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Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Journal de bord des lectures, critiques et moments d'écritures

Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus, Eric-Emmanuel Schmitt.

Première lecture de Schmitt,

et rencontre avec un personnage fantasque, original qui nous emmène bien volontiers le temps de l’affabulation.

Un style plaisant, une lecture rapide suggérée tant par le style que par les protagonistes.

Madame Ming :

« La tête ronde d’une couleur écarlate, des plis nets sur la peau, des dents aussi fines que des pépins, madame Ming évoquait une pomme mûre, sinon blette, un brave fruit, sain, savoureux, pas encore desséché. Mince, son corps semblait une branche souple. Sitôt qu’elle s’exprimait, elle s’avérait plus acidulée que sucrée car elle distillait à ses interlocuteurs des phrases aigrelettes qui piquaient l’esprit. » p.9″

« En chine, on a réduit la besogne des parents a un seul enfant. Mais cela n’améliore ni les parents ni les enfants. Maintenant,il y a des millions de géniteurs crispés,inquiets et hystériques trottant derrière un fils qui se croit l’empereur. Notre pays devient une fabrique d’égoïstes surveillés par des névrosés. »

 

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Parsemé de sentences, références à Confucius qui peuplent le discours de cette chère Madame Ming, un certaine sagesse, philosophie, ou une douce folie, mythomanie, parfois « Pas trop d’isolement ,pas trop de relations ,l’exact milieu, voilà la sagesse. »

« L’homme supérieur ne demande rien qu’à soi-même; l’homme trivial et déméritant demande tout aux autres ».

Le « je » masculin,

le voyageur,

« Cette nuit là, je me couchai et ouvris au hasard le livre de Confucius. Dès la première sentence, « Le sage est calme et serein ; l’homme de peu écrasé de soucis », je frissonnai ; cette déclaration me ramenait à la dame pipi du Grand Hôtel, plus rayonnante que les éminents ambitieux qui défilaient devant elle. « Un homme heureux se contente de peu », « Appliquez-vous à garder en toute chose le juste milieu ». Au fur et à mesure que les phrases résonnaient, elles s’avéraient l’écho de celles que j’avais entendues de la bouche de madame Ming. »

Confidences insolites auprès de la dame pipi, et révélations stupéfiantes de cette mère de dix enfants, situation quasi-improbable au sein d’une politique de l’enfant unique, plaisir de la conversation et de ses enjeux .Fierté de cette mère qui dépeint ses enfants, face à une vision plus occidentale, traditionnelle du père de famille et joute dans les conversations qui donnent un certain réalisme à cette jolie fable.

Madame Ming toujours..

« Parmi les femmes que j’ai rencontrées, je n’ai pas trouvé une mère.

– Dites plutôt que les femmes qui vous ont rencontré n’ont jamais trouvé un père en vous. »

Ce sixième récit s’entend dans le Cycle de l’invisible mais peut se lire indépendamment des autres.

M.G

 

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La peinture d’Uchiki, Isabelle Wlodarczyk et Xavière Broncard.

La peinture d'Uchiki par Broncard

Gagné et reçu dans le cadre de l’opération » Masse critique Babélio », que je remercie,

en littérature jeunesse,

aux éditions « A pas de loups »,

une fois n’est pas coutume…

Un format plus proche des dimensions bd, une jolie texture et des couleurs tendres qui invitent au dépaysement.

La peinture d’Uchiki est un conte japonisant : Uchiki est un peintre traditionnel qui contemple longuement les paysages qui l’entourent en particulier « la montagne bleue« , il est si aborbé par ce qui s’offre à lui qu’il craint de le trahir et de ne pas lui rendre grâce. Il vit dans sa « masure », très humblement et ne recherche pas la notoriété, il « se délecte de sa vie solitaire » (dénuement propice à l’observation, le goût d’une certaine sagesse).Il est si exigeant envers lui-même qu’il ne prend guère le temps et le loisir d’observer ses créations. Un jour, le vieux Fuubun lui rend visite, il doit se rendre chez le vieux (donc sage) Ttsuchine et amener une collection de rouleaux de peintures afin de récompenser un des peintres, Uchiki propose de rendre service à Fuubun et de s’acquitter de la mission. En chemin, sa curiosité prenant le pas, il décide de regarder les toiles, l’une d’elle est___ époustouflante,

elle le ravit (polysémie), et suscite jalousie et convoitise chez Uchiki, tant et si bien, qu’il préfère la brûler pour la garder unique à son regard et à son coeur. Il ment au vieux sage en affirmant ne rien savoir de la toile manquante, c’est« un grand malheur! Vraiment un grand malheur. »Comme dans tout conte, une fin heureuse est attendue et, une lettre de Fuubun nous éclairera, pour  que « ce soir-là, pour la toute première fois, il regarda attentivement ce qu’il avait peint. »

Une bonne surprise attend le lecteur avec in fine « les coulisses de l’histoire » notes des auteures qui narrent la genèse du conte, inspiré d’une oeuvre d’art médiévale, la montagne bleue du moine En-I, et qui rend un bel hommage au voyage initiatique, au Beau et à la contemplation, aux vertues, sans compter un paragraphe sur les » emaki » et le rôle majeur de la calligraphie au Japon.

Une  belle lecture etun plaisir pour petits et grands, amateurs de contes et du Japon, avec différents niveaux de lectures.

M.G

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Jamais deux sans toi, Jojo Moyes.

Jamais deux sans toi par Moyes

Première avec Jojo Moyes…Commencé il y a une petite semaine, fini hier, j’avoue avoir intercalé d’autres titres…

La couverture, le titre et la référence au Prix des lectrices, m’incitait à penser à un feel good, mais on verse davantage dans la romance.

Malgré les critiques dithyrambiques, j’ai eu quelques difficultés à accrocher au style et à rentrer dans l’histoire et les 476 pages m’ont parues…très…. longues…pour une fin… sans surprise.

« Il était une fois un homme qui rencontra la fille la plus optimiste du monde. Une fille qui portait des tongs dans l’espoir du printemps. Qui rebondissait comme un ressort face aux difficultés de la vie; des épreuves qui auraient terrassé la plupart des gens ne semblaient pas l’atteindre. Et si elle tombait, elle se relevait d’un bond. Elle retombait, se composait un sourire, s’époussetait et poursuivait sa route. Il n’aurait pas su dire si c’était la chose la plus héroïque ou la plus stupide qu’il avait jamais vue. »

Je garderai davantage en tête les relations filiales, touchantes,  cette mère qui rebondit face aux difficultés, éternelle optimiste, la petite » Tanzie », surdouée, et sa bosse des maths, son grand frère adopté, « Nickie », au look improbable qui cherche sa tribu, yeux mascara et eye liner, faisant front face aux petites brutes du quartier..

« – Et quand on n’a pas le choix, ça devient en fait assez simple.

Mais je vois bien que même si elle le pense vraiment, la dette supplémentaire est comme un nouveau poids sur ses épaules. Avec chaque nouveau problème qui s’ajoute aux autres, elle a l’air un peu plus vieille, plus voûtée, plus fatiguée.

Elle ne parle pas de M. Nicholls.

Je n’aurais jamais cru, après tout ce qu’ils ont vécu ensemble, que ça se finirait comme ça. Une minute tu as l’air vraiment heureux, et l’instant d’après, plus rien. Je croyais ça s’arrangeait en grandissant, mais visiblement pas. Encore une chose à attendre avec impatience. »

M.G

 

 

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Effets indésirables, Larry FONDATION.

Percutant, Effets indésirables par Fondation

un style vif, un brin déjanté, un style singulier,

cinglant qui fixe des fragments de vie, très efficaces,

nerveux , acéré,

une énergie folle,

un de ces livres qui  vous laissent groggy,

qui vous secouent,

instantanés pris sur le vif, clichés noirs, sanglants, à l’état brut de l’humanité,

piochés au gré des rencontres, paysages de rues, Los Angeles,

l’Amérique des bas quartiers et des faits divers glauques, ces petites nouvelles fusent,

effrontées !

jolie promotion de l’éditeur : « Piliers de bars, prostituees, receleurs, clochards, arnaqueurs en tout genre ou même monsieur tout-le-monde… tels sont les personnages qui jalonnent le recit nerveux de Larry Fondation, assemblage de vignettes, d’éclats de voix, de bribes d’action, d’inventaires aberrants ou de nouvelles laconiques. Dans une Los Angeles hallucinee, vue au ras du sol, tout semble régi par une violence brute, épidermique, désinvolte ; chaque situation, même la plus banale, peut basculer vers l’irremédiable.

« Autant marqué par les romans-collages de Dos Passos, la photo de Cartier-Bresson ou le rap de NWA, Larry Fondation construit des pièces composites, d’où jailli une poésie inattendue. Avec une économie qui évoque le minimalisme de Félix Fénéon ou l’ironie des Crimes exemplaires de Max Aub, l’Américain cisèle ses textes pour les rendre plus percutants, et atteindre une pureté où la moindre phrase compte. Fondation parvient à saisir ces instants fugitifs qui, résumés en quelques lignes, laissent transparaître la folie désespérée d’un monde à la dérive. Folie qui glisse parfois jusqu’à l’absurde – l’humour et l’optimisme perçant alors derrière les fissures du bitume qui sert de décor à ses saynètes implacables. »

Pour info : 2009

156 pages // 19,50 euros

ISBN : 979-10-92159-10-3
Diffusion-distribution : Les Belles Lettres BLDD
Parution : 14 septembre 2016

 

Première  et excellente rencontre avec cette maison d’édition, et suis… bluffée,

jolie surprise,  carton plein,

bravo !

Hasardeuse rencontre, puisque issue de ma dernière tournée en bibliothèque, tant par la ligne suivie que la charte graphique, le format est audacieux,

j’y retournerai donc, bien volontiers, à lire sans modération.

Extraits choisis :

 « J’avais vraiment envie de tuer quelqu’un, mais je ne voulais pas faire de taule. Il a fallu que j’élabore un plan. Ça devait être de la légitime défense. J’ai réfléchi à mes options. […]
Un soir où je me promenais pas loin de Sunset, près d’Echo Park, j’ai entrevu un début de réponse. Une école d’arts martiaux.
-Vous apprenez comment tuer quelqu’un à mains nues ? j’ai demandé.
-Oui, m’a assuré le professeur. Mais surtout, on vous apprend comment ne pas avoir à le faire.
-Bien entendu, j’ai répondu.
J’ai su que c’était le bon endroit. »

 

« Miss éthérée.

Elle se tenait au bar, toute de rouge et de noir.
J’ai commandé un autre verre.
Minuit était passé de quelques minutes.
Je l’ai appelé « Miss éthérée ».
Elle ne comprenait pas de quoi je parlais. p.107″

« Les pneus de la voiture étaient vieux,
Les chapes usées ;
L’allumage était facile à forcer,
Avec un tournevis.
Les lignes blanches sur la route
Étaient vieilles et passées
Comme le maquillage crayeux d’une douairière.
La route était humide et grasse ;
On l’avait déjà prise plusieurs fois.
Avec des pneus aussi lisses,
On n’avait aucune adhérence,
Quand Tommy a appuyé sur le frein.
Le mur est arrivé très vite.
(« Vol qualifié ») »

“I think Los Angeles reveals itself most at the margins. On the street corners, in bars and nightclubs. In the sounds of the traffic, police sirens and helicopters, in the words and music of local bands…”
—-Larry Fondation

Biographie issue du site

Larry« Larry Fondation is the author of the novels Angry Nights and Fish, Soap and Bonds, and of Common Criminals, Unintended Consequences and Martyrs and Holymen, all three collections of short stories. His fiction focuses on the Los Angeles underbelly. His three most recent books feature collaborations with London-based artist, Kate Ruth.

Fondation has lived in LA since the 1980s, and has worked for nearly 20 years as an organizer in South Los Angeles, Compton and East LA.

His first three books are being published in France by Fayard. The first, Angry Nights (FC2 National Fiction Competition Winner, 1994), translated as Sur Les Nerfs (“On the Edge”), appeared in French in January 2012. It was nominated for the 2013 Prix SNCF du Polar. The second, Criminels Ordinaires (Fayard), was published in February 2013.

Fondation is a recipient of a Christopher Isherwood Fellowship in Fiction Writing.

“The future of fiction rests with its ability to regain its public function—as a principal way we relate narrative, as an indispensable means of telling our story and that of our era.”

–Larry Fondation »

M.G

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« Etre pointilleux. »…/ Esthétique./1.

Traitons donc d’un point:

je compte mettre

« Mettre les Points sur les i, »

Image associée

« Le château des Papes », Avignon » Paul Signac, 1900.

 

« Le point..du jour »…

 

Image associée« Flood-at-the-Pont-Royal-Paris-« 1926., Paul Signac.

S’orienter, se répérer,  faire un point sur les points cardinaux

 

Résultat de recherche d'images pour "seurat pointillisme"« La grande Jatte », Seurat, 1884/86.

« Points d’impact »…pour réaliser de jolies toiles, alternés points de lumière et points obscurs, je pense que l’on s’accorder sur ce point…

Point final.

M.G

 

 

 

 

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Novembre rose art 10 /10 , finir en beauté…

Fin de cette série d’articles,

de ma petite contribution à cette chaîne de solidarité..

Parce que ce n’est pas qu’une affaire de nanas…,

parce qu’eux aussi peuvent être touchés,

parce qu’ils sont là pour ces épreuves de fond…

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et affiches"

 

Publicité canadienne pour l’aide au dépistage…il y a des volontaires !!! …pour voir et pour rire, cliquez sur le lien :

iframe src= »//www.dailymotion.com/embed/video/x585weq?autoPlay=1″ allowfullscreen= » » width= »480″ height= »270″ frameborder= »0″></iframe>

Autre référence issue du site: https://lareclame.fr/pubs+sexy+cancer+sein

pour voir cliquez sur le lien :

http://www.culturepub.fr/videos/protection-sante-application-iphone-your-man-reminder/#

« Cette année, l’association canadienne Rethink Breast Cancer propose une application iPhone et Android (dispo le 17 octobre) destinée à l’attention des dames, avec de beaux mâles qui présentent les gestes de prévention d’anomalies mammaires : le T-L-C (Touch, Look et Check).
Le film pour sa promotion appelé « Your Man Reminder », surfe assurément sur le succès des campagnes et l’humour les muscles d’.

Pub Rethink Breast Cancer – Your Man Reminder [Vidéo]

Messieurs qui me lisez, ne partez pas si vite, car disons le publiquement : nous aimons les seins et ce serait vraiment dommage de voir ceux de sa compagne touchés par un cancer diagnostiqué trop tard. J’en profite pour vous ressortir l’étude de cas d’une campagne interactive lancée l’an dernier en Pologne, sur un site de charme et par l’agence . »

Si avec tous ces articles, vous n’êtes pas convaincus….

M.G

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Novembre rose art 9 /10 / jeux de mots…

En matière de prévention,

il faut savoir varier les tons,

quelques exemples…

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne par tous les seins"

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne par tous les seins"

 

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et  homme affiche"

Et  le vocabulaire naturellement…

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne"Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne"

Car enfin.. »Soyez… »

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne"

M.G

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Victor Hugo…poésie

Hugo, quel génie,

je lui envie le prolifique,

les tons…impossible de s’en lasser.

A celle qui est voilée

« Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.

Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?

Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !

Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !

Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;

Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !

Dans ce ténébreux monde où j’erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !

Tu me dis de loin que tu m’aimes,
Et que, la nuit, à l’horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.

Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l’atome
Ressemblant à l’immensité,

Tu compares, sans me connaître,
L’onde à l’homme, l’ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l’astre étoilant l’infini !

Parfois, comme au fond d’une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l’Inconnu d’où tombe
Le pur baiser de l’Idéal.

A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l’arbre intérieur.

Mais tu ne veux pas qu’on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m’appelle amour.

Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L’esprit lion, le coeur enfant ;

Viens voir le désert où j’habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l’ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.

Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes oeuvres sombres
Ton doigt d’où sort une lueur !

Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J’entrevois les choses divines… –
Complète l’apparition !

Viens voir le songeur qui s’enflamme
A mesure qu’il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !

Viens ! viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.

Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.

Avant d’être sur cette terre,
Je sens que jadis j’ai plané ;
J’étais l’archange solitaire,
Et mon malheur, c’est d’être né.

Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d’un oiseau.

Oui, mon malheur irréparable,
C’est de pendre aux deux éléments,
C’est d’avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !

Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
C’est de songer que j’étais beau,
D’ignorer comment je me nomme,
D’être un ciel et d’être un tombeau !

C’est d’être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C’est de porter la hotte humaine
Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

C’est de traîner de la matière ;
C’est d’être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,
Même quand je m’écrie : Amour ! »

Victor Hugo, Les contemplations

 

M.G

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Blood academy, Saimbert./bd

Résultat de recherche d'images pour "blood academy"

Un mélange des genres,

un fond de dystopie qui me rappelle « Hunger games »,

de la téléréalité avec un jeu mortel,

du diktat de l’audimat et du buzz informatique sous couvert d’un gourou spirituel à l’américaine,.de l’idée assurément… Dommage que cela manque de développement et de chair , ce qui donne au tout un air bâclé, le jeu démarre, les meurtres avec, accélération du timing,et la fin arrive comme s’il fallait boucler l’album à toute vitesse, donc déception,

cela donne l’impression d’une certaine incohérence et de précipitation.

Les traits et dessins ressemblent à ceux de Tito je trouve, les couleurs restent vives pour contraster avec la noirceur du scénario.

M.G

 

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Novembre rose/ art 7 /10.

Changement de style,

du rythme pour une bataille…

 

The Cancer slam…

 

M.G

 

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Novembre rose/art 6/10.Faites vérifier vos melons!

Après les citrons…les melons !

Faire son marché…campagne prévention/cadre défi

Une campagne qui ne manque pas d’humour…

« Qu’ils soient bien mûrs ou encore durs.

Pour lutter contre le cancer du sein, la première action à faire serait de pratiquer l’auto-examen de ses seins pour déceler des anomalies le plus tôt possible. Dans le cadre de la prévention, the Canadian Breast Cancer Fundation avec l’aide de l’agence Rethink, met en place une campagne très originale. En apposant une étiquette sur les melons des supermarchés Nesters, la fondation crée un parallèle entre ces fruits et les seins. L’étiquette incite les femme à palper leur poitrine avec l’accroche « Have you checked yours ? » et propose un lien direct vers le site de la fondation.

Avec cette opération de stunt marketing, the Canadian Breast Cancer Fundation réalise une campagne minimaliste mais très percutante avec un budget limité. La comparaison fonctionne aussi bien grâce à la ressemblance physique qu’au geste effectué lors de la selection du fruit. De la publicité intelligente qui sait voire le potentiel de chaque support de communication. »

 

M.G

Promis, après le 10ème article, je change de thème…

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Novembre rose /défi /art 5 /10.

Une campagne de prévention ..acide…. Parce que parfois l’image est plus puissante …

 

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein"

 

Cancer citron….

M.G

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Novembre rose/art 4/10.

Tu savais toi,

qu’il porte toutes ces couleurs,

Tu savais toi,

qu’il inflige toutes ces blesssures,

Tu savais toi, qu’il touche,

femmes, enfants et hommes, sans distinction..mg.

 

 

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Novembre rose /poésie/art 3/10.

Cancer

Sybille Rembard

Renaissance
De nouveau tu te présentes
Jardin juxtaposé, trouble de la sève
T’emparer du corps
Du cerveau au thorax tu veux scanner son esprit
Les larmes coulent sur le visage d’une femme
Elle sait
Elle connaît la vérité de la solitude
Elle respire la décadence
Imminente
Elle crie son amour
Tentacules méprisants s’entortillant autours des ganglions
Sans pitié tu convoites tout l’être
Il t’attend depuis toujours
Depuis le jour où tu es parti avec son odorat
Ne lui laissant plus absorber le parfum du monde
Rendant chaque jour immanquablement le dernier

Sybille Rembard,  2009

 

M.G

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Ein Augenblick Freiheit, Pour un instant, la liberté,/Arash T.Riahi/ ciné.

 

    • Pour un instant, la liberté
    • (Ein Augenblick Freiheit)
    • Autriche, France
    •  –
    • 2008
  • Réalisation : Arash T. Riahi
  • Scénario : Arash T. Riahi
  • Image : Michi Riebl
  • Montage : Karina Ressler
  • Musique : Karuan
  • Producteur(s) : Veit Heiduschka, Michael Katz, Margaret Ménégoz
  • Production : Wega Film, Les Films du Losange

 

Eu l’occasion de visionner le long métrage hier en accompagnant des élèves,

un film poignant, dur..

Ouverture et clôture du film sur un peloton d’exécution de « dissidents »,

en VOST,

le film met l’accent sur les départs simultanés de familles qui fuient le régime islamique en Iran et sur le statut des réfugiés politiques,

conditions périlleuses, pénibles, exil,

et offre un contraste saisissant avec les jolis panomaras alternés.

Puis, une fois un pied en Turquie,  le transit et tremplin vers une Europe bienveillante,

la peur de la reconduction aux frontières,

les arnaques en tout genre ( exploitation des familles de réfugiés par les passeurs, les propriétaires pourris, dénonciation et torture par la police secrète),

et la bureaucratie dans toute______ sa splendeur….un grand écart.

Le film oscille entre espoir et désespoir, tragédie humaine au long cours renforcée par les quelques touches d’humour pour égayer,

demander asile au siège de l’ONU,

répéter X fois les démarches administratives en vain,

retenter,

jusqu’à se mutiler par désespoir, s’immoler devant le siège de l’ONU pour un père de famille qui ne voit d’autres issues et attirer l’attention par le scandale humanitaire, par les médias et être au devant de la scène internationale…un film dérangeant sans aucun doute, des images percutantes qui laissent pantois et interroge..c’est certain, surtout avec la présence des enfants…

l’espoir d’un lendemain meilleur à maintenir,

un répit,

un instant de liberté…

Nota bene: ce film s’inspire de faits réels…

M.G

 

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Jalouse, Foenkinos./ciné

L’année dernière, à la 4ème de couverture Foenkinos David avait évoqué un projet de film en collaboration avec son frère Stéphane,

sortie ce mercredi, une réussite!

Du sur-mesure pour Karin Viard qui endosse ce rôle, magistrale…

Une jalousie maladive, qui rend ce personnage  très attachant, qui sonne juste, un moment de fragilité qui mène au dérapage, petite crise durant laquelle le bonheur des autres la ravage, l’éclabousse, comme toujours avec Foenkinos, le ton reste poétique, tout en délicatesse…Et ce sera encore une fois une Nathalie, prénom phare, nouvel échos à d’autres lectures précédentes de Foenkinos.

Jolie lecture de la psychologie féminine et des relations mère-fille, évocation de la mère toxique même et des pulsions, un film vraiment touchant.

A noter, Stéphane Foenkinos joue un petit rôle dans Jalouse,

je recommande sans aucune réserve Et vous laisse découvrir avec la B.A :

 

M.G

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Novembre rose/ art 2/10.

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein prevention"

L’heure du combat,

la lutte contre la maladie,

mettre au tapis,

mettre une raclée,

envoyer valser,

 

__________garder le sourire contre les épreuves,

ne pas chanceler,

se relever,

se donner toutes les chances.

M.G

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Octobre morose…Article 1/10.

C’est rarissime que je participe à une chaîne, mais là…

les années 90,

je me rappelle plus celles-ci comme les « années sida » la prévention, les messages scandés à répétition, Philadelphia et sa musique…Aujourd’hui, j’entends davantage  résonner le « cancer » comme un mal qui se propage, progresse, ou que l’on connaît mieux aussi…alors…j’y participe à cette chaîne,

les mots contre les maux…

Octobre rose,

octobre morose,

novembre dépose,

un peu de prose, plus qu’indispose..

ll est invasif, coriace, jamais à bout de souffle, d’une ténacité redoutable…et le pire, avec toutes ses têtes, cette hydre semble se démultiplier..indécemment, frappant aveuglément toutes les générations.

Et pourtant, mesdemoiselles, mesdames, il est parfois vaincu, affaibli, endormi, paralysé le cancer…

et parfois, il emporte précipitamment, dévaste, embrase…inattendu,

pensées pour celles et ceux qui sont partis trop vite,

qui ont livré bataille,

parfois des années durant,

qui ont chuté, re-chuté, qui se sont parfois relevées mais pour qui cette hydre laisse des traces, cicatrices.

A ceux, celles qui un jour ont eu cette frayeur devant une boule, de la taille d’une bille, flippante,

qui ont dû attendre de savoir,

bénin, malin, bénin, malin,

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein"

petite torture psychologique qui déjà fragilise…

Rappelez-vous…de la prévention…..

M.G

 

Article mis en avant

Mots d’enfant/ brève

« Dis maman, je peux t’aider à faire des oeufs rouillés? »

« Regarde là c’est une tulipe (sur le dessin) et là une passerelle..(une pâquerette plutôt… »

M.G

Article mis en avant

Ils ont tué Nicaire! Jean-Paul Fosset.

Opération Champagne: Ils ont tué Nicaise ! par Fosset

Résumé issu de Babélio :
« Geiger est un homme de l’ombre, un de ceux à qui l’Etat confie des missions secrètes. Cette fois, c’est de sa propre initiative qu’il accompagne la fille d’un homme politique, une séduisante jeune femme qui s’est enfuie en emportant un mystérieux coffret. Les fugitifs ont été aperçus dans un restaurant de Troyes. L’enquête est confiée au commissaire D’Artagnac, spécialiste de l’histoire de l’art, récemment nommé en Champagne. D’Artagnac et son équipe essaient de localiser Genger et sa complice, tout en s’intéressant à l’histoire du coffret et de son contenu, un célèbre poignard auquel on prête des propriétés maléfiques. Au fil des siècles, il aurait fait plusieurs victimes. Marat, Henri IV ou encore Nicaise, l’évêque de Reims, ont succombé sous les coups de cette arme historique qui fait trembler les puissants.EXTRAIT? Nicaise, a dit l’évêque de Troyes, tu as décidément affermi nos c?urs et nous t’en remercions. Va de ce pas rejoindre ta cité et parler à tes ouailles comme tu le fis ici. Nous ferons de même dans nos villes quand les Barbares viendront. Deux de nos meilleurs chevaux t’attendent au bas-côté de l’église qui te feront aller vers les tiens à la vitesse du vent. Mais n’oublie pas, la foi est une grande chose mais le réel est puissant. On dit que les Vandales possèdent une arme secrète qui leur fut jadis confiée par des païens. Qu’ils l’emmènent partout avec eux cachée au fond d’un coffret en argent. On dit que ceux qui ont vu ce dernier s’ouvrir sont morts aussitôt dans d’atroces souffrances.? Frère en foi, je n’ignore rien de cette arme qu’un ange devenu diable confia, semble-t-il, un jour à ces hordes armées. Mais la main de Dieu est puissante et la mienne affermie. Souvenez-vous toujours que les Barbares sont notre crainte mais que nous sommes leur effroi.Ce disant, je les saluai et, enfourchant le plus grand des chevaux, je m’en allai au galop vers Reims.
À PROPOS DE L’AUTEUR Originaire de Strasbourg, Jean-Paul Fosset a d’abord été enseignant puis directeur adjoint d’établissement spécialisé et rééducateur en psychopédagogie. Aujourd’hui psychothérapeute, il vit à Troyes et s’intéresse à la peinture. Grand voyageur et amateur d’art, il parcourt le monde depuis de longues années à la recherche de sensations esthétiques et émotionnelles qu’il retranscrit dans ses romans. Après deux ouvrages publiés chez Flammarion dans les années 1990, il s’est tourné vers le polar en créant le personnage du commissaire D’Artagnac, spécialiste des oeuvres d’art, dont les enquêtes ont pour cadre le milieu artistique. »
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Je me suis dit…
un polar,
plongée historique dans mon patrimoine local, une promesse d’errer dans les petites ruelles et de croiser des personnages hauts en couleur, d’en apprendre toujours plus sur le Troyes médiéval,
je me suis dit la prochaine escapade rue Emile Zola j’y penserai, ou quand je longerai le parvis de la cathédrale…
sauf, que j’abandonne, p .54, c’est ennuyeux, brouillon, je peine à suivre l’intrigue, les personnages..pfff…
qui se perdent dans les méandres historiques, et pourtant je suis du genre tenace, j’ai horreur de laisser tomber un livre!
Peut-être pas le bon titre…
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M.G
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Histoires (presque) vraies, Françoise Giroud.

Histoires (presque) vraies par Giroud

4ème : « J’aime qu’on me raconte des histoires.

Alors, quelquefois, je m’en raconte à moi-même pour me faire rire ou pleurer, puisées comme tout ce qui s’écrit dans un fonds de souvenirs et de rêveries dont les fils se mêlent.Ici l’aéroport de Pékin, avec le bruit de soie que font les balais, j’y étais. Dans le salon d’Iris de…, aussi. Le chien Platon l’était avant qu’il ne se suicide. J’ai vu Eve se jeter dans un miroir pour effacer son reflet. L’homme à la fièvre verte existe en plusieurs exemplaires ; celui qui conduit trop vite aussi. Léonie, l’épistolière frénétique, est en revanche un cas unique, un pur produit de mon imagination.J’ai connu une Diane, si belle dans sa robe de mariée, avant qu’elle ne succombe au malheur d’avoir une soeur jalouse. J’ignore si je les ai bien devinées toutes deux, ou au contraire trahies…Albine, je me souviens… Je l’ai inventée avace son hic, chez le coiffeur… Mais l’homme à la cassette m’a-t-il dit la vérité quand il m’a confié sa détresse de superstar ? Ou bien l’ai-je imaginée..?Tous ceux-là, plus quelques autres héros de mes histoires sont à la lisière du vrai et de la fiction : je ne sais plus discerner la frontière.D’ailleurs, il me semble que ça n’a aucune importance s’ils font un peu rêver… F.G. »

18 histoires à se laisser conter,

décompte,

de taille variable,

parfois 1/2 pages,

parfois une dizaine,

pléthore de thèmes à apprécier,

quelques titres pour vous donner une idée: initiation avec » Romance à Pékin, « comme elle est belle! », le Reflet, la Voix, Iris de…, la Cassette, Un père en trop, Que faire de Platon? »,

Quelques préférences :

« le Reflet « « Eve s’est présentée chez moi un soir où je ne l’attendais pas Ma journée de consultations avait été longue, chargée, et à toute autre j’aurais fermé ma porte (..).Elle semblait, au vrai sens du mot, évanescente, toujours sur le point de se dissiper dans l’atmosphère..et craignait d’avoir perdu la raison et me suppliait de croire ce qu’elle avait à me raconter ».p.73 3 je me suis sentie définitivement transparente.(…) J’ai perdu mon reflet, docteur, je suis définitivement transparente! » (..) De temps en temps, elle se jette sur un miroir et le casse. C’est un cas d’école. p.77

« Léonie a du coeur » p.79 et une passion pour l’épistolaire, elle devient corbeau, bienveillant..mais est-ce vraiment compatible?

« Pour mémoire »,en l’an 2235, procéder à un échange de mémoires, de souvenirs, mais à quel prix? P.107

« Appelez-là » un appel au secours de Blaise, à qui est-il destiné, à Marie-Ange? Et dans quel contexte? P.123

« Un casse pour Sylla » pour le vert d’une émeraude…

Lu hier, rapidement,197 pages,

le recueil est plaisant, le style sobre et léger, quand simplicité rime avec efficacité…tout bonnement.

 

Françoise GiroudFrançoise Giroud.

M.G

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L’art du contresens, Vincent Eggericx.

Trouvé ce titre,

dans un souffle,

dépaysement insulaire,

direction le Japon,

une question de directions,

d’équilibre,

à travers un récit introspectif aux allures de conte, rythmé par les entraînements au dojo, entre cérémonial et solennité,

« Tout au long de notre vie nous nous déplaçons sur l’une ou l’autre des diagonales de notre attracteur étrange ; nous y rencontrons des personnages énigmatiques qui bornent notre destin, nous renvoyant une image déformée des contradictions dans lesquelles nous sommes pris » p.42.

l’art du tir à l’arc comme prétexte et encouragement aux méditations, comme art de vivre même,

« Je cherchais cela : la lumière. Non pas la brûlante lumière de la vérité, mais l’éclat de la lune ; une étincelle enfouie au fond de mon être, réveillée par la magie d’un tir. p.20″,

entre imaginaire et réel, invasions d’ombres fantomatiques des ancêtres, bercé par une culture nipponne troublante,

« Je devais prendre garde à ne pas clouer mes pensées sur cette fuite ; m’échapper, oui, mais par l’esprit; le faire voler ailleurs »p.93

la précision, « De mes lectures il ressortait qu’il était question dans l’art du tir à l’arc de quitter l’état de vague particulière pour rejoindre l’onde primitive et ailleurs de devenir animal, mélange de tigre et d’oiseau.p.21

le lâcher, au sens propre et figuré,

métaphoriquement,

les gestes,

plus ou moins assurés,

il faut persévérer,

quitte à être perplexe

« Je m’éveillais au petit matin, dans ce dojo de Kyoto, bandant un arc, et j’avais l’impression par ce geste absurde de participer de façon minuscule à l’équilibre du monde.p .35. »face aux incongruités locales

,« On pourrait croire qu’au pays des bonsaïs la circulation des vélos est organisée aussi méticuleusement que celle de la sève des arbousiers. Elle est soumise à un arbitraire total, qui croît à mesure de l’âge des protagonistes et de l’éloignement de la capitale pour atteindre un paroxysme à Kyôto, chez l’octogénaire, dont la conduite atteint une perfection pareille à celle des vieux calligraphes : débarrassée de toutes les fioritures, libérée de l’attachement à la réalité, elle consiste à tracer son chemin en ligne droite en fonction du but à atteindre sans tenir aucun compte ni des sens interdits, ni des voitures, ni des piétons, ni a fortiori des autres vélos. L’allure de ces obâsans est celle d’un char d’assaut : elles parviennent à donner à leur silhouette minuscule un volume insoupçonné en déployant de part et d’autre de leur destrier de métal leurs coudes et leurs genoux comme des ailerons, et en poussant en avant leurs épaules rachitiques, dans lesquelles elles rentrent des têtes d’oiseaux de proie impassibles. On les voit souvent rouler à contresens sur des artères où déboulent une file de bolides qu’elles ignorent majestueusement. Ponctuellement elles se précipitent sur un piéton ; si celui-ci a le malheur de rester sur le trottoir, elles font mine de s’écraser sur l’avenue, freinent laborieusement quelques mètres plus loin et restent ainsi au milieu de la route, proférant sans même se retourner de vagues malédictions contre l’imprudent.
Leur exemple est suivi très tôt par les écolières les plus inoffensives : elles développent une indifférence au sens de la circulation qui trouve son achèvement à Kyôto, où s’est développé au plus haut point l’art du contresens.
Cet art est condensé dans le tir à l’arc japonais : atrocement simple, puisque l’acte de plier l’arc à l’envers de sa courbure naturelle pour y tendre la corde signe le moment où vous vous enfoncez dans l’envers des choses, et délicieusement compliqué, car vous devrez non pas bander l’arc, mais entrer en son intérieur. Plutôt que d’actionner vos muscles vous devrez utiliser votre souffle et vos os. Votre main gauche tiendra l’arc sans le tenir ; votre main droite qui, dans l’ordre du visible, tire la corde, devra pousser la poignée et votre main gauche qui, objectivement, pousse l’arc, devra « en esprit » tendre la corde. Cet océan de contradictions, qui donnerait des vertiges au loup de mer le plus amariné, est résumé dans la façon dont les flèches sont disposées avant le tir : la première regardant la cible, l’autre visant la direction opposée. »

« Les hommes ici habitent des mythes dont le cote vraisemblable ne les gêne pas le moins du monde .p.10

 » Notre vie est une odyssée, tour à tour minable et grandiose. Même réduit à une existence larvaire chacun peut vivre les dilemmes des héros.p.16″

 

L'art du contresens par Eggericx

Collection jaune

128 p.

14,20 €

Epub : 9,99 €

PDF : 9,99 €

ISBN : 978-2-86432-612-0

Parution : août 2010

4 ème :

« Un voyage dans le temps et dans l’espace tissant l’expérience concrète – celle de l’apprentissage du tir à l’arc japonais – avec l’introspection individuelle et l’histoire collective.
Un récit de voyage qui est aussi une histoire d’amour et une méditation ponctuée par des éclats de rire ; un voyage à contresens sur l’île la plus propice aux contresens : le Japon. »Sélection des libraires Fnac 2010.

Autres extraits :

« Ce mélange de drame et de comédie reste mystérieux jusqu’à ce qu’un souffle s’en empare, l’élève, l’écarte par les deux bouts et n’en maîtrise les croix intérieures, avant qu’il ne jaillisse dans la flèche du temps.p.30″

« Je m’étais intéressé à la physique par l’intermédiaire de Houellebecq; son nihilisme méthodique, la fantastique haine de soi….p.34 »

Un joli style, un bref glossaire pour finir,

que le dépaysement soit total,

pour prolonger l’éveil,Résultat de recherche d'images pour "tir a l'arc japon"

Vincent Eggericx et L’art du contresens :http://www.dailymotion.com/editions-verdier

et pour aller plus loin,

trouver la voie…Résultat de recherche d'images pour "archer japon"

http://www.fascinant-japon.com/kyudo-voie-arc/

M.G

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Surréalisme /Igor Morski/1.

Un surréaliste polonais que j’ai toujours aimé,

un côté sombre et critique acerbe, très actuel…

Lien : http://www.igor.morski.pl/

Petite sélection :

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M.G

 

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Les oeillets jaunes, Véronique El Baze.

Un titre que j’ai trouvé la semaine passée à la bibliothèque, je me suis laissé tenter, en dépit du thème annoncé,

grave,

je l’ai lu hier.Les Oeillets Jaunes par El Baze

Chapitre 1, « Le compte à rebours est lancé »

Cassandra s’inflige une véritable torture mentale, un scénario rigoureux, méthodique, calqué sur son déclin menstruel, chaque célébration sera mortuaire,

rappel de son impossibilité à devenir mère,

un « subterfuge de l’inconscient qui aspire la douleur dans sa phase immédiate la plus aigue. Une anesthésie mentale et volatile., » et comme, si cela ne suffisait pas,
« Quand le soleil s’éclipsera, (…) Cassandra se rendra chez un fleuriste. Ramener un bouquet d’oeillets à la maison. Résultat de recherche d'images pour "bouquet oeillets jaunes"Chaque mois, le même.(…) » p.7 « Chaque mois, elle changera de fleuriste pour lire un regard de femme qui partage sa peine de maman. Si elle s’inflige mois après mois ce rituel, c’est pour ce bonheur-là. Le temps de ce huis clos, Cassandra est maman ».

Un roman court mais choc, alternant moment de joies et de tristesse ultimes,

agonies,

qui invite à la réflexion…sur l’infanticide,

en effet,

Cassandra porte les stigmates de héritage de sa famille. De tradition chrétienne, elle attend avec impatience la maternité, unique fille, elle ne peut que constater ses échecs permanents, là où ses frères excellent. Cassandra manque à son devoir de mère et malgré ses prières, rien n’y fait…

Franck son mari, lui, est aussi un être, doué d’une part manquante,

lui, est né, mais sa mère n’a pas survécu à l’accouchement.

Des histoires de naissances intimement liées à la mort cimentent donc ce couple improbable, alors comment espérer une belle issue…

Le sort semble jeté, une malédiction qui pourrait être contrariée par une heureuse nouvelle,

et si cette stérilité première était vaincue,

et si Cassandra et Franck pouvait se re-construire…encore faut-il de jolies fondations…pour que tout ne s’écroule pas…une chanson douce..que me chantait ma maman…

« Balance, mon bébé, dans l’arbre tout haut.Si le vent souffle, balance le berceau.

Si la branche casse, le berceau tombera. »

Et en bas iront le bébé, le berceau et tout ça. »

Aux Editions Prisma.

M.G

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Poésie/écriture/brève.

Courir les sourires incertains,

l’horizon,

je mesurais leur justesse;

à l’aube,

rivés de pleurs promesses,

aplomb.

M.G

 

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Patience, ton tour viendra…/écriture/1.

Hier,

De tous les futurs que j’avais pu envisager, celui-ci était de loin le plus improbable.

J’avais eu la chance de te rencontrer tôt, le hasard t’avait placé sur mon chemin, judicieux. Alors que j’étais étudiant et que je fréquentais inlassablement cette bibliothèque, en pleine rédaction de ma thèse, complètement coupé du monde, j’étais à mille lieux d’une vie sociale épanouissante. Les copains me chambraient suffisamment pour ça, et que dire de ma mère, qui s’effrayait de cette situation…Alors quand je t’avais présenté à tous, ils avaient été surpris déjà, j’avais ménagé mon public, je t’avais protégé des regards inquisiteurs de mes proches, je ne voulais pas t’exposer à leurs yeux, je te voulais juste pour moi, pour moi seul. Et puis, la magie avait aussi opéré sur eux, ils se réjouissaient pour nous. Alors, tout s’est enchaîné, très vite. On s’est rapidement lancé dans une vie à deux, premier appartement, premier emménagement, ça bousculait mes habitudes de solitaire, au début, j’avais quand même cette appréhension de te donner autant de place, il faut bien l’avouer, une crainte mêlée d’excitation certaine. Et puis les habitudes se sont progressivement installées, je me réjouissais de te voir t’endormir à mes côtés, j’aimais voir les plis sur les oreillers, sentir ta présence et ton parfum, ça me rassurait. Huit années de bonheur s’étaient écoulées sans nous ménager, ça c’était avant…

T’avais pas le goût de la patience, tu faisais partie de ceux qui veulent tout, tout de suite, de ceux qui ne savent se projeter dans les possibles, qui s’imagine que le plaisir furtif, l’accomplissement des souhaits suffisait à ton bonheur.

Aujourd’hui,

Tu n’imagine pas, Laura…Tu ne veux pas comprendre,comme c’est difficile pour moi, tu veux tout intensément sous prétexte que ton temps est compté, tu te sens condamnée, d’ailleurs tu l’es, à certains égards, tu comprends le cheminement de la maladie, la dégradation, devenir grabataire, ça t’effraye au plus haut point..même, si tu ne l’avoues pas. A l’annonce de l’échéance, tu as frôlé la quasi-insouciance, puis la gravité t’as sommée, entrave de tes pensées et de tes gestes.

Tu renonçais à tous futurs…

Laura, ma Laura, je t’ai vu rire, pleurer tour à tour, j’ai gravé ces moments dans ma mémoire, figés, la tienne est défaillante,certes, alors je le fais, pour toi. Chaque jour, je grave avec les mots, je les choisis avec une perfection première, je photographie tes gestes et tes humeurs, fidèles rituels installés qui te réconfortent au plus haut point. Au début Laura, tu y parvenais de toi-même, ce défi permanent t’habitait, tu te disais « mon temps est compté », tu avais pris le parti de ne pas fuir devant l’adversité, de te battre.Tu choisissais l’intensité des moments, les post-it nous envahissaient, ils fleurissaient notre quotidien.

A ce stade, les malades réagissaient différemment, au diagnostic, je veux dire. Le diagnostic: une fuite hystérique de la bouche du corps médical, ce corps étranger aux douleurs , anesthésié par les habitudes, était tombé, tu avais eu envie de hurler, de crier à l’injustice, seuls le roulis des larmes avaient sonné ton désespoir, mais la lumière dans tes yeux..j’avais su..lire la peur et la crainte, elles t’avaient envahis, une ombre passait, tu avais juste entendu ces syllabes,en cascades, elles résonnaient dans la tête, lancinantes. Il faut dire Laura, qu’on n’était pas préparé,

on n’a jamais pensé que tu serais la première à  partir, et pas de cette fin-là…Tu mettais un point d’honneur à prendre soin de toi depuis toujours, mais on ne contrarie pas son héritage génétique quand il décide de poindre.

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Debout-payé, Gauz.

Debout-payé par Gauz

Intriguée par cette couverture,

des couleurs, une posture, un titre…et que d’éloges en fin de livres !

Alors verdict ?

Regard acide sur notre société, vue de debout..mais payé…« Entrés chômeurs dans ces bureaux, tous ressortiront vigiles. Ceux qui ont déjà une expérience du métier savent ce qui les attend les prochains jours : rester debout toute la journée dans un magasin, répéter cet ennuyeux exploit de l’ennui, tous les jours, jusqu’à être payé à la fin du mois. Debout-payé. »

Versant autobiographique et réflexions sur le passé coloniale,

vision du vigile,

« BIOMECANIQUE DU VIGILE Par quel paradoxe biomécanique le vigile a-t-il si mal au coccyx alors qu’il est debout toute la journée?

BILOGIE DU VIGILE.Ténesme imp^érieux…Une heure avant la pause, cette violente envie de pisser.p.36″

de l’observateur, parsemé d’auto-dérision et de moments savoureux « Dans un travail, plus le coccyx est éloigné de l’assise d’une chaise, moins le salaire est important. Autrement dit: le salaire est inversement proportionnel au temps de station debout. »

l’Africain,

l’immigré,

la décolonisation et les héritages.

4 ème : » Debout-payé est le roman d’Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papiers à Paris en 1990. C’est un chant en l’honneur d’une famille, d’une mère et de la communauté africaine avec ses travers, ses souffrances et ses différences. C’est l’histoire politique d’un immigré et de son regard sur notre pays, à travers l’évolution du métier de vigile, de la Françafrique jusqu’à l’après 11-Septembre. C’est enfin le recueil des choses vues et entendues par l’auteur lorsqu’il travaillait au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées.
Une satire à la fibre sociale et au regard aigu sur les dérives du monde marchand contemporain. »

Extraits : / Divers/Magasins et sens de la mode

« DÉFINITIONS.
98% Coton + 2% Élasthanne = Jean Slim
95% Coton + 5% Élasthanne = Fuseau
Pour être cool ou ringard, cela se joue à 3% d’Élasthanne. »  Il a bien compris…

De la théorie du vigile :

« QUAND SONNE LE PORTIQUE. Le portique de sécurité sonne quand quelqu’un sort ou entre avec un produit qui n’est pas démagnétisé. Ce n’est qu’une présomption de vol, et dans 90% des cas, le produit a été payé en bonne et due forme. Mais il est impressionnant de voir comme presque tout le monde obéot à l’injonction sonore du portique de sécurité. Presque jamais, personne ne le transgresse. Mais les réactions divergent selon les nationalités ou les cultures.
– Le Français regarde dans tous les sens comme pour signifier que quelqu’un d’autre que lui est à l’origine du bruit et qu’il cherche aussi, histoire de collaborer.
– Le Japonais s’arrête net et attend que le vigile vienne vers lui.
– Le Chinois n’entend pas ou feint de na pas entendre et continue son chemin l’air le plus normal possible.
– Le Français d’origine arabe ou africaine crie au complot ou au délit de faciès.
– L’Africain se pointe le doigt sur la poitrine comme pour demander confirmation.
– L’Américain fonce directement vers le vigile, sourire aux lèvres et sac entrouvert.
– L’Allemand fait un pas en arrière pour tester et vérifier le système.
– L’Arabe du Golf prend un air le plus hautain possible en s’arrêtant.
– Le Brésilien lève les mains en l’air.
– Un jour, un homme s’est carrément évanoui. Il n’a pas pu donner sa nationalité. »

Mais encore…

« LILIANE ET BERNARD Liliane Bettencourt est l’actionnaire majoritaire de l’Oréal, propriétaire de plus de 80% des marques de parfums et cosmétiques vendus à Sephora.Bernard Arnault est l’actionnaire majoritaire du groupe LVMH, propriétaire de l’enseigne Sephora.Comme un voeux couple d’artisans, Liliane prépare dans l’arrière-cuisine les mixtures que Bernard vend en boutique.IDÉE RASSURANTEMême dans des proportions infinitésimales, le travail du vigile contribue à la richesse de Bernard et Liliane.IDÉE DÉPRIMANTESans le travail du vigile, la richesse de Bernard et Liliane ne peut être affectée, même dans des proportions infinitésimales.

Parole à Gauz, pour finir

« 

M.G

 

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Le petit Spirou, bd/ciné.

Version comédie familiale,

Au casting,

Pierre Richard, François Damiens, Armelle, Philippe Katherine, Gwendolyn Gouvenec, Sacha Pinaultqui incarne bien l’esprit du petit Spirou,

B.A :

,

pour le jeu d’acteurs, oui,

en revanche petite déception pour le scénario, je préfère les versions bd…des personnages hauts en couleur, de l’humour, des gags et clichés à la pelle…

Quelques planches …

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La collection, de Tome et Janry, avant que Spirou ne grandisse…et Melle Chiffre.

 

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M.G

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Mots d’enfants…/ brève.

__ »Il faut bien te laver les mains à l’eau et au savon »dis-je, « Pour éliminer les microbes, et ne pas attraper la gastro »

__ »Oui maman, je veux pas attraper la gastronomie moi !  » affichant un grand sourire,

__(Je préférerai)… »non, chéri ce n’est pas la gastronomie, c’est la gastro-entérite »

__« D’accord, maman, moi je veux pas attraper la gastro-termite « ( joli babarisme)

M.G

 

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Mémé dans les orties, Aurélie Valognes.

Faudrait pas…….mais, faudrait vraiment pas

pousser mémé dans les orties !!

Attention feel-good en vue !

Mémé dans les orties par Valognes

« Ferdinand Brun,

83 ans,

solitaire,

bougon, acariâtre –

 

certains diraient : seul, aigri, méchant –, s’ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d’escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie … jusqu’au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 92 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.
Un livre drôle et rafraîchissant, bon pour le moral, et une véritable cure de bonne humeur ! »

Ferdinand, c’est un sacré phénomène, il n’a pas sa langue dans sa poche, il s’est donné pour mission ultime de faire suer son monde, il adore ça et s’en donne à coeur joie, tout un art de vivre!

Ferdinand en pleine réflexion :(celle_là, c’est l’ennemie…)

« En tous cas, Me Suarez ne laisse rien au hasard. Ses cheveux sont sous contrôle. La perfection de ses boucles peroxydées doit tout à la mise en plis nocturnes qu’elle exécute avec assiduité. Chaque soir, le filet bleu maintient l’ensemble en place, ce qui a l’avantage non négligeable de décourager toute envie téméraire de son mari de l’honorer, aussi efficacement que le ferait une ceinture de chasteté. »

Quant aux jeunots, pires les mioches pour Ferdinand « Ce bébé est pour Ferdinand le plus grand des malheurs. M. Brun déteste plus que tous les nourrissons. Pour lui, ce ne sont que des contraintes avec, en prime, l’ingratitude la plus totale. Ça ne comprend rien, ça pleure, ça a toujours besoin de quelque chose : on ne peut jamais être tranquille.
Et quand ça sourit, ça sourit autant à ses parents qu’aux inconnus. Ingrats, va ! « 

 

« Il faut vous expliquer longtemps, mais vous comprenez vite, Christine.

– Désolée, monsieur Brun. Alors, comment voulez-vous qu’on vous les coupe aujourd’hui?

– En silence… »

41 chapitres :  chap 1 : »Tourner au vinaigre, puis Avoir une dent contre quelqu’un…chap7 L’Hôpital qui se moque de la charité…Filer un mauvais coton…etc, jolies métaphores  en série, jubilatoires, qui correspondent au caractère bien trempé de Ferdinand, il est bourré d’humour ce pépé,

il se définit lui -même ainsi jugez donc « Ce que je veux dire, c’est que c’est pas du tout mon truc. Moi, je suis plutôt du genre Roundup, tu vois ! Où je passe, tout trépasse. C’était ma femme qui avait la main verte. »p.109 et

juste, mais juste un peu rancunier notre Ferdinand « Il connait les paroles par coeur et bat la mesure en tapant du pied, avec la même exaltation que De Funès dans la Grande Vadrouille.Il est déchaîné. aU-dessus une porte s’ouvre.Des pas lourds viennent chercher le bébé.3h5 du matin, tout juste (Ferdinand se félicite ! ) Bienvenue chers voisins ! Et Ferdinand de reprendre de plus belle :

« La tacatacat tactique du gendarme, c’est d’être toujours là, quand on ne l’attend pas.. »p.74.

Bourvil ,

251 pages qui se dévorent d’une traite…M.G

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Renverser les perspectives, Inception/ciné.

Je ne m’en lasse pas,

le jeu d’imbrications,

les perspectives d’architecture,

de mises en abyme,

les questionnement et les interrogations multiples,

Rêves ou réalités ? l’Amour, servi par le couple Dicaprio et Cotillard,

la confusion, l’Esprit dans toutes ses contradictions,

les Idées,

le Temps,

la Mort,

la Vie…

de jolis concepts à profusion, dont je ne me lasse pas, sans compter les acteurs, une narration complexe, nourrie par des effets spéciaux hallucinants, sur un air de science-fiction, une fin déroutante qui reste libre d’interprétation, façon aristotélicienne…

 » C’est, en effet, l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l’esprit; puis, s’avançant ainsi peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des Étoiles, enfin la genèse de l’Univers. Or apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance (c’est pourquoi même l’amour des mythes est, en quelque manière, amour de la Sagesse, car le mythe est un assemblage de merveilleux). Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c’est qu’évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. Et ce qui s’est passé en réalité en fournit la preuve : presque toutes les nécessités de la vie, et les choses qui intéressent son bien-être et son agrément avaient reçu satisfaction, quand on commença à rechercher une discipline de ce genre. Je conclus que, manifestement, nous n’avons en vue, dans notre recherche, aucun intérêt étranger. Mais, de même que nous appelons libre celui qui est à lui-même sa fin et n’existe pas pour un autre, ainsi cette science est aussi la seule de toutes les sciences qui soit une discipline libérale, puisque seule elle est à elle-même sa propre fin. « 

Aristote, La métaphysique.

Sublimée, par cette musique d’Hans Zimmer…une vraie réussite de Nolan, pour cette raison j’ai choisi cet extrait…il rend bien justice:

 

M.G

 

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Rebecca…Hitchcock./ciné

 

    • Rebecca
    • États-Unis –
    • 1940
  • Réalisation : Alfred Hitchcock
  • Scénario : Robert E. Sherwood, Joan Harrison
  • d’après : le roman Rebecca
  • de : Daphné Du Maurier
  • Image : George Barnes
  • Montage : Hal C. Kern
  • Musique : Franz Waxman
  • Producteur(s) : David O. Selznick
  • Interprétation : Joan Fontaine (Mrs De Winter), Judith Anderson (Mrs Danvers), Laurence Olivier (Maxim De Winter), George Sanders (Jack Favell)
  • Date de sortie : 5 novembre 2008
  • Durée : 2h10

Début du maître et déjà prometteur, adapté du roman éponyme de Daphné du Maurier, des ténèbres, de l’esthétisme, une romance sur fond de drame, un manoir qui semble hanté…Le décor est planté, suis retombée dessus et apprécié…Entre machiavélisme et sournoiseries en filigrane un rappel de Cendrillon avec l’épouse naïve et figure de l’innocence et cette ombre menaçante…

Résultat de recherche d'images« Mrs. Edythe Van Hopper, respectable veuve déjà âgée, accompagnée de sa jeune demoiselle de compagnie, est en villégiature à Monte-Carlo dans l’hôtel Côte-d’Azur, lorsque leur chemin croise celui de Maxim de Winter, riche veuf, qui n’a aucun mal à séduire la jeune fille et, dans la foulée, à l’épouser et l’emmener dans sa demeure ancestrale de Manderley, quelque part sur la côte sud-est de l’Angleterre. Le souvenir de l’épouse disparue et vénérée continue de hanter le sombre château .. »

 

Version originale: B.A

.

 

M.G

 

 

 

 

 

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L’Aube, Elie Wiesel.

La nuit par Wiesel

Certaines nuits sont plus qu’obscures,

certaines nuits n’offrent aucun répit,

« Nuit. Personne ne priait pour que la nuit passe vite. Les étoiles n’étaient que les étincelles du grand feu qui nous dévorait. Que ce feu vienne à s’éteindre un jour, il n’y aurait plus rien au ciel, il n’y aurait que des étoiles éteintes, des yeux morts.
Il n’y avait rien d’autre à faire qu’à se mettre au lit, dans le lit des absents. »

juste la lente agonie,

juste _________la terreur,

certaines nuits semblent sans lendemain…un goût de ténèbres et d’éternité.

« Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma Foi.

Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui ma privé pour l’éternité du désir de vivre.

Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert.

Jamais je n’oublierai cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui même.

JAMAIS.p.36″

 

« Angoisse. Les soldats allemands avec leurs masques d’acier et leur emblème, un crâne de mort. p.41 »
Un témoignage intense, sans fioritures,
« Le pain, la soupe – c’était toute ma vie. J’étais un corps. Peut-être moins encore : un estomac affamé. L’ estomac, seul, sentait le temps passer »,
glaçant,

« Je réfléchissais ainsi lorsque j’entendis le son d’un violon. Le son d’un violon dans la baraque obscure où des morts s’entassaient sur les vivants. Quel était le fou qui jouait du violon ici, au bord de sa propre tombe? ou bien n’était-ce qu’une hallucination?
Ce devait etre Juliek.
Il jouait un fragment d’un concert de Beethoven. Je n’avais jamais entendu de sons si purs. Dans un tel silence.
Comment avait-il réussi à se dégager? A s’extraire de sous mon corps sans que je le sente?
L’obscurité était totale. J’entendais seulement ce violon et s’était comme si l’ame de Juliek lui servait d’archet. Il jouait sa vie. Toute sa vie glissait sur les cordes. Ses espoirs perdus. Son passé calciné, son avenir éteint. Il jouait ce que jamais plus il n’allait jouer.
Je ne pourrai jamais oublier Juliek. Comment pourrais-je oublier ce concert donné à un public d’agonisants et de morts! Aujourd’hui encore, lorsque j’entends jouer du Beethoven, mes yeux se ferment et, de l’obscurité, surgit le visage pale et triste de mon camarade polonais faisant au violon ses adieux à un auditoire de mourants.
Je ne sais pas combien de temps il joua. Le sommeil m’a vaincu. Quand je m’éveillai, à la clarté du jour, j’aperçus Juliek, en face de moi, recroquevillé sur lui-meme, mort. Près de lui gisait son violon, piétiné, écrasé, petit cadavre insolite et bouleversant. »

une jolie préface de F.MAURIAC sur cette édition que j’ai apprécié, et un rappel du travail de mémoire.Je m’arrêterai ici..certains textes parlent, ils se suffisent….
« L’oubli signifierait danger et insulte. Oublier les morts serait les tuer une deuxième fois. Et si, les tueurs et leurs complices exceptés, nul n’est responsable de leur première mort, nous le sommes de la seconde. » .
Biographie issue de Babélio, pour aller plus loin.

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Sighet ( Roumanie) , le 30/09/1928
Mort(e) à : New York (USA) , le 02/07/2016
Biographie :

Elie Wiesel est un écrivain et un philosophe américain.

Il a une enfance heureuse dans cette petite ville des Carpaces longtemps épargnée par la guerre. Il est déporté à 16 ans.

Fureur et ténèbres d’Auschwitz et de Buchenwald : plusieurs membres de sa famille y disparaîtront.

Libéré par les Américains, il passe une dizaine d’années en France (études à la Sorbonne) et devient journaliste, un métier qui lui fera parcourir le monde, traquer les scoops, se lier d’amitié avec François Mauriac et Golda Meir, côtoyer personnalités et chefs d’Etat.

A trente ans, Elie Wiesel parvient enfin à décrire son expérience de « La Nuit », à témoigner pour les martyrs de l’Holocauste. Ainsi commence une œuvre vouée au souvenir des victimes, à la défense des survivants et de tous les opprimés. Avec les armes de la compassion, de l’amour et parfois de la colère, cette œuvre et cette vie vont devenir un combat entre le doute et la foi, le désespoir et la confiance, l’oubli et la mémoire. Combat d’un inlassable témoin de la violence des hommes et de leurs rêves de paix.

Devenu citoyen américain en 1963, Elie Wiesel est professeur à l’université de Boston. Il a été reçu Docteur honoris causa par plus de cent universités. Inlassable défenseur des droits de l’homme partout dans le monde, Elie Wiesel reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1986. Il préside, depuis sa création en 1993, l’Académie universelle des Cultures.

Parmi les nombreux prix internationaux qui lui ont été décernés, on peut citer le prix Médicis en 1968 pour « Le Mendiant de Jérusalem », le prix des « Bibliothècaires », le prix du Livre Inter et le prix International de la Paix pour « Le Testament d’un poète juif assassiné », le Grand Prix de Littérature de la Ville de Paris pour « Le Cinquième Fils ».

Source : Le Monde.

 

M.G

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Saison théâtre : 1/ La leçon, Ionesco.

1ère de cette saison au théâtre de la Madeleine,

jeudi 5 octobre,

une pièce brève,

écrite en 1950,

un seul acte pour cette leçon, entre cours magistral et parodie diabolique, de la farce, du rire (caricature de M.le professeur, donneur de leçons justement ! ),

habité par une folie douce et de soubresauts qui donnent une intuition au spectateur, quelque chose cloche assurément…

Installée au balcon, 2ème, légèrement excentrée, la scénographie est dépouillée,

3 espaces avec un point de lumière,

le premier avec chaises et table basse, idéal pour introduire l’entrée de l’étudiante, version petit salon, l’accueil de l’étudiante studieuse,

le deuxième, marqué au sol par un tableau noir, sur lequel le professeur pourra dispenser à la craie blanche, la fameuse leçon, puis en arrière-fond, un banc traditionnel d’école à l’horizontal,

qui fera double fonction,

pour le grand final en vertical, plus dramatique, rappel d’un certain échafaud dans l’imaginaire collectif.

Le troisième, un espace avec une table haute, pour s’abreuver et marquer une pause, la leçon devenant pénible pour l’étudiante qui peine à se concentrer « j’ai mal aux dents »( quelle mauvaise volonté de sa part ! )

des coulisses émerge  classiquement, Marie, la bonne, qui prévient Monsieur le professeur, et le conjure de recommandations…absurdes.

La Leçon par Ionesco

Mise en scène de Danièle Israël

avec Pierre Humbert, Charline Voinet, Danièle Israël

scénographie de Gingolph Gateau

costumes Jennifer Minard

lumières Frédéric Gibier

Production cie théâtr’âme.

 

https://player.ina.fr/player/embed/I00017999/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/wide/1« >Archive : ina/ionesco

Quelques extraits :

Le professeur à son élève :

« Écoutez-moi, Mademoiselle, si vous n’arrivez pas à comprendre profondément ces principes, ces archétypes arithmétiques, vous n’arriverez jamais à faire correctement un travail de polytechnicien. Encore moins ne pourra-t-on vous charger d’un cours à l’École polytechnique… ni à la maternelle supérieure Je reconnais que ce n’est pas facile, c’est très, très abstrait… évidemment… mais comment pourriez vous arriver, avant d’avoir bien approfondi les éléments premiers, à calculer mentalement combien font, et ceci est la moindre des choses pour un ingénieur moyen — combien font, par exemple, trois milliards sept cent cinquante-cinq millions neuf cent quatre-vingt-dix-huit mille deux cent cinquante et un, multiplié par cinq milliards cent soixante-deux millions trois cent trois mille cinq cent huit? « 

Et réponse de celle-ci qui donne la réponse exacte,

non pas par un savant raisonnement,

elle avoue son incompréhension, son incapacité même, mais elle a appris tous les résultats possibles par mémorisation..complètement absurde de nouveau..de quoi provoquer à la fois l’admiration et la stupeur du maître..puis, le désarroi, l’affliction…amorce du drame..car enfin ne provoque-t-elle pas ainsi sa chute ?

De la pédagogie :

« LE PROFESSEUR : Les sons, Mademoiselle, doivent être saisis au vol par les ailes pour qu’ils ne tombent pas dans les oreilles des sourds. Par conséquent, lorsque vous vous décidez d’articuler, il est recommandé, dans la mesure du possible, de lever très haut le cou et le menton, de vous élever sur la pointe des pieds […] et d’émettre les sons très haut et de toute la force de vos cordes vocales. Comme ceci : regardez : « Papillon », « Euréka », « Trafalgar », « papi, papa ». De cette façon, les sons remplis d’un air chaud plus léger que l’air environnant voltigeront, voltigeront sans plus risquer de tomber dans les oreilles des sourds qui sont les véritables gouffres, les tombeaux des sonorités. Si vous émettez plusieurs sons à une vitesse accélérée, ceux-ci s’agripperont les uns aux autres automatiquement, constituant ainsi des syllabes, des mots, à la rigueur des phrases, c’est-à-dire des groupements plus ou moins importants, des assemblages purement irrationnels de sons, dénués de tout sens, mais justement pour cela capable de se maintenir sans danger à une altitude élevée dans les airs. Seuls tombent les mots chargés de signification, alourdis par leur sens, qui finissent toujours par succomber, s’écrouler… »

Toujours le professeur:

« Il ne faut pas uniquement intégrer. il faut aussi désintégrer. C’est ça la vie. C’est ça la philosophie. C’est ça la science. C’est ça le progrès, la civilisation. »

La répétition, l’acharnement du professeur conduit au drame, trop enthousiaste, malgré les interventions prévenantes de Marie…mais enfin, que faire alors de ce cadavre.Marie rassurante, la brave Marie, elle, a réponse à tout, fait figure de bonne élève,

l’enterrer ( quelle question ! ) comme les 39 autres…

Oui, oui

cela passera inaperçu, « tout le monde vous connaît M.le professeur », et puis il faut s’activer, faire table rase, le ménage, la prochaine étudiante est déjà là…elle vient prendre sa leçon…

 

M.G

 

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Suites et fin, Jean-Luc Steinmetz.

Suites et fin par Steinmetz

Je remercie en premier lieu Babélio dans le cadre de sa dernière opération Masse critique et les éditions « Le Castor Astral » pour cette jolie découverte poétique.

« Jean-Luc Steinmetz sait changer de voix et de voie en explorant la gamme des possibles. Toujours à la recherche de l’instant éblouissant qui l’emporterait, il affirme une écriture porteuse d’une fine connaissance de la poésie tant actuelle qu’inscrite aux siècles précédents. Dans l’infini apprentissage du monde.
Avec Suites et fins, à la fois cendres et semences, de multiples fins encouragent de perpétuels recommencements : ceux de la vie ou de l’écriture. Le livre insiste sur une telle position au monde, vouée à l’instant ou à des restes de mémoire. Une évidence se fait jour, l’arrivée, la construction de réalités poétiques ayant vertu – sans le proclamer – de manifeste. »

La forme :

Une couverture sobre et texturée (nervurée) à laquelle j’adhère, blanche,

agréable au toucher,

information à la discrétion du lecteur : c’est le « 1123 ème ouvrage » publié par Castor Astral,

un marque page joint, une petite attention au lecteur potentiel,

et les encres de Pierre Zanzhucchi qui ornent le recueil de poésie, conférant à l’ensemble une zénitude..

Le fond :

Composé de six parties et hommage certain à une certaine modernité poétique, les  petits poèmes en prose en rappellent d’autres,

des séries de vers libres aussi,

pas étonnant pour ce spécialiste de Rimbaud, Mallarmé et Jaccotet.

« Commensemencements

Sur la rive emplie de fantômes
l’instituteur valaisan apparaît
faisant danser « au brumeux horizon » *
tout un poème de Verlaine.
L’heure de la classe s’achève. Je lui demande
(et pour toujours demande)
ce que veulent dire la musique et les vers.
Dans l’entrebâillement de la porte
ou l’embrasure de la fenêtre
pénètre un rayon. Il forme sur le dallage
la réponse
mais personne pour la traduire ce jour-là.

p.28″

*Echos hommage au  poème saturnien VI / L’heure du berger

« La lune est rouge au brumeux horizon ;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson ;

Les fleurs des eaux referment leurs corolles ;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leurs spectres incertains ;
Vers les buissons errent les lucioles ;

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit. »

Une idée du ressassement, la poésie au service de la mémoire, saisir sur le vif, mais pas dans l’idée de figer l’instant, plus je pense ( mais ça n’engage que moi ) à la manière des résiliences, des échos savamment amenés au rythme des enjambements,

un éternel recommencement,

des blancs.

« Immuables et indifférents.
Quoi veille ?
Quels sont les pluriels et la valeur instinctive du singulier ?

Avec des questions en foule je passe le jour
comme on passe un fleuve.
Chacun ignore ce qu’il en est de l’autre rive.
Je m’abreuve de pensées primaires.
D’autres stagnent au fond de ma voix.
Atteindre est un vœu proféré
maintenant pour plus tard.

Ce qui n’a plus cours court en arrière.
Des arbres environnent les terres.
Le salut qu’ils adressent
répond à plusieurs désirs
informulés ou déformés.

La méditation prend toute la tête
ressort par les narines
comme un souffle exalté.
Au bout des doigts grésille ce moment
les rites usant les rebords de porcelaine
et quelque chose d’un amour que l’on regardera plus tard
parmi les archives filmées. » p.18″

1ère partie : Commensemencements, la thématique de la « semence » revient dans le recueil, associé à la naissance,

et à l’écriture,

« Dans tant de phrases qui glissent de la tête aux mains
les larmes coulent aisément, rires ou sanglots.
En quoi sont-elles importantes?
On donne, on reçoit gratis.
Le corps relaxé près du fleuve
s’éveille à sa force et connaît
la secrète faveur d’une seconde vie.p.64″

à l’image de la femme, à la nature et aux saisons, l’image du prunier également,

« Soma-séma-sémène, l’âme est une captive

traitée avec humanité

conservé en suspens

incapable d’avancer beaucoup plus loin que la vie.(etc..p.61) »

Celui-ci pourtant, se détache dans le recueil : le seul en majuscules, magistral…faut-il pour autant lui accorder plus de sens?

« UNE PHRASE
QUI PARLE DU SABLE QUI S’ECOULE

COMMENT N’AURAIT-ELLE PAS RAISON ? » p.37

Hommages pluriels à Verlaine, Breton, Villon, Bataille, Cendrars, Antelme…

Notez que seul,

un poème,

comporte un titre, p.67,

« 19 heures ».

Autre extrait :

« Commensemencements

Sur la rive emplie de fantômes
l’instituteur valaisan apparaît
faisant danser « au brumeux horizon » *
tout un poème de Verlaine.
L’heure de la classe s’achève. Je lui demande
(et pour toujours demande)
ce que veulent dire la musique et les vers.
Dans l’entrebâillement de la porte
ou l’embrasure de la fenêtre
pénètre un rayon. Il forme sur le dallage
la réponse
mais personne pour la traduire ce jour-là.

p.28

* Rappel de ce délicat poème saturnien
VI/L’heure du berger

La lune est rouge au brumeux horizon ;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson ;

Les fleurs des eaux referment leurs corolles ;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leurs spectres incertains ;
Vers les buissons errent les lucioles ;

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit.

Notez que les poèmes sont de longueur variable,

une strophe,

2/3/4,

ou un paragraphe,

ou quelques expressions…comme s’il ne voulait pas de carcan, célébration des formes, en tout genre,

Une section se distingue aussi par sa thématique, plus sombre, « Egéennes » 8 poèmes sur l’inacceptable, un cri de révolte,

suppléments d’informations donnés, sous chacun des poèmes

ex : « L’embarcation surchargée a chaviré, entraînant la mort de soixante-treize migrantts hommes, femmes et enfants (9/12/2015) ,p. 45 à la manière d’une légende, dont on s’imagine très bien quelle pourrait être la photo associée,qui me rappelle aussi le Radeau de la Méduse de Géricault.

Et cette section un peu folle…ROIDE ASILE, 17 réflexions comme issues d’un « esprit malade ». Une découverte sympathique que je n’aurai sans doute pas faite sans cette opération de Babélio.

Pour aller plus loin :

« Jean-Luc Steinmetz est né en 1940. Poète, essayiste, professeur à l’université de Nantes, il a publié les œuvres complètes de Rimbaud en trois volumes (Garnier-Flammarion).

Il est l’auteur de plusieurs essais sur la littérature, dont deux importantes biographies : Stéphane Mallarmé, l’absolu au jour le jour (Fayard, 1998), Arthur Rimbaud, Une question de présence (Tallandier, 1999) et Pétrus Borel, vocation poète maudit., et. A lire chez Zulma : Les Femmes de Rimbaud (2000).En outre son livre Le Jeu tigré des apparences (Castor Astral) lui a valu le Grand Prix de poésie de la SGDL et le prix Paul Verlaine. »

M.G

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Phase poésie/ haikus /suite/ automne.

Sélection……….Image associée
La voix des roseaux
Bruit comme le vent d’automne
Mimiques

Matsuo Bashõ ( 1644-1695 )

Le ciel d’automne
Des milliers de moineaux –
Le bruit de leurs ailes.
Yotsuya Ryu ( 1758 )
Un éventail plié de l’automne est inséré
Dans le dur obi
Comme une planche.
Ce couchant d’automne

On dirait

Le Pays des ombres.

 

Matsuo Bashõ ( 1644-1695 )
Sur une branche nue
un corbeau est descendu
le soir d’automne

Tachibana Hokushi ( 1665-1718 )

L’automne se termine
Qui pourrait comprendre
Ma mélancolie.
Yotsuya Ryu ( 1758 )
MG

 

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Les classiques /Poésie et Automne, c’est de saison!

Image associée
Chanson d’automne
 
Les sanglots longs

Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

 

Automne maladeImage associée

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé

Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

Chant d’automneRésultat de recherche d'images pour "AUTOMNE PIXABAY"

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? – C’était hier l’été ; voici l’automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.

Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

 

M.G

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La femme au carnet rouge, Antoine Laurain.

 Une première rencontre avec cet auteur,

la couverture, monochrome, et le noir et blanc,La femme au carnet rouge par Laurain

j’ai tout de suite été accrochée,

rien d’étonnant d’ailleurs,

une romance organisée autour d’un jeu de pistes invraisemblable, une idée de départ étonnante…mais crédible :

4ème : « Un soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main.

Il est retrouvé par Laurent Lettelier, libraire de profession, qui ne trouve pour seuls indices sur sa propriétaire que quelques effets personnels (un ticket de pressing, un roman, une pince à cheveux, un carnet…).

S’ensuit un jeu de piste romanesque.

 

Un matin à Paris, alors qu’il ouvre sa librairie, Laurent Letellier découvre dans la rue un sac à main abandonné.
Curieux, il en fait l’inventaire et découvre, faute de papiers d’identité, une foule d’objets personnels : photos, parfum… et un carnet rouge rempli de notes. Désireux de retrouver la propriétaire du sac, Laurent s’improvise détective. À mesure qu’il déchiffre les pages du carnet contenant les pensées intimes de l’inconnue, le jeu de piste se mue progressivement en une quête amoureuse qui va chambouler leurs vies. »

Laurent est libraire au Cahier rouge et tombe par hasard sur un sac à main mauve de bonne facture, intrigué, il va en rechercher la légitime propriétaire par curiosité et va se prendre au jeu.

« Laurent tourna la page pour découvrir deux lignes manuscrites au stylo sous le titre :  » Pour Laure, souvenir de notre rencontre sous la pluie. Patrick Modiano ».
L’écriture dansait sous ses yeux. Modiano, le plus insaisissable des écrivains français. Qui ne participait plus à aucune dédicace depuis des lustres et n’accordait que de très rares interviews. Dont la diction hésitante, pleine de points de suspension, était légendaire. »

Fouiller un sac à main, un tabou…c’est franchir une ligne…

« Combien de choses se sent-on obligé de faire par principe, par convenance, par éducation, qui nous pèsent et ne changent rien au cours des événements? p.108″

« Un hasard, des mots échangés, et c’est le début d’une relation. Un hasard, des mots échangés, et c’est la fin d’une relation, p.108 »

« C’était bien cela que suggérait Tabucchi dans son titre : on était passé à côté de quelque chose d’important. A côté d’un amour, à côté d’un métier, à côté d’un déménagement vers une autre ville, un autre pays. Une autre vie. A côté et en même temps si près que, parfois, dans des instants de mélancolie proches de l’hypnose, on pouvait malgré tout saisir des parcelles de ce possible. »

Laure se fait agressée un soir en rentrant chez elle, son sac est volé, .un sac à main qui renferme son intimité, ses effets personnels, et ce carnet, un moleskine rouge, sur lequel elle griffonne et laisse quelques pensées, façon journal intime..alors elle se sent dépossédée, dépouillée par ce vol.

L’histoire est bien ficelée, on accompagne progressivement Laurent dans ses découvertes et on piaille d’impatience,

le style est sobre, une simplicité qui sert avec justesse la romance sans en faire trop, lui apportant juste ce qu’il faut de crédibilité.

M.G

 

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Lettres à un adolescent, anthologie de Camille Laurens.

Lecture de la soirée,

Jolie anthologie qui regroupe 26 lettres d’écrivains,
26 occasions de lire les liens entre des écrivains et leurs rejetons, les fratries.
En toute simplicité, les petits surnoms, sursauts intimistes…

Lettre à un fils, une fille, une soeur,

de Hugo à sa « Didi »,

de Epicure à Ménécée,

de Colette (mère/Sidonie) à  Colette ( fille),

de F.Mauriac à sa fille et à son fils,

de F.Scott Fitzgerald à sa petite « Scottie »et bien d’autres qui nous laissent entrevoir un fragment, une bribe.
Une sélection éclectique, dont la belle lettre de Rudyard Kipling à son fils John, âgé  alors de 13 ans, en 1910.

« Si… Tu seras un homme, mon fils

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaitre,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils

 

Version  musicale

Monsieur Dk/hommage


En complément :

Le poème original en anglais

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don’t deal in lies,
Or being hated, don’t give way to hating,
And yet don’t look too good, nor talk too wise:

If you can dream —and not make dreams your master
If you can think —and not make thoughts your aim
If you can meet Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you’ve spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build’em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: “Hold on!”

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings —nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds’ worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that’s in it,
And —which is more— you’ll be a Man, my son!

Traduction par Jules Castier (1949)

Cette traduction s’approche du texte initial, sans être littérale puisqu’elle est en vers. À la différence de Jules Castier, André Maurois a réécrit et réinterprété le poème en fonction de la culture et de la sensibilité françaises, ce qui lui donne cet élan si particulier.

Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi ;
Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ;
Si l’attente, pour toi, ne cause trop grand-peine :
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
Ou si, étant haï, tu ignores la haine,
Sans avoir l’air trop bon, ni parler trop sagement ;

Si tu rêves, — sans faire des rêves ton pilastre ;
Si tu penses, — sans faire de penser toute leçon ;
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
Et traiter ces trompeurs de la même façon ;
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
Tordues par les coquins pour mieux duper les sots,
Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes,
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ;

Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
Et le risquer à pile ou face, — en un seul coup —
Et perdre — et repartir comme à tes débuts mêmes,
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ;
Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret

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À servir à tes fins malgré leur abandon,
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l’arrêt,

Hormis la Volonté qui ordonne : “Tiens bon !”

Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,

Ou frayes avec les rois sans te croire un héros ;
Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre ;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ;
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable

De soixante secondes de chemins accomplis,
À toi sera la Terre et son bien délectable,
Et, — bien mieux — tu seras un Homme, mon fils.

M.G

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Complètement cramé! Gilles Legardinier.

So british !

Un roman qui rend hommage au légendaire flemme britannique, moins drôle que le précédent que j’avais lu de Legardinier, mais bien agréable, toujours acidulé (443 pages) si vous voulez faire la connaissance d’Andrew Blake, ce majordome étonnant qui bouscule vos petites habitudes au sein du Manoir « made in » France,

si vous voulez revoir vos bonnes manières,

si vous appréciez les bonnes blagues,

alors ce livre vous fera sourire.

Complètement cramé ! par Legardinier

Pour vous :

« Si tu me voyais ( Andrew à son meilleur ami ) je suis au milieu des bois, au pays des dingues.

— Jolie définition de la France…

— Richard, je veux tout arrêter. Je veux rentrer.

— Mais tu es arrivé seulement hier, et nous avions été très clairs.

— Tu n’imagines pas ce qu’ils m’ont fait subir en si peu de temps…

— Ils t’ont fait manger des escargots ? Du fromage moisi ?

— Pas loin : la pâtée du chat. Et le pire, c’est que j’ai aimé ça. »

Certainement Andrew, because you are « complètement cramé! » p.215

« En France, vous faites moins cuire la viande qu’en Angleterre. Chez vous, tout est servi rouge, saignant à l’intérieur.

– Et chez vous, c’est de la semelle. C’est vous qui avez un problème avec la viande. Vous la faites toujours trop cuire. C’est un défaut historique. Regardez ce que vous avez fait à notre Jeanne d’Arc. Vous l’avez tellement cuite que vous l’avez brûlée! »

Entre amis, les petites attentions!

« Moi, si un jour tu te retrouves dans le coma, je ne te laisserai pas tomber, infâme crapule. Je serai là dès le lendemain. Je te mettrai une perruque, je te maquillerai et je te ferai poser des implants mammaires. Quand tu te réveilleras, comme moi tu ne te souviendras de rien et là, je te raconterai que tu es Angelina Jolie. Je pourrai même te montrer tes films. »

« L’épaisse fumée qui monta soudain du journal les interrompit.

« – Malédiction ! S’écria Odile en retirant le fer. Les cours de la Bourse sont en feu !

– On appelle ça la flambée monétaire.

– Rigolez. Elle va nous virer tous les deux.

– Aucun problème : regardez, les offres d’emploi sont intactes… »

M.G

 
Article mis en avant

C’est tentant cette histoire…montre en main..

Tombée par hasard dessus hier…je vais peut-être me laisser tenter..à voir…selon l’inspiration..

M.G

Visuel clé 2017

Le vendredi 22 septembre prochain, Edilivre vous lance une nouvelle fois un défi littéraire unique : écrire une nouvelle en 48H ! Réservez votre week-end qui promet d’être intense en émotions et en réflexions.

 

« 48H pour écrire », le concours d’écriture le plus important de France

Pour la cinquième année consécutive, Edilivre renouvelle son concours de nouvelles gratuit et ouvert à tous : « 48h pour écrire ». Chaque année, le concours rassemble plus de 2000 participants, 100 partenaires relayant l’opération et un jury composé de 900 lecteurs.

Participer ? C’est facile, gratuit et ouvert à tous ! 

Connectez-vous sur le site www.edilivre.com ou sur les réseaux sociaux Edilivre (Facebook et Twitter) le vendredi 22 septembre à 19h pour connaître le thème de cette cinquième édition. Vous aurez alors 48 heures pour rédiger et envoyer votre nouvelle via le formulaire ci-dessous :

Lien vers le formulaire en ligne

Pour être acceptée, votre nouvelle devra :

– respecter la thématique imposée qui sera dévoilée le vendredi 22 septembre 2017 à 19h sur notre site
– être transmise avant le dimanche 24 septembre minuit (00h)
– ne pas dépasser les 10 000 caractères, espaces compris, soit environ 2 pages A4
– être anonyme : votre nom, prénom ou pseudo ne doivent pas y figurer
– ne pas contenir d’illustrations, images ou photos

Chaque participant ne pourra présenter qu’une seule et unique nouvelle dont il garantira être l’auteur et le détenteur des droits.

Ce concours est gratuit, aucuns frais d’inscription ne sont ou ne seront demandés.

Téléchargez le règlement de la 5ème édition du Concours « 48 heures pour écrire »

 

 

Les résultats

Du lundi 02 octobre au lundi 30 octobre, le jury composé 900 auteurs et  lecteurs notera chaque nouvelle, les trois nouvelles ayant obtenu la meilleure moyenne seront désignées comme les 3 finalistes. À partir du 06 novembre 2017, les trois nouvelles finalistes seront lues et notées par l’équipe d’Edilivre, les résultats scelleront le palmarès. Durant cette période, le public sera appelé à voter sur Facebook pour élire le Prix du Public parmi les 3 nouvelles finalistes.

Les 1er, 2ème et 3ème Prix et le Prix du Public seront dévoilés sur le site Edilivre et Facebook dès le mercredi 15 novembre 2016.

 

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Du Bellay revisité…Heureux…qui

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Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

Les Regrets, Joachim Du Bellay.

Un classique en littérature, sonnet traditionnel, vu et revu..mais que j’apprécie toujours autant et dont je ne me lasse pas..sans doute lié à mon gôut pour les mythologies et une jolie illustration du mélancolique, nostalgique dépeint par Du Bellay.

Versions musicales dans deux styles, pour savourer la musicalité…

Brassens/Heureux qui..

 

Ridan/Ulysse

Un autre, dans l’élégiaque…

Chant du désespéré

Joachim du Bellay

La Parque si terrible
A tous les animaux,
Plus ne me semble horrible,
Car le moindre des maux,
Qui m’ont fait si dolent,
Est bien plus violent.
Comme d’une fontaine
Mes yeux sont dégouttants,
Ma face est d’eau si pleine
Que bientôt je m’attends
Mon coeur tant soucieux
Distiller par les yeux.
De mortelles ténèbres
Lis sont déjà noircis,
Mes plaintes sont funèbres,
Et mes membres transis
Mais je ne puis mourir,
Et si ne puis guérir.
La fortune amiable
Est ce pas moins que rien ?
O que tout est muable
En ce val terrien !
Hélas, je le connais
Que rien tel ne craignais.
Langueur me tient en laisse,
Douleur me fuit de près,
Regret point ne me laisse,
Et crainte vient après
Bref, de jour, et de nuit,
Toute chose me nuit.
La verdoyant’ campagne,
Le fleuri arbrisseau,
Tombant de la montagne,
Le murmurant ruisseau,
De ces plaisirs jouir
Ne me peut réjouir.
La musique sauvage
Du rossignol au bois
Contriste mon courage,
Et me déplaît la voix
De tous joyeux oiseaux,
Qui sont au bord des eaux.
Le cygne poétique
Lors qu’il est mieux chantant,
Sur la rive aquatique
Va sa mort lamentant.
Las ! tel chant me plaît bien,
Comme semblable au mien.
La voix répercussive
En m’oyant lamenter
De ma plainte excessive
Semble se tourmenter,
Car cela que j’ai dit
Toujours elle redit.
Ainsi la joie et l’aise
Me vient de deuil saisir,
Et n’est qui tant me plaise
Comme le déplaisir.
De la mort en effet
L’espoir vivre me fait.
Dieu tonnant, de ta foudre
Viens ma mort avancer,
Afin que soie en poudre
Premier que de penser
Au plaisir que j’aurai
Quand ma mort je saurai.

Ibidem.

M.G

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Un compliment…

C’est toujours agréable un compliment,

ça frôle la politesse,

récompense un labeur,

touche…

alors merci à tous les suiveurs, les lecteurs et lectrices de tous bords,

les timides,

les curieux,

ceux qui fréquentent de manière sporadique, par petites touches,

les réguliers, les plus avides…

merci pour les « like », les commentaires, les visites, les contributions…et j’espère que ça va continuer…Résultat de recherche d'images pour "remerciements merci"

M.G

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Gatsby le magnifique, F.Scott Fitzgerald.

Gatsby…

ça s’annonçait magnifique,

3ème roman de  l’américain Fitzerald, publié en 1925,

« Gatsby s’est montré parfait jusqu’à la fin. C’est ce dont il était la proie, les remous dégradants qu’entraînent le sillage de ses rêves, qui m’ont rendu sourd pour un temps aux chagrins mort-nés des humains et à leurs transports si vite essoufflés. »p.13

flamboyant, quelque peu plein d’extravagance et de superlatifs bien sentis, la couverture elle-même lui rend bien justice sur cette édition récente,

Après tout_____et ce n’est pas une simple boutade______pour observer la vie sous le meilleur des angles, mieux vaut rester à la même fenêtre. »p.15

Les années folles,

New York, New York

« Je commençais à aimer New York, le côté incisif, hasardeux qu’elle prend la nuit, le plaisir que le va-et-vient incessant des hommes, des femmes et des voitures procure à l’oeil constamment aux aguets.p75. »

Gatsby le magnifique par Fitzgerald

Devant un tel personnage, du rocambolesque assurément, « Presque toutes les démonstrations d’autarcie personnelle me laissent désarmé et confus. »p21,

cher vieux, cher vieux « Demain,nous courons plus vite, nous tendrons les bras plus avant …Et, un beau matin…Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulées sans fin vers notre passé. p.223″

Quelque chose le poussait à venir grignoter dans les marges des vieux poncifs, comme si l’égoïsme engendré par sa vigueur physique ne suffisait plus à combler les exigences de son coeur. »

J’aime particulièrement ce passage qui faisaient échos à d’autres lectures Et, sous le soleil ou la pluie, ses yeux délavés, qu’on ne repeint plus depuis des années, continuent de couver rêveusement cette impressionnante décharge.p37″.

Un roman centré sur un personnage atypique, un milliardaire qui ne songe qu’à éblouir, rivalisant d’imagination, mais un halo de mystère le nimbe, qui est-il vraiment, que cache-t-il ?

Et cette étrangeté dans le somptueux, ses soupçons qui hantent…Une description du rêve américain dans toute sa splendeur, au gré d’un air jazzy et d’une coupe de champagne, magnifier pour mieux éblouir, robes de soirée et smoking exigés, éloge d’une certaine démesure,

« Je vous recommande Fitzgerald . avec lui, c’est la fête , et on n’a pas honte de s’y trouver. Pour une fois, nous allons faire du ski nautique, de la pêche sous-marine sur une côte d’azur presque vide. Pour une fois nous allons aimer le teint de notre peau. Sous de gais parasols, à l’heure où le soleil est chaud , nous boirons du champagne rosé et nous grignoterons du caviar. pour une fois nous allons bavarder avec de ravissantes jeunes filles , riches, sottes, exquises pour tout dire …
Lecteurs dépêchez vous de lire Gatsby le Magnifique , la grande maison de West Egg avec ses vingt hectares de pelouse et de jardins, sa piscine de marbre, son lierre vert cru, va bientôt se rallumer et être envahie par des gens impossibles. Profitez du calme.» Bernard Franck, Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald, Livre de Poche, Préface à l’édition de 1962.

puis,

désenchantement oblige..

« Je n’avais rien à lui répondre, sinon que la vérité était autre, mais cela n’était pas dicible. « 

N.B :Version ciné, la plus récente…version bling-bling,

 

M.G

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De l’éloignement/Ecriture/sf/1

1.Résultat de recherche d'images pour "desert glace"

Les relations humaines avaient commencé à se distendre,

puis à s’éroder,

s’étiolant dangereusement et ce, alors que les relations interconnectées s’étaient elles, considérablement étoffées.

Alors que les conversations de la vacuité fleurissaient, que tout à chacun exposaient délibérement et joyeusement ses affects débordants sur la démesurée « Toile », par écran interposé, les paroles, les mots entre humains dépérissaient tout aussi rapidement. Aussi, constatait-on que les humains, propriétaires de territoires extensibles d’amitiés fulgurantes, multipliant les quantités relationnelles, oubliaient de se nourrir de relations charitables et humantaires.Si bien que les déserts de conversations arides, les sourires exilés, les pensées finirent par remplacer les conversations non virtuelles. Celles-ci étaient tout bonnement ..depassées… pour le commun des mortels qui n’y trouvaient plus aucun intérêt. Les conversations entre pairs céssèrent donc pour se réduire a minima comme si le silence se suffisait à lui-même, si bien que chaque éclat de voix, chaque empreinte sonore, devenait heurt de la sensibilité. Cette impossibilité rendue contribua à dénaturer les rapports entre humains et ne simplifièrent pas les relations entre les deux sexes. Il devenait compliqué pour un homme de s’adresser à une femme de peur de la brusquer et de voir tous ses espoirs s’envoler, l’initiative frôlant l’impolitesse et l’incorrection ultime et pour une femme… cela dépassait l’entendement.

Le silence s’était érigé incommensurable,

ineffritable,

les paroles étant jugées bien trop dangereuses pour les jeux relationnels.

Il avait donc fallu trouver des parades pour assouvir et garantir la survie de l’espèce humaine…

M.G

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19118772&cfilm=145736.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kazuki :/Sakura

 

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Tortilla flat, John…Steinbeck!

C’est typiquement le genre de livre qu’il faudrait lire,

les doigts de pieds en éventail,

balancé paresseusement dans un hamac,Tortilla Flat par Steinbeck

sous un soleil de plomb,

une citronnade à portée de main,

Nous voilà prévenus,

en grandes pompes,

Tortilla Flat,

c’est d’après Steinbeck lui-même, dans la préface,

inaugural :

« Voici l’histoire de Danny, des amis de Danny et de la maison de Danny. [.] quand on parle de la maison de Danny, on entend par là une entité dont les composantes étaient des hommes et qui fut source de douceur et de joie, [.]. Voici donc l’histoire de ce groupe : comment il se forma, comment il crût et s’épanouit en une organisation de sagesse et de beauté. On y verra les amis de Danny et leur vie aventureuse, avec le bien qu’ils ont fait, avec leur pensées, avec leurs entreprises. On y verra à la fin comment le talisman fut perdu et comment le groupe se désagrégea. »

On retrouve ici un Steinbeck « bonimenteur », davantage « conteur » que dans l’inoubliable Des Souris et des hommes et Les Raisins de la colère.

Je me suis amusé des titres à rallonges, aux accents voltairiens :

« Comment Danny, rentré de la guerre, découvrit qu’il était héritier. Comment il jura de porter secours aux humbles. »p.13

« Comment trois pécheurs parvinrent à la paix par le moyen de la contrition.Comment les amis de Danny prêtèrent serment de camaraderie. »p.69

Une atmosphère chaleureuse, bon enfant,

centrée sur l’amitié, Danny devenu propriétaire ne cède pas aux caprices de la société de consommation et à la cupidité, encore moins à la convoitise,

 4ème : « Que peut-on faire d’une maison – et à plus forte raison de deux – quand, depuis son enfance, on préfère dormir à la belle étoile ? Libre enfant de Monterey, le paisano Danny se sent accablé par son héritage. La rencontre de son ami Pilon lui fournit une solution. Il lui louera une de ses maisons. Pilon recrute Pablo pour payer le loyer, Pablo à son tour… et de fil en aiguille tous les amis de Danny sont réunis sous un de ses toits.
La vie est belle, le vin bon, sans soucis du lendemain… »

il  reste simple,

pas de dénigrement des copains, « la bande de copains » coulent de beaux jours…

Un récit couleur optimisme, léger, mais dont le ton quelque peu suranné, désuet peut…lasser.

Ce ne fut pas le cas pour moi, en raison de sa longueur ( 255 pages ), uniquement je pense. ( J’aurai abdiqué, je pense, si cela avait été plus__________ long ).

En définitive, ce n’est pas mon titre préféré de Steinbeck, mais ça se lit bien, et vite, un titre idéal pour les vacances par exemple.

Extraits choisis :

« Je vais tout te raconter. J’ai acheté deux gallons de vin et je les ai apportés ici dans le bois, puis je suis allé me promener avec Arabella Gross. J’avais acheté pour elle, à Monterey, une paire de pantalons de soie. Elle les a beaucoup aimés, si roses, si doux. Et puis, je lui ai aussi acheté une petite bouteille de whisky. Un peu plus tard, elle a rencontré des soldats et elle est partie avec eux.- Oh ! la détrousseuse de l’honnête homme !».

« Il est impossible de savoir si Danny s’attendait à toucher un loyer, ni si Pilon avait l’intention d’en payer un. Si tel était le cas, ils allaient tous les deux au-devant d’une déception. Danny ne réclama jamais rien et Pilon n’offrit pas davantage. » »

M.G

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Demain est un autre jour, Lori Nelson Spielman.

Petite pause dans les lectures,

je ne parvenais pas à me décider dernièrement, et puis hier, j’ai commencé à reculons, ce poche, 448 pages, méfiante devant un titre qui promet et dont on se dit..

Va-t-il tenir sa promesse…

Demain est un autre jour par Nelson Spielman

Et  si..

« demain est un autre jour », « demain est un autre jour » ,

la couverture invite à la douceur, et le parapluie, se mettre à l’abri, se protéger et entendre la pluie ruisseler, goutteler,

« Mais j’aime ce jour-ci, lui répondrais-je, avec ses nuages, son orage et tout le reste. »

au centre, l’héroïne,

et la valise rouge,

faire ses bagages, emporter le plus précieux,

faire tabula rasa, lâcher prise aussi,

autant de messages distillés,

et le petit saut de cabri,

léger, léger…

4 ème :

« À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu’elle va tout naturellement hériter de l’empire de cosmétique familial dans lequel elle travaille. Mais, à sa grande surprise, le testament maternel confie les rênes de la société à sa belle soeur. Et pour tout héritage, Brett ne reçoit qu’un vieux papier jauni et chiffonné, récupéré en secret par sa mère dans sa poubelle, vingt ans plus tôt : la liste des choses qu elle voulait vivre, rédigée lorsqu’elle avait 14 ans. Ainsi, elle n’a pas été oubliée par le testament, mais rien ne lui reviendra si, au bout d’un an, elle n’a pas accompli ses rêves d’adolescence.
Le problème, c’est que la Brett d’aujourd’ hui n’a plus rien à voir avec la jeune fille de l’époque, et que ses rêves d’adulte sont bien différents. Enseigner ? Elle n’a aucune envie d’abandonner son salaire confortable et ses stock options pour aller batailler avec des enfants rebelles dans une salle de classe. Avoir un bébé ? Cela fait longtemps qu’elle y a renoncé, et de toute façons Andrew, son petit ami avocat, n’en veut pas. Entamer une vraie relation avec un père trop distant ? Les circonstances ne s’y prêtent guère. Tomber amoureuse ? C’est déjà fait, grâce à Andrew, à moins que….
Malgré tout, Brett va devoir quitter sa cage dorée pour tenter de relever le défi. Et elle est bien loin d’imaginer ce qui l’attend.
Menée tambour battant, cette comédie romantique sur les rêves de jeunesse, les illusions perdues et la possibilité de refaire sa vie, se lit d’une traite. Publié en avant première en France, le premier roman de Lori Nelson Spielman, dont les droits d’adaptation cinématographique ont été achetés par la Fox, sera bientôt traduit dans plus de 25 langues. »

Un premier roman qui surfe sur l’engouement des chick lit et des whish list, une dose de mélodrame, quelques ellipses dans la narration, et le personnage de la mère intuitive même s’il reste intéressant, m’a semblé pourtant trop lisse,une certaine perfection, j’ai eu du mal à croire aux « prémonitions » maternelles,

trop fiables,

un peu trop beau pour être vrai

« Bretel. Le vieux surnom dont elle m’avait affublé quand nous étions enfants. Elle avait fait une liste de propositions après que je m’étais plaintes une semaine durant de porter un prénom de garçon. »

« Et qu’est ce que tu penses de Bretchen ? Bretta ? Brettany  » m’avait-elle demandé.

Nous nous étions arrêté sur Bretel, un nom qui réveillait des images de maison en pain d’épice et d’enfants malins. »

Une lecture agréable somme toute, doucerette et convenue, un soupçon de romance

j’aurai juste voulu ne pas deviner l’issue si tôt, quelques passages, ceux qui m’ont fait rire :

p.153″Chaque cellule de mon cerveau est concentrée sur le fait que, dans trois jours, je ferai cours au prochain Hannibal Lecter

« Oh, mon Dieu, j’ai atteint un nouveau degré de nullité. Andrew et moi venons de nous séparer. Et me voilà ce matin à poursuivre – oui, à poursuivre – un homme dont je ne connait même pas le nom. »

« Avoir le sentiment que son QI a rétréci alors que son arrière-train a grossi, quoi de pire ? »

« J’aimerais bien jouer dans la cour des grands. Mais je n’ai pour tout équipement qu’un sac de billes et une corde à sauter. »

M.G

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Poésie…parenthèse.

J’avais presque oublié Aragon et sa musicalité,

alors petite sélection :

Les oiseaux déguisés, Louis Aragon (1897-1982), Les Adieux et autres poèmes (1982).

« Tous ceux qui parlent des merveilles
Leurs fables cachent des sanglots
Et les couleurs de leur oreille
Toujours à des plaintes pareilles
Donnent leurs larmes pour de l’eau

Le peintre assis devant sa toile
A-t-il jamais peint ce qu’il voit
Ce qu’il voit son histoire voile
Et ses ténèbres sont étoiles
Comme chanter change la voix

Ses secrets partout qu’il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé

Ma vie au loin mon étrangère
Ce que je fus je l’ai quitté
Et les teintes d’aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d’une nuit d’été

Automne automne long automne
Comme le cri du vitrier
De rue en rue et je chantonne
Un air dont lentement s’étonne
Celui qui ne sait plus prier. »

et,

Les Yeux d’Elsa

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L’été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie
Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d’un firmament pour des millions d’astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L’enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l’averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d’août

J’ai retiré ce radium de la pechblende
Et j’ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu’un beau soir l’univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa.

Dans Les yeux d’Elsa.

 

Les yeux, le regard,un peu de folie,

credo intransigeant des Surréalistes…Aragon, Eluard,

 

Image associéeeluard_picasso

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

M.G

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Petit hymne à cet objet du quotidien qui trouve grâce à mes yeux…et de saison, non?

Le parapluie, pépin,pébroque, riflard, abrège et protège notre peau des gouttelettes de pluie qui pourraient effleurer, de trombes intempestives pour peu que le vent ne fasse un allié de choix..

Digne héritier d’une symbolique religieuse, royale, il nous rapproche de la vôute céleste..à portée de doigts pour le pharaon égyptien, royal ..

 

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Source http://www.universalis.fr/encyclopedie/parapluie-histoire-de-la-mode/

C’est en 1622, dans les farces de Tabarin, qu’apparaît le mot parapluie, mais jusqu’à la fin du xviiie siècle les termes parasol et parapluie sont utilisés indifféremment l’un pour l’autre : parasol de toile cirée (donc contre la pluie) dans l’Inventaire du mobilier de la Couronne, 1673 ; parasol-parapluie de Jean Marius (1710) ; pour les dictionnaires de Richelet (1680) et de Trévoux (1771), le parasol « sert à se défendre du soleil et de la pluie », et le parapluie « sans sens bien défini, c’est tout au plus un parasol « .

Le parapluie et le cinéma :mythique !

https://youtu.be/U5GKrmtCAgo?t=8

Ah Pierre Richard ! que de rires et de maladresses..

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A l’accessoire indispensable, lumière sur…

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Peinture :Les Parapluies, Auguste Renoir

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Avec Magritte et les vacances de Hegel,1958

Ainsi, un parapluie et un verre d’eau s’approchent, se touchent, dialoguent. Ce tableau s’intitule Les vacances de Hegel (1958). Hegel n’est pas, à ce moment, présent dans sa bibliothèque, dans un amphithéâtre ou à son bureau ; il s’agit plutôt de vacances, de détente, de loisir. Il se promène probablement sous le ciel, dans la nature. Hegel peut à la fois boire l’eau d’un verre et écarter l’eau de pluie. Le parapluie pourrait protéger l’extérieur du philosophe ; le verre pourrait arroser l’intérieur du corps. Selon Hegel, la dialectique est « la marche de la pensée qui reconnaît l’inséparabilité des contradictoires (thèse et antithèse) ». Et la pensée circule par des thèses, des antithèses, des synthèses successives…

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Sous le parapluie, Farel.

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Aquarelle, 2014, Lana Moes

 

 Parapluie rouge, JP Douchez,  huile  sur toile Parapluie rouge JP DOUCHEZ tableau Peinture originale huile sur toile au couteau

au couteau.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand le parapluie

devient oeuvre d’art, source d’inspiration, suspend ton envol

 

 

 

 

 

 

 

Des originaux aux extravagants…

Les masculins..

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https://encrypted-tbn2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQE-e8HDwCE0w9VCQj-wUB-3I8Q_iR388WI0GyA_FhXksvMkylwTg

 

Les féminins, tout en douceur, pour s’abriter, le refuge..

.M.G

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Emma/Ecriture

Acte troisième

Emma,

les soubresauts au coeur,

ça commence à cogner dans la poitrine,

ça m’oppresse Emma,

je le sens accélérer ce pouls,

pam…pam…pamm….tu l’entends, j’ai toujours senti que tu pouvais l’entendre, un infrason…tous  les deux … diapason… Emma et Paul …ça résonne.

Emma, Emma, t’as pas le droit de m’abandonner …Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma. La première fois que je t’avais croisé au petit café, tu reluquais ton livre, absorbée comme follement éperdue dans ton univers, rien ne semblait t’atteindre Emma, quand tu lis tu es toute fascinée, intégralement prise dans l’histoire, j’en connais peu des filles comme ça, Emma.Tu ne m’a même pas vu, tu étais plongée, j’enviais cet intérêt qui ne semblait jamais te quitter. Tu levais à peine les yeux sur le monde qui t’entourait comme si tu avais toujours su qu’il ne te conviendrait pas, une occultation du réel. Tu avais cette façon de te mouvoir Emma..une élégante discrétion qui ne pouvait passer pour telle, je voyais bien Emma que tu voulais observer le monde, glisser subrepticement sur les choses, tu ne semblais pas réaliser l’effet que tu pouvais faire, de l’irradiation.Une certaine pudeur sans doute, mêlée à une craintivité certaine et, pourtant, Emma j’ai réussi une fois, j’ai attaché ton regard, je l’ai fait mien, capture fugitive et éternellement figée.Tu m’as fait un sourire, pas de ceux des plus évidents, il y avait même une certaine gêne entre nous, j’insistais avec ce regard et tu observais, mais semblais dans l’incapacité de te jeter, comme prisonnière d’un je ne sais quoi. Alors moi le grand timide, celui que les copains charriaient pour sa naïveté, j’avais une fois osé, j’avais profité d’une de tes errances dans un livre pour m’inviter à ta table, il t’avait fallu un temps qui m’avais semblé interminable Emma pour seulement réaliser que tu n’étais plus seule..et quand tu avais levé les yeux je m’étais complètement déballonné…Je m’étais levé sans mot dire et j’avais quitter la table, juste le temps d’entr’apercevoir tes prunelles.

 

Acte deuxième

J’étais rentré…Je n’attendais qu’une future occasion de revoir ces jolies prunelles.

De loin, j’avais largement eu le temps de peaufiner le tableau, une allure racée, des jambes fuseaux au galbe délicat entraîné par une ballade rythmique, la taille marquée comme un appel à t’enlacer, et ce french coat qui ne te quittait pas.

J’avais établi un plan de bataille : approche de la cible, j’ai refait mon petit numéro, je me suis invité à ta table, tu étais toujours absorbée, toujours sans mot dire..ça devenait doucement obsessionnel..ça ne me quittait plus, cette idée fixe..Apprivoiser la petite créature, ça m’a pris du temps..Tu acceptais désormais ma présence Emma, tu la tolérais, tant que le silence régnait, j’avais une fois tenté de te parler, et là, c’est toi qui t’étais levée…je m’étais retrouvé bête et désoeuvré pour tout dire, alors je n’avais pas recommencé…Je m’étais mis à emmener des objets, le premier, une feuille vierge de tout mot comme ce qui nous unissait,puis un ruban pour tisser le lien, et je dois dire j’ai été transporté, ivre de joie quand tu l’as saisi de tes  doigts pour le glisser le long de la page.Il devenait rempart ce livre, bouclier de ta réclusion et pourtant, le ruban…il était bien là le ruban. Toujours le silence, ça devait j’imagine, t’apaiser, mais tu conservais les objets, les alignais devant toi, ligne pacifique de ta tranquillité. Et puis, il y a eu ce jour, je n’oublierai jamais..

 

Acte premier

C’était devenu une routine, une joyeuserie, si j’ose dire, je me demandais quel serait le prochain objet, et je cherchais, je cherchais…puis….une évidence …Je suis arrivé fringant, enthousiaste, prêt à soulever des montagnes et à m’affranchir des silences, j’avais…

oui j’avais….

mais

j’avais pas tout prévu,

Emma,

j’avais envisagé des possibles, mais pas celui-là, j’ai pensé que cette fois-là je pourrai enfin délivrer ces lèvres d’un sourire,d’un mot, j’étais encore avec cette idée-là quand je me suis attablé, le bouquet de belladones fraîchement amassées, que j’avais maladroitement enrubanné et qui dissimulait ce petit mot, j’y ai cru  quand tu as levé les yeux,  tes lèvres ont commencé à remuer, je me suis dit intérieurement, Emma…J’avais le coeur à tout rompre, j’y croyais, j’y étais parvenu ! Enfin !Victoire!

Puis, les bruits sourds____assourdissants même, les rafales,

comme rifflés, les éraflures aiguës,

ébranlé,

tombé,

je te cherche, Emma où es-tu ? Emma? Emma?

Emma…

t’as pas le droit de m’abandonner….Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma.

Il bat moins fort maintenant, moins vite, il s’essouffle, sans doute,

parce que

tu as glissé comme faussement lascive le long de ta chaise,

je n’ai pas compris,

juste le temps de saisir ta main de la glisser sur mon coeur,de voir la panique et la terreur dans tes yeux, j’aurais voulu les ignorer tout comme les poinçons, ceux qui sont apparus,  noyés pourpre, quand les balles de kalach ont sifflé et percuté l’air,

celles qui ont interrompus notre tête-à-tête et qui t’ont si …cruellement blessée ce soir- là.

Alors, je t’ai accompagné Emma,

du mieux que j’ai pu, j’ai pris ta main et me suis tu, je laissais les résiliences

au coeur.

 

M.G.

P.S : Emma /MatmatahEmma /Matmatah,

toujours aimé cette chanson,

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