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Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Journal de bord des lectures, critiques et moments d'écritures

Electre, de Sylvie Gérite, illustrée par Daniele Catalli.

Reçu dans le cadre de la dernière masse critique littérature jeunesse,

je remercie Babélio, et les éditions amaterra,

Electre - Justicière par Gerinte
48 pages joliment illustrées,

«  Près de la porte du palais, une troupe de femmes horribles s’est massée en murmurant. Leurs cheveux sont entremêlés de serpents, leur dos voûté porte deux ailes noirâtres et leurs griffes sont armées de fouets.  »

des tons chauds, vifs, agréables,

graphisme assumé par des lignes fortes, de l’orangé, du noir essentiellement et une belle entrée en matière pour ce grand classique .

« Electre revoit en pensée le visage trop lisse de sa mère, Clytemnestre, près du corps inanimé, et l’air satisfait d’Egisthe, le fourbe, le lâche cousin d’Agamemnon qui occupe désormais le trône.p.7″.
Une collection qui veut initier aux « grands personnages à hauteur d’enfant » et qui y réussit, sans conteste, cette version s’attache à Electre » justicière », Electre la vengeresse qui s’oppose à Clytemnestre ,simplifiée certes, mais l’on retrouve les traits de tragédie, les personnages Iphigénie, Oreste,

l’idée d’une malédiction, l’honneur,  les références mythologiques comme le sanctuaire de Delphes, et est abordable.

Le chapitre 1 commence par un portrait d’Electre et la tragédie est amorcée par le rappel des faits,

p.28 la mort étrange, brutale d’Agamemnon, la tristesse et le travail du deuil relayée ensuite par les intuitions données par les songes d’Electre renforcée par la tonalité élégiaque « ô le plus doux des jours!ô mon frère bien aimé ! ». Le dernier chapitre (8) s’achève sur la justice rendue aux dieux et aux offensés et au retour à la paix de la Cité.

J’ai apprécié p.48, in fine les références aux grands auteur à Eschyle, Sophocle, Euripide et évidemment Giraudoux, donc une belle découverte qui peut laisser une entrée sur la tragédie.

M.G

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Article mis en avant

On la trouvait plutôt jolie, Michel Bussi.

 

 C’était plutôt chouette!

 C’était plutôt chouette!

On la trouvait plutôt jolie par Bussi

« – Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l‘essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.

Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire. »

462 pages et deux jours pour le dévorer,

réminiscences de contes, du chasseur et de la proie,

Bussi a l’art et la manière d’entraîner et de bousculer son lecteur,

 

un joli rythme haletant et un dépaysement garanti dans l’univers impitoyable des migrants

« Mais je ne rentre pas dans les cases, Ruben. Célibataire. Salaire de misère. Les offices HLM me proposent des studios, des F1 au mieux. Vous comprenez, madame Maal, on réserve les F2, les F3, les F4 aux familles. C’est aussi stupide que cela, Ruben. Sans enfants, je ne peux pas prétendre à un logement plus grand. Et sans logement plus grand, je ne peux pas faire venir mes enfants. (Elle laissa à nouveau échapper un petit rire désabusé.) Le type qui a inventé ça, c’est un génie. »et de leur lourd périple, sans tomber dans le pathos

« Attention, je te parle des migrants, là, pas des réfugiés.

— C’est quoi la différence, patron ?

Petar observa son adjoint, amusé. Julo devinait qu’il en avait souvent discuté à la terrasse des cafés et que son argumentaire était bien rodé.

— Rien de plus simple, gamin ! Les réfugiés sont les gentils, ils fuient la guerre dans leur pays, on doit avoir pitié d’eux, on a le devoir moral de les accueillir, la France est une terre d’asile ! Les migrants, eux, ce sont les méchants, ils veulent nous envahir, ils sont seulement pauvres, mais des pauvres, on en a déjà assez chez nous.

Pas évident, une gageuse pour Bussi qui choisi cet univers, et c’est plutôt, plutôt réussi il faut bien le dire,

« On accueille les réfugiés politiques et on vire les migrants économiques. Et ne viens pas me demander pourquoi on a le devoir d’accueillir un gars qui crève de peur chez lui et pas un gars qui crève de faim. »

restant dans la veine du polar,

des homicides sordides,

des secrets,

dont on rassemble progressivement les pièces de puzzle à mesure que Leyli se livre.

M.G

Article mis en avant

La liseuse, Paul Fournel.

L’on pourrait croire que c’est l’histoire d’une fille qui lit..inlassablement,

si l’on se fiait uniquement au titre..et l’on s’y tromperait !

Et c’était assez drôle, j’y pensais quand je constatais que j’étais prise en photographie samedi dernier, plongée dans le lecture de la liseuse, une sorte de mise en abyme .

Puisque la liseuse perd de son humanité,

qu’elle s’empare de la querelle,

qu’elle indispose,

qu’elle préfigure la mort de l’imprimé, de l’objet livre auprès de Robert Dubois, éditeur qui rechigne à s’en saisir tant elle lui semble incongrue, cette « vulgaire » tablette électronique, 

« Il la regarde, il la soupèse, l’allume et sa vie bascule.Pour la première fois depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c’est comme si son coeur se fendait en deux. »

p.13/ 14 :  la rencontre de l’objet

« – Comme un bouquin ?

-Oui, c’est le côté ringard du truc.Une concession pour les vieux. Quand on se souviendra plus des livres, on se demandera bien pourquoi on avance comme ça.Autant défiler vertical. Scroller. Ce serait plus logique.

-C’est Kérouac qui va être content. »

Du noir mat, du noir glauque (au choix), du lisse, du doux, du vitré, du pas lourd.Je soupèse.

Je la pose sur le bureau et je couche ma joue dessus.Elle est froide, elle ne macule pas.Rien ne laisse à penser qu’elle a tous les livres dans le ventre.Elle est juste malcommode : trop petite, elle flotte dans ma serviette, trop grande, elle ne se glisse pas dans ma poche.

En fait, elle ressemble à Meunier, Le grand patron, elle est inadaptée. »

J’ai bien ri à ce passage  » -730 grammes sans la couenne, mon vieux Robert! (…) 

« 730 grammes.Hugo+Voltaire+Proust+Céline+Roubaud, 730 grammes.Je vous rajoute Rabelais? 730 grammes.Louise Labé? 730 grammes » P.223″ 

Mais puisqu’il faut vient vivre avec son temps pour ne passer pour un vieux con, pour être « in » et suivre le tempo, Dubois s’y fait.

Un très beau passage sur l’artichaut, inattendu,

certes, mais étonnante description p.30…

Mais la plus belle surprise apparaît dans la postface,

qui évoque la contrainte oulipienne qu’adopte Fournel pour ce texte

« qui épouse la forme d’un sextine, forme poétique inventée au XIIème siècle par le troubadour Arnaut Daniel.Il en respecte le nombre de strophes et la rotation des mots à la rime.(…) »

Je ne vais tout de même pas tout dévoiler quand même…si ce n’est…. que « l’ensemble constitu(e) un poème de 180000 signe et blancs. »

Un joli tour de force que d’évoquer toute en légèreté la concurrence entre la liseuse, le progrès technique et la résistance du  vieux livre papier dans le monde des éditeurs et du tirage, du cartable, de la pesanteur, car pour Dubois, « Bien bourré le vendredi soir, il avait le juste poids du travail.Celui qui fait que mon épaule gauche est un peu plus basse que la droite. Déformation professionnelle. Quasimodo. »p.15.

 

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Famille parfaite, Lisa GARDNER.

Famille parfaite par Gardner

2ème lecture de Gardner à mon actif et j’avoue avoir été davantage enthousiasmée que le précédent.

Mieux ficelé,

plus machiavélique,

plus dense,

Gardner joue sur le plan du psychologique, des non-dits, de l’affrontement, des rancunes familiales, et des secrets inavoués,

j’imagine aisément une adaptation sur les écrans.

Les Denbe incarnent « la famille parfaite », vitrine du glamour et dont on pourrait envier la vie de rêve,

simplement, et si cette belle vie,

si…ce vernis se craquelait, si le sol se dérobait..

et si..toute la famille la plus en vue disparaissait du jour au lendemain, sans trace, sans indice, juste comme ça..

Ce pourrait être inquiétant, rudement inquiétant, même,

ça pourrait rappeler certains faits divers sordides

. »Les gens sont tous égaux devant la violence. Peu importe leur niveau de fortune, leur milieu social, leur métier. Un jour, elle vient simplement les chercher. »

Il fallait oser la disparition d’une famille en totalité, un thriller haletant,

qui fait grandir crescendo les inquiétudes du lecteur, entre trahisons et manipulations.

« Sincèrement, c’est plus difficile d’interroger des ados que des mafiosi. Soit elles serrent les rangs, soit elles vous abreuvent de tellement de ragots qu’on ne sait plus à quoi s’en tenir.
(p. 309) »

Je ne donnerai aucun indice sur le final pour préserver les futur(e)s lecteurs et conserver le suspense.

« La douleur a un goût. La question, c’est de savoir celui qu’elle a pour vous. »La douleur a un goût. La question, c’est de savoir celui qu’elle a pour vous.

« Le silence est la meilleure des démonstrations de force. »

Merci Julie tu l’as bien choisi, un bon thriller que je recommande.

M.G

 

 

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La tresse, Laetitia COLOMBANI.

La tresse,

sans vendre la mèche,

ce roman polyphonique offre un entrelacs de portraits de femme,

de la condition féminine sur trois continents,

d’un destin étriqué et une rage de vivre et de se révolter.

Le lecteur alterne avec « Smita »,

l’Intouchable …peu enviable, le joug des castes, le karma, l’insignifiance et le rien,

« Puis elle prend son panier de jonc tressé, ce panier que sa mère portait avant elle et qui lui donne des haut-le-coeur rien qu’à le regarder, ce panier à l’odeur tenace, âcre et indélébile, qu’elle porte toute la journée comme on porte une croix, un fardeau honteux.Ce panier, c’est son calvaire.Une malédiction.Une punition. Quelque chose qu’elle a dû faire dans une vie antérieure, il faut payer, expier, après tout cette vie n’a plus d’importance que les précédentes, ni les suivantes, c’est juste une vie parmi les autres, disait sa mère.C’est ainsi, c’est la sienne.C’est son darma, son devoir, sa place dans le monde. »p.16,

ça m’a rappelé une lecture qui m’avait fort impressionnée

Dans la peau d’un intouchable de Marc Boulet, dont je vous livre la 4ème :

« Qu’éprouve-t-on réellement lorsqu’on vit au degré zéro de la misère humaine ? Que signifie être mendiant et intouchable dans l’Inde moderne ? Que ressent-on au plus profond de soi-même lorsqu’on devient pur objet de mépris, poussière anonyme dans la multitude humaine ? C’est en obéissant à des curiosités de cette sorte que l’auteur de ce livre a choisi de vivre une extraordinaire expérience.

Après avoir appris l’hindi, s’être fait foncer la peau et teindre les cheveux, Marc Boulet s’est mêlé pendant plusieurs semaines aux mendiants et intouchables de Bénarès en Inde. Il a mendié à leur côté, a partagé leur condition et souffert des mêmes humiliations. Dans ce livre, il remet en forme des notes qu’il a prises pendant ces longues semaines.

Un témoignage sans équivalent mais aussi un portrait sans complaisance de l’Inde moderne qui demeure largement gouvernée par le système des castes pourtant aboli par la constitution.

Marc Boulet, né à Paris en 1959, est journaliste indépendant. Il est diplômé des « Langues O » et parle l’albanais, l’anglais, le chinois, le coréen, l’hindi et
l’italien.et parle l’albanais, l’anglais, le chinois, le coréen, l’hindi et

l’italien. »

puis,

vient « Giulia », la sicilienne,

fidèle porteuse de l’héritage familial, tributaire de l’atelier qu’elle aime, soucieuse de ne pas trahir l’esprit de l’entreprise familiale et du « papa » et dont on sent la prégnance d’une tradition toute patriarcale.

« Quelle autre issue? Va-t-elle accepter que sa mère et ses soeurs se retrouvent à la rue? La vie est cruelle, se dit-elle, de faire ainsi peser sue ses seules épaules le poids de sa famille entière »p.151...

et, « Sarah » la canadienne, l’amazone, l’indomptable, celle qui s’est presque enfermée dans un rôle de working girl parfaite, infaillible, irréductible,

« Pour l’instant, tout va bien. Tant qu’on n’en parle pas, ça n’existe pas. p.61″ jusqu’à ce qu’elle soit touchée par la maladie. »

 

« Je ne suis qu’un maillon de la chaîne,

Un maillon dérisoire, mais qu’importe,

Il me semble que ma vie est là,

Dans ces trois fils tendus devant moi,

Dans ces cheveux qui dansent

Tout au bout de mes doigts. »p.222

 

 

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Présentation par l’auteure,

avec la librairie Mollat :Laetitia Colombani vous présente son ouvrage « La tresse » aux éditions Grasset. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2059037…

 

Une belle lecture qui ne peut laisser de marbre, un premier roman prometteur bien mené « Demain je me remettrai à l’ouvrage. D’autres histoires m’attendent. D’autres vies.D’autres pages. p.222. »

M.G

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Pause…polar..Lisa GARDNER, La fille cachée.

Premier polar avec cette auteure américaine pour moi,

publiée dans 30 pays et dans la veine des thrillers.

La fille cachée n’appartient à aucun cycle, Gardner reprenant ses personnages au cours d’enquêtes, même si j’ai pu faire la connaissance de Pierce Quincy comme sommité dans le profilage..

 

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4ème…

Ce que j’en ai pensé…

J’ai passé un bon moment de lecture, toute fraîche,

les 470 pages se lisent bien et plutôt vite,

« -Vous pouvez laisser la lampe allumée, si vous le désirez.

-Ça ira. Je suis une grande fille. Je n’ai plus peur dans le noir.

-Une grande fille ? Moi, je suis un agent du FBI et les agents du FBI sont tous des couards. Je vous assure qu’il n’est pas un inspecteur vivant qui ne dorme sans veilleuse. »

je regrette cependant une certaine prévisibilité qui laisse entrevoir le dénouement et des personnages plus proches des stéréotypes ( famille américaine aisée, genre « la belle vie « , rêve américain….) que de l’authenticité, « Ravir à autrui ce qu’il possède, tout simplement parce que ça lui appartient. C’était à la fois de l’insensibilité, de la cruauté et pire. »

certains passages auraient mérité plus de développement « On a invariablement ce qu’on mérite » et parfois une impression d’alambiquée qui dessert le scénario.

Pour autant, je compte poursuivre avec Gardner et un prochain titre à venir..mais Thilliez et Bussi m’attendent aussi…

D’autres titres…Gardner : pour aller plus loin,

Sources : Albin Michel,

Livre de Poche,Babélio,

Site de l’auteur https://www.lisagardner.com

https://polar.zonelivre.fr/lisa-gardner-biographie-et-bibliographie/

BIBLIOGRAPHIE

DÉTECTIVE D.D. WARREN

  1. Disparue (Albin Michel en 2008, Livre de Poche en 2010) Alone
  2. Sauver sa peau (Albin Michel en 2009, Livre de Poche en 2011) Hide
  3. La maison d’à côté (Albin Michel en 2010, Livre de Poche en 2012) The Neighbor
  4. Les morsures du passé (Albin Michel en 2012) Live to Tell
  5. Preuves d’amour (Albin Michel en 2013, Livre de Poche en 2015) Love you More
  6. The 7th Month (USA- Nouvelle)
  7. Arrêtez-moi (Albin Michel en 2014, Livre de Poche en 2017) Catch Me
  8. Fear Nothing (USA 2014)
  9. 3 Truths and a Lie (short story) (USA 2016)
  10. Lumière noire (Albin Michel 2018) (Find Her – USA 2016)

SÉRIE FBI PROFILER

Parmi les personnages récurrents : Pierce Quincy et sa fille Kimberly Quincy, aidés par Rainie Conner, ancienne avocate devenue enquêtrice privée.

  1. Jusqu’à ce que la mort les sépare (L’Archipel en 2000, Archipoche en 2001) The Perfect Husband
  2. Tu ne m’échapperas pas (L’Archipel en 2003, Livre de Poche en 2005) The Third Victim
  3. La vengeance aux yeux noirs (L’Archipel en 2004, J’ai Lu en 2006, Livre de Poche en 2015) The Next Accident
  4. The Killing Hour (USA)
  5. Disparue (Albin Michel en 2008, Livre de Poche en 2010) Gone
  6. Derniers adieux (Albin Michel en 2011, Livre de Poche en 2013) Say Goodbye

Série Détective privée Tessa Leoni

  1. Preuves d’amour (Albin Michel en 2013, Livre de Poche en 2015) Love You More
  2. Famille parfaite (Albin Michel en 2015, Livre de Poche 2018) Touch & Go
  3. Le Saut de l’ange (Albin Michel en 2017) Crash & Burn

AUTRES ROMANS POLICIERS

  • La fille cachée (L’Archipel en 2001, Archipoche en 2002) The Other Daughter
  • The Surivors Club (USA)
  • I’d Kill For That (USA)

SOUS LE NOM D’ALICIA SCOTT (liste non exhaustive)

  • Maggie’s Man (USA)
  • MacNamara’s Woman (USA)
  • Brandon’s Bride (USA)

 

M.G

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Antigone, Sophocle/théâtre/5/5.

Dernière représentation cette année,

après le 4 ème mur et l’évocation d’Antigone version Anouilh,

j’enchaîne avec celle de Sophocle, comme un cycle..

un goût..certain… pour le tragique, enfin n’est-ce pas ce que l’on peut attendre du théâtre, un retour aux sources?

« ANTIGONE. –

Fais ce que tu veux, mais moi, je l’ensevelirai, et il me sera beau de mourir pour cela. Ayant commis un crime pieux, chère je me coucherai auprès de qui m’est cher ; car j’aurai plus longtemps à plaire à ceux qui sont sous terre qu’à ceux qui sont ici. »

Traduction et adaptation Philippe Demain

avec Delphine Bechetoille, Christine Berg, Valentin Boraud, Jean-Michel Guérin, Camille Plocki, Stephan Ramirez, Gisèle Torterolo, Jean-Louis Wacquiez

mise en scène Christine Berg

dramaturgie Philippe Demain

scénographie i&mt lumières Jean-Gabriel Valot

costumes Françoise Kepler

régie plateau Morgane Barbry et Baptiste Nicoli

construction du décor Florent Gallier

administration Fabienne Christophle/G.E.F.

Coproduction ici et maintenant théâtre/Grand Théâtre de Calais/Espace Jean Vilar de Revin.

La cie Ici et maintenant théâtre est conventionnée avec le Conseil Régional Grand Est et la Ville de Châlons-en-Champagne. Projet soutenu par le Conseil Départemental de la Marne et la DRAC Grand Est (Aide à la production).

Avec la participation du Jeune théâtre national.

« KRÉÔN.

Et ainsi, tu as osé violer ces lois ?

ANTIGONÈ.

C’est que Zeus ne les a point faites, ni la Justice qui siège auprès des dieux souterrains. Et je n’ai pas cru que tes édits pussent l’emporter sur les lois non écrites et immuables des dieux, puisque tu n’es qu’un mortel. Ce n’est point d’aujourd’hui, ni d’hier, qu’elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes, et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées. Je n’ai pas dû, par crainte des ordres d’un seul homme, mériter d’être châtiée par les dieux. […

Et si je te semble avoir agi follement, peut-être suis-je accusée de folie par un insensé. »

Une jolie mise en scène,

toute en modernité, il faut bien l’avouer, Antigone dépoussiérée n’a rien perdu de son charme,

effrontée comme toujours,

au coeur de conflits et d’un véritable destin individuel dépassant très largement la polis grecque, un moment de révolte bien servi par le jeu des comédiens.

MG

 

 

 

 

Pour aller plus loin, le lien vers le dossier de presse : http://www.theatredelamadeleine.com/images/programme/annee-2017-2018/antigone/antigone-ici-et-maintenant-theatre-presse.pdf.pdf

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Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand.

Désolée, je suis attendue par Martin-Lugand

Mon 4ème,

après Les gens heureux lisent et boivent du café, Entre mes mains le bonheur se faufile, et La vie est facile ne t’inquiète pas…

Désolée, je suis attendue, un leitmotiv pour Yael,

figure emblématique de l’ambition,

ce n’est pas Rastignac c’est certain,

une obsession,

s’engouffrer corps et âme dans la carrière professionnelle

« J’aime être pressée, overbookée, demandée, connectée…ça me permet de respirer. « 

quitte à oublier__________

l’essentiel

ou à fuir

dans la représentation et le jeu social,

quitte à vivoter, davantage attaché à des automatismes et à la préservation de soi.

« Le monde, les autres n’existaient plus, je n’avais plus aucune notion de ce qui était bon, mal juste ou injuste. Mon existence se résumait au prisme des informations délivrées par cette chose inanimée, sans émotions. J’étais une coquille vide de tout, sans considération(…) « 

Quelque peu émoussé dans le style, j’ai été moins emballé par ce roman que j’ai trouvé plus prévisible, plus répétitif,

avec quelques longueurs même,

le personnage de Yael me semble moins fouillé,

j’ai cependant apprécié le rappel à Iris d’Entre les mains le bonheur se faufile. »Sans plus se préoccuper de moi, il retourna à son écran. Avant de partir, je repassai dans mon placard à balais récupérer mon sac. Comme un automate, à moitié sonnée, je pris le métro et m’écroulai sur un strapontin. Qu’est-ce qui venait de me tomber sur la tête ? « 

M.G

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Le 4ème mur, Sorj CHALANDON/théâtre/4.

Dernier spectacle vu, 29 mars,

Adapté du roman de SORJ CHALANDON,

Création 2016

Sur une idée originale de Thierry Auzer et Luca Franceschi

direction artistique Thierry Auzer

adaptation et mise en scène Luca Franceschi

composition musicale Nicolas « TIKO » Giemza

chorégraphie Fanny Riou

avec Samuel Camus, Mathilde Dutreuil, Salla Lintonen, Yannick « YAO » Louis, Nicolas Moisy, Alexandra Nicolaïdis décors Thierry Auzer et Vincent Guillermin

création lumières Antoine Fouqueau

costumes Laurence Oudry

Production théâtre des Asphodèles.

Avec le soutien de l’ADAMI, Ville de Lyon, Région Auvergne Rhône-Alpes.

theatre-des-asphodeles-le-quatrieme-mur-theatre-de-la-madeleine
« L’idée de Samuel est belle, utopique. Monter Antigone en pleine guerre au Liban en rassemblant sur scène des comédiens issus de chaque camp belligérant, afin de « donner à des ennemis une chance de se parler », de « les réunir autour d’un projet commun ».
En adaptant le roman de Sorj Chalandon avec une mise en scène à la croisée de disciplines urbaines, la Cie des Asphodèles questionne l’utilité de l’art dans la société, avec l’énergie et l’inventivité propices à l’éclosion d’un univers poétique et sensible qui soit aussi une fenêtre ouverte sur le monde. »

Jolie représentation contemporaine, arrière fond marqué par du beatbox,

tragédies en toile de fond  et de sa mécanique impitoyable,

enfermé entre 4 murs,

(guerre, conflits et trahisons,  snipers et morts )

et espoirs,

autour d’Antigone, l’idée d’une réconciliation,

le temps d’une possible___ trêve,

bercés par les voix des comédiens, qui renforcent les tensions narratives,

entre horreurs et absurdités, jusqu’à l’aveuglement…

Quand Sorj SALANDON évoque son roman,

Pour aller plus loin accès au dossier presse http://www.theatredelamadeleine.com/images/programme/annee-2017-2018/le-quatrieme-mur/le-quatrieme-mur-cie-des-asphodeles-presse.pdf

Un spectacle d’où irradiait une violence et une puissance évocatrice certaine, qui ne peut laisser insensible et que je garderai en tête..M.G

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Un air de printemps/poésie..

 

Le printemps, 1872, Claude Monet.

File:Claude Monet - Springtime - Google Art Project.jpg

 

Le printemps me plaît.

Le printemps me plaît… J’erre avec délices 
Dans les champs joyeux, avec les moineaux ; 
Je contemple tout : les riches calices, 
Les insectes d’or et les foins nouveaux.

Ninetta là-bas relève sa robe, 
Et, pour passer l’eau, montre son bas blanc : 
Par le sang du Christ ! l’homme, roi du globe, 
Devant ce pied-là se sent tout tremblant !

Le printemps me plaît… Je dis des folies ! 
Je suis sérieux, à la fois, et gai. 
D’azur et de miel les fleurs sont emplies : 
Pour suivre Nina j’ai passé le gué.

Bonjour, Ninetta ! j’éprouve en mon âme, 
Dieu me le pardonne ! un trouble connu… 
Viens, repasse l’onde en mes bras, ô femme, 
Ou livre au ruisseau ton joli pied nu !

Jean Aicard.(1848-1921)
Les jeunes croyances (1867)

 

Le printemps.

Gentils oiseaux, venez à ma fenêtre, 
Ce blanc duvet est pour vos petits nids ; 
Je sens aussi que le printemps va naître, 
Mon cœur ému s’épanche au sein des nuits. 
Les fleurs déjà dégagent leurs corolles, 
Leur corset vert ne craint plus les autans ; 
Voici les jours des jeux, des danses folles, 
Jolis oiseaux, célébrons le printemps.

Présage heureux, la nature féconde 
Sème de fleurs le lit de son époux ; 
Partout l’amour devient la loi du monde 
Et les amants ont des regards plus doux. 
Voici venir l’heure de la tendresse, 
L’heure joyeuse aux baisers éclatants ; 
Buvons donc tous aux coupes de l’ivresse ; 
Jolis oiseaux, célébrons le printemps.

Oh ! connue vous que n’ai-je aussi des ailes 
Pour m’envoler sous les bois odorants ! 
Que n’ai-je aussi des caresses nouvelles 
Pour apaiser mes pensers délirants ! 
Mais ici-bas, solitaire et rêveuse, 
Je ne connais que les tristes instants ; 
Combien pourtant je voudrais être heureuse ! 
Jolis oiseaux, célébrons le printemps.

En écoutant la chanson si jolie 
Que vous jetez aux vents de l’horizon, 
Je sens mon cœur pris de mélancolie, 
Et de désirs qui troublent ma raison, 
Après ces chants qui peignent votre flamme, 
De volupté je vous vois palpitants ; 
Et moi j’attends à qui donner mon âme ; 
Jolis oiseaux, célébrons le printemps,

N’ai-je pas droit à la faveur céleste, 
Au tendre amour, à ma part de bonheur ? 
La vie, hélas ! serait un don funeste 
Si l’on devait languir dans le malheur ; 
Mais Dieu jamais ne manque à ses promesses, 
Il fit un cœur pour tout cœur de vingt ans. 
Je suis aimée, allons ! plus de tristesses, 
Jolis oiseaux, célébrons le printemps.

François-Marie Robert-Dutertre.(1815-1898)

Les loisirs lyriques (1866).

M.G.
Article mis en avant

Neige../Poésie/ morceaux choisis.

Paul Gauguin, Paysage d’hiver effet de neige

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Titre : La neige à travers la brume

Poète : Paul Verlaine (1844-1896)

Recueil : Bonheur (1891).

La neige à travers la brume
Tombe et tapisse sans bruit
Le chemin creux qui conduit
A l’église où l’on allume
Pour la messe de minuit.

Londres sombre flambe et fume ;
La chère qui s’y cuit
Et la boisson qui s’ensuit !
C’est Christmas et sa coutume
De minuit jusqu’à minuit.

Sur la plume et le bitume,
Paris bruit et jouit.
Ripaille et Plaisant déduit
Sur le bitume et la plume
S’exaspèrent dès minuit.

Le malade en l’amertume
De l’hospice où le poursuit
Un espoir toujours détruit
S’épouvante et se consume
Dans le noir d’un long minuit…

La cloche au son clair d’enclume
Dans la cour fine qui luit,
Loin du péché qui nous nuit,
Nous appelle en grand costume
A la messe de minuit.

Paul Verlaine.

 

Titre : La tache blanche

Poète : Maurice Rollinat (1846-1903)

Recueil : Paysages et paysans (1899).

Dure au mordant soleil, longtemps épanouie 
Aux grands effluves lourds et tièdes du vent plat, 
La neige, ayant enfin fléchi, perdu l’éclat, 
Venait de consommer sa fonte sous la pluie.

L’espace détendu ! le bruit désemmuré ! 
Et les cieux bleus, enfin ! pour mes regards moroses, 
Avides de revoir le vieil aspect des choses, 
Tout surgissait nouveau du sol désengouffré.

Soudain, au creux d’un ravin noir, 
Un soupçon de neige fit voir 
Sa tache pâle, si peureuse

Que je me figurai, songeur, 
Un dernier frisson de blancheur 
Au fond d’une âme ténébreuse !

Titre : Le premier givre

Poète : Arsène Houssaye (1815-1896)

Recueil : La poésie dans les bois (1845).

L’hiver est sorti de sa tombe, 
Son linceul blanchit le vallon ; 
Le dernier feuillage qui tombe 
Est balayé par l’aquilon.

Nichés dans le tronc d’un vieux saule, 
Les hiboux aiguisent leur bec ; 
Le bûcheron sur son épaule 
Emporte un fagot de bois sec.

La linotte a fui l’aubépine, 
Le merle n’a plus un rameau ; 
Le moineau va crier famine 
Devant les vitres du hameau.

Le givre que sème la bise 
Argente les bords du chemin ; 
À l’horizon la nue est grise : 
C’est de la neige pour demain.

Une femme de triste mine 
S’agenouille seule au lavoir ; 
Un troupeau frileux s’achemine 
En ruminant vers l’abreuvoir.

Dans cette agreste solitude, 
La mère, agitant son fuseau, 
Regarde avec inquiétude 
L’enfant qui dort dans le berceau.

Par ses croassements funèbres 
Le corbeau vient semer l’effroi, 
Le temps passe dans les ténèbres, 
Le pauvre a faim, le pauvre a froid 

Et la bise, encor plus amère, 
Souffle la mort. — Faut-il mourir ? 
La nature, en son sein de mère, 
N’a plus de lait pour le nourrir.

 

Arsène Houssaye.

M.G

 

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Par coeur, Gilles KNEUSE.

Par coeur par Kneusé Je remercie une nouvelle fois Babélio dans le cadre de la dernière opération Masse critique et les éditions Maucaonduit,

en particulier pour les petites attentions, glissé dans le livre, l’article « Piccoli en scène: le dernier combat par Gilles Costaz ( web-théâtre ), et les deux marque-pages personnalisés par l’éditrice.

Par coeur,

pourrait être lu comme un aveu de faiblesse,

« _Dis-moi, je peux te poser une question?

_Oui, bien sûr.

_Tout à l’heure, quand on va jouer,si jamais tu as un trou, comment veux-tu qu’on fasse? » p.18

l’acceptation que la mémoire de l’ami, du comédien flanche, s’use, rien de plus terrible alors... »Mais il parlait aussi de sa mémoire qui s’en allait, de sa difficulté aujourd’hui à travailler, et de la douleur de ne plus pouvoir jouer » p.11

C’est le constat que fait Kneusé qui devient « souffleur » pour Piccoli monstre sacré, il raconte à la manière de fragments de mémoires,

« Mais quoi que je fasse, je garde toujours un oeil près du texte. De l’autre, je le surveille. » p.64,

d’autobiographie,

la fameuse représentation de Piccoli, dans Minelli.

Le style est feutré, intimiste, doux, à la hauteur de l’hommage rendu au grand personnage.

Ce témoignage touchant, tout en délicatesse, se compose de 25 épisodes comme autant d’instants figés, de souvenirs de coulisse de Kneusé comme « le gigot p.23 », « en scène »p.53, « taxi » p.95

« On ne sait jamais comment cela va se passer, une première.Il y a toujours une part d’inconnu. Il y a eu des répétitions, des filages, chacun a pris ses marques, ses repères. On connaît ses entrées, on connaît ses sorties. On sait ce qu’on a à faire. On sait ce qu’on a à dire.On sait ce qu’on a à faire. Et puis, on y va. Et ce soir aussi, on va y aller. »p.45

Car « on ne laisse pas Minetti en plan » p.136 ,« on ne laisse pas Minetti en plan », j’espère que vous avez bien compris », on ne laisse pas Minetti en plan »!!

cf :  Gilles Costaz  : « C’était en 2009. Michel Piccoli revenait au théâtre : il jouait Minetti de Thomas Bernhard au théâtre de la Colline, puis en tournée. Mis en scène par André Engel (qui l’avait déjà dirigé dans Le Roi Lear), entouré de Julie-Marie Parmentier, Evelyne Didi, Gilles Kneusé, Arnaud Lechien, le grand acteur fit une prestation remarquable, et cela reste, à l’heure actuelle, son dernier passage au théâtre. L’accueil fut enthousiaste, mais le bruit courut que Piccoli connaissait mal son texte, avait beaucoup lutté contre les trous de mémoire. L’un de ses partenaires, Gilles Kneusé, témoigne aujourd’hui, dans un récit où, par délicatesse, aucun nom propre n’est cité : ni celui de Piccoli, ni celui d’Engel, ni celui d’un autre participant. Seul celui de Kneusé apparaît sur la couverte : il dit je dans le texte, et il dit il quand il s’agit de Piccoli.
Kneusé est un comédien au parcours insolite. Il a d’abord été médecin et chirurgien, jusqu’au jour où, à 36 ans, il a décidé de tout arrêter pour devenir acteur. Et il ne cesse de l’être, au théâtre et au cinéma. Piccoli, de son côté, est un personnage complexe. Bien des personnes qui ont traversé sa vie se demandent encore qui il est. C’est un altruiste très fermé sur lui-même. Que Kneusé se retrouve partenaire de Piccoli dans Minetti n’était donc pas une histoire banale. Elle fut difficile. La rumeur avait raison : Michel Piccoli lutta souvent contre la perte de mémoire, les répétitions et les représentations se déroulèrent dans l’angoisse. Kneusé freina des quatre fers pour écrire et publier son livre. Il explique pourquoi il a brisé ses réticences dans un avant-propos : « J’ai longtemps hésité avant d’écrire cette histoire. D’abord pour égard pour lui, pour son goût du secret et du silence, pur sa pudeur, il me semblait plus juste et plus fidèle de ne pas en parler. Ensuite, parce que j’ai toujours pensé que tout n’a pas à être raconté. Et puis dans un livre paru récemment, il parlait de son métier d’acteur, un métier qu’il qualifiait d’extravagant, avec lequel il s’était régalé, et dont la première qualité était à ses yeux la capacité de savoir s’amuser, s’amuser à oser, en complicité avec ses partenaires… Mais il parlait aussi de sa mémoire qui s’en allait, de sa difficulté aujourd’hui à travailler, et de la douleur de ne plus pouvoir jouer. J’ai pensé que cet aveu le donnait la permission de raconter. » 
Peu de livres sont aussi feutrés, ouatés, silencieux que celui-ci. Kneuzé écoute Piccoli, le caresse du regard. Il n’a pas été chargé seulement d’être l’un des acteurs de cette pièce en désquilibre. (Rappelons le sujet : un comédien en fin de carrière, Minetti, vient attendre en vain un directeur de théâtre dans le hall d’un hôtel d’Ostende, avec l’espoir qu’on lui confiera le rôle du roi Lear). Kneusé a aussi le rôle d’ami souffleur. Dès qu’il sent Piccoli en panne, il doit profiter des silences introduits par la mise en scène pour aller consulter la brochure et revenir murmurer, comme il peut, la phrase à partir de laquelle tout peut repartir. Il y aura beaucoup de petits incidents tout au long des représentations, mais aucun qui mette en cause le déroulement du spectacle jusqu’à sa fin.
Gilles Kneusé écrit comme un médecin et un camarade de jeu attentif, qui économise ses mots et les dépose délicatement sur sa page. D’ailleurs, avec quelques flashes-black, il se souvient de quelques interventions en salle de chirurgie. Il y a quelque parenté entre les deux métiers : il s’agit de sauver un être humain à la dérive en réactivant une fonction arrêtée. C’est ainsi que, dissimulé derrière un élément du décor ou à vue, Kneusé a fait affluer le sang du texte qui s’était immobilisé. Le témoignage est exceptionnel : nous n’en connaissons pas d’équivalent. En général, les acteurs parlent d’eux-mêmes et n’ont pas d’autres observateurs dotés de plume que les critiques ! C’est un très beau portrait de Michel Piccoli, dans l’un de ses derniers combats. Alors qu’il est au bord de l’échec, il refuse de porter une oreillette, il clame qu’il joue cette pièce d’une difficulté extrême pour « s’amuser » ! Sans aucun pathos, sans aucun mot de trop, sans le vocabulaire admiratif qui nuirait à la simplicité du récit, Kneusé donne à voir l’acteur perdu en scène, à la fois apeuré et inébranlable, sur le point de perdre et gagnant sans triompher. Le langage clair et ombreux de Kneusé filme Piccoli merveilleusement. »

Par cœur de Gilles Kneusé, éditions du Mauconduit, 160 pages, 15 euros. »

4 ème :

« Quand il en avait besoin, il se tournait vers moi, me faisait un signe de la main, le bras tendu, il disait « après ? », je lui soufflais son texte à voix haute et il continuait (…). Ça s’était fait tout simplement, sans vraiment le décider. Jour après jour, pendant les répétitions, il s’était habitué à cette manière de jouer. Mais on n’en parlait pas. Il y avait entre nous comme un accord tacite. »

J’ai longtemps hésité avant d’écrire cette histoire. D’abord par égard pour lui, pour son goût du secret et du silence, pour sa pudeur, il me semblait plus juste et plus fidèle de ne pas en parler. Ensuite, parce que j’ai toujours pensé que tout n’a pas à être raconté.

Et puis dans un livre paru récemment, il parlait de son métier d’acteur, un métier qu’il qualifiait d’extravagant, avec lequel il s’était régalé. Il disait que la vie l’avait aidé à apprendre à jouer, et que jouer l’avait aidé à apprendre à vivre. Pour lui, l’acteur parfait, le modèle absolu, c’était Mastroianni, son partenaire dans plusieurs films.

Dans son livre, il parlait aussi de sa mémoire qui s’en allait, de sa difficulté aujourd’hui à travailler, de la douleur de ne plus pouvoir jouer.

J’ai pensé que cet aveu me donnait la permission de raconter.G.K. »

 

N.B :

Piccoli a 83 ans…quand il joue Minetti en 2009,

et, pour aller plus loin,

je propose en lien le dossier de presse http://www.colline.fr/sites/default/files/archive/0.407634001273845653.pdf

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En somme, un joli témoignage, rare, qui nous plonge dans les coulisses, les affres et les angoisses des comédiens, mais aussi le jeu, l’improvisation et sa magie, car le plus important n’est-il pas

de s’amuser, de s’amuser…

M.G

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« C’est en ouvrant ce livre que tout commença… »

de l’inspiration…ou des tentations…petit format

M.G

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L’amour et les forêts, Eric Reinhardt.

L'amour et les forêts par ReinhardtPremière avec cet auteur,

j’ai apprécié son joli style teinté de lyrisme qui tranche avec certains passages du roman.

Mise en abyme en introduction,

c’est un roman, c’est une fiction ? Une quête?

4 ème : » À l’origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changé sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l’écrivain, l’entraînant dans sa détresse, lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt… »

Une lettre reçue…prétexte à digresser sur les rapports entre littérature et écriture, de jolis passages assurément,

« A mesure que le roman progresse, les personnages donnés d’emblée pour fictionnels peuvent offrir le sentiment de devenir effroyablement véridiques, tandis que les contours a priori documentaires de l’écrivain, finissent par s’estomper dans les brumes d’un récit féerique, comme s’il s’affranchissait de tout réalisme.Suis-je un rêve? De quel autre personnage chaque personnage de ce roman est-il le songe, l’hypothèse cauchemardesque, l’espoir, l’intime frayeur? P.15

La  pseudo correspondance tisse le fil narratif, Bénédicte devient l’héroïne de son histoire, dont on scrute attentivement l’écorce annonciatrice de fêlures intérieures et de cicatrices.

« Je préfère le profond, (…) ce en quoi il est envisageable de s’engloutir, de se dissimuler : l’amour et les forêts, la nuit, l’automne, exactement comme vous. »

Des noeuds dans le bois, des bois remarquables, une certaine majestuosité,

« C’était un peu comme une forêt profonde et angoissante, constituée par les phrases «  à coeur découvert,

des stries, des peluches, autant de flèches de face,

« Rétention de désirs, de pulsions, de gaieté, de rêves, d’espérance, d’exigences, d’ambition, de tendresse, de colère, de révolte. Les conséquences de cette posture de renoncement avaient été comparables en définitive à une insidieuse accumulation d’explosifs, c’est ce qu’elle avait découvert ce soir-là quand la présence de toute cette dynamite entreposée par son abnégation dans un recoin obscur de son cerveau avait encore amplifié la violence du souffle. »

cf : Vocabulaire et lexique du bois…

des élongations.

A bien observer..les nuances y sont..le vert…vert sapin, mousse, olive, tilleul, pin, émeraude…y’aurait-il un vert forêt..

teintes de vert Amande, absinthe, anis, sauge, prairie, sapin, olive, gazon, celadon, chartreuse, tilleul

Prémonitoire ..les signes..quand on y pense…

« Le gui, il tue les arbres ?
– Bien sûr !
– ah bon ? Mais je ne savais pas ! Quelle triste nouvelle !
– Pourquoi ça ?
– parce que j’adore les boules de gui. Les arbres quiont des boules de gui […] , on les croirait ajoutés aux paysages de la main même d’un peintre. Par Léonard de Vinci.
– C’est très joli ce que tu dis.
– C’est ce que je vois.
– Et bien ce sont des parasites.
– Qui l’eût cru ?
– Tout le monde sait ça, Bénédicte !
– Sauf ceux qui préfèrent croire aux illusions. Qui aiment ce que les images leur racontent, même si elles sont piégées. j’ai dû le savoir mais je l’ai êjecté de ma mémoire pour pouvoir continuer à préférer les arbres qui ont des boules de gui, à ceux qui n’en ont pas. Pourtant, je suis une fille de la campagne.
– dis-toi que les arbres qui ont des boules de gui sont en train de mourir. »

Image associée

Une fin inattendue..366 pages, et un dernier chapitre salvateur….M.G.

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Ange, Jean-Luc LHERITIER.

L’occasion de le lire ces jours-ci,

cet ange tombé du ciel,

justicier nocturne qui arpente les ruelles sombres et qui rappelle d’autres héros.Ange par LHERITIER

J’ai apprécié, Jean-Luc, les petites mentions au Conseiller Principal d’éducation, forcément,

les rouages de l’enquête policière et la compétition et les interactions entre les différents services,

et cette petite stagiaire!

J’ai de plus, toujours été fan de Mulder et Scully,

https://www.bibamagazine.fr/article/x-files-un-retour-de-mulder-et-scully-en-2018-63173

Image associée
Un duo de choc…

 

ces 574 pages pour une première aventure et un premier roman se lisent plutôt bien, même si j’ai parfois été déroutée par la chronologie.

Quelques extraits choisis comme toujours, pour découvrir ce premier roman:

« Cette remarque agaça Alexandre. Il lui déniait le droit de douter de son implication à combattre la violence, la drogue qui affectaient ces lieux. Il s’investissait pleinement dans les quartiers difficiles en dehors de son professorat. Il ne voulait pas se quereller avec Corinne. Cependant, il sentait la colère poindre. p.293 »

« Quel scénariste ! « s’étonna silencieusement Angélique. Suis-je si éloigné de la vérité que cela madame PETITJEAN ? Je n’ai pas besoin de votre réponse. »p.497

Et parce que

« la vérité est ailleurs »...

M.G

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Le Revizor, Gogol Nicolas / Saison théâtre.

Superbe représentation de jeudi 15 février à la Madeleine,

Traduction André Markowicz 


<p><a href= »https://vimeo.com/163383183″>LE REVIZOR (bande-annonce 2’55&quot;)</a> from <a href= »https://vimeo.com/bonneideeprod »>Bonne Id&eacute;e Prod</a> on <a href= »https://vimeo.com »>Vimeo</a&gt;.</p>

Adaptation et mise en scène Paula Giusti

avec Dominique Cattani, Florent Chapellière, Marjorie Currenti, Mathieu Coblentz, Sonia Enquin, André Mubarack, Laure Pagès, Florian Westerhoff

musique et son Carlos Bernardo marionnette

conseil à la manipulation Pascale Blaison

scénographie Toda Via Teatro

lumière et régie générale Fabrice Bihet, Sébastien Choriol

assistante à la mise en scène Camille Joviado

production Régis Ferron et Elise Sferruzza

diffusion Alexandrine Peyrat et EVC – Olivier Talpaert

Production cie Toda Via Teatro

Production déléguée Théâtre Romain Rolland-scène conventionnée de Villejuif

Coréalisation Théâtre de la Tempête-Cartoucherie-Paris.

Coproduction Compagnie Toda Vida Teatro, Théâtre des Bergeries (Noisy-le-Sec), l’Archipel (Fouesnant).

Soutiens ADAMI, DRAC Ile-de-France, Conseil Départemental du Val-de-Marne, Théâtre des Sources (Fontenay-aux-Roses), le Sémaphore (Cébazat), Théâtre de Saumur, Ville de Villejuif, Mairie de Paris.

Prix d’interprétation au Festival d’Anjou 2015.

Avec le Révizor,

on en prend pour son grade, l’inspecteur Général arrive,

il faut se mettre « au garde-à-vous! »

Faites place, faites bonne impression, la comédie va commencer !

Il arrive…

Il faut faire face, mettre en scène la belle vitrine…

Ce ne serait pas si comique, si cette annonce n’était suivie d’un quiproquo et d’une imposture, d’un jeu de pantomime rehaussé par le sublime pantin sur scène, j’ai aimé cette marionnette grandeur nature qui exultait sur scène!

Beau jeu des comédiens, de la vivacité, de l’énergie, déployée autour de cette marionnette qui prenait vie sous nos yeux.

Une satire sociale qui évoque la corruption généralisée, le pouvoir au siège du politique et les bons fonctionnaires, les manipulations paradoxalement révélées par le jeu grotesque de l’imposture..

Tout un beau programme !

Hilarant, joyeux, outrancier à souhait,

chaque changement de scène et de décor étant bercé par la voix off d’un narrateur,

du folklore au rythme des complaintes chantées,

pour nous rappeler à l’instar d’Eugène Melchior de Vogué que, dans Le Roman Russe,« Le Revizor n’est ni une comédie de sentiments, ni une comédie de caractères ; c’est un tableau de mœurs publiques. « .

M.G

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Sous le pont / Le gant/Abdulrahman Khallof./théâtre/Syrie.

Première en littérature arabe,

acquis grâce à l’opération Masse Critique de Babélio que je remercie une fois encore, et les éditions Moires pour leur petite attention, un petit mot personnalisé et une carte de visite jointe.

Une maison que je méconnaissais.

Une couverture de bonne facture, ton bleu pâle, un format poids plume pour ce recueil qui se compose de deux pièces de théâtre.

Ce livre a été publié avec le soutien du CNL,  sélectionné par le Rectorat de bordeaux dans le programme « A la découverte des écritures contemporaines pour le théâtre » pour les collèges et lycées 2017-2018.

SOUS LE PONT : « Tu devrais venir en Syrie, toi ! Tu vas être heureux, tu verras c’est quoi une vie de chien. » C’est ainsi que parle Jamal, énième réfugié qui a la chance, ici, d’avoir un nom, à moins que celui-ci ne soit pas vraiment le sien. 

Inauguré par un petit mot « d’Avant-scène » p.9, le dramaturge évoque la genèse de ses pièces, retraçant les derniers événements historiques et le territoire d’expression

Sous le pont par Khallouf de la langue, espace de passation de pouvoirs.

« J’ai trouvé dans la traduction un semblant de continuité, un trait d’union entre ces deux mondes, un moyen de dépasser l’expérience de l’asile et d’accéder à ce troisième pays qu’est la langue.En 2011, les Syriens sortent dans les rues pour les mêmes raisons qui m’ont poussé à partir il y a huit ans. »p.9

Il s’agit davantage du « traitement théâtral de ce récit en langue arabe et en langue française » d’un « trait d’union »,

« Je voulais que ce récit soit une mémoire artificielle d’une horreur bien vraie. »p.12.

Sous le pont, 32 pages, d’un seul trait,…dédicace ou oraison funèbre, le ton est donné,

« A tous les noyés », ce pourrait être à toutes les situations de désespoir,

7 personnages jalonnent et rythment la pièce dont deux curiosités, « Le metteur en scène « et « l’auteur », un goût de mise en abyme pour des êtres cabossés par la vie.

Présage funeste encouragé par le seul personnage de l’homme au pistolet dont on se doute bien,qu’il sera antipathique.Des réflexes d’agressivité face à l’étranger, du récit de l’exil, de la misère, de la question de l’asile et de la torture. »Pendant l’interrogatoire. Ils m’ont demandé  » Qui est ton Dieu? » J’ai dit le Président Bachar al-Assard »p.39« Mon tour eest arrivé. Ils ne m’ont pas tapé tout de suite, ils étaient en train de fumer, ils m’ont demandé de m’allonger sur le ventre et ils ont éteints leurs cigarettes sur mon dos. »‘Je te jure que je ne le déteste pas. »

Heureusement le religieux est là, il faut avoir confiance mon frère, Jamal…Le sursaut d’humanité revient avec l’arrivée impromptue du « metteur en scène » et de » l’auteur » qui se disputent face au public, il faut bien rendre des comptes devant la détresse humaine, davant le spectacle qu’offre la rue, les fosses dont on détourne les yeux « Vas-y ! Regarde-les dans les yeux et explique-leur ta démarche. » L’auteur « C‘est vraiment important ? ça ne serait pas possible de les (spectateurs) laisser dans le brouillard artistique? » d’autres scénarii « D’accord. Si celui-là ne marche pas, on a qu’à l’enlever et recommencer avec un autre dès le début »p45 « Pas besoin de réfléchir. On va lui donner une mort magnifique, honorable, une mort que personne n’a eue avant lui ».

Il faut bien trouver une issue, une fin avant de sombrer dans le Noir, avant que le rideau ne tombe et n’occulte la scène.

Le gant ..version musical, un duo, le pianiste et le chanteur, le père et le fils pour un nouveau récit de vie,  un syrien, victime d’un accident de travail après trente années passées en France retourne au pays, laissant femme, enfant, piano,

quand l’objet, la piano apprivoise la mémoire, quand il rejoue le drame, la fausse note,

9 pages,

pour finir une composition à quatre mains, entrecoupée de morceaux.. »Je joue sur mon piano. Tout revient, tout est là. Sauf moi. Sauf moi. »

Deux pièces très courtes et percutantes, qui donnent matière à réflexion, et dont le spectacle et la sortie musicale sont prévus pour…2018…..

M.G

 

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ESPÍA A UNA MUJER QUE SE MATA/ Saison théâtre 2/ Tchekhov.

ESPÍA A UNA MUJER QUE SE MATA,
2ème sortie théâtre pour cette lecture de Tchekhov, à la Madeleine toujours, le 18 janvier,

 Version de DANIEL VERONESE d’après « ONCLE VANIA » DE TCHEKHOV

Mise en scène  de Guy Delamotte

traduction Françoise Thanas
dramaturgie Véro Dahuron/Guy Delamotte

avec Martine Bertrand, Véro Dahuron, Marion Lubat, Timo Torikka, François Frapier, David Jeanne-Comello, Philippe Mercier

décor Jean Haas

costumes Cidalia Da Costa

lumières Fabrice Fontal

son Jean-Noël Françoise / régie Tom A Reboul

maquillage Catherine Saint-Sever

régie générale/plateau Florian Von Künssberg

Production Panta-théâtre

La compagnie Panta théâtre est conventionnée par le Ministère de la Culture – DRAC de Normandie, la Région Normandie, le Conseil Départemental et la Ville de Caen.

Extrait :

7 comédiens qui évoluent sur la scène,

valse interminable des personnages qui oscillent  le temps d’une soirée, de pièces en pièces,

d’un interlude, d’un soir d’été presque…

Hommage au théâtre,

entre considérations, conversations, le temps d’un divertissement au sens pascalien du terme,

avec alternances de tragédie, de comédie,

variations des tons et des complaintes,

des postures et des thèmes : la passion amoureuse,

Astrov
-Baste ! me voilà dégrisé. Vous voyez, je suis sobre, et je le resterai jusqu’à la fin de mes jours. (il consulte sa montre) Donc,je continue. Comme je vous l’ai dit : mon temps est fini ; il est trop tard pour moi…J’ai vieilli, je me suis surmené, je deviens vulgaire ; mes sentiments se sont émoussés,
et je me crois incapable d’un attachement quelconque… Je n’aime personne…et je ne pourrai plus aimer.Seule la beauté m’émeut encore. Elle seule ne me laisse pas indifférent.Il me semble que si Elena Andréevna en avait envie, elle pourrait me faire perdre la tête en un seul jour. Mais ce
ne serait pas de l’amour, ce ne serait pas un attachement…
Il tressaille et se cache les yeux de la main.la confession, le désespoir,

ÉLÉNA : Il me semble que la vérité, quelle qu’elle soit, c’est tout de même moins terrible que l’incertitude.
(…)
SONIA : Non, l’incertitude c’est mieux… il y a l’espoir au moins…l’envie de meurtre, le suicide, « Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? »

palette d’émotions cornéliennes,

le tout arrosé bravement de vodka et d’ivresse passagère,

Sonia, retenant sa main
non, je vous en prie, je vous en supplie, ne buvez plus !
Astrov
-Pourquoi ?
Sonia
-Cela ne vous va pas du tout ! Vous avez de la distinction, une voix si douce… Et de tous ceux que je connais, vous êtes certainement le plus beau. Pourquoi voulez-vous ressembler à ces gens ordinaires qui ne ont que boire et jouer aux cartes ? Oh ! ne le faites pas, je vous en supplie ! Vous dites vous-mêmes qu’au lieu de créer,les hommes ne savent que détruire ce que le ciel leur a donné.alors, pourquoi,pourquoi vous détruire vous-même ? Il ne faut pas, je vous en prie, je vous en conjure !
Astrov, lui tendant la main
-Je ne boirai plus. bercé au son du jukebox.

belle illustration de l’âme slave…M.G

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Pourquoi tant d’amour? Foenkinos D./Reiss B./bd

Quand Foenkinos s’essaye à la bande dessinée en 2004,

ça donne une trilogie,

« Manu est un jeune caid latino. La star de son quartier.Jusqu’au jour où..il tombe amoureux ! Or pour éviter que ça devienne trop sentimental, la mafia arrive dans cette histoire.Une mafia prête à vous casser la gueule si vous n’écoutez pas de la soul.

Humour décalé pour ce vaudeville au graphisme hyper réaliste »

4ème : belle accroche, mais quelle déception, complètement survendu !

Peut-être avais-je trop d’attentes,  j’étais contente de cette découverte inattendue, mais…j’ai vite déchanté, j’ai trouvé le scénario décousu, gauche..JJe peine à trouver les mots.

Quant au graphisme, il est certes réaliste, mais les couleurs…l’univers je n’ai pas adhéré, le style,

les traits de Reiss_______ ne m’ont tout simplement  pas convaincus.

Je le préfère assurément sur le roman, le cinéma…la bd…non..à oublier, pour cette série en tout cas!

https://www.bedetheque.com/media/Couvertures/PourquoiTantDamour2_16122006.jpg

Petite planche pour se faire une idée :

 

 

 

 

 

 

Et me reste à la rendre..sans regret…vraiment…M.G.

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Grimmy, Mike PETERS/BD/Comic strip.

Viens… petite fille dans mon comic strip….

Grimmy, tome 15 : Mais tu m'avais bien dit de vider la litière ? par Peters

Grimmy (Mother Goose & Grimm) est un comic strip  de l’américain Mike Peters et qui date de 1984. Aujourd’hui, il est publié dans plus de 800 journaux, parmi lesquels le New York Daily News, le Washington Post et le Los Angeles Herald Examiner. En France, on le retrouve dans Télé Star.

Comme toujours des sujets variés et un humour décapant, Grimmy,

c’est le chien…. lambda, attachant….

qui cumule les bêtises et qui joue avec les stéréotypes …

Non ? il n’est pas parfait,

oui, il poursuit le facteur et il adore ça,

son obéissance est à géométrie variable,

c’est un bull terrier,

anti-héros par excellence,Couverture de Grimmy -5- Tome 5

il n’aime pas toujours jouer à la balle,( non non aux stéréotypes canins!!)

reste fidèle à sa maîtresse, Mère l’Oie,(évidemment!)

et à Attila, non pas roi des Huns, (son copain, sa tête de Turc, version format empâté XXL) , (rassurez-vous, Attila a aussi de la ressource ! ),

ils sont comme frères et soeurs, se cherchent et se chamaillent…

Et puis,

variations des thèmes par moment avec des nombreuses références ici, (tome15, illustration 1 )

« Je suis Balboa III, premier pris de ma race à Westminster.(un chien de concours à Grimmy)
_Moi, c’est Grimmy.J’ai aussi un pedigree…
…Quand on m’appelle ça finit toujours par….de ta race.p.5″ Tarzan et Jane Birkin, Blanche-Neige, Dracula,Frankenstein, des thèmes : le divorce, le dressage…ce que j’aime…on passe du coq à l’âne,Grimmy revient il est couvert de boue, dégoûtant et rentre à la maison:
« Attila : Grimmy, t’es dégoûtant, tu sais bien que maman va te passer un savon.
Pourquoi tu le fais alors?
Grimmy : Je ne veux pas décevoir mon public. » sans transition…. de strip en strip…Jubilatoire…

« Mère l’Oie récupère Grimmy après un toilettage…

__700 dollars pour le toilettage ?!

_(_Réponse du monsieur) 50 dollars de toilettage, 650 de frais d’hôpitaux.p.8″

Grimmy, ça se picore comme une bouchée apéritive, pas bégueule, sans faim, on se régale,

il me fait rire, vraiment, j’y retourne régulièrement, et ne m’en lasse pas!Petit aperçu avec une planche (Tome 5, illustration 2)

17 tomes à ce jour, un hors série à ma connaissance, en prime :

M.G

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La réparation, Colombe Schneck.

Résultat de recherche d'images pour "la reparation colombe schneck"« Je me suis d’abord trompée. Je me disais c’est trop facile, tu portes des sandales dorées, tu te complais dans des histoires d’amour impossible, tu aimes les bains dans la Méditerranée et tu crois qu’une fille comme toi peut écrire sur la Shoah ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La petite Salomé, dont ma fille a hérité du beau prénom, mon arrière grand-mère, mes oncles et tantes, mes cousins, vivaient en Lituanie avant la guerre. Ils appartenaient à une communauté dont il ne reste rien. » Que s’est-il vraiment passé dans le ghetto de Kovno en 1943 ? Et pourquoi cette culpabilité en héritage ? Dans ce roman-vrai, Colombe Schneck remonte le temps et fouille les mémoires. Jusqu’à la découverte d’une vérité bouleversante. »

La réparation…

un titre ambitieux,

qui suggère des dommages,

abîmé, cassé, compensé

de quoi, de qui, ?

C’est ce qui m’a attiré vers cet ouvrage avant même d’en connaître le thème,

petite déception pourtant…

Si l’on s’en tient à l’enquête familiale, à l’héritage de cette histoire vraie, à cette quête identitaire, (la sélection des Juifs, le destin d’une famille, les enfants disparus, en particulier la petite Salomé, la Shoah, puis les rescapés et le retour à la vie, les manières pour résister, le devoir de mémoire…) alors ce pourrait être une réussite, l’idée du « sacrifice » aurait pu être traité différemment.

Quelques maladresses et répétitions dans la narration qui donne un côté brouillon (trop intime ? )et je comprends bien les avis très contrastés sur ce livre,

soit encensé, soit boudé,

pas de demi-mesure.

L’histoire est touchante, mais j’avoue avoir été parfois noyée par l’ordre et l’apparition des personnages (un peu comme quand on débute une pièce de théâtre et que les répliques impliquent beaucoup de personnages, le temps de prendre ses marques de lecteur), sauf que là, jusqu’au bout je reste un peu « perdue », on a le sentiment de suivre le cheminement intérieur de l’auteur, simplement à la fin de le lecture demeure un manque..de profondeur, l’idée de superficialité demeure je trouve, mais cela n’est que mon avis.

« Pourtant, dix ans après, le jour où enfin, j’apprendrai, j’écouterai, je ne jugerai pas, j’approuverai, je serai heureuse de savoir, je serai rassurée, j n’aurai plus peur, j’aurai le droit de me laindre, d’être de mauvaise foi, d’écouter la peine de ma mère, ma grand-mère, de leur rétorquer, Raya et Macha ont choisi la vie, elles ont bien fait, soyez comme elles, oubliez la honte et la culpabilité. p.69 »

Editions Grasset, 213 pages.

M.G

 

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La mémoire des embruns,Karen Viggers.

Lu d’une traite,La mémoire des embruns par Viggers

profité de cette journée pluvieuse,

avant la reprise,

maussade,

comme une retraite,

idéal pour mettre un pied sur une île,

un phare,

une virée en Antarctique, désert blanc immaculé,

« Une image lumineuse qui rend hommage à la puissance et au caractère éphémère de la lumière en Antarctique ; un don qui tient du miracle ; elle illumine votre âme et, l’instant d’après, elle s’est évanouie. »p.187.

des manchots,

des aurores boréales,

à la lecture je sentais presque les embruns, l’air iodé, les bourrasques de vents, l’écume gicler et les vagues se fracasser sur les rochers,

les jolies descriptions concourent à la visualisation des scènes

« Côté est, des parois abruptes rongées par l’érosion et creusées de grottes ; des rochers aux formes évocatrices battus par le ressac. Au large, l’archipel des Friars, des îles verdoyantes frangées de blanc.Je sais qu’il y a sur l’une d’elles une colonie de phoques, mais on ne les voit pas d’aussi loin. La haute mer côté sud est striée par les crinières d’écumes de la houle qui se rue vers la terre. »p.172

idéal pour ces 578 pages,

« Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. »

Pas de suspense,

on comprend dès les premières pages ce qui se trame et l’issue, les thématiques de l’isolement, pélerinage dans les souvenirs, le refuge dans un lieu familier pour Mary et ses enfants,

« Dans un creux, je m’accroupis et regarde les lames sombres lécher la paroi de la falaise et se briser sur les écueils en contrebas. Le varech tournoie et danse avec le ressac. Peu à peu le mouvement de la mer devient rythme et musique, et je me sens porté par ce roulement régulier qui me réconforte et me ressource. La magie de l’océan qui rugit opère sur moi. »

P.554,

« Le calme revient dans mon coeur », p.554

Karen Viggers parvient habilement à nous entraîner dans cette histoire de vieille dame, et ce, sur la longueur,

et c’est parfaitement réussi et maîtrisé,

une véritable gageure pour ce voyage.

 

Photo issu du site https://www.auroresboreales.com/portfolio/islande/

M.G

 

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Les taches du léopard, Françoise Giroud.

«Pourquoi le léopard a-t-il des taches?» Les nombreux parents plongés dans... (Photo: Archives AP)

« À l’origine, Denis était de la chair à malheur et aurait dû le rester. L’enfant était « né sous X », c’est-à-dire d’identité non déclarée, abandonné à sa naissance par sa mère.
Or, le bébé malingre promis à une triste destinée était devenu ce beau jeune homme doré, ardent, audacieux, rieur, sain de corps et d’esprit, adulé par des parents attendris – un magistrat, une avocate, des chrétiens de gauche bon cru. Lui avait un visage maigre et sensible, intelligent, tourmenté ; elle, un lourd chignon blond qui croulait sans cesse, et alors, avec ses joues à peine poudrées et ses yeux larges, très bleus, elle semblait une adolescente. » 

« Le poil sera sombre, mais les yeux seront bleus, je crois, avait dit la femme de la Ddass. »

« Il se sentait préposé au bonheur. » _______
Mais,
il y a toujours un « mais » bien contrariant,
« Depuis vingt ans, les Sérignac s’étaient souvent interrogés, surtout au début : fallait-il prévenir Denis qu’il était un enfant adopté ? Et puis, devant la résistance d’Agnès, le couple avait refoulé toute velléité de lui révéler le secret de sa naissance. Un secret bien gardé, d’ailleurs. Mis à part la sœur d’Agnès et son médecin, nul n’était au courant ni ne s’était d’ailleurs étonné qu’il y eut un jour un bébé au foyer des Sérignac. La vérité avait été si profondément enfouie qu’on l’aurait crue dissoute. Mais la vérité que l’on cache ne se dissout jamais. p.18 »
Cela débute presque comme un conte de fées…Un enfant abandonné et recueilli par une
bonne famille,
tout pour être heureux,
si ce n’est le secret de l’origine,
comme si le léopard pouvait s’épargner ses taches,
comme si sa judaïcité, cet héritage pouvait être anodin,
«Si tu portes mon nom, tu hériteras d’un fardeau de larmes, la fin d’un certain bonheur, d’une certaine insouciance, d’une joie de vivre (…) c’est pourquoi il y a vingt ans, je n’ai pas voulu de toi. Je n’ai pas voulu mettre un enfant juif au monde », hurle Sarah, la vraie mère, à Denis
et,
est-ce que cette révélation à ses vingt ans doit tout bouleverser pour autant, tragique en un sens..une quête d’identité, troublée et amenée par des exils à répétition : en devenant citoyen du monde peut-on renier son héritage, fuite en avant, une histoire de pères, de mères et de racines transgénérationnelles qui semblent courir indéfiniment, destin fatidique, tout en interrogeant savamment, un beau roman que j’ai apprécié.
Réf : Françoise GiroudLes Taches du léopard par Giroud
2003, Editions Fayard. 258 pages
M.G
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Alfred Blondel, sculptures…

Alfred Blondel, sculpteur dans l'âme par Collectif

4ème :

« Au commencement, il y a un artiste. Et une femme. Et de la glaise. Et puis viennent des poses et des dessins et des modelages. Et au bout de tout cela, une transmission. Et donc un mystère. Car le modèle s’en va, la sculpture s’en vient, mais pour un moment. Elle va quitter l’artiste, elle aussi. […] Je crois, oui, qu’en nous offrant ses sculptures, Alfred Blondel nous partage une histoire, il nous livre un étonnement, il nous communique une admiration et, surtout, il nous passe le relais. »

Gabriel Ringlet

Reçu dans le cadre d’une nouvelle opération Masse critique, je remercie une nouvelle fois Babélio et les éditions Mardaga pour ce très beau livre.

229 pages pour admirer le travail du sculpteur, (que je ne connaissais pas)Résultat de recherche d'images pour "exposition  alfredblondel"

le livre se compose de deux parties,

la « A  »   Résultat de recherche d'images pour "exposition  alfredblondel" ,

est consacrée à des éléments de biographie d’Alfred Blondel et de son écolage, une formation académique et une vocation.

Première exposition en 1985 et confrontation au public avec à la clé « un prix du public »Image associée

Résultat de recherche d'images pour "exposition  alfredblondel"
« Dans ma propre inspiration, je privilégiais les attitudes calmes, sereines, rêveuses, pensives, méditatives. » p.214

Résultat de recherche d'images pour "exposition  alfredblondel"

 

 

Alfred Blondel aime le souligner : « Tout le travail se fait à trois, le modèle, le sculpteur et, entre eux, l’œuvre à créer. Avec le modèle, nous discutons, nous cherchons ensemble le thème d’une grande œuvre. Je dessine, fais l’une ou l’autre statuette, puis nous nous lançons. »

 

 

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La « B » compile, portefolio sublime agrémenté de citations,

bel esthétisme assurément,

de la terre cuite,Résultat de recherche d'images pour "exposition  alfredblondel"

« Le modelage en creux est une technique de ‘premier jet’, comme l’aquarelle et la fresque, car les corrections postérieures sont très limitées. J’aime bien ces techniques qui vous obligent à vous exprimer bien du premier coup. »

des bronzes,

du bel ouvrage qui rend hommage au sculpteur certes, mais aussi à ses nombreux modèles

« Chaque fois que c’était possible, j’ai donné à l’oeuvre le prénom du modèle en remerciement pour notre collaboration, p.37

« Cet hommage (au corps féminin ) s’exprime aussi en écartant de lui tout ce qui est matériel, comme un socle, un appui, un siège, car j’ai voulu être en rupture avec les bronzes que je voyais autour de moi, sur les places publiques et dans le privé, où corps et atériel se confondent en un même métal. Mes statues se présentent en nu, sans environnement quel qu’il soit. »p.83

p.229, pour finir en beauté, une carte pour retrouver les sculptures,

ses expositions se sont multipliées,

de galeries privées en centres d’art, et, dès  les années 1990, quelque dix-huit sculptures prendront place dans l’espace public, à Bruxelles et dans le Brabant Wallon.

Forest_5128 - Square de la Délivrance-Naïades-Alfred Blondel [520x390 pour skynetblogs]
Dans le square de la Délivrance, on remarque la fontaine de Naïades, Alfred Blondel.
Pour aller plus loin…

.http://www.blondel.be/fr/

M.G

 

 

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Joyeux….joyeux..

Résultat de recherche d'images pour "joyeux noel"

« Le ciel est noir, la terre est blanche ;
— Cloches, carillonnez gaîment ! —
Jésus est né ; — la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.

Pas de courtines festonnées
Pour préserver l’enfant du froid ;
Rien que les toiles d’araignées
Qui pendent des poutres du toit.

Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus,
Et pour l’échauffer dans sa crèche
L’âne et le bœuf soufflent dessus.

La neige au chaume coud ses franges,
Mais sur le toit s’ouvre le ciel
Et, tout en blanc, le chœur des anges
Chante aux bergers : « Noël ! Noël ! » »

Théophile Gautier
Recueil : Emaux et camées (1852)
(1811 – 1872)
Mais encore…
« Après grant joie vient grant ire (colère), et après Noël vente bise. »
Le roman du renart, V – XIIIe siècle.
« Noël, c’est le printemps de l’esprit ; c’est tout promesse. »
  Alain . Les saisons de l’esprit (1935).
M.G
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Poésie, la grande hivernale…

Poésie, au coin du feu, la grande hivernale traîne ses pas…

paysage arbre neige hiver fleur la glace réflexion bouleau Météo bleu éclairage saison La peinture art image Aquarelle peinture Peintures acryliques

À Celles qui sont parties

Dans le vent de Décembre un train de vieilles folles
Geignantes et angoissées, prend son dernier départ
Dentelles décaties, soies fripées et brocart
Maquillages défraichis, peaux ridées sèches ou molles

Elles soupirent soucieuses, s’inquiétant du retard
Les impatientes s’envolent dès la première bourrasque
Les plus agiles se lancent dans une valse fantasque
« En route, l’hiver nous presse« , crie l’Automne, vieux routard

« Ah vous me faites peine, à gémir de la sorte
Du soleil de Juillet, vous supportiez les feux
Puis Octobre a éteint et terni vos cheveux.
Vous avez trop vécu, souffrez et soyez fortes
« 

L’arbre leur dit adieu et se met en grand deuil,
Tendant ses doigts au ciel, tordant ses branches nues
Il pleure les absentes, ses filles disparues
Sa ramure de l’été qui était son orgueil

Sous le fouet de la bise, meneur qui les escorte
En troupes débandées, elles s’en vont vers l’exil
Dans la pluie verglacée, la neige et le grésil
Certaines osent un envol, tourbillon ou cohorte

Avant de retomber, confuses dans un labour
Et là restent immobiles, en écoutant la terre
Qui leur dit à l’oreille, « Du temps je suis le suaire
Où les êtres et les choses, s’évanouissent un jour
« 

Les jeunes rêvent de la mer, voulant ces innocentes
Descendre la rivière, ses méandres et son cours
Croyant qu’au printemps, elles seront de retour
Promesse d’alizé, naïves adolescentes

Ingénues ou hardies, elles se donnent au ruisseau
Dans son lit accueillant, elles frissonnent légères
Un souffle et une risée, ces voiles bien éphémères
Chavirent dans le courant qui devient leur bourreau

L’eau sale et brunâtre charrie les feuilles mortes
Les bois noirs, les noyés, l’amoureuse délaissée
C’est Ophélia qui passe, éternelle fleur fanée
Dérivant sur le fleuve, c’est le temps qui l’emporte.

Antoine Livic, Chants d’écume suivi de Fleurs fanées, 2017

 

À Madame François Wells.

En se couchant au fond de la grande avenue,
Le soleil disparaît dans un ciel pourpre et noir ;
Et, de la tête aux pieds, la haute forêt nue
Profondément tressaille au premier vent du soir.

Déjà tout est bien mort : plus une feuille aux branches,
Plus un chant dans les bois, plus un vol dans les airs ;
Seul, le gui parasite avec ses perles blanches
Jette un peu de verdure autour des nids déserts.

Le bûcheron se dit que l’hiver sera rude.
Il regagne à pas lents son gîte pour la nuit.
Le silence envahit la froide solitude…
Mais un dernier écho parfois répand son bruit.

Un bruit vague, un bruit sourd, montant des marécages…
Quelle est donc cette grave et lointaine rumeur ?
Ce sont de grands troupeaux qui rentrent des pacages,
Saluant d’un adieu triste le jour qui meurt.

André Lemoyne. Chansons des nids et des berceaux (1896).

L’hiver.

Ce qu’il faut au bonheur, lorsque souffle la bise,
C’est une porte close, un livre, et dans un coin
Une lampe qui brûle, et qui tout bas me dise
Que, si l’ennui venait, la muse n’est pas loin.

Il faut que d’heure en heure, et d’église en église,
La voix de l’avenir me parle dans l’airain,
Relève par degrés mon âme qui se brise,
Et, d’espoir en espoir, la mène au lendemain.

Surtout que nul amour ne tourmente ma veille,
Ou si dans le passé quelque ombre se réveille,
Qu’elle s’efface vite, et se perde à mes yeux,

Dans ce monde de l’âme, où d’une vie étrange
L’art anime son rêve, être mystérieux
Qui n’est déjà plus l’homme, et n’est pas encore l’ange.

Antoine de Latour (1808-1881), Loin du foyer (1835).

M.G

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Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus, Eric-Emmanuel Schmitt.

Première lecture de Schmitt,

et rencontre avec un personnage fantasque, original qui nous emmène bien volontiers le temps de l’affabulation.

Un style plaisant, une lecture rapide suggérée tant par le style que par les protagonistes.

Madame Ming :

« La tête ronde d’une couleur écarlate, des plis nets sur la peau, des dents aussi fines que des pépins, madame Ming évoquait une pomme mûre, sinon blette, un brave fruit, sain, savoureux, pas encore desséché. Mince, son corps semblait une branche souple. Sitôt qu’elle s’exprimait, elle s’avérait plus acidulée que sucrée car elle distillait à ses interlocuteurs des phrases aigrelettes qui piquaient l’esprit. » p.9″

« En chine, on a réduit la besogne des parents a un seul enfant. Mais cela n’améliore ni les parents ni les enfants. Maintenant,il y a des millions de géniteurs crispés,inquiets et hystériques trottant derrière un fils qui se croit l’empereur. Notre pays devient une fabrique d’égoïstes surveillés par des névrosés. »

 

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Parsemé de sentences, références à Confucius qui peuplent le discours de cette chère Madame Ming, un certaine sagesse, philosophie, ou une douce folie, mythomanie, parfois « Pas trop d’isolement ,pas trop de relations ,l’exact milieu, voilà la sagesse. »

« L’homme supérieur ne demande rien qu’à soi-même; l’homme trivial et déméritant demande tout aux autres ».

Le « je » masculin,

le voyageur,

« Cette nuit là, je me couchai et ouvris au hasard le livre de Confucius. Dès la première sentence, « Le sage est calme et serein ; l’homme de peu écrasé de soucis », je frissonnai ; cette déclaration me ramenait à la dame pipi du Grand Hôtel, plus rayonnante que les éminents ambitieux qui défilaient devant elle. « Un homme heureux se contente de peu », « Appliquez-vous à garder en toute chose le juste milieu ». Au fur et à mesure que les phrases résonnaient, elles s’avéraient l’écho de celles que j’avais entendues de la bouche de madame Ming. »

Confidences insolites auprès de la dame pipi, et révélations stupéfiantes de cette mère de dix enfants, situation quasi-improbable au sein d’une politique de l’enfant unique, plaisir de la conversation et de ses enjeux .Fierté de cette mère qui dépeint ses enfants, face à une vision plus occidentale, traditionnelle du père de famille et joute dans les conversations qui donnent un certain réalisme à cette jolie fable.

Madame Ming toujours..

« Parmi les femmes que j’ai rencontrées, je n’ai pas trouvé une mère.

– Dites plutôt que les femmes qui vous ont rencontré n’ont jamais trouvé un père en vous. »

Ce sixième récit s’entend dans le Cycle de l’invisible mais peut se lire indépendamment des autres.

M.G

 

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La peinture d’Uchiki, Isabelle Wlodarczyk et Xavière Broncard.

La peinture d'Uchiki par Broncard

Gagné et reçu dans le cadre de l’opération » Masse critique Babélio », que je remercie,

en littérature jeunesse,

aux éditions « A pas de loups »,

une fois n’est pas coutume…

Un format plus proche des dimensions bd, une jolie texture et des couleurs tendres qui invitent au dépaysement.

La peinture d’Uchiki est un conte japonisant : Uchiki est un peintre traditionnel qui contemple longuement les paysages qui l’entourent en particulier « la montagne bleue« , il est si aborbé par ce qui s’offre à lui qu’il craint de le trahir et de ne pas lui rendre grâce. Il vit dans sa « masure », très humblement et ne recherche pas la notoriété, il « se délecte de sa vie solitaire » (dénuement propice à l’observation, le goût d’une certaine sagesse).Il est si exigeant envers lui-même qu’il ne prend guère le temps et le loisir d’observer ses créations. Un jour, le vieux Fuubun lui rend visite, il doit se rendre chez le vieux (donc sage) Ttsuchine et amener une collection de rouleaux de peintures afin de récompenser un des peintres, Uchiki propose de rendre service à Fuubun et de s’acquitter de la mission. En chemin, sa curiosité prenant le pas, il décide de regarder les toiles, l’une d’elle est___ époustouflante,

elle le ravit (polysémie), et suscite jalousie et convoitise chez Uchiki, tant et si bien, qu’il préfère la brûler pour la garder unique à son regard et à son coeur. Il ment au vieux sage en affirmant ne rien savoir de la toile manquante, c’est« un grand malheur! Vraiment un grand malheur. »Comme dans tout conte, une fin heureuse est attendue et, une lettre de Fuubun nous éclairera, pour  que « ce soir-là, pour la toute première fois, il regarda attentivement ce qu’il avait peint. »

Une bonne surprise attend le lecteur avec in fine « les coulisses de l’histoire » notes des auteures qui narrent la genèse du conte, inspiré d’une oeuvre d’art médiévale, la montagne bleue du moine En-I, et qui rend un bel hommage au voyage initiatique, au Beau et à la contemplation, aux vertues, sans compter un paragraphe sur les » emaki » et le rôle majeur de la calligraphie au Japon.

Une  belle lecture etun plaisir pour petits et grands, amateurs de contes et du Japon, avec différents niveaux de lectures.

M.G

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Jamais deux sans toi, Jojo Moyes.

Jamais deux sans toi par Moyes

Première avec Jojo Moyes…Commencé il y a une petite semaine, fini hier, j’avoue avoir intercalé d’autres titres…

La couverture, le titre et la référence au Prix des lectrices, m’incitait à penser à un feel good, mais on verse davantage dans la romance.

Malgré les critiques dithyrambiques, j’ai eu quelques difficultés à accrocher au style et à rentrer dans l’histoire et les 476 pages m’ont parues…très…. longues…pour une fin… sans surprise.

« Il était une fois un homme qui rencontra la fille la plus optimiste du monde. Une fille qui portait des tongs dans l’espoir du printemps. Qui rebondissait comme un ressort face aux difficultés de la vie; des épreuves qui auraient terrassé la plupart des gens ne semblaient pas l’atteindre. Et si elle tombait, elle se relevait d’un bond. Elle retombait, se composait un sourire, s’époussetait et poursuivait sa route. Il n’aurait pas su dire si c’était la chose la plus héroïque ou la plus stupide qu’il avait jamais vue. »

Je garderai davantage en tête les relations filiales, touchantes,  cette mère qui rebondit face aux difficultés, éternelle optimiste, la petite » Tanzie », surdouée, et sa bosse des maths, son grand frère adopté, « Nickie », au look improbable qui cherche sa tribu, yeux mascara et eye liner, faisant front face aux petites brutes du quartier..

« – Et quand on n’a pas le choix, ça devient en fait assez simple.

Mais je vois bien que même si elle le pense vraiment, la dette supplémentaire est comme un nouveau poids sur ses épaules. Avec chaque nouveau problème qui s’ajoute aux autres, elle a l’air un peu plus vieille, plus voûtée, plus fatiguée.

Elle ne parle pas de M. Nicholls.

Je n’aurais jamais cru, après tout ce qu’ils ont vécu ensemble, que ça se finirait comme ça. Une minute tu as l’air vraiment heureux, et l’instant d’après, plus rien. Je croyais ça s’arrangeait en grandissant, mais visiblement pas. Encore une chose à attendre avec impatience. »

M.G

 

 

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Effets indésirables, Larry FONDATION.

Percutant, Effets indésirables par Fondation

un style vif, un brin déjanté, un style singulier,

cinglant qui fixe des fragments de vie, très efficaces,

nerveux , acéré,

une énergie folle,

un de ces livres qui  vous laissent groggy,

qui vous secouent,

instantanés pris sur le vif, clichés noirs, sanglants, à l’état brut de l’humanité,

piochés au gré des rencontres, paysages de rues, Los Angeles,

l’Amérique des bas quartiers et des faits divers glauques, ces petites nouvelles fusent,

effrontées !

jolie promotion de l’éditeur : « Piliers de bars, prostituees, receleurs, clochards, arnaqueurs en tout genre ou même monsieur tout-le-monde… tels sont les personnages qui jalonnent le recit nerveux de Larry Fondation, assemblage de vignettes, d’éclats de voix, de bribes d’action, d’inventaires aberrants ou de nouvelles laconiques. Dans une Los Angeles hallucinee, vue au ras du sol, tout semble régi par une violence brute, épidermique, désinvolte ; chaque situation, même la plus banale, peut basculer vers l’irremédiable.

« Autant marqué par les romans-collages de Dos Passos, la photo de Cartier-Bresson ou le rap de NWA, Larry Fondation construit des pièces composites, d’où jailli une poésie inattendue. Avec une économie qui évoque le minimalisme de Félix Fénéon ou l’ironie des Crimes exemplaires de Max Aub, l’Américain cisèle ses textes pour les rendre plus percutants, et atteindre une pureté où la moindre phrase compte. Fondation parvient à saisir ces instants fugitifs qui, résumés en quelques lignes, laissent transparaître la folie désespérée d’un monde à la dérive. Folie qui glisse parfois jusqu’à l’absurde – l’humour et l’optimisme perçant alors derrière les fissures du bitume qui sert de décor à ses saynètes implacables. »

Pour info : 2009

156 pages // 19,50 euros

ISBN : 979-10-92159-10-3
Diffusion-distribution : Les Belles Lettres BLDD
Parution : 14 septembre 2016

 

Première  et excellente rencontre avec cette maison d’édition, et suis… bluffée,

jolie surprise,  carton plein,

bravo !

Hasardeuse rencontre, puisque issue de ma dernière tournée en bibliothèque, tant par la ligne suivie que la charte graphique, le format est audacieux,

j’y retournerai donc, bien volontiers, à lire sans modération.

Extraits choisis :

 « J’avais vraiment envie de tuer quelqu’un, mais je ne voulais pas faire de taule. Il a fallu que j’élabore un plan. Ça devait être de la légitime défense. J’ai réfléchi à mes options. […]
Un soir où je me promenais pas loin de Sunset, près d’Echo Park, j’ai entrevu un début de réponse. Une école d’arts martiaux.
-Vous apprenez comment tuer quelqu’un à mains nues ? j’ai demandé.
-Oui, m’a assuré le professeur. Mais surtout, on vous apprend comment ne pas avoir à le faire.
-Bien entendu, j’ai répondu.
J’ai su que c’était le bon endroit. »

 

« Miss éthérée.

Elle se tenait au bar, toute de rouge et de noir.
J’ai commandé un autre verre.
Minuit était passé de quelques minutes.
Je l’ai appelé « Miss éthérée ».
Elle ne comprenait pas de quoi je parlais. p.107″

« Les pneus de la voiture étaient vieux,
Les chapes usées ;
L’allumage était facile à forcer,
Avec un tournevis.
Les lignes blanches sur la route
Étaient vieilles et passées
Comme le maquillage crayeux d’une douairière.
La route était humide et grasse ;
On l’avait déjà prise plusieurs fois.
Avec des pneus aussi lisses,
On n’avait aucune adhérence,
Quand Tommy a appuyé sur le frein.
Le mur est arrivé très vite.
(« Vol qualifié ») »

“I think Los Angeles reveals itself most at the margins. On the street corners, in bars and nightclubs. In the sounds of the traffic, police sirens and helicopters, in the words and music of local bands…”
—-Larry Fondation

Biographie issue du site

Larry« Larry Fondation is the author of the novels Angry Nights and Fish, Soap and Bonds, and of Common Criminals, Unintended Consequences and Martyrs and Holymen, all three collections of short stories. His fiction focuses on the Los Angeles underbelly. His three most recent books feature collaborations with London-based artist, Kate Ruth.

Fondation has lived in LA since the 1980s, and has worked for nearly 20 years as an organizer in South Los Angeles, Compton and East LA.

His first three books are being published in France by Fayard. The first, Angry Nights (FC2 National Fiction Competition Winner, 1994), translated as Sur Les Nerfs (“On the Edge”), appeared in French in January 2012. It was nominated for the 2013 Prix SNCF du Polar. The second, Criminels Ordinaires (Fayard), was published in February 2013.

Fondation is a recipient of a Christopher Isherwood Fellowship in Fiction Writing.

“The future of fiction rests with its ability to regain its public function—as a principal way we relate narrative, as an indispensable means of telling our story and that of our era.”

–Larry Fondation »

M.G

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« Etre pointilleux. »…/ Esthétique./1.

Traitons donc d’un point:

je compte mettre

« Mettre les Points sur les i, »

Image associée

« Le château des Papes », Avignon » Paul Signac, 1900.

 

« Le point..du jour »…

 

Image associée« Flood-at-the-Pont-Royal-Paris-« 1926., Paul Signac.

S’orienter, se répérer,  faire un point sur les points cardinaux

 

Résultat de recherche d'images pour "seurat pointillisme"« La grande Jatte », Seurat, 1884/86.

« Points d’impact »…pour réaliser de jolies toiles, alternés points de lumière et points obscurs, je pense que l’on s’accorder sur ce point…

Point final.

M.G

 

 

 

 

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Novembre rose art 10 /10 , finir en beauté…

Fin de cette série d’articles,

de ma petite contribution à cette chaîne de solidarité..

Parce que ce n’est pas qu’une affaire de nanas…,

parce qu’eux aussi peuvent être touchés,

parce qu’ils sont là pour ces épreuves de fond…

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et affiches"

 

Publicité canadienne pour l’aide au dépistage…il y a des volontaires !!! …pour voir et pour rire, cliquez sur le lien :

iframe src= »//www.dailymotion.com/embed/video/x585weq?autoPlay=1″ allowfullscreen= » » width= »480″ height= »270″ frameborder= »0″></iframe>

Autre référence issue du site: https://lareclame.fr/pubs+sexy+cancer+sein

pour voir cliquez sur le lien :

http://www.culturepub.fr/videos/protection-sante-application-iphone-your-man-reminder/#

« Cette année, l’association canadienne Rethink Breast Cancer propose une application iPhone et Android (dispo le 17 octobre) destinée à l’attention des dames, avec de beaux mâles qui présentent les gestes de prévention d’anomalies mammaires : le T-L-C (Touch, Look et Check).
Le film pour sa promotion appelé « Your Man Reminder », surfe assurément sur le succès des campagnes et l’humour les muscles d’.

Pub Rethink Breast Cancer – Your Man Reminder [Vidéo]

Messieurs qui me lisez, ne partez pas si vite, car disons le publiquement : nous aimons les seins et ce serait vraiment dommage de voir ceux de sa compagne touchés par un cancer diagnostiqué trop tard. J’en profite pour vous ressortir l’étude de cas d’une campagne interactive lancée l’an dernier en Pologne, sur un site de charme et par l’agence . »

Si avec tous ces articles, vous n’êtes pas convaincus….

M.G

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Novembre rose art 9 /10 / jeux de mots…

En matière de prévention,

il faut savoir varier les tons,

quelques exemples…

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne par tous les seins"

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne par tous les seins"

 

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et  homme affiche"

Et  le vocabulaire naturellement…

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne"Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne"

Car enfin.. »Soyez… »

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne"

M.G

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Victor Hugo…poésie

Hugo, quel génie,

je lui envie le prolifique,

les tons…impossible de s’en lasser.

A celle qui est voilée

« Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.

Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?

Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !

Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !

Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;

Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !

Dans ce ténébreux monde où j’erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !

Tu me dis de loin que tu m’aimes,
Et que, la nuit, à l’horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.

Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l’atome
Ressemblant à l’immensité,

Tu compares, sans me connaître,
L’onde à l’homme, l’ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l’astre étoilant l’infini !

Parfois, comme au fond d’une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l’Inconnu d’où tombe
Le pur baiser de l’Idéal.

A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l’arbre intérieur.

Mais tu ne veux pas qu’on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m’appelle amour.

Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L’esprit lion, le coeur enfant ;

Viens voir le désert où j’habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l’ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.

Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes oeuvres sombres
Ton doigt d’où sort une lueur !

Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J’entrevois les choses divines… –
Complète l’apparition !

Viens voir le songeur qui s’enflamme
A mesure qu’il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !

Viens ! viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.

Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.

Avant d’être sur cette terre,
Je sens que jadis j’ai plané ;
J’étais l’archange solitaire,
Et mon malheur, c’est d’être né.

Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d’un oiseau.

Oui, mon malheur irréparable,
C’est de pendre aux deux éléments,
C’est d’avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !

Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
C’est de songer que j’étais beau,
D’ignorer comment je me nomme,
D’être un ciel et d’être un tombeau !

C’est d’être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C’est de porter la hotte humaine
Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

C’est de traîner de la matière ;
C’est d’être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,
Même quand je m’écrie : Amour ! »

Victor Hugo, Les contemplations

 

M.G

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Blood academy, Saimbert./bd

Résultat de recherche d'images pour "blood academy"

Un mélange des genres,

un fond de dystopie qui me rappelle « Hunger games »,

de la téléréalité avec un jeu mortel,

du diktat de l’audimat et du buzz informatique sous couvert d’un gourou spirituel à l’américaine,.de l’idée assurément… Dommage que cela manque de développement et de chair , ce qui donne au tout un air bâclé, le jeu démarre, les meurtres avec, accélération du timing,et la fin arrive comme s’il fallait boucler l’album à toute vitesse, donc déception,

cela donne l’impression d’une certaine incohérence et de précipitation.

Les traits et dessins ressemblent à ceux de Tito je trouve, les couleurs restent vives pour contraster avec la noirceur du scénario.

M.G

 

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Novembre rose/ art 7 /10.

Changement de style,

du rythme pour une bataille…

 

The Cancer slam…

 

M.G

 

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Novembre rose/art 6/10.Faites vérifier vos melons!

Après les citrons…les melons !

Faire son marché…campagne prévention/cadre défi

Une campagne qui ne manque pas d’humour…

« Qu’ils soient bien mûrs ou encore durs.

Pour lutter contre le cancer du sein, la première action à faire serait de pratiquer l’auto-examen de ses seins pour déceler des anomalies le plus tôt possible. Dans le cadre de la prévention, the Canadian Breast Cancer Fundation avec l’aide de l’agence Rethink, met en place une campagne très originale. En apposant une étiquette sur les melons des supermarchés Nesters, la fondation crée un parallèle entre ces fruits et les seins. L’étiquette incite les femme à palper leur poitrine avec l’accroche « Have you checked yours ? » et propose un lien direct vers le site de la fondation.

Avec cette opération de stunt marketing, the Canadian Breast Cancer Fundation réalise une campagne minimaliste mais très percutante avec un budget limité. La comparaison fonctionne aussi bien grâce à la ressemblance physique qu’au geste effectué lors de la selection du fruit. De la publicité intelligente qui sait voire le potentiel de chaque support de communication. »

 

M.G

Promis, après le 10ème article, je change de thème…

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Novembre rose /défi /art 5 /10.

Une campagne de prévention ..acide…. Parce que parfois l’image est plus puissante …

 

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein"

 

Cancer citron….

M.G

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Novembre rose/art 4/10.

Tu savais toi,

qu’il porte toutes ces couleurs,

Tu savais toi,

qu’il inflige toutes ces blesssures,

Tu savais toi, qu’il touche,

femmes, enfants et hommes, sans distinction..mg.

 

 

Résultat de recherche d'images pour "cancer rubans"

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Novembre rose /poésie/art 3/10.

Cancer

Sybille Rembard

Renaissance
De nouveau tu te présentes
Jardin juxtaposé, trouble de la sève
T’emparer du corps
Du cerveau au thorax tu veux scanner son esprit
Les larmes coulent sur le visage d’une femme
Elle sait
Elle connaît la vérité de la solitude
Elle respire la décadence
Imminente
Elle crie son amour
Tentacules méprisants s’entortillant autours des ganglions
Sans pitié tu convoites tout l’être
Il t’attend depuis toujours
Depuis le jour où tu es parti avec son odorat
Ne lui laissant plus absorber le parfum du monde
Rendant chaque jour immanquablement le dernier

Sybille Rembard,  2009

 

M.G

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Ein Augenblick Freiheit, Pour un instant, la liberté,/Arash T.Riahi/ ciné.

 

    • Pour un instant, la liberté
    • (Ein Augenblick Freiheit)
    • Autriche, France
    •  –
    • 2008
  • Réalisation : Arash T. Riahi
  • Scénario : Arash T. Riahi
  • Image : Michi Riebl
  • Montage : Karina Ressler
  • Musique : Karuan
  • Producteur(s) : Veit Heiduschka, Michael Katz, Margaret Ménégoz
  • Production : Wega Film, Les Films du Losange

 

Eu l’occasion de visionner le long métrage hier en accompagnant des élèves,

un film poignant, dur..

Ouverture et clôture du film sur un peloton d’exécution de « dissidents »,

en VOST,

le film met l’accent sur les départs simultanés de familles qui fuient le régime islamique en Iran et sur le statut des réfugiés politiques,

conditions périlleuses, pénibles, exil,

et offre un contraste saisissant avec les jolis panomaras alternés.

Puis, une fois un pied en Turquie,  le transit et tremplin vers une Europe bienveillante,

la peur de la reconduction aux frontières,

les arnaques en tout genre ( exploitation des familles de réfugiés par les passeurs, les propriétaires pourris, dénonciation et torture par la police secrète),

et la bureaucratie dans toute______ sa splendeur….un grand écart.

Le film oscille entre espoir et désespoir, tragédie humaine au long cours renforcée par les quelques touches d’humour pour égayer,

demander asile au siège de l’ONU,

répéter X fois les démarches administratives en vain,

retenter,

jusqu’à se mutiler par désespoir, s’immoler devant le siège de l’ONU pour un père de famille qui ne voit d’autres issues et attirer l’attention par le scandale humanitaire, par les médias et être au devant de la scène internationale…un film dérangeant sans aucun doute, des images percutantes qui laissent pantois et interroge..c’est certain, surtout avec la présence des enfants…

l’espoir d’un lendemain meilleur à maintenir,

un répit,

un instant de liberté…

Nota bene: ce film s’inspire de faits réels…

M.G

 

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Jalouse, Foenkinos./ciné

L’année dernière, à la 4ème de couverture Foenkinos David avait évoqué un projet de film en collaboration avec son frère Stéphane,

sortie ce mercredi, une réussite!

Du sur-mesure pour Karin Viard qui endosse ce rôle, magistrale…

Une jalousie maladive, qui rend ce personnage  très attachant, qui sonne juste, un moment de fragilité qui mène au dérapage, petite crise durant laquelle le bonheur des autres la ravage, l’éclabousse, comme toujours avec Foenkinos, le ton reste poétique, tout en délicatesse…Et ce sera encore une fois une Nathalie, prénom phare, nouvel échos à d’autres lectures précédentes de Foenkinos.

Jolie lecture de la psychologie féminine et des relations mère-fille, évocation de la mère toxique même et des pulsions, un film vraiment touchant.

A noter, Stéphane Foenkinos joue un petit rôle dans Jalouse,

je recommande sans aucune réserve Et vous laisse découvrir avec la B.A :

 

M.G

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Novembre rose/ art 2/10.

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein prevention"

L’heure du combat,

la lutte contre la maladie,

mettre au tapis,

mettre une raclée,

envoyer valser,

 

__________garder le sourire contre les épreuves,

ne pas chanceler,

se relever,

se donner toutes les chances.

M.G

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Octobre morose…Article 1/10.

C’est rarissime que je participe à une chaîne, mais là…

les années 90,

je me rappelle plus celles-ci comme les « années sida » la prévention, les messages scandés à répétition, Philadelphia et sa musique…Aujourd’hui, j’entends davantage  résonner le « cancer » comme un mal qui se propage, progresse, ou que l’on connaît mieux aussi…alors…j’y participe à cette chaîne,

les mots contre les maux…

Octobre rose,

octobre morose,

novembre dépose,

un peu de prose, plus qu’indispose..

ll est invasif, coriace, jamais à bout de souffle, d’une ténacité redoutable…et le pire, avec toutes ses têtes, cette hydre semble se démultiplier..indécemment, frappant aveuglément toutes les générations.

Et pourtant, mesdemoiselles, mesdames, il est parfois vaincu, affaibli, endormi, paralysé le cancer…

et parfois, il emporte précipitamment, dévaste, embrase…inattendu,

pensées pour celles et ceux qui sont partis trop vite,

qui ont livré bataille,

parfois des années durant,

qui ont chuté, re-chuté, qui se sont parfois relevées mais pour qui cette hydre laisse des traces, cicatrices.

A ceux, celles qui un jour ont eu cette frayeur devant une boule, de la taille d’une bille, flippante,

qui ont dû attendre de savoir,

bénin, malin, bénin, malin,

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein"

petite torture psychologique qui déjà fragilise…

Rappelez-vous…de la prévention…..

M.G

 

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Mots d’enfant/ brève

« Dis maman, je peux t’aider à faire des oeufs rouillés? »

« Regarde là c’est une tulipe (sur le dessin) et là une passerelle..(une pâquerette plutôt… »

M.G

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Ils ont tué Nicaire! Jean-Paul Fosset.

Opération Champagne: Ils ont tué Nicaise ! par Fosset

Résumé issu de Babélio :
« Geiger est un homme de l’ombre, un de ceux à qui l’Etat confie des missions secrètes. Cette fois, c’est de sa propre initiative qu’il accompagne la fille d’un homme politique, une séduisante jeune femme qui s’est enfuie en emportant un mystérieux coffret. Les fugitifs ont été aperçus dans un restaurant de Troyes. L’enquête est confiée au commissaire D’Artagnac, spécialiste de l’histoire de l’art, récemment nommé en Champagne. D’Artagnac et son équipe essaient de localiser Genger et sa complice, tout en s’intéressant à l’histoire du coffret et de son contenu, un célèbre poignard auquel on prête des propriétés maléfiques. Au fil des siècles, il aurait fait plusieurs victimes. Marat, Henri IV ou encore Nicaise, l’évêque de Reims, ont succombé sous les coups de cette arme historique qui fait trembler les puissants.EXTRAIT? Nicaise, a dit l’évêque de Troyes, tu as décidément affermi nos c?urs et nous t’en remercions. Va de ce pas rejoindre ta cité et parler à tes ouailles comme tu le fis ici. Nous ferons de même dans nos villes quand les Barbares viendront. Deux de nos meilleurs chevaux t’attendent au bas-côté de l’église qui te feront aller vers les tiens à la vitesse du vent. Mais n’oublie pas, la foi est une grande chose mais le réel est puissant. On dit que les Vandales possèdent une arme secrète qui leur fut jadis confiée par des païens. Qu’ils l’emmènent partout avec eux cachée au fond d’un coffret en argent. On dit que ceux qui ont vu ce dernier s’ouvrir sont morts aussitôt dans d’atroces souffrances.? Frère en foi, je n’ignore rien de cette arme qu’un ange devenu diable confia, semble-t-il, un jour à ces hordes armées. Mais la main de Dieu est puissante et la mienne affermie. Souvenez-vous toujours que les Barbares sont notre crainte mais que nous sommes leur effroi.Ce disant, je les saluai et, enfourchant le plus grand des chevaux, je m’en allai au galop vers Reims.
À PROPOS DE L’AUTEUR Originaire de Strasbourg, Jean-Paul Fosset a d’abord été enseignant puis directeur adjoint d’établissement spécialisé et rééducateur en psychopédagogie. Aujourd’hui psychothérapeute, il vit à Troyes et s’intéresse à la peinture. Grand voyageur et amateur d’art, il parcourt le monde depuis de longues années à la recherche de sensations esthétiques et émotionnelles qu’il retranscrit dans ses romans. Après deux ouvrages publiés chez Flammarion dans les années 1990, il s’est tourné vers le polar en créant le personnage du commissaire D’Artagnac, spécialiste des oeuvres d’art, dont les enquêtes ont pour cadre le milieu artistique. »
Résultat de recherche d'images pour "bouchon troyes"
Je me suis dit…
un polar,
plongée historique dans mon patrimoine local, une promesse d’errer dans les petites ruelles et de croiser des personnages hauts en couleur, d’en apprendre toujours plus sur le Troyes médiéval,
je me suis dit la prochaine escapade rue Emile Zola j’y penserai, ou quand je longerai le parvis de la cathédrale…
sauf, que j’abandonne, p .54, c’est ennuyeux, brouillon, je peine à suivre l’intrigue, les personnages..pfff…
qui se perdent dans les méandres historiques, et pourtant je suis du genre tenace, j’ai horreur de laisser tomber un livre!
Peut-être pas le bon titre…
Résultat de recherche d'images pour "bouchon troyes"
M.G
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Histoires (presque) vraies, Françoise Giroud.

Histoires (presque) vraies par Giroud

4ème : « J’aime qu’on me raconte des histoires.

Alors, quelquefois, je m’en raconte à moi-même pour me faire rire ou pleurer, puisées comme tout ce qui s’écrit dans un fonds de souvenirs et de rêveries dont les fils se mêlent.Ici l’aéroport de Pékin, avec le bruit de soie que font les balais, j’y étais. Dans le salon d’Iris de…, aussi. Le chien Platon l’était avant qu’il ne se suicide. J’ai vu Eve se jeter dans un miroir pour effacer son reflet. L’homme à la fièvre verte existe en plusieurs exemplaires ; celui qui conduit trop vite aussi. Léonie, l’épistolière frénétique, est en revanche un cas unique, un pur produit de mon imagination.J’ai connu une Diane, si belle dans sa robe de mariée, avant qu’elle ne succombe au malheur d’avoir une soeur jalouse. J’ignore si je les ai bien devinées toutes deux, ou au contraire trahies…Albine, je me souviens… Je l’ai inventée avace son hic, chez le coiffeur… Mais l’homme à la cassette m’a-t-il dit la vérité quand il m’a confié sa détresse de superstar ? Ou bien l’ai-je imaginée..?Tous ceux-là, plus quelques autres héros de mes histoires sont à la lisière du vrai et de la fiction : je ne sais plus discerner la frontière.D’ailleurs, il me semble que ça n’a aucune importance s’ils font un peu rêver… F.G. »

18 histoires à se laisser conter,

décompte,

de taille variable,

parfois 1/2 pages,

parfois une dizaine,

pléthore de thèmes à apprécier,

quelques titres pour vous donner une idée: initiation avec » Romance à Pékin, « comme elle est belle! », le Reflet, la Voix, Iris de…, la Cassette, Un père en trop, Que faire de Platon? »,

Quelques préférences :

« le Reflet « « Eve s’est présentée chez moi un soir où je ne l’attendais pas Ma journée de consultations avait été longue, chargée, et à toute autre j’aurais fermé ma porte (..).Elle semblait, au vrai sens du mot, évanescente, toujours sur le point de se dissiper dans l’atmosphère..et craignait d’avoir perdu la raison et me suppliait de croire ce qu’elle avait à me raconter ».p.73 3 je me suis sentie définitivement transparente.(…) J’ai perdu mon reflet, docteur, je suis définitivement transparente! » (..) De temps en temps, elle se jette sur un miroir et le casse. C’est un cas d’école. p.77

« Léonie a du coeur » p.79 et une passion pour l’épistolaire, elle devient corbeau, bienveillant..mais est-ce vraiment compatible?

« Pour mémoire »,en l’an 2235, procéder à un échange de mémoires, de souvenirs, mais à quel prix? P.107

« Appelez-là » un appel au secours de Blaise, à qui est-il destiné, à Marie-Ange? Et dans quel contexte? P.123

« Un casse pour Sylla » pour le vert d’une émeraude…

Lu hier, rapidement,197 pages,

le recueil est plaisant, le style sobre et léger, quand simplicité rime avec efficacité…tout bonnement.

 

Françoise GiroudFrançoise Giroud.

M.G

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L’art du contresens, Vincent Eggericx.

Trouvé ce titre,

dans un souffle,

dépaysement insulaire,

direction le Japon,

une question de directions,

d’équilibre,

à travers un récit introspectif aux allures de conte, rythmé par les entraînements au dojo, entre cérémonial et solennité,

« Tout au long de notre vie nous nous déplaçons sur l’une ou l’autre des diagonales de notre attracteur étrange ; nous y rencontrons des personnages énigmatiques qui bornent notre destin, nous renvoyant une image déformée des contradictions dans lesquelles nous sommes pris » p.42.

l’art du tir à l’arc comme prétexte et encouragement aux méditations, comme art de vivre même,

« Je cherchais cela : la lumière. Non pas la brûlante lumière de la vérité, mais l’éclat de la lune ; une étincelle enfouie au fond de mon être, réveillée par la magie d’un tir. p.20″,

entre imaginaire et réel, invasions d’ombres fantomatiques des ancêtres, bercé par une culture nipponne troublante,

« Je devais prendre garde à ne pas clouer mes pensées sur cette fuite ; m’échapper, oui, mais par l’esprit; le faire voler ailleurs »p.93

la précision, « De mes lectures il ressortait qu’il était question dans l’art du tir à l’arc de quitter l’état de vague particulière pour rejoindre l’onde primitive et ailleurs de devenir animal, mélange de tigre et d’oiseau.p.21

le lâcher, au sens propre et figuré,

métaphoriquement,

les gestes,

plus ou moins assurés,

il faut persévérer,

quitte à être perplexe

« Je m’éveillais au petit matin, dans ce dojo de Kyoto, bandant un arc, et j’avais l’impression par ce geste absurde de participer de façon minuscule à l’équilibre du monde.p .35. »face aux incongruités locales

,« On pourrait croire qu’au pays des bonsaïs la circulation des vélos est organisée aussi méticuleusement que celle de la sève des arbousiers. Elle est soumise à un arbitraire total, qui croît à mesure de l’âge des protagonistes et de l’éloignement de la capitale pour atteindre un paroxysme à Kyôto, chez l’octogénaire, dont la conduite atteint une perfection pareille à celle des vieux calligraphes : débarrassée de toutes les fioritures, libérée de l’attachement à la réalité, elle consiste à tracer son chemin en ligne droite en fonction du but à atteindre sans tenir aucun compte ni des sens interdits, ni des voitures, ni des piétons, ni a fortiori des autres vélos. L’allure de ces obâsans est celle d’un char d’assaut : elles parviennent à donner à leur silhouette minuscule un volume insoupçonné en déployant de part et d’autre de leur destrier de métal leurs coudes et leurs genoux comme des ailerons, et en poussant en avant leurs épaules rachitiques, dans lesquelles elles rentrent des têtes d’oiseaux de proie impassibles. On les voit souvent rouler à contresens sur des artères où déboulent une file de bolides qu’elles ignorent majestueusement. Ponctuellement elles se précipitent sur un piéton ; si celui-ci a le malheur de rester sur le trottoir, elles font mine de s’écraser sur l’avenue, freinent laborieusement quelques mètres plus loin et restent ainsi au milieu de la route, proférant sans même se retourner de vagues malédictions contre l’imprudent.
Leur exemple est suivi très tôt par les écolières les plus inoffensives : elles développent une indifférence au sens de la circulation qui trouve son achèvement à Kyôto, où s’est développé au plus haut point l’art du contresens.
Cet art est condensé dans le tir à l’arc japonais : atrocement simple, puisque l’acte de plier l’arc à l’envers de sa courbure naturelle pour y tendre la corde signe le moment où vous vous enfoncez dans l’envers des choses, et délicieusement compliqué, car vous devrez non pas bander l’arc, mais entrer en son intérieur. Plutôt que d’actionner vos muscles vous devrez utiliser votre souffle et vos os. Votre main gauche tiendra l’arc sans le tenir ; votre main droite qui, dans l’ordre du visible, tire la corde, devra pousser la poignée et votre main gauche qui, objectivement, pousse l’arc, devra « en esprit » tendre la corde. Cet océan de contradictions, qui donnerait des vertiges au loup de mer le plus amariné, est résumé dans la façon dont les flèches sont disposées avant le tir : la première regardant la cible, l’autre visant la direction opposée. »

« Les hommes ici habitent des mythes dont le cote vraisemblable ne les gêne pas le moins du monde .p.10

 » Notre vie est une odyssée, tour à tour minable et grandiose. Même réduit à une existence larvaire chacun peut vivre les dilemmes des héros.p.16″

 

L'art du contresens par Eggericx

Collection jaune

128 p.

14,20 €

Epub : 9,99 €

PDF : 9,99 €

ISBN : 978-2-86432-612-0

Parution : août 2010

4 ème :

« Un voyage dans le temps et dans l’espace tissant l’expérience concrète – celle de l’apprentissage du tir à l’arc japonais – avec l’introspection individuelle et l’histoire collective.
Un récit de voyage qui est aussi une histoire d’amour et une méditation ponctuée par des éclats de rire ; un voyage à contresens sur l’île la plus propice aux contresens : le Japon. »Sélection des libraires Fnac 2010.

Autres extraits :

« Ce mélange de drame et de comédie reste mystérieux jusqu’à ce qu’un souffle s’en empare, l’élève, l’écarte par les deux bouts et n’en maîtrise les croix intérieures, avant qu’il ne jaillisse dans la flèche du temps.p.30″

« Je m’étais intéressé à la physique par l’intermédiaire de Houellebecq; son nihilisme méthodique, la fantastique haine de soi….p.34 »

Un joli style, un bref glossaire pour finir,

que le dépaysement soit total,

pour prolonger l’éveil,Résultat de recherche d'images pour "tir a l'arc japon"

Vincent Eggericx et L’art du contresens :http://www.dailymotion.com/editions-verdier

et pour aller plus loin,

trouver la voie…Résultat de recherche d'images pour "archer japon"

http://www.fascinant-japon.com/kyudo-voie-arc/

M.G

Article mis en avant

Surréalisme /Igor Morski/1.

Un surréaliste polonais que j’ai toujours aimé,

un côté sombre et critique acerbe, très actuel…

Lien : http://www.igor.morski.pl/

Petite sélection :

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M.G

 

Article mis en avant

Emma/Ecriture

Acte troisième

Emma,

les soubresauts au coeur,

ça commence à cogner dans la poitrine,

ça m’oppresse Emma,

je le sens accélérer ce pouls,

pam…pam…pamm….tu l’entends, j’ai toujours senti que tu pouvais l’entendre, un infrason…tous  les deux … diapason… Emma et Paul …ça résonne.

Emma, Emma, t’as pas le droit de m’abandonner …Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma. La première fois que je t’avais croisé au petit café, tu reluquais ton livre, absorbée comme follement éperdue dans ton univers, rien ne semblait t’atteindre Emma, quand tu lis tu es toute fascinée, intégralement prise dans l’histoire, j’en connais peu des filles comme ça, Emma.Tu ne m’a même pas vu, tu étais plongée, j’enviais cet intérêt qui ne semblait jamais te quitter. Tu levais à peine les yeux sur le monde qui t’entourait comme si tu avais toujours su qu’il ne te conviendrait pas, une occultation du réel. Tu avais cette façon de te mouvoir Emma..une élégante discrétion qui ne pouvait passer pour telle, je voyais bien Emma que tu voulais observer le monde, glisser subrepticement sur les choses, tu ne semblais pas réaliser l’effet que tu pouvais faire, de l’irradiation.Une certaine pudeur sans doute, mêlée à une craintivité certaine et, pourtant, Emma j’ai réussi une fois, j’ai attaché ton regard, je l’ai fait mien, capture fugitive et éternellement figée.Tu m’as fait un sourire, pas de ceux des plus évidents, il y avait même une certaine gêne entre nous, j’insistais avec ce regard et tu observais, mais semblais dans l’incapacité de te jeter, comme prisonnière d’un je ne sais quoi. Alors moi le grand timide, celui que les copains charriaient pour sa naïveté, j’avais une fois osé, j’avais profité d’une de tes errances dans un livre pour m’inviter à ta table, il t’avait fallu un temps qui m’avais semblé interminable Emma pour seulement réaliser que tu n’étais plus seule..et quand tu avais levé les yeux je m’étais complètement déballonné…Je m’étais levé sans mot dire et j’avais quitter la table, juste le temps d’entr’apercevoir tes prunelles.

 

Acte deuxième

J’étais rentré…Je n’attendais qu’une future occasion de revoir ces jolies prunelles.

De loin, j’avais largement eu le temps de peaufiner le tableau, une allure racée, des jambes fuseaux au galbe délicat entraîné par une ballade rythmique, la taille marquée comme un appel à t’enlacer, et ce french coat qui ne te quittait pas.

J’avais établi un plan de bataille : approche de la cible, j’ai refait mon petit numéro, je me suis invité à ta table, tu étais toujours absorbée, toujours sans mot dire..ça devenait doucement obsessionnel..ça ne me quittait plus, cette idée fixe..Apprivoiser la petite créature, ça m’a pris du temps..Tu acceptais désormais ma présence Emma, tu la tolérais, tant que le silence régnait, j’avais une fois tenté de te parler, et là, c’est toi qui t’étais levée…je m’étais retrouvé bête et désoeuvré pour tout dire, alors je n’avais pas recommencé…Je m’étais mis à emmener des objets, le premier, une feuille vierge de tout mot comme ce qui nous unissait,puis un ruban pour tisser le lien, et je dois dire j’ai été transporté, ivre de joie quand tu l’as saisi de tes  doigts pour le glisser le long de la page.Il devenait rempart ce livre, bouclier de ta réclusion et pourtant, le ruban…il était bien là le ruban. Toujours le silence, ça devait j’imagine, t’apaiser, mais tu conservais les objets, les alignais devant toi, ligne pacifique de ta tranquillité. Et puis, il y a eu ce jour, je n’oublierai jamais..

 

Acte premier

C’était devenu une routine, une joyeuserie, si j’ose dire, je me demandais quel serait le prochain objet, et je cherchais, je cherchais…puis….une évidence …Je suis arrivé fringant, enthousiaste, prêt à soulever des montagnes et à m’affranchir des silences, j’avais…

oui j’avais….

mais

j’avais pas tout prévu,

Emma,

j’avais envisagé des possibles, mais pas celui-là, j’ai pensé que cette fois-là je pourrai enfin délivrer ces lèvres d’un sourire,d’un mot, j’étais encore avec cette idée-là quand je me suis attablé, le bouquet de belladones fraîchement amassées, que j’avais maladroitement enrubanné et qui dissimulait ce petit mot, j’y ai cru  quand tu as levé les yeux,  tes lèvres ont commencé à remuer, je me suis dit intérieurement, Emma…J’avais le coeur à tout rompre, j’y croyais, j’y étais parvenu ! Enfin !Victoire!

Puis, les bruits sourds____assourdissants même, les rafales,

comme rifflés, les éraflures aiguës,

ébranlé,

tombé,

je te cherche, Emma où es-tu ? Emma? Emma?

Emma…

t’as pas le droit de m’abandonner….Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma.

Il bat moins fort maintenant, moins vite, il s’essouffle, sans doute,

parce que

tu as glissé comme faussement lascive le long de ta chaise,

je n’ai pas compris,

juste le temps de saisir ta main de la glisser sur mon coeur,de voir la panique et la terreur dans tes yeux, j’aurais voulu les ignorer tout comme les poinçons, ceux qui sont apparus,  noyés pourpre, quand les balles de kalach ont sifflé et percuté l’air,

celles qui ont interrompus notre tête-à-tête et qui t’ont si …cruellement blessée ce soir- là.

Alors, je t’ai accompagné Emma,

du mieux que j’ai pu, j’ai pris ta main et me suis tu, je laissais les résiliences

au coeur.

 

M.G.

P.S : Emma /MatmatahEmma /Matmatah,

toujours aimé cette chanson,

Article mis en avant

Emma/Ecriture

Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Acte troisième

Emma,

les soubresauts au coeur,

ça commence à cogner dans la poitrine,

ça m’oppresse Emma,

je le sens accélérer ce pouls,

pam…pam…pamm….tu l’entends, j’ai toujours senti que tu pouvais l’entendre, un infrason…tous  les deux … diapason… Emma et Paul …ça résonne.

Emma, Emma, t’as pas le droit de m’abandonner …Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma. La première fois que je t’avais croisé au petit café, tu reluquais ton livre, absorbée comme follement éperdue dans ton univers, rien ne semblait t’atteindre Emma, quand tu lis tu es toute fascinée, intégralement prise dans l’histoire, j’en connais peu des filles comme ça, Emma.Tu ne m’a même pas vu, tu étais plongée, j’enviais cet intérêt qui ne semblait jamais te quitter. Tu levais à…

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« J’ai tant rêvé de toi », Robert Desnos.

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