avais entendues de la bouche de madame Ming. »

Confidences insolites auprès de la dame pipi, et révélations stupéfiantes de cette mère de dix enfants, situation quasi-improbable au sein d’une politique de l’enfant unique, plaisir de la conversation et de ses enjeux .Fierté de cette mère qui dépeint ses enfants, face à une vision plus occidentale, traditionnelle du père de famille et joute dans les conversations qui donnent un certain réalisme à cette jolie fable.

Madame Ming toujours..

« Parmi les femmes que j’ai rencontrées, je n’ai pas trouvé une mère.

– Dites plutôt que les femmes qui vous ont rencontré n’ont jamais trouvé un père en vous. »

Ce sixième récit s’entend dans le Cycle de l’invisible mais peut se lire indépendamment des autres.

M.G

 

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La peinture d’Uchiki, Isabelle Wlodarczyk et Xavière Broncard.

La peinture d'Uchiki par Broncard

Gagné et reçu dans le cadre de l’opération » Masse critique Babélio », que je remercie,

en littérature jeunesse,

aux éditions « A pas de loups »,

une fois n’est pas coutume…

Un format plus proche des dimensions bd, une jolie texture et des couleurs tendres qui invitent au dépaysement.

La peinture d’Uchiki est un conte japonisant : Uchiki est un peintre traditionnel qui contemple longuement les paysages qui l’entourent en particulier « la montagne bleue« , il est si aborbé par ce qui s’offre à lui qu’il craint de le trahir et de ne pas lui rendre grâce. Il vit dans sa « masure », très humblement et ne recherche pas la notoriété, il « se délecte de sa vie solitaire » (dénuement propice à l’observation, le goût d’une certaine sagesse).Il est si exigeant envers lui-même qu’il ne prend guère le temps et le loisir d’observer ses créations. Un jour, le vieux Fuubun lui rend visite, il doit se rendre chez le vieux (donc sage) Ttsuchine et amener une collection de rouleaux de peintures afin de récompenser un des peintres, Uchiki propose de rendre service à Fuubun et de s’acquitter de la mission. En chemin, sa curiosité prenant le pas, il décide de regarder les toiles, l’une d’elle est___ époustouflante,

elle le ravit (polysémie), et suscite jalousie et convoitise chez Uchiki, tant et si bien, qu’il préfère la brûler pour la garder unique à son regard et à son coeur. Il ment au vieux sage en affirmant ne rien savoir de la toile manquante, c’est« un grand malheur! Vraiment un grand malheur. »Comme dans tout conte, une fin heureuse est attendue et, une lettre de Fuubun nous éclairera, pour  que « ce soir-là, pour la toute première fois, il regarda attentivement ce qu’il avait peint. »

Une bonne surprise attend le lecteur avec in fine « les coulisses de l’histoire » notes des auteures qui narrent la genèse du conte, inspiré d’une oeuvre d’art médiévale, la montagne bleue du moine En-I, et qui rend un bel hommage au voyage initiatique, au Beau et à la contemplation, aux vertues, sans compter un paragraphe sur les » emaki » et le rôle majeur de la calligraphie au Japon.

Une  belle lecture etun plaisir pour petits et grands, amateurs de contes et du Japon, avec différents niveaux de lectures.

M.G

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Jamais deux sans toi, Jojo Moyes.

Jamais deux sans toi par Moyes

Première avec Jojo Moyes…Commencé il y a une petite semaine, fini hier, j’avoue avoir intercalé d’autres titres…

La couverture, le titre et la référence au Prix des lectrices, m’incitait à penser à un feel good, mais on verse davantage dans la romance.

Malgré les critiques dithyrambiques, j’ai eu quelques difficultés à accrocher au style et à rentrer dans l’histoire et les 476 pages m’ont parues…très…. longues…pour une fin… sans surprise.

« Il était une fois un homme qui rencontra la fille la plus optimiste du monde. Une fille qui portait des tongs dans l’espoir du printemps. Qui rebondissait comme un ressort face aux difficultés de la vie; des épreuves qui auraient terrassé la plupart des gens ne semblaient pas l’atteindre. Et si elle tombait, elle se relevait d’un bond. Elle retombait, se composait un sourire, s’époussetait et poursuivait sa route. Il n’aurait pas su dire si c’était la chose la plus héroïque ou la plus stupide qu’il avait jamais vue. »

Je garderai davantage en tête les relations filiales, touchantes,  cette mère qui rebondit face aux difficultés, éternelle optimiste, la petite » Tanzie », surdouée, et sa bosse des maths, son grand frère adopté, « Nickie », au look improbable qui cherche sa tribu, yeux mascara et eye liner, faisant front face aux petites brutes du quartier..

« – Et quand on n’a pas le choix, ça devient en fait assez simple.

Mais je vois bien que même si elle le pense vraiment, la dette supplémentaire est comme un nouveau poids sur ses épaules. Avec chaque nouveau problème qui s’ajoute aux autres, elle a l’air un peu plus vieille, plus voûtée, plus fatiguée.

Elle ne parle pas de M. Nicholls.

Je n’aurais jamais cru, après tout ce qu’ils ont vécu ensemble, que ça se finirait comme ça. Une minute tu as l’air vraiment heureux, et l’instant d’après, plus rien. Je croyais ça s’arrangeait en grandissant, mais visiblement pas. Encore une chose à attendre avec impatience. »

M.G

 

 

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Victor Hugo…poésie

Hugo, quel génie,

je lui envie le prolifique,

les tons…impossible de s’en lasser.

A celle qui est voilée

« Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.

Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?

Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !

Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !

Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;

Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !

Dans ce ténébreux monde où j’erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !

Tu me dis de loin que tu m’aimes,
Et que, la nuit, à l’horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.

Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l’atome
Ressemblant à l’immensité,

Tu compares, sans me connaître,
L’onde à l’homme, l’ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l’astre étoilant l’infini !

Parfois, comme au fond d’une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l’Inconnu d’où tombe
Le pur baiser de l’Idéal.

A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l’arbre intérieur.

Mais tu ne veux pas qu’on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m’appelle amour.

Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L’esprit lion, le coeur enfant ;

Viens voir le désert où j’habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l’ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.

Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes oeuvres sombres
Ton doigt d’où sort une lueur !

Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J’entrevois les choses divines… –
Complète l’apparition !

Viens voir le songeur qui s’enflamme
A mesure qu’il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !

Viens ! viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.

Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.

Avant d’être sur cette terre,
Je sens que jadis j’ai plané ;
J’étais l’archange solitaire,
Et mon malheur, c’est d’être né.

Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d’un oiseau.

Oui, mon malheur irréparable,
C’est de pendre aux deux éléments,
C’est d’avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !

Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
C’est de songer que j’étais beau,
D’ignorer comment je me nomme,
D’être un ciel et d’être un tombeau !

C’est d’être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C’est de porter la hotte humaine
Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

C’est de traîner de la matière ;
C’est d’être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,
Même quand je m’écrie : Amour ! »

Victor Hugo, Les contemplations

 

M.G

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Blood academy, Saimbert./bd

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Un mélange des genres,

un fond de dystopie qui me rappelle « Hunger games »,

de la téléréalité avec un jeu mortel,

du diktat de l’audimat et du buzz informatique sous couvert d’un gourou spirituel à l’américaine,.de l’idée assurément… Dommage que cela manque de développement et de chair , ce qui donne au tout un air bâclé, le jeu démarre, les meurtres avec, accélération du timing,et la fin arrive comme s’il fallait boucler l’album à toute vitesse, donc déception,

cela donne l’impression d’une certaine incohérence et de précipitation.

Les traits et dessins ressemblent à ceux de Tito je trouve, les couleurs restent vives pour contraster avec la noirceur du scénario.

M.G

 

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Novembre rose /poésie/art 3/10.

Cancer

Sybille Rembard

Renaissance
De nouveau tu te présentes
Jardin juxtaposé, trouble de la sève
T’emparer du corps
Du cerveau au thorax tu veux scanner son esprit
Les larmes coulent sur le visage d’une femme
Elle sait
Elle connaît la vérité de la solitude
Elle respire la décadence
Imminente
Elle crie son amour
Tentacules méprisants s’entortillant autours des ganglions
Sans pitié tu convoites tout l’être
Il t’attend depuis toujours
Depuis le jour où tu es parti avec son odorat
Ne lui laissant plus absorber le parfum du monde
Rendant chaque jour immanquablement le dernier

Sybille Rembard,  2009

 

M.G

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L’amande, Nedjma.

L'amande par Nedjma

Le 4ème,

survendu,

qui dessert très largement le récit,

« chef-d’oeuvre érotique, déclaration d’amour et de colère…un choc »,

je n’irai pas jusque-là.

Le récit se veut témoignage, autobiographique, dérangeant, Nedjma nous le présente comme un récit intime,  une femme musulmane qui transgresse des tabous, sous le voile,« une histoire d’âme et de chair », elle évoque son mariage arrangé, puis sa fuite et sa rencontre passionnée avec Driss.

Je n’ai pas été convaincue par le style, je m’attendais à autre chose, vraiment…donc déception, j’ai hésité même, à le chroniquer..c’est dire.

M.G

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