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Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Journal de bord des lectures, critiques et moments d'écritures

Un compliment…

C’est toujours agréable un compliment,

ça frôle la politesse,

récompense un labeur,

touche…

alors merci à tous les suiveurs, les lecteurs et lectrices de tous bords,

les timides,

les curieux,

ceux qui fréquentent de manière sporadique, par petites touches,

les réguliers, les plus avides…

merci pour les « like », les commentaires, les visites, les contributions…et j’espère que ça va continuer…Résultat de recherche d'images pour "remerciements merci"

M.G

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Article mis en avant

Gatsby le magnifique, F.Scott Fitzgerald.

Gatsby…

ça s’annonçait magnifique,

3ème roman de  l’américain Fitzerald, publié en 1925,

« Gatsby s’est montré parfait jusqu’à la fin. C’est ce dont il était la proie, les remous dégradants qu’entraînent le sillage de ses rêves, qui m’ont rendu sourd pour un temps aux chagrins mort-nés des humains et à leurs transports si vite essoufflés. »p.13

flamboyant, quelque peu plein d’extravagance et de superlatifs bien sentis, la couverture elle-même lui rend bien justice sur cette édition récente,

Après tout_____et ce n’est pas une simple boutade______pour observer la vie sous le meilleur des angles, mieux vaut rester à la même fenêtre. »p.15

Les années folles,

New York, New York

« Je commençais à aimer New York, le côté incisif, hasardeux qu’elle prend la nuit, le plaisir que le va-et-vient incessant des hommes, des femmes et des voitures procure à l’oeil constamment aux aguets.p75. »

Gatsby le magnifique par Fitzgerald

Devant un tel personnage, du rocambolesque assurément, « Presque toutes les démonstrations d’autarcie personnelle me laissent désarmé et confus. »p21,

cher vieux, cher vieux « Demain,nous courons plus vite, nous tendrons les bras plus avant …Et, un beau matin…Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulées sans fin vers notre passé. p.223″

Quelque chose le poussait à venir grignoter dans les marges des vieux poncifs, comme si l’égoïsme engendré par sa vigueur physique ne suffisait plus à combler les exigences de son coeur. »

J’aime particulièrement ce passage qui faisaient échos à d’autres lectures Et, sous le soleil ou la pluie, ses yeux délavés, qu’on ne repeint plus depuis des années, continuent de couver rêveusement cette impressionnante décharge.p37″.

Un roman centré sur un personnage atypique, un milliardaire qui ne songe qu’à éblouir, rivalisant d’imagination, mais un halo de mystère le nimbe, qui est-il vraiment, que cache-t-il ?

Et cette étrangeté dans le somptueux, ses soupçons qui hantent…Une description du rêve américain dans toute sa splendeur, au gré d’un air jazzy et d’une coupe de champagne, magnifier pour mieux éblouir, robes de soirée et smoking exigés, éloge d’une certaine démesure,

« Je vous recommande Fitzgerald . avec lui, c’est la fête , et on n’a pas honte de s’y trouver. Pour une fois, nous allons faire du ski nautique, de la pêche sous-marine sur une côte d’azur presque vide. Pour une fois nous allons aimer le teint de notre peau. Sous de gais parasols, à l’heure où le soleil est chaud , nous boirons du champagne rosé et nous grignoterons du caviar. pour une fois nous allons bavarder avec de ravissantes jeunes filles , riches, sottes, exquises pour tout dire …
Lecteurs dépêchez vous de lire Gatsby le Magnifique , la grande maison de West Egg avec ses vingt hectares de pelouse et de jardins, sa piscine de marbre, son lierre vert cru, va bientôt se rallumer et être envahie par des gens impossibles. Profitez du calme.» Bernard Franck, Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald, Livre de Poche, Préface à l’édition de 1962.

puis,

désenchantement oblige..

« Je n’avais rien à lui répondre, sinon que la vérité était autre, mais cela n’était pas dicible. « 

N.B :Version ciné, la plus récente…version bling-bling,

 

M.G

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De l’éloignement/Ecriture/sf/1

1.Résultat de recherche d'images pour "desert glace"

Les relations humaines avaient commencé à se distendre,

puis à s’éroder,

s’étiolant dangereusement et ce, alors que les relations interconnectées s’étaient elles, considérablement étoffées.

Alors que les conversations de la vacuité fleurissaient, que tout à chacun exposaient délibérement et joyeusement ses affects débordants sur la démesurée « Toile », par écran interposé, les paroles, les mots entre humains dépérissaient tout aussi rapidement. Aussi, constatait-on que les humains, propriétaires de territoires extensibles d’amitiés fulgurantes, multipliant les quantités relationnelles, oubliaient de se nourrir de relations charitables et humantaires.Si bien que les déserts de conversations arides, les sourires exilés, les pensées finirent par remplacer les conversations non virtuelles. Celles-ci étaient tout bonnement ..depassées… pour le commun des mortels qui n’y trouvaient plus aucun intérêt. Les conversations entre pairs céssèrent donc pour se réduire a minima comme si le silence se suffisait à lui-même, si bien que chaque éclat de voix, chaque empreinte sonore, devenait heurt de la sensibilité. Cette impossibilité rendue contribua à dénaturer les rapports entre humains et ne simplifièrent pas les relations entre les deux sexes. Il devenait compliqué pour un homme de s’adresser à une femme de peur de la brusquer et de voir tous ses espoirs s’envoler, l’initiative frôlant l’impolitesse et l’incorrection ultime et pour une femme… cela dépassait l’entendement.

Le silence s’était érigé incommensurable,

ineffritable,

les paroles étant jugées bien trop dangereuses pour les jeux relationnels.

Il avait donc fallu trouver des parades pour assouvir et garantir la survie de l’espèce humaine…

M.G

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19118772&cfilm=145736.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kazuki :/Sakura

 

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Tortilla flat, John…Steinbeck!

C’est typiquement le genre de livre qu’il faudrait lire,

les doigts de pieds en éventail,

balancé paresseusement dans un hamac,Tortilla Flat par Steinbeck

sous un soleil de plomb,

une citronnade à portée de main,

Nous voilà prévenus,

en grandes pompes,

Tortilla Flat,

c’est d’après Steinbeck lui-même, dans la préface,

inaugural :

« Voici l’histoire de Danny, des amis de Danny et de la maison de Danny. [.] quand on parle de la maison de Danny, on entend par là une entité dont les composantes étaient des hommes et qui fut source de douceur et de joie, [.]. Voici donc l’histoire de ce groupe : comment il se forma, comment il crût et s’épanouit en une organisation de sagesse et de beauté. On y verra les amis de Danny et leur vie aventureuse, avec le bien qu’ils ont fait, avec leur pensées, avec leurs entreprises. On y verra à la fin comment le talisman fut perdu et comment le groupe se désagrégea. »

On retrouve ici un Steinbeck « bonimenteur », davantage « conteur » que dans l’inoubliable Des Souris et des hommes et Les Raisins de la colère.

Je me suis amusé des titres à rallonges, aux accents voltairiens :

« Comment Danny, rentré de la guerre, découvrit qu’il était héritier. Comment il jura de porter secours aux humbles. »p.13

« Comment trois pécheurs parvinrent à la paix par le moyen de la contrition.Comment les amis de Danny prêtèrent serment de camaraderie. »p.69

Une atmosphère chaleureuse, bon enfant,

centrée sur l’amitié, Danny devenu propriétaire ne cède pas aux caprices de la société de consommation et à la cupidité, encore moins à la convoitise,

 4ème : « Que peut-on faire d’une maison – et à plus forte raison de deux – quand, depuis son enfance, on préfère dormir à la belle étoile ? Libre enfant de Monterey, le paisano Danny se sent accablé par son héritage. La rencontre de son ami Pilon lui fournit une solution. Il lui louera une de ses maisons. Pilon recrute Pablo pour payer le loyer, Pablo à son tour… et de fil en aiguille tous les amis de Danny sont réunis sous un de ses toits.
La vie est belle, le vin bon, sans soucis du lendemain… »

il  reste simple,

pas de dénigrement des copains, « la bande de copains » coulent de beaux jours…

Un récit couleur optimisme, léger, mais dont le ton quelque peu suranné, désuet peut…lasser.

Ce ne fut pas le cas pour moi, en raison de sa longueur ( 255 pages ), uniquement je pense. ( J’aurai abdiqué, je pense, si cela avait été plus__________ long ).

En définitive, ce n’est pas mon titre préféré de Steinbeck, mais ça se lit bien, et vite, un titre idéal pour les vacances par exemple.

Extraits choisis :

« Je vais tout te raconter. J’ai acheté deux gallons de vin et je les ai apportés ici dans le bois, puis je suis allé me promener avec Arabella Gross. J’avais acheté pour elle, à Monterey, une paire de pantalons de soie. Elle les a beaucoup aimés, si roses, si doux. Et puis, je lui ai aussi acheté une petite bouteille de whisky. Un peu plus tard, elle a rencontré des soldats et elle est partie avec eux.- Oh ! la détrousseuse de l’honnête homme !».

« Il est impossible de savoir si Danny s’attendait à toucher un loyer, ni si Pilon avait l’intention d’en payer un. Si tel était le cas, ils allaient tous les deux au-devant d’une déception. Danny ne réclama jamais rien et Pilon n’offrit pas davantage. » »

M.G

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Demain est un autre jour, Lori Nelson Spielman.

Petite pause dans les lectures,

je ne parvenais pas à me décider dernièrement, et puis hier, j’ai commencé à reculons, ce poche, 448 pages, méfiante devant un titre qui promet et dont on se dit..

Va-t-il tenir sa promesse…

Demain est un autre jour par Nelson Spielman

Et  si..

« demain est un autre jour », « demain est un autre jour » ,

la couverture invite à la douceur, et le parapluie, se mettre à l’abri, se protéger et entendre la pluie ruisseler, goutteler,

« Mais j’aime ce jour-ci, lui répondrais-je, avec ses nuages, son orage et tout le reste. »

au centre, l’héroïne,

et la valise rouge,

faire ses bagages, emporter le plus précieux,

faire tabula rasa, lâcher prise aussi,

autant de messages distillés,

et le petit saut de cabri,

léger, léger…

4 ème :

« À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu’elle va tout naturellement hériter de l’empire de cosmétique familial dans lequel elle travaille. Mais, à sa grande surprise, le testament maternel confie les rênes de la société à sa belle soeur. Et pour tout héritage, Brett ne reçoit qu’un vieux papier jauni et chiffonné, récupéré en secret par sa mère dans sa poubelle, vingt ans plus tôt : la liste des choses qu elle voulait vivre, rédigée lorsqu’elle avait 14 ans. Ainsi, elle n’a pas été oubliée par le testament, mais rien ne lui reviendra si, au bout d’un an, elle n’a pas accompli ses rêves d’adolescence.
Le problème, c’est que la Brett d’aujourd’ hui n’a plus rien à voir avec la jeune fille de l’époque, et que ses rêves d’adulte sont bien différents. Enseigner ? Elle n’a aucune envie d’abandonner son salaire confortable et ses stock options pour aller batailler avec des enfants rebelles dans une salle de classe. Avoir un bébé ? Cela fait longtemps qu’elle y a renoncé, et de toute façons Andrew, son petit ami avocat, n’en veut pas. Entamer une vraie relation avec un père trop distant ? Les circonstances ne s’y prêtent guère. Tomber amoureuse ? C’est déjà fait, grâce à Andrew, à moins que….
Malgré tout, Brett va devoir quitter sa cage dorée pour tenter de relever le défi. Et elle est bien loin d’imaginer ce qui l’attend.
Menée tambour battant, cette comédie romantique sur les rêves de jeunesse, les illusions perdues et la possibilité de refaire sa vie, se lit d’une traite. Publié en avant première en France, le premier roman de Lori Nelson Spielman, dont les droits d’adaptation cinématographique ont été achetés par la Fox, sera bientôt traduit dans plus de 25 langues. »

Un premier roman qui surfe sur l’engouement des chick lit et des whish list, une dose de mélodrame, quelques ellipses dans la narration, et le personnage de la mère intuitive même s’il reste intéressant, m’a semblé pourtant trop lisse,une certaine perfection, j’ai eu du mal à croire aux « prémonitions » maternelles,

trop fiables,

un peu trop beau pour être vrai

« Bretel. Le vieux surnom dont elle m’avait affublé quand nous étions enfants. Elle avait fait une liste de propositions après que je m’étais plaintes une semaine durant de porter un prénom de garçon. »

« Et qu’est ce que tu penses de Bretchen ? Bretta ? Brettany  » m’avait-elle demandé.

Nous nous étions arrêté sur Bretel, un nom qui réveillait des images de maison en pain d’épice et d’enfants malins. »

Une lecture agréable somme toute, doucerette et convenue, un soupçon de romance

j’aurai juste voulu ne pas deviner l’issue si tôt, quelques passages, ceux qui m’ont fait rire :

p.153″Chaque cellule de mon cerveau est concentrée sur le fait que, dans trois jours, je ferai cours au prochain Hannibal Lecter

« Oh, mon Dieu, j’ai atteint un nouveau degré de nullité. Andrew et moi venons de nous séparer. Et me voilà ce matin à poursuivre – oui, à poursuivre – un homme dont je ne connait même pas le nom. »

« Avoir le sentiment que son QI a rétréci alors que son arrière-train a grossi, quoi de pire ? »

« J’aimerais bien jouer dans la cour des grands. Mais je n’ai pour tout équipement qu’un sac de billes et une corde à sauter. »

M.G

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Poésie…parenthèse.

J’avais presque oublié Aragon et sa musicalité,

alors petite sélection :

Les oiseaux déguisés, Louis Aragon (1897-1982), Les Adieux et autres poèmes (1982).

« Tous ceux qui parlent des merveilles
Leurs fables cachent des sanglots
Et les couleurs de leur oreille
Toujours à des plaintes pareilles
Donnent leurs larmes pour de l’eau

Le peintre assis devant sa toile
A-t-il jamais peint ce qu’il voit
Ce qu’il voit son histoire voile
Et ses ténèbres sont étoiles
Comme chanter change la voix

Ses secrets partout qu’il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé

Ma vie au loin mon étrangère
Ce que je fus je l’ai quitté
Et les teintes d’aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d’une nuit d’été

Automne automne long automne
Comme le cri du vitrier
De rue en rue et je chantonne
Un air dont lentement s’étonne
Celui qui ne sait plus prier. »

et,

Les Yeux d’Elsa

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L’été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie
Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d’un firmament pour des millions d’astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L’enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l’averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d’août

J’ai retiré ce radium de la pechblende
Et j’ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu’un beau soir l’univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa.

Dans Les yeux d’Elsa.

 

Les yeux, le regard,un peu de folie,

credo intransigeant des Surréalistes…Aragon, Eluard,

 

Image associéeeluard_picasso

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

M.G

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Chanouga…Narcisse/ bd /.

Tombée cet été sur une très jolie expo,

qui n’a pas manqué de m’intéresser,

au Musée de la Marine de Toulon,

mise en scène superbe (on baignait dans l’atmosphère, et quelles couleurs !) et bien contextualisée

Résultat de recherche d'images pour "narcisse bd planche"

une salle d’expo entièrement dédiée à la série bd Narcisse de Chanouga, (que je connaissais pas, d’ailleurs ) d’autant plus sympathique qu’elle mettait en exergue le travail de fond, décomposition de la production, agencement…tout était détaillé, avec des ateliers.

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Cette série s’inspire très largement d’une histoire vraie, celle de Narcisse Pelletier,

Résultat de recherche d'images pour "narcisse pelletier"1 Narcisse Pelletier à son retour en France : il portait des scarifications sur le torse et les bras ; son nez et ses oreilles étaient largement percées.

 

un jeune mousse vendéen, qui après le naufrage de son navire restera 17 années durant chez « les sauvages « du Cap Flattery  (situé dans l’Extreme Nord Australien).

 

Recueilli par une tribu aborigène dont il adoptera le mode de vie, il est ramené sur la terre ferme, et son témoignage restera précieux tant il est unique…

 

Aux amateurs d’aventures maritimes,

à tous les naufragés, aux sauvages,

aux fans de la première heure,

de Stevenson, London, Melville…vous y trouverez votre compte.
N.B
Un cahier réservé à la première édition présente la genèse de ce projet et le véritable Narcisse Pelletier.

Pour aller plus loin sur le thème…

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M.G

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Ennemis publics, BHL versus Houellebecq ? Ready? Ready-made?

L’épistolaire,

un genre que j’affectionne tout particulièrement,

de l’échange,

stimulations et joutes de mots (maux) comme autant de petits rebonds et revers entre interlocuteurs…Je te questionne, tu me réponds, je t’interpelle, tu reviens sur ce mot, cette idée…minutie oblige, sens de la répartie et provoc aussi, non sans certains égards évidemment.

Toujours ce moment de flottement  quand je lis Houellebecq,

…un temps,

J’ai reconnu et aimé cette comparaison du genre épistolaire aux échecs le rôle de l’anticipation, le frisson et l’impatience de________ l’attente, une  incommensurable lenteur, merveilleusement décrite  par BHL aux parties » à distance »  par opposition aux parties dites » à la pendule » (..)

« on méditait son coup; on le mettait sous pli; on attendait, par retour, le coup fomenté par le partenaire ; les parties duraient des semaines; parfois des mois; Marcel Duchamp, qui n’aimait rien tant que jouer de cette manière, s’engageait dans des parties qui pouvaient durer des années et j’étais, en ce temps-là, éperdu d’admiration pour tout ce faisait Marcel Duchamp (…). »

« Je les ai adorées comme je crois, Duchamp les concevaient : moins un match qu’un jeu; moins une compétition qu’une manière d’inventer et de produire à deux ; un travail de l’intelligence, en somme, avec questions, réponses, passions contrariées, rebondissements, lumières partagées ou occultées, virtuosités, leurres. »p.186

De la littérature de « l’aveu« ,  et de ces interludes pendant lesquels ils avouent tous deux chercher sur le monstre « Google » les derniers écrits, critiques acerbes, ou » mépris » puisqu’ils sont deux « ennemis publics » à abattre, par la meute dont ils se détachent, chacun de sa manière, l’un digne représentant d’un dépressionniste aigu, pessimiste retranché de » l’humanité« , l’autre, plus « intellectuel, » à la marge mais en quête d’aventures et d’humanité, d’affronts, en un sens.

Quelques développements intéressants, divergences sur la Russie, lettres du 12/03/2008, références à Anna pour BHL, digressions sur le Juif, l’Islam,

un brin de lectures et d’analyses psy (vive Freud,  Jung et Lacan !!) pour évoquer la mère toxique et la figure paternelle, « l’empreinte » laissée…p.96. et la théorie du clinamen (déclinaison), Lucrèce et son de Rerum explicité par BHL..

L’art de la biographie, de l’autobiographie surtout, non de la transparence des coeurs façon Jean-Jacques ou Starobinski, non pour ça, tous deux se défendent, plutôt le  goût de la clandestinité, du secret dans l’acte, genèse de l’écriture qui ne peut éclore à la vue, par pudeur, efficace, essence même,

se pousser l’un l’autre,

l’aventure pour BHL « une boxe où l’on se s’affronte, il y insiste, qu’à soi-même et aux limites, toujours repoussées, de ses propres stratagèmes…p.187″

moment où les dissemblances/ rencontres de « monadologies » font face et se nourrissent avec avidité…façon ready-made..

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous », dixit Eluard, je n’en doute pas…

La ou plutôt___________ les correspondances, cher Baudelaire,

Correspondances

« La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Ennemis publics par Houellebecq

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens. »

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.

 

 

Elaboration des stratégies, anecdotes pointées, je redoutais un dialogue pompeux entre deux personnages,

deux écrivains dans la surenchère…

J’ai été agréablement surprise, pas de regret, je l’ai dévoré en deux jours_______ alors qu’il traînait sur mon bureau depuis quelques mois.

M.G

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Salvador à la folie, Dali par Robert Descharnes ./ bd

Résultat de recherche d'images pour "salvador  a la folie bd" Salvador Dalí, à la folie  » , éditions Pat à Pan, 48 pages couleur, 12 €.

4 ème :

 » Je me vengerai de sa mort en devenant immortel !  » annonça le jeune Dali au chevet de sa mère, en 1921.  » Courage, Salvador : si tu joues au génie, tu le deviens !  » se dit-il en s’attelant aussitôt à la tâche. Soixante-cinq ans plus tard, au terme d’une vie forcenée de création, de calculs, d’inventions iconoclastes, de rencontres et de provocations, l’illustrissime maître surréaliste affirmera lors de sa dernière apparition publique :  » Un génie n’a pas le droit de mourir !  » Au-delà de sa mort, son art lui donnera à tout jamais raison ; Salvador Dali est IMMORTEL! Car, plus pertinente aujourd’hui que jamais, son oeuvre, c’est sa propre vie. Avec Dali, en effet, rien n’est gratuit ! Le moindre détail de ses tableaux se réfère toujours à une anecdote de son enfance, une observation personnelle, une fixation, une névrose. Proposée en bande dessinée, cette biographie originale se révèle ainsi un outil visuel, simple et efficace, qui permet de décrypter, avec plaisir, chacune des oeuvres du génial peintre catalan.me vengerai de sa mort en devenant immortel !  » annonça le jeune Dali au chevet de sa mère, en 1921.  » Courage, Salvador : si tu joues au génie, tu le deviens !  » se dit-il en s’attelant aussitôt à la tâche. Soixante-cinq ans plus tard, au terme d’une vie forcenée de création, de calculs, d’inventions iconoclastes, de rencontres et de provocations, l’illustrissime maître surréaliste affirmera lors de sa dernière apparition publique :  » Un génie n’a pas le droit de mourir !  » Au-delà de sa mort, son art lui donnera à tout jamais raison ; Salvador Dali est IMMORTEL! Car, plus pertinente aujourd’hui que jamais, son oeuvre, c’est sa propre vie. Avec Dali, en effet, rien n’est gratuit ! Le moindre détail de ses tableaux se réfère toujours à une anecdote de son enfance, une observation personnelle, une fixation, une névrose. Proposée en bande dessinée, cette biographie originale se révèle ainsi un outil visuel, simple et efficace, qui permet de décrypter, avec plaisir, chacune des oeuvres du génial peintre catalan ».

Etonnante et folle cette biographie imagée de Dali, bizarre, par Descharnes ami et expert de longue date de Dali, version bd, haute en couleurs comme on pouvait l’attendre, foisonnante de détails, qui met l’accent sur la créativité et les  délires névrotiques de Dali en donnant une clé de lectures des images des grandes oeuvres..

p.18 Dali et Gala

Image associée

Jolie réussite d’excentricité et complètement surréaliste…pour les amateurs, je recommande cette autre approche de l’oeuvre.

M.G

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Marlysa / bd/ Jean-Charles Gaudin et Jean-Pierre Danard.

Résultat de recherche d'images pour "marlysa dessin"

 

Une saga agréable  au niveau du graphisme et des couleurs, mais qui s’essouffle au fil des tomes, de Jean-Charles Gaudin et Jean-Pierre Danard, d’héroic-fantasy, (16 tomes ) qui met en scène une jolie héroïne, Marlysa, à Tolden, en quête de ses origines, abandonnée puis adoptée,

elle a toujours eu un masque,

pourquoi,

d’ailleurs que cache-t-il ?

Coquetterie, cache, que dissimule-t-il de si terrible ?

Son sens de la justice, son caractère, un brin amazone, la rendent attachante, alors si vous voulez vous aussi connaître son secret, et son héritage, vous savez ce qu’il faut faire…la suivre dans ses aventures.

M.G

 

 

 

 

 

Article mis en avant

Okko, de HUB, bd / univers Japon.

Univers bd…c’est une question d’honneur…

 

La série Okko naît en janvier 2005, son succès est fulgurant, elle devient rapidement la référence de matière de bd de sabre japonais. L’univers est sombre, parfois violent,  les dessins impressionnent par leur minutie, un sens du détail poussé à l’extrême, au rythme d’un récit initiatique qui se composent de cycles ( l’Eau, la Terre, l’Air, le Feu, le Vide.).

Okko, le héros est un rônin (un samouraï dépourvu de maître dans le Japon médiéval)  qui mène sa troupe au gré d’aventures.

Chasseur de démons dans l’empire du Pajan, il est accompagné de Noburo, un géant masqué, ( et me rappelle en ce sens l’héroine de bd, Marlysa (ci-contre), entouré de geishas,Image associée

d’un bonze qui convoque les kamis ( équivalents des esprits ) aux moyens de judicieuses prières, arrosées de saké, et de Tikku jeune pêcheur qui devient par la force des choses un apprenti, lié  dès le tome 1, par un serment pour retrouver sa soeur, petite Carpe, geisha enlevée par une horde de pirates.

Mais où Hub va-t-il chercher tout ça ?

Allez, quelques indices,

L’auteur : biographie issue de l’excellent site de référence Bédéthèque : Né à Annecy en 1969 sous le nom d’Humbert Chabuel, Hub a toujours voulu faire de la bande dessinée. Hub passe son Bac à Lyon et enchaîne sur une école de dessin qui ne le convainc pas. En 1992, Hub débarque à Paris comme designer pour travailler avec Luc Besson sur Le 5e élément. Hub côtoie Moebius, Mézières? Il crée avec un associé la société  » Oki Doki « , véritable label artistique qui travaille pour la publicité, les jeux vidéo ou l’habillage d’émissions de télévision. Mais la BD lui apporte plus de liberté et c’est avec un réel plaisir qu’il réalise scénario et dessins d’Okko. Hub voue une admiration méritée à des auteurs tels que Hergé, Myazaki ou Michetz. (info site web delcourt). Hub a obtenu le prix Abracadabulles / Caisse d’Epargne pour son album Okko  » le cycle de l’eau » T1 au Festival Abracadabulles à Olonne sur Mer. Ce prix récompense un nouvel auteur ayant publié moins de trois albums et dont le dernier album, le lauréat du prix, a été édité en 2004/2005. 

 

Attention les yeux…

p.3 (1ère planche)

Image associée

p.17

Résultat de recherche d'images pour "okko cycle de l'eau"

 

M.G

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L’empire des loups, J-G Grangé.

Suite des lectures estivales…

4 ème roman de l’auteur,

connu notamment pour Les rivières Pourpres,
l’empreinte scénaristique de Grangé est indéniable, diablement efficace,

573 pages pour ce thriller haletant, du suspense, une mécanique machiavélique,

573 pages pour ce chassé-croisé de meutes impitoyables, entre tueurs, flics ripoux, etc… (je ne vais pas tout révéler tout de même ! )

« A sa manière le Chiffre était le père de tous les flics. Mi-héros, mi-démon, il incarnait à lui seul le meilleur et le pire, la rigueur et la Corruption, le Bien et le Mal. p.66″

573 pages pour élucider ces meurtres, ces femmes torturées, mutilées de façon atroce,« Vous n’avez pas vu les cadavres, répliqua Paul en montant la voix. On a affaire à un malade. Un psychopathe pur. C’est à nous de nous mettre au diapason de sa folie. »p.89 »

« Comment tu veux combattre le mal si tu n’y as jamais goûté? Comment tu veux comprendre l’ennemi si tu ne connais pas ses atouts? »

573 pages pour connaître Anna, cette femme bordée par la folie », Anna partit d’un rire brisé, un rire-sanglot, avant de s’enfuir sous les arcades. p170″

et qui perd peu à peu ses repères,

« Elle sent les effets du calmant l’envahir peu à peu.Une fleur de sommeil en train d’éclore à l’intérieur de son corps…Elle éprouve maintenant la sensation que le lit dérive et quitte la terre ferme. Elle flotte, lentement, dans les ténèbres. Il n’y a plus à opposer la moindre résistance, à tenter quoi que ce soit pour lutter contre ce courant. Il faut seulement se laisser porter par l’onde filante… »

et dont l’histoire lance l’intrigue,

12 chapitres, 1 epilogue

« J’ai sillonné les mers de verdure

L'Empire des Loups par Grangé

Embrassé les parois de pierre, les orbites d’ombre

J’ai caressé les versants de neige

Saupoudrés de sable rose,

Renflés comme des corps de femme… »

et une adaptation ciné (moins bonne à mon avis que le livre) mais pour ceux qui aiment Jean Reno, je ne dis pas…

M.G

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Dépaysant : L’île du Point Némo, Jean-Marie Blas de Roblès…

Surréaliste,

loufoque,

« C’est étrange la manière dont l’imagination fonctionne, et comme elle s’apparente au rêve »

L'île du Point Némo  par Blas de Roblès

« Tout livre est l’anagramme d’un autre. Peut-être même de plusieurs. Il n’appartient qu’au lexique d’être celui de tous les autres. » (p. 453)

« Découvrez une usine de cigares dans le Périgord noir, embarquez à bord du Transsibérien, grimpez dans un dirigeable, poursuivez votre périple en sous-marin à la recherche du diamant volé de Lady MacRae. Et croisez au fil des pages un dandy opiomane, l’ignoble monsieur Wang, une épouse nymphomane et frustrée, l’insaisissable Enjambeur Nô. Quelle folle imagination a pu faire naître un tel roman ? »

Hommage et brassage des intrigues, mises en abymes, épopée au rythme complètement délirant, hommage grandiloquent à de grands auteurs,

« La vérité, songea Wang, lorsqu’il fut enfin seul, c’est que c’était du pipeau; la guerre ne répugnait à aucune ruse. En clair, si les textes inclus dans la liseuse étaient tous du domaine public, il ne fallait pas compter y trouver La Comédie humaine ou les Rougon-Macquart en collection complète, annotée, illustrée et agréable à lire. Les éditeurs historiques de Balzac et de Zola en auraient attrapé des boutons de fièvre. Ces versions-là, il faudrait encore les racheter pour quelques euros sur les plates-formes dédiées. Pas question de les mettre directement sur le B@bil Book. Parmi les deux cent livres proposés, il n’y avait que des œuvres ultraconnues, choisies pour la façon dont elles entraient en résonance avec le cinéma. Hugo? Les Misérables; Zola? Germinal; Balzac? Le Colonel Chabert; La Recherche? Le premier tome, pas les autres, et ainsi de suite. S’ils ne les avaient déjà lus plusieurs fois, les gens pouvaient se rattraper avec les aventures complètes de Sherlock Holmes, les Fables de La Fontaine ou Vingt Mille Lieues sous les mers. Cela lui rappelait la Chine sous Mao, quand tout le corpus littéraire et philosophique se limitait peu ou prou à la production du XIXe siècle.

Du point de vue des éditeurs, il s’agissait simplement de produits d’appel pour vendre ensuite leurs nouveautés.
Pour les concepteurs de liseuses, cela n’avait aucune espèce d’utilité. Le temps que les acheteurs ouvrent leurs e-books, ne serait-ce que pour les feuilleter, et on aurait changé trois fois de tablettes et de normes de fichiers. L’important, ce n’était même pas qu’ils achètent des livres numériques récemment parus, mais qu’ils achètent encore et encore la possibilité de les acheter. Le même système que partout ailleurs, et qui fonctionnait à vide, comme le reste de l’économie. »

..si tu aimes Jules Verne

 » ingéniosité, astuce, logique pure : l’abbé Faria c’est à la fois Robinson Crusoé, Ulysse et le chevalier Dupin. Mais cette conjonction n’a rien à voir avec le hasard ; cet homme est une bibliothèque vivante, un lecteur qui doit à certains livres choisis d’être resté debout. (…) C’est cela le vrai trésor, la source de vie que l’abbé Faria va transmettre à Edmond Dantès, oralement, jour après jour, pendant des années.. ».

Lovecraft, Dumas, Melville, Stevenson etc…

si tu préfères Sherlock Holmes et ses références,

, »Un scytale, Holmes ! La méthode employée par les Spartiates pour envoyer des messages secrets. Les généraux qui devaient correspondre entre eux se munissaient d’un bâton strictement identique. Lorsque l’un deux voulait envoyer une lettre, il entourait le bâton d’un étroite bande de parchemin, puis écrivait son message dessus. Il déroulait ensuite la bande, rendant ainsi le texte illisible et la faisait parvenir à l’autre général. Pour la déchiffrer, celui-ci n’avait plus qu’à l’enrouler autour de son propre bâton. Enfantin mais efficace « !

mener l’enquête et l’Orient express,

« Miss Sherrington n’a été décrite jusqu’à présent que sous un angle peu propice à représenter les subtilités victoriennes de sa personnalité. » que tu as un brin d’humour,

et tu n’as pas peur de l’insolite,

« Choses qui font espérer la venue des extraterrestres.

Deux soeurs norvégiennes affirment avoir vu un homme étrange et son engin en forme de toupie »

« .Chose d’une fraîcheur déconcertante.
Chicago. Les jeunes voleurs tuent le poisson rouge pour ne pas laisser de témoin. » Ce n’était pas une balance, il ne les aurait jamais dénoncés » a déploré le couple victime du cambriolage. »

 

n’as pas peur d’être désarçonné dans ta routine de lecteur,

« Toute phrase écrite est un présage. Si les événements sont des répliques, des recompositions plus ou moins fidèles d’histoires déjà rêvées par d’autres, de quel livre oublié, de quel papyrus, de quelle tablette d’argile nos propres vies sont-elles le calque grimaçant ? « 

alors et seulement alors, ce livre est fait pour toi, mais je t’avertis, lecteur, il faut s’accrocher pour prendre le train à grande vitesse et ne pas rater le coche!!

M.G

 

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Street art et cinéma…

 

« La couleur donne de la force à tes images. Elle est un moyen de rendre plus vrai le réel. Mais pour peu que ce réel ne le soit pas tout à fait (réel), elle accuse son invraisemblance (son inexistance). »

R. Bresson – Notes sur le cinématographe – Gallimard 1975; réed. 1993; Folio n°2705 – Notes 1950-1958; p113.

« Le cinéma c’est un désir très fort de marier l’image au son. » David Lynch

M.G

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La vie épicée….Nathalie Roy.

Celui-ci ne me laissera pas un souvenir impérissable,

pur produit de chick lit,

mieux vaut prévenir,

La vie épicée de Charlotte Lavigne, tome 2 : Bulles de Champagne et sucre à la crème par Roy

4ème :

« Charlotte Lavigne est de retour! À 34 ans, elle est toujours recherchiste pour l’émission de télé Totalement Roxanne et, pour son plus grand bonheur, elle est fiancée à son beau Maximilien, qu’elle a l’intention de suivre à Paris. Pressée de planifier son mariage, Charlotte angoisse devant l’organisation de ce grand événement, qu’elle veut tout simplement parfait. Mais les choses ne se passeront pas comme elle l’avait imaginé. Une fois mariés, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants! Pas tout à fait. La nouvelle vie de Charlotte n’est pas un conte de fées, et elle devra mettre beaucoup d’eau dans son vin afin que son mariage tienne le coup. Réussira-t-elle?
Riche en rebondissements, le deuxième tome de La vie épicée de Charlotte Lavigne contient les mêmes bons ingrédients que le premier : amitié, amour, bouffe et mésaventures. Car même mariée et à Paris, Charlotte demeure une jeune femme charmante, rarement parfaite, et ô combien divertissante! »

Je n’ai pas accroché, le style certes léger, les personnages creux, superficiels, une histoire à dormir debout, le tout parsemé de coquilles et de fautes de syntaxe, ce qui, il faut bien le reconnaître n’a pas joué en sa faveur.

Si vous appréciez la série Harlequin, ruez-vous dessus, sinon oubliez !

Quand je pense qu’il y a cinq tomes du même acabit…je me dis, qu’il en faut pour tous les goûts,

mais qu’on ne m’y reprendra pas.

M.G

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Le dîner, Herman Koch.

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Jolie découverte…à lire en ayant en tête Benabar…

« Un rendez-vous dans un proche avenir est la porte de l’enfer, la soirée est l’enfer même. « 

sans compter la satire sociale, bravo!

Il fallait oser, choisir un cadre resserré,

« Je sais parfaitement que, dans les restaurants haut de gamme, on privilégie la qualité et non la quantité, mais il y a vide et vide. En l’occurrence, on avait été visiblement très loin dans l’exagération du vide, de la partie de l’assiette sans aucune nourriture. « 

le temps d’un dîner,

pour captiver le lecteur, et Herman Koch excelle…aucun doute, un ton badin, léger,

avant d’entrer dans le vif du sujet,

46 chapitres comme autant de hors d’oeuvres,

inauguré par « l’apéritif », » l’éntrée », etc pour se clôturer par « le pourboire » (sera-t-il généreux ?)

« Le ris d’agneau est mariné dans de l’huile de Sardaigne et agrémenté de roquette, a expliqué le gérant qui entre-temps était arrivé devant l’assiette de Claire et indiquait de son auriculaire deux minuscules morceaux de viande. Les tomates mûries au soleil viennent de Bulgarie. »
Ce qui frappait au premier regard dans l’assiette de Claire, c’était le vide incommensurable. »

« Cela arrive plus souvent qu’on ne le souhaite, dans ces restaurants prétendument haut de gamme, on perd le fil de la conversation à force d’être confronté à ces innombrables interruptions comme les explications bien trop détaillées sur le moindre pignon de pin dans son assiette, le débouchage interminable des bouteilles de vin et le remplissage opportun ou non de nos verres sans que personne n’ait rien demandé »

saignante la cuisson,

assurément…tout en procédant presque à un examen de conscience,

« Il s’est alors installé ce curieux silence que l’on n’entend que dans les restaurants : une soudaine conscience aiguë de la présence des autres, du brouhaha et du cliquetis des couverts sur les assiettes de la trentaine d’autre tables, une ou deux secondes de calme plat pendant lequel les bruits de fond deviennent des bruits de premier plan.«  une démarche pour le moins originale !

« Nous devons parler de nos enfants »

« Nous devons parler de nos enfants » (au coeur de l’intrigue, que s’est-il passé ?)

« J’ai regardé ma femme, Paul et moi… A quand remontait le temps où Claire et moi pensions encore que l’autre ne savait rien ? Une heure ? Cinquante minutes ? J’ai regardé la dame blanche intacte de Serge : comme avec les cercles annuels des arbres ou la « méthode du carbone 14 », on devait pouvoir déterminer techniquement l’écoulement du temps en fonction de la fonte d’une glace à la vanille. « 

« Je me demandais très sérieusement ce qui se passerait si je ne disais strictement rien. Si je me contentais de continuer à vivre, comme tout le monde. Je pensais au bonheur – aux couples heureux et aux yeux de mon fils.

« Nous avons partagé quelque chose ensemble. Quelque chose qui auparavant ne s’était pas produit. Nous n’avons certes pas partagés tous les trois la même chose, mais peut-être n’est-ce pas nécessaire. On n’a pas besoin de tout savoir sur les uns des autres. Les secrets ne sont pas un obstacle au bonheur. 

« Michel a regardé ma main comme s’il s’agissait d’un curieux insecte qui avait atterri sur son bras, puis il m’a regardé.
Nous étions à présent très près de quelque chose, me suis-je dit. Quelque chose à la suite de quoi il serait impossible de faire machine arrière. J’ai retiré ma main de son avant-bras. »

Publié en 2009, ce titre est couronné de succès et remporte le Prix du public du livre néerlandais, et s’inspire d’un fait réel.« Je veux dire, de qui parle-t-on à l’étranger quand il est question des Pays-Bas? De Rembrandt. De Vincent Van Gogh. De peintres. La seule personnalité historique néerlandaise qui s’est fait une renommée internationale, pour ainsi dire, c’est Anne Frank ». 

Et bonne nouvelle,

il est prochainement adapté…aperçu et mise en bouche, avec Richard Gere…A ne pas confondre avec l’autre adaptation du même nom « the Dinner », version de notre « Dîner de cons », qui fait elle, dans la comédie.

M.G

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Au lieu-dit Noir-Etang, Thomas H.Cook..

L’été est pour moi l’occasion de me délecter de polars et romans noirs,

celui-ci se distinguait tant il cumule:

« Le Noir-Étang n’en avait pas fini de nous livrer de noirs secrets. « 

Il a reçu le prix Edgar Award du Meilleur Roman Policier et le Prix du Meilleur Polar des Lecteurs de Points 2013..

sans compter la réputation de Cook qui n’est plus à faire….

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J’ai rapidement accompagné « Henry « dans son histoire,

dictée par des flashbacks en série qui font progresser l’histoire, « Au cours de toutes les années qui se sont écoulées depuis, j’ai connu mon lot de peurs, d’incertitudes et de peines, mais je ne crois pas les avoir jamais revues si entremêlées, la terreur si délicatement combinée à la douleur, la douleur si inséparablement liée à la détresse que, au final, l’impression donnée était celle d’être au comble de la peur, de l’angoisse et de la confusion. » les thèmes déployés sont : la relation père/fils,

« De tout ce qui incarnait la médiocrité et l’insensibilité dont je voulais me préserver, mon père remportait la palme. Quant à l' »existence honnête et droite » qu’il évoquait parfois, campé devant les garçons dans sa pose cicéronienne, elle me paraissait surtout être une vie menée sans énergie et sans imagination, qui méritait à peine d’être vécue et à laquelle la mort ne pouvait apporter qu’une douce délivrance ». les non-dits et silences, l’adolescence dans toute sa puissance, les pulsions, la province,« Durant les années qui ont suivi, j’ai considéré que l’affaire de Chatham School était (…/…) une chose qui avait fleuri brièvement, exhalé un parfum exquis puis, en un instant déchirant, tout réduit en cendres. » bref un bel hommage à la littérature des classiques anglais du XIXème..

4ème de couverture :

« Août 1926.
Chatham, Nouvelle-Angleterre, à quelques encablures du cap Cod: son église, son port de pêche et son école de garçons, fondée par Arthur Griswald, qui la dirige avec droiture et vertu. L’arrivée de la belle Mlle Channing, venue d’Afrique pour enseigner les arts plastiques à Chatham School, paraît anodine en soi, mais un an plus tard, dans cette petite ville paisible, il y aura eu plusieurs morts.
Henry, le fils adolescent de M Griswald, est vite fasciné par celle qui va lui enseigner le dessin et lui faire découvrir qu’il faut « vivre ses passions jusqu’au bout ».
Du coup, l’idéal de vie digne et conventionnelle que prône son père lui semble être un carcan. Henry assiste, complice muet et narrateur peu fiable, à la naissance d’un amour tragique entre Mlle Channing et M. Reed,  qui vit au bord du Noir-Etang .
Il voit en eux « deux figures romantiques, des versions modernes de Catherine et de Heathcliff « 

Mais, une question tourmentera le lecteur :

Que s’est-il réellement passé au Noir-Etang ce jour-là? « 

Extraits :

p.352 « Je repensai à la phrase que j’avais tant admirée dans le livre de M.Channing_______la vie ne vaut d’être vécue qu’au bord de la folie_______et tout à coup, il me sembla que de tous les mensonges éhontés et inconsidérés que j’avais entendus de ma vie,celui-ci était le plus scandaleux, le plus grave, le plus susceptible de nous mener destruction. »

Cook mène le récit en maître, bien rythmé, l’écriture est fluide,  l’atmosphère dépeinte avec brio,

« Il faut peut-être, une fois de temps en temps, faire une folie, (…).

Ne serait-ce que pour se prouver qu’on existe. « 

un accent tragico-romantique, que l’on pressent, mais qui ne peut qu’ émerger de l’idylle naissante au sein de la solennelle institution de « Chatham School. »

«  Une phrase me frappa à jamais : « La vie ne vaut d’être vécue qu’au bord de la folie ». Je me souviens qu’une exaltation farouche gonflait mon cœur à mesure que je lisais et relisais cette phrase dans ma chambre, et qu’il me semblait qu’elle illuminait tout ce que j’avais ressenti jusqu’alors. Aujourd’hui encore, je suis frappé de constater que nulles ténèbres n’avaient jamais surgi d’une flamme aussi vive. »

« La convoitise est le propre de l’homme et la loyauté le baume dont il use pour apaiser ses frustrations. »

M.G

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Le parfum, Patrick Suskind.

Comme si…

« A dater de ce jour, en revanche, il lui semblait savoir enfin qui il était vraiment : en l’occurrence, rien de moins qu’un génie ; et que sa vie avait un sens et un but et une fin et une mission transcendante : celle, en l’occurrence, de révolutionner l’univers des odeurs, pas moins ; et qu’il était le seul au monde à disposer de tous les moyens que cela exigeait : à savoir son nez extraordinairement subtil, sa mémoire phénoménale et, plus important que tout, le parfum pénétrant de cette jeune fille de la rue des Marais, qui contenait comme une formule magique tout ce qui fait une belle et grande odeur, tout ce qui fait un parfum : délicatesse, puissance, durée, diversité, et une beauté irrésistible, effrayante. »

Il passait inaperçu,

une transparence des yeux,

mais une acuité,

un Nez qui hume, qui aspire, encore et encore, et se nourrit d’un appétit féroce et insatiable » Son nez le conduisit ainsi dans des contées de plus en plus reculées, l’éloignant de plus en plus des hommes et le tirant de plus en plus puissamment vers le rôle magnétique de la plus grande solitude possible »p.147, pour capturer l’essence ultime, celle qui ravage le coeur des hommes…Grenouille , le parfumeur, Grenouille le tueur…raconté sur un petit air Voltairien

« Il y a une évidence du parfum qui est plus convaincante que les mots, que l’apparence visuelle, que le sentiment et que la volonté. L’évidence du parfum possède une conviction irrésistible, elle pénètre en nous comme  dans nos poumons l’air que nous respirons, elle nous emplit, nous remplit complètement, il n’y a pas moyen de se défendre contre elle.p 105

« Le théâtre de ses débordements (comment aurait-il pu en être autrement?), c’était cet empire intérieur où, depuis sa naissance ,il avait gravé les contours de toutes les odeurs qu’il avait jamais rencontrées.p.153″

Collectionneur d’odeurs,un original,

obsession de toujours, retrouver la flagrance parfaite, celle qui bouleverse, un savant équilibre et dosage,

jeu de petit chimiste,

…au grand écran, ça donne…

 

https://i0.wp.com/fr.web.img6.acsta.net/medias/nmedia/18/36/23/59/18653460.jpg

B.A :

« 

M.G

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Au fond de l’eau,Paula Hawkins..

 

Le cadre :

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Le bassin des noyées,

la rivière qui se rappelle à  elles..toutes ces femmes, maudites, ces secrets, ces sorcières…2ème polar après La fille du train, la trame narrative reste la même,

le lecteur avide jongle et récupère les bribes, toujours ces voix obsédantes qui racontent,

le lecteur avance à pas de loup, à la manière du détective qui assemble les différentes pièces du puzzle et qui pressent l’inéluctable..efficace donc… avec Jules pour Julia, Helen,Sean, Erin, Patrick….

« C’était comme s’il trouvait en eaux profondes et qu’il fallait qu’il attrape quelque chose, n’importe quoi, pour ne pas se noyer. Comme s’il avait tenté d’atteindre une bouée de sauvetage et que, se rendant compte qu’il ne s’agissait que d’un bouquet d’algues, il s’y était quand même agrippé. »p.168.

Un goût certain pour les conspirations,

et pourtant une petite voix murmure… »C’est un démon…p.250,

bref, il tient sa promesse, un bon moment de lecture, mais de là à dire que « c’est addictif, et bien écrit à vous rendre paranoïaque »Le coeur de Louise n’était plus qu’un morceau de bois, il ne battait plus, il ne lui faisait plus de mal, écorchant sa chair, lacérant ses veines et ses muscles, emplissant sa poitrine de sang.p145 » pour les amateurs de polars…encore faut-il savoir nager en eau troubles... »Ce que je voudrais retrouver m’échappe, et ce que j’essaie tant d’oublier me revient sans cesse. »

M.G

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Littérature américaine…La belle vie, Jay McInerney.

Avertissement aux lecteurs / suiveurs,

les articles tournent actuellement au ralenti,

que voulez-vous, il faut bien suivre le rythme, celui-ci étant in vacancy,

plus nonchalant,

pour autant,

dans la valise, ou plutôt dans le sac bowling, de quoi tasser / lester la serviette de plage…

Première rencontre avec Jay McInerney, et épisode de la saga de la famille Calloway (que l’on peut lire indépendamment), qui oscille entre train-train quotidien dans son loft à Manhattan et ondes sismiques, chocs et revers de l’après 11 septembre …Corrine et Russel incarnent le couple idéal, version urbain chic, gratin mondain,

P.212″ Tu as peur? Demanda-t-elle/ Bien sur/ de quoi, de mourir ?/ pas tant de mourir, que de mourir avant d’avoir compris le but de mon existence. Avant d’avoir accompli quelque chose./ je suis sur que tu as déjà accompli des tas de choses/ j’ai facilité les flux de capitaux d’un bout à l’autre du globe comme une abeille insouciante qui transporte sa part de pollen… j’ai décidé qu’il devait y avoir autre chose de plus crucial que je pouvais faire… Je ne m’imagine pas, après tout ça, retourner au bureau tous les jours. Mais je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais faire à la place. J’ai pensé à Guillermo, je me suis demandé ce qu’il aurait fait s’il avait su qu’il lui restait si peu de temps. Qu’est-ce qu’il a laissé derrière lui ? Quelques amis et un superbe loft« .

aux abords de la quarantaine le rêve américain dans toute sa splendeur, ils mènent leur barque, c’est la belle vie, scénariséedans la représentation,

P.237″ On est tous en train de réévaluer nos vies. Tout le monde se demande ce qui compte vraiment./ A notre age, les nouveaux départs sont plus difficiles à prendre. Les choses s’accumulent. Ce n’est pas parce qu’on a subi une attaque que toutes les ardoises sont effacées. Je ne peux pas oublier tout ce qui n’allait pas entre nous ces derniers temps sous prétexte qu’on a peur de l’avenir. »

mais cette belle vie ne risque-t-elle de sombrer/voler en éclats devant les événements ?

P. 167″ l’humeur globale était au repli discipliné, la crise générale semblait, pour le moment, avoir instillé un sentiment d’identité et de projets communs dans les pulsions anarchiques de la courtoisie ordinaire. L’intimité renforcée des corps en sueur était étrangement réconfortante… l’héritage serait-il celui-ci : des accouplements de temps de guerre, des rapprochements soudains, des fornications frénétiques dans les cages d’escalier et des placards à balais ?… « 

« Il lui fallait bien admettre que durant plusieurs années, il avait été fier de pouvoir financer cette version de la belle vie.p.120 »

Une écriture fluide, découpe au scalpel

un épisode doux-amer teinté de sentimentalisme et de romance, ce qui n’est pas pour me déplaire, portraitiste d’une satire sociale et d’une autre réalité,

face aux chocs, le désarroi,

les doutes, la conscience et le devoir de mémoire collective, le temps de,

le temps d’y croire,

« P.247 s’il arrivait quoi que ce soit, il n’avait pas envie d’être séparé d’elle, de se retrouver chacun à un bout de la ville, l’un d’eux piégé dans un immeuble ou dans une rame de métro emplie de gaz ou d’armes chimiques. « 

un peu…plutôt que la belle vie, les versions, les regards sur la belle vie peut-être…

Image associée

Extraits choisis, sélection :

« A une heure et demie, les touristes et les dîneurs avaient depuis longtemps disparu, remplacés par les oiseaux de nuit… »p.87

La madeleine proustienne version américaine « Le pouvoir mnémonique d’un simple sandwich.Une bouchée suffisait à le transporter au coeur d’un pique-nique avec sa mère_une journée passée à cheval, l’odeur de crottin et d’herbe coupée, la joie simple de l’avoir toute à lui la journée.Encrypté dans le même sandwich se trouvait la saveur intacte d’un danger imminent éprouvée en primaire, lorsque Chuck Johnson, qui, parce qu’il avait redoublé, était aussi grand qu’un adolescent, était allé attendre Luke sur le terrain de tetherball, alors que ce dernier mastiquait lentement à la cantine.p.151 »

« L’âge mûr et la paternité avaient depuis longtemps érodé son sentiment d’invulnérabilité.p172 »

« Elle a de la fumée dans les yeux tout le temps. Elle pensa alors à cette vieille chanson « Smoke Gets in Yours Eyes, qu’ils mettaient sans arrêt, la version de Bryan Ferry…p.278

Corrine « …mais aussi parce que cette maison et le paysage sévère et balayé par les vents de cette petite île disaient quelque chose de ses goûts, de son héritage et de sa vision de la belle vie »p.320

« – Les livres sont les objets les plus merveilleux qui soient, tu ne trouves pas?
Il eut l’air surpris, se rendit-elle compte, de la banalité de cette réflexion.
– Je veux dire, parce que ce sont des objets informes, ils ont une existence physique, comme nous. Mais chaque livre est l’actualisation d’une forme platonicienne – l’idéal, la création d’un auteur, qui existe indépendamment de l’objet réel. Et ils sont là, posés sur l’étagère: comme si l’idéal restait latent jusqu’à ce qu’on s’empare du volume pour se connecter à l’esprit d’un homme ou d’une femme qui parfois est mort depuis longtemps. Et, dans le cas des romans, avec un monde qui n’a en fait jamais existé. »p.328
Me reste alors à retrouver les autres épisodes, une jolie découverte donc…
M.G
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Boris après l’amour, Yann Quéffelec.

Première rencontre avec Quéfellec,

  si déconcertant et ________audacieux,

une jolie plume, mais pas certaine que cette histoire soit sa meilleure, du moins pour connaître son univers.

Assez particulier…Résultat de recherche d'images pour "boris après l'amour"

Mic-mac et héritage familial en fond, qui font ressortir toutes les petites noirceurs et bassesses des uns et des autres,

du pourri, de l’infect,

du médecin pédophile,

du banquier véreux,

de la journaliste imbuvable, etc…que de portraits en pointillé, sous une plume particulièrement affûtée, des respectables cols blancs qui forment l’illustre famille Dorval et dont les petits secrets éclosent indécemment.

Pour s’emparer des secrets, encore faut-il veiller à démêler les histoires imbriquées les unes dans les autres, façon mille-feuille tortueux,

« Et là-haut, la lucarne avec le rayon de lune en travers du carreau, c’était la chambre de bonneoù ils gardaient les affaires à donner, le repaire de Jack l’Eventreur, mais aussi d’Elodie la rieuse »

ami lecteur, fou,

« Je tournai la page, et, bien qu’à moitié ivre, me laissai absorber par une histoire où l’on m’attendait depuis un paquet d’années, une sorte de rendez-vous avec moi-même, dans un autre temps. » 

accroche-toi pour suivre, c’est un vrai défi ! Je serai d’ailleurs curieuse d’avoir d’autres avis…

4 ème :

« De ce jour, la vie de Richard Dorval se chargea d’un secret dont il ne put jamais se dépêtrer. Il avait culbuté sa soeur, ce qui n’était pas bien. Il avait aimé la culbuter, ce qui n’était pas bien. Dans le vol Paris-Saigon il s’était promis de recommencer à la première occasion, , ce qui n’était pas bien. Une veuve fidèle et pieuse, la mère irréprochable de trois enfants, roulée à trente-six ans comme à dix-huit, pas bien du tout. Ce triple mea culpa se compliqua d’un châtiment naturel quand Albane, enceinte, paniquée, trouva normal de venir là-bas, chez les Moïs, accoucher d’un enfant qu’elle ne voulait ni voir ni jamais se rappeler. Boris, conçu dans une salle de bains versaillaise entre une pelle de plastique rose et une serpillière. Boris, fils d’Albane et de Richard qui s’entendaient comme les doigts de la main. Un peu de champagne, un peu d’eau sur une robe à plumetis un peu sage, et les doigts deviennent fous. Cette grosse blague entre frère et soeur, Boris l’avait prise au sérieux, il avait fait tous les paliers, il était né. »
Versailles, 1968. Boris , sitôt né, sitôt chassé.
Trémazan, 2002. Les Dorval ont toujours belle âme et grande allure. Devenu un vieillard mélancolique, Richard a des idées fixes : retrouver son fils disparu, se débarrasser de sa fortune colossale et porter un dernier coup à la sainte famille, repaire de la filouterie en col blanc. Sa donation entre vifs a de quoi déconcerter le plus rusé de ses héritiers. A l’heure des testaments le maître mot c’est compter, et l’enfant illégitime – un manque à gagner. Les couteaux sont tirés, rien ne va plus. Sur ce, Boris tombe amoureux… »

M.G

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Absolument dé-bor-dée, Zoé Shepard.

Absolument dé-bor-dée ! par ShepardJe suis de ceux ou celles qui apprécient l’humour,

mais plutôt comme un gourmet,

le second degré et le cynisme à souhait,

encore que j’ai pu constater qu’à ce sujet je suis, en général en total décalage ( dans les salles obscures, je ris souvent après ou avant les autres, le sens de l’humour n’est pas le sens le mieux partagé du monde, et, heureusement, il se décline sous différentes facettes, disons que je ne suis pas toujours réceptive, tout est relatif..).

Je m’explique, je suis allergique à l’humour gras, grossier,  je préfère l’humour noir, pince-sans-rire, les sarcasmes, les différents types de comiques, l’ironie et l’absurde, évidemment,

et il me semble,

qu’il est bien plus savoureux en pincées,

parsemé, distribué avec parcimonie pour relever, piquer,

or, ici, je l’ai trouvé…lourd, indigeste,

j’avais hâte d’en finir, d’abréger, et jusqu’au bout, indulgente, j’ai pensé à un retournement de situation, un semblant d’humilité et d’humanité…

L’idée était plutôt bonne, et pourquoi pas après tout, mais cela ressemble davantage à un procès et à un règlement de compte personnel, le fait d’affubler les personnages de noms comme » l’intrigante » ou » Coconne » et de passer 307 pages à dénigrer les autres qui semblent d’une incompétence telle! Je suis certainement un peu naïve,  et idéaliste, certes, certains services sont parasités par des « boulets » disons le franchement, de l’hypocrisie environnante, mais j’ai trouvé ce pamphlet blessant plus qu’amusant, les caricatures sauvages et impitoyables dont seule l’héroïne semble_____ miraculeusement exemptée,  nichée entre un égocentrisme hors norme et une condescendance mortelle,  et ça se cumule outrageusement,

pléthores de stéréotypes,

or,

je pense que la distanciation, le recul a minima, est  une des conditions nécessaires au rire, ce dont l’héroïne semble…a priori… dépourvue. De l’acerbe oui, mais de la mesure, l’aurait rendu à mon avis bien plus efficace !

J’ai eu l’impression d’un compte-rendu déblatéré, tableau brossé de tout ce qui avait été rédhibitoire, désespérant, et de pire dans l’administration…comme à mon avis partout, d’ailleurs…Un genre de lynchage en règle qui m’a plus dépité, à force, que fait rire…

C’est assez rare que je sois si sévère, je me rends compte que c’est le ton qui ne m’a pas plu, déçue, bien plus que le thème abordé.

Pour autant, peut-être serez-vous plus réceptif et indulgent,à l’aune de ces quelques passages :

« Le cabinet d’une collectivité locale est malheureusement trop souvent à l’intelligence et à l’efficacité ce que les prisons afghanes sont aux droits de l’homme »,

l’héroïne si modeste et si critique, parfaite !

« Je ravale ma réplique assassine. On ne tire pas sur une ambulance. Surtout si ladite ambulance à les deux pneus crevés, plus d’essence et que trois mecs sont en train de se vider de leur sang à l’arrière. »

Le syndrome de la « réunionnite » (ça c’est un peu plus drôle..)

 « La réunion de service débutant à onze heures tapantes, le service commence à se mouvoir péniblement vers la salle de réunion vers onze heures dix.

Coconne se précipite dehors pour fumer une dernière cigarette, afin de « décompresser », explique-telle.

Sachant qu’elle a passé la matinée à patrouiller entre la machine à café, la photocopieuse et, logiquement, les toilettes du service, on est en droit de se demander en quoi elle a besoin de décompresser. »

« Les réunions sont l’occupation favorite des fonctionnaires territoriaux, juste devant les Comités de Pilotage et les Groupes de Travail (ne pas oublier les majuscules, qui renforcent l’importance de ces obscurs groupuscules à l’utilité non encore démontrée). Si la réunion se passe vraiment bien, s’ils réussissent à la faire traîner suffisamment longtemps, alors ils pourront s’octroyer le plaisir d’en fixer une deuxième le lendemain afin de « finaliser » ce qui aurait dû être décidé lors de la première. Avec un peu de chance, ils feront alors le compte-rendu et l’analyse du retard pris lors de la première réunion durant la troisième, la quatrième ou, si vraiment ils vont au fond des choses, durant la cinquième. »

M.G

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Hommage kingien Marche ou crève/Ecriture/Ré-écriture…100 ème !

 Rappel : je disais précédemment : le 100 ème ( billet ) : Il pourrait être associé aux lectures…ce serait dommage…donc il sera d’écriture….mais en stand-by…en attente….

Puis,

récemment une évidence, ce ne pouvait être qu’un hommage pour cet auteur que j’admire,

pour ce faire, j’ai choisi parmi la cinquantaine de titres que je garde précieusement, et Marche ou crève c’est une de ses premières publications, mais que peu connaissent, l’occasion était donc trop belle, alors…

à vos marques,

prêts,

partez!

 

C’est marche ou crève…

Marche ou crève..marche ou crève,

un leitmotiv que je m’assène, en boucle, comme pour me convaincre de cette atroce réalité, comme si cela procédait d’un véritable choix..marche ou crève…et non

marche et ___ crève.

C’est bien là, toute la difficulté…

Un pied devant l’autre, varier le rythme, hâter le pas, une justesse dans les gestes, de l’économie et une certaine souplesse pour éloigner, repousser la crampe de t’assaillir, en traître…L’ennemie jurée…

Penser au ravitaillement, au prochain stand,

tenir, tenir, tenir..

La bouche pâteuse, sèche, se fronce, douloureusement,

je visualise ce filet d’eau, bénite, qui coule langoureusement dans la gorge, si serrée, asséchée, rendue si nerveuse par les efforts…J’en salive d’avance.

Forcer la cadence,

sans trépigner,

le compte à rebours est lancé, tourne, fatidique et si inexorable. Je dois impérativement atteindre le stand, avant le signal. Il faut allonger la foulée, presque courir, à perdre haleine, bordé, l’essoufflement de toute parts, et s’il n’y avait que ça, comme préoccupation, mais il faut veiller ardemment à ne pas laisser distraire,

suivre les lignes,

tenir le couloir,

ne pas céder aux clameurs du public, qui acclament ses champions tout en décimant les autres,

rester, sans trépasser.

Je suis un OUTSIDER, personne n’aurait misé un kopeck sur moi,

mais je suis toujours là,

mon physique ingrat et malingre ne plaidait pas en ma faveur, il faut bien l’avouer.

Je reste pourtant planté dans le décor, fin résistant.

Ne pas céder aux appels du public, parce que…parce que…,

ne pas y penser,

parce que parce que…ne pas prendre son ticket, au-delà de ce ticket…votre limite…n’est plus valable…

si tu déroges aux règles,

si tu dévies, alors tu écopes d’un avertissement, d’un 2ème, puis…c’est fini, ce sont les coups de fusils qui prennent le relais, sans sommation, eux n’ont aucune pitié, ils frappent la cible et ne la manquent jamais,

Rester concentré, peu importe si la douleur commence à venir, elle monte, te morcelle et s’élance, vive, coriace, les membres gourds…

focalise-toi, évince la,

elle n’existe pas,

le psychologique peut prendre le dessus pour atténuer, camoufler la douleur…ça c’est un idéal, je prêche un convaincu là…

Ralentir le rythme et contenir le souffle, gardez le contrôle…et ce bruit,  je le hais,  ce bruit sourd _____de ceux qui tombent, s’écroulent et échouent,

je parviens presque à l’occulter,

j’oublie presque,

mais ce que je redoute le plus, ce sont les visages, ceux de la foule, ceux qui devinent…

Ils sont terribles, ces regards,

ils ravagent… plus que les décharges…

M.G

 

Résultat de recherche d'images pour "marche ou crève"

Morceaux choisis:

« Le retrait total de tout et tous ceux qui les environnaient. De tout sauf de la route. Ils étaient hypnotisés par la route par la route, comme si la corde raide sur laquelle ils devaient marcher, au-dessus d’un abîme sans fond, p110. »

« Il m’a fallu du temps pour comprendre, mais c’est allé plus vite une fois que j’ai eu surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c’est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n’est pas une question de force physique, et c’est là que je me suis trompé en m’engageant. Si c’était ça, nous aurions tous une bonne chance. Mais il y a des hommes faibles capables de soulever des voitures si leur femme est clouée dessous. La tête, Garraty, le cerveau… Ce n’est pas l’homme ou Dieu, c’est quelque chose… dans le cerveau.  »

« La foule reprit sa litanie. Garraty écouta son nom jusqu’à ce qu’il se réduise à un amalgame de syllabes sans signification, sans rapport avec lui. »

« Peu après la symphonie aqueuse de l’aube commença. Le dernier jour de la Marche se leva, trempé et couvert.p.327 »

Marche ou crève, originellement « The Long Walk », paraît en 1979, alors que King est encore étudiant, en première année, sous le pseudonyme de Richard Bachman.

Ce roman d’anticipation dystopique, suit le rythme haletant de la course, cette épreuve impitoyable, annuelle, attraction populaire dans un contexte où l’Amérique ressemble davantage à une dictature militaire, est régi par des règles simples et terrifiantes : ils sont cent adolescents au départ et marchent, sans interruption, en cadence, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un, genre… d’Highlander.

Au bout de trois avertissements, ils reçoivent leur ticket, et sont tout simplement radiés…

Etonnant comme King parvient à faire de cette Marche un événement passionnant,un marathon morbide, critique acerbe d’un élitisme et d’un individualisme poussé à l’extrême, avec une atmosphère légère qui progressivement se charge de ténèbres ; le lecteur s’attachant désespérément à Garraty, et espérant qu’il s’en sorte.

King parvient déjà avec brio à décrire cet instant où le psychologique sombre, des souffrances physiques aux frontières de la folie,

où l’esprit tente de s’accrocher et de ne pas dérailler,

glaçant,

entre Rêves et cauchemars, comme une Danse macabre, dont on ne saurait sortir indemne.

N.B : Une adaptation cinématographique est envisagée pour bientôt, par Frank Darabont, adaptateur officiel de King, scénariste et réalisateur de La ligne Verte et des Evadés, c’est donc particulièrement prometteur, à suivre donc…

M.G

 

 

 

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Poésie… Il est… »Temps »

Sélection de poèmes / du moment :

Parcours

 

De la main lisse à la main fripée
une vie s’est écoulée
De l’insouciance à la peur
de la chasse aux papillons
à celle de nos démons intérieurs
le piège s’est refermé
Dans la nuit de nos erreurs
s’élève un cri :
personne ne l’entend
même si
tout est silencieux
C’est cela être vieux

Kamal Zerdoumi.

 

 

L’écho de nos silences

 

On s’enverra des cœurs
A remplir nos solitudes
Et des tulipes de couleurs
Comme on n’a plus l’habitude

On se réchauffera l’âme
Depuis longtemps délaissée
On s’attribuera des Palmes
Pour chacune de nos qualités

Dans le désert bleu ciel
Nos sourires en souffrances
Combleront de plus belle
L’écho de nos silences

Thomas Chaline, 2016

 

 

Avant

Vieillir
Se lever un matin
Sans penser aux tristesses
qu’on aime presque bien,
Avant

Marcher
Et ne plus voir la mer
sans devenir les autres
car on ne rêve plus,
Avant

Sombrer
Dans le creu de l’oubli
aux milles éclaboussures
qu’on voit plus que soi-même,
Avant

Porter
Milles rocs luminescents
et invisibles aux Dieux
qui ne sont pas les mêmes,
Avant

Partir
Comme partent les fées
dans ces contes maudits
qui ne se lisent plus,
Avant

Avant,
Etait le vent
Etait la peine
Etait le temps
Et maintenant
Voilà

l’Après

Winston Perez, 2017

M.G

 
 
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Poétiquement vôtre…

Temp.O
Le temps s’égraine,Image associéeindéfiniment s’écoule,

distend difforme,

_____patient, roucoule indécemment…

Le temps s’enfuit, fugace

____laisse la trace, leste l’espace…

Le temps s’enlace, s’efface et brasse,

____de temps en_____ temps.

 

M.G

 

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Simone Veil, hommage.

A la Dame, Résultat de recherche d'images

pour hommage,

un florilège :

« L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité… C’est en somme le sujet de l’histoire du Graal. Seul un être prédestiné a la capacité de demander à un autre : quel est ton tourment ? Et il ne l’a pas en entrant dans la vie. Il lui faut passer par des années de nuit obscure. »

(lettre au poète Joë Bousquet, 1942)

« Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments de l’avenir. » L’Enracinement

« Autrui. Percevoir chaque être humain (image de soi-même) comme une prison où habite un prisonnier, avec tout l’univers autour ». La pesanteur et la grâce.

« Il ne suffit plus de vouloir leur éviter des souffrances, il faudrait vouloir leur joie.« Conditions premières d’un travail non servile.

« Je voyais le critérium des actions imposées par la vocation dans une impulsion essentiellement et manifestement différente de celles qui procèdent de la sensibilité ou de la raison, et ne pas suivre une telle impulsion, quand elle surgissait, même si elle ordonnait des impossibilités, ne paraissait le plus grand des malheurs. C’est ainsi que je concevais l’obéissance, et j’ai mis cette conception à l’épreuve quand je suis entrée et demeurée en usine, alors que je me trouvais dans cet état de douleur intense et ininterrompue que je vous ai récemment avoué. La plus belle vie possible m’a toujours paru être celle où tout est déterminé soit par la contrainte des circonstances, soit par de telles impulsions, et où il n’y a jamais place pour aucun choix. » Le ravissement de la raison.

M.G

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Focus, actu patrimoine / Yves Montand ?

Actu locale,

6 et 7 juillet 2017,

Image associée
Tour de France In The Early 1930s (10)

version Troyes, dès demain, plus d’infos sur ce lien…

http://letouratroyes.fr/le-tour-2017/,

A bicyclette…

M.G

 

 

 

 

 

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I.N.R.I, série bd, Didier Convard.

En pays  champenois, à la croisée des chemins,

Résultat de recherche d'images pour "Musée Hugues de Payns, Voie Riot, Payns"
Le château d’eau de Payns
Peint par l’artiste Michèle Caillaud-Houel

il ne serait pas de bon aloi d’omettre cette jolie série…suite logique du Triangle Secret

Coloration rouge carmin,

historico-fantastique,

ésotérique, médiévale, scénario de Didier Convard, dessins de Denis Falque, Pierre Wachs, Paul,

aux allures de Da Vinci Code…

 

 

Le triangle Secret - I.N.R.I -1- Le Suaire

Le triangle Secret - I.N.R.I -2- La liste rouge

Le triangle Secret - I.N.R.I -3- Le Tombeau d'Orient

Le triangle Secret - I.N.R.I -4- Résurrection

4 ème, album tome 1:

« À leur retour de Jérusalem, en 1104, cinq chevaliers champenois portaient chacun une bague identique, un anneau surmonté d’un rubis. Parmi eux il y avait Hugues de Payns qui fondera plus tard l’ordre des Templiers. Ces cinq voyageurs revenaient de leur pèlerinage, marqués d’une malédiction qui allait traverser les siècles. Une malédiction qui devait frapper le cardinal Montespa le jour où il monterait sur le trône de Saint-Pierre. Éternel, l’anathème lancé contre les imposteurs de l’Histoire, ne s’effacerait qu’après l’achèvement d’une implacable vengeance occulte.
Ce récit en quatre volumes nous plonge dans les origines du Triangle Secret, nous entraînant à Jérusalem, dans le tombeau de Thomas, le frère jumeau du Christ. C’est là, dans les profondeurs de la terre, que dort le plus improbable des mystères… Ceux qui s’en empareront et en décrypteront l’énigme détiendront le pouvoir de vaincre la mort. Le combat que se livrent l’église et les héritiers du Messie prend réellement naissance lorsque Hugues de Payns et ses quatre compagnons enchâssent dans la pierre rouge de leurs bagues cinq fragments du suaire de Thomas… Des reliques qui peuvent faire vaciller les propres lois de la Nature. 

L’intrigue est lancée dans le sang, par le biais du tueur à la hache, et d’une fanatique collection de bagues, qui devra permettre de percer le secret bien gardé des rivalités de la Loge Première et de la Papauté, irruption d’Hugues de Payns et de l’ordre des Templiers , du Comte de Champagne, au coeur de la forêt d’Orient...

cf: Patrimoine, les Templiers…

Comme de coutume, une planche :

 

Résultat de recherche d'images pour "inri bd  planche"

M.G

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Demain j’arrête, Gilles Legardinier.

« Demain, j’arrête ! »

ça sonne comme une bonne résolution,

dont on pressent déjà qu’elle sera difficile à tenir,

une couverture  rose flashy, girly,  un chat coiffé d’un bonnet péruvien, mais kézako????Demain j'arrête ! par Legardinier

Feel good assumé,

« Julie » en fait des trucs idiots,

« C’est marrant de dire qu’une boulangerie est un gagne-pain »... Eh oui…tellement d’ailleurs de choses idiotes et insensées, que si________ elle devait établir une hiérarchie, un tiercé gagnant,

elle peinerait à l’établir,

et pourtant, c’est à une question somme toute anodine qu’elle tente de répondre…

Accumulations de boulettes,

gags en séries,

humour à gogo, « Le groupe de coureuses commence à nous distancer. Sans même nous en rendre compte, Sophie et moi ralentissons. Ralentir est un euphémisme. Là,on pourrait à peine doubler une palourde à marée basse .p.128″ bref, c’est plaisant, léger, « A ton deuxième naufrage, n’accuse pas la mer »,

ça se lit d’une traite, c’est drôle,«  C’est quand même dingue les mecs. Ils montrent plus facilement leurs fesses que leur coeur ». »

Quel scoop ! Un mec qui déteste être malade ! Si on en trouve un qui accepte de se soigner sans faire d’histoires, sans mimer une agonie digne d’un torturé sous l’Inquisition, ça vaudra le coup de faire un documentaire« 

et finalement, une évidence « « Ce matin-là,  j’ai découvert une des sept vérités fondamentales qui commandent l’univers: le bonnet péruvien ne va à personne ……Je ne sais pas si c’est la forme, la matière ou la couleur mais franchement, je comprends que ça énerve les lamas et qu’ils crachent sur des innocents »

et « Patratras, »,

la rencontre avec « le » mais oui » le voisin », « Si j’aimais les jeux de mots faciles, j’aurais pu dire  »patatras », mais c’était plutôt  »badaboum ». Je me suis retrouvée nue sur le sol, étalée de tout mon long et traversée de douleurs indicibles. Quelle abrutie ! Je n’avais jamais vu ce type déjà, il me faisait faire un truc stupide. C’était la première fois. Ce n’était ni la dernière, ni la pire. »

et là,

Julie,

elle déconne à plein tube

« Il faut tout espérer, au risque d’être déçu. Il faut tout éprouver au risque d’être blessé, tout donner au risque d’être volé. Ce qui vaut la peine d’être vécu vous met forcément en danger.

parce que « Je suis comme une droguée mais je n’ai pas envie de décrocher.p101 tant qu’à faire  Julie, autant être maso!!!!

 » Je peux vous décrire tout ce que j’ai vu jusqu’au plus infime détail. Il y aurait un championnat du monde des sept erreurs sur son appart je serai certaine de gagner. A vous, je peux confier que ce matin, en le regardant courir, je l’ai entièrement cartographié.p.99,

pour finalement se dire :

« A bientôt! A-t-il lancé avec son joli sourire.
A bientôt : Quelle expression détestable. Pour moi qui panique a l idée de perdre les gens, ces simples mots sont une horreur. Ils signifient que l’on ne sait pas quand on se reverra.On accepte que le hasard décide. C’est insupportable. p.89 « 

De la fraîcheur, et une dédicace de Legardinier aux femmes…aux gourdes, aux gentilles, aux navrantes, aux délicieuses, aux malicieuses, aux discrètes…à toutes les folles qui jubilent et qui savent aussi rire d’elles-même…M.G

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Malavita, …Tonino Benacquista.

Questa è la storia della famiglia…ma non una famiglia normale :

Image associée

« Giovanni Manzoni prônait l’art de l’éloquence à coups de barre à mine, et les joies de la dialectique se traduisaient en général par une recherche d’arguments sophistiqués allant du chalumeau à la perceuse.p.153 »

« Les coudes posés de part et d’autre de sa Brother 900, le menton sur ses doigts croisés, Fred s’interrogeait sur les mystère du point-virgule. le point, il savait, la virgule, il savait, mais le point-virgule ? Comment une phrase pouvait-elle à la fois se terminer et se poursuivre ? Quelque chose bloquait mentalement, la représentation d’une fin continue, ou d’une continuité qui s’interrompt, ou l’inverse, ou quelque chose entre les deux, allez savoir. Qu’est-ce qui, dans la vie, pouvait correspondre à ce schéma ? Une sourde angoisse de la mort mêlée à la tentation métaphysique ? Quoi d’autre ? »

« Pourquoi fallait-il, tant d’année après, qu’il trouve la force de s’enfermer jusqu’à huit heures d’affilée face à une machine à écrire pourrie ? Pour pousser le principe même de la confession à son point le plus cynique ? Pour revivre ses faits d’armes et immortaliser ses titres de gloire ? C’était comme éprouver la nostalgie du péché. Il trempait sa plume dans toute la noirceur de son âme et cette encre-là ne sécherait jamais. »

Pas étonnant queLuc Besson s’en soit emparé de cette histoire d’intégrité, de filiation, une comédie mafieuse dont on se régale, pas de temps à perdre..

Dans la famille,

j’appelle le fils : » A la proposition d’Archimède « Donnez-moi un point fixe et un levier et je soulève le monde », il préférait la variante mise au point par ses ancêtres, « Donnez-moi du backchich et un colt, et je règne sur l’humanité ». 

le père :« Qui saura jamais à quoi tient l autorité? Lui même n en avait aucune idée, un mélange de magnétisme et d’agressivité rentrée, le tout passant par le regard, une curieuse immobilité de tout le corps, et le potentiel de violence ressortait sans qu’il ait jamais besoin de se déclarer.p.238 

la mère : »_ Ne te fous pas de moi, Giovanni.
Elle ne l’appelait par son vrai prénom que dans les situations extrêmes, très tendres ou très tendues. Il allait devoir avouer ce qu’il fabriquait dans la véranda dès 10 heures du matin, penché sur une vieillerie en bakélite, et rendre compte au siens de cette urgence de travail qui lui donnait une énergie rare et le plongeait dans un délicieux désarroi.
– Prends les voisins pour des cons si le cœur t’en dit, mais épargne-nous, tes gosses et moi.
– Puisque je te dis que j’ÉCRIS, nom de Dieu !
– Tu sais à peine lire ! Tu serais incapable d’écrire la moindre phrase que tu prononces ! C’est le voisin du 5 qui m’a appris que tu nous pondais un truc sur le Débarquement ! J’ai dû acquiescer, là, comme une idiote… Le Débarquement ? Tu ne sais pas qui était Eisenhower ! « 

la fille : « C’est là que désormais elle allait dormir, réviser ses cours, travailler sa gestuelle et sa démarche, bouder, rêver, rire, et parfois pleurer – sa journée type depuis l’adolescence. « Belle faisait partie de ceux qui marchent le nez en l’air et le pas léger, curieux de toutes les surprises du paysage, persuadés que l’horizon sera toujours plus beau que le trottoir. Tout son personnage s’exprimait dans un détail comme celui-là, cette façon d’aller de l’avant, confiante en elle-même et dans les autres. A l’opposé de son frère, qui restait à jamais habité par son enfance et ses blessures, elle savait garder une longueur d’avance sur le passé, sans jamais se laisser rattraper, même dans les moments difficiles. « 

et Malavita…évidemment, mais je ne vous dit pas tout,

savoureux, drôle, une fluidité dans l’écriture, à consommer donc sans modération,

Pour les cinéphiles : B.A

 

M.G

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Compil…street art/1/

 

Visuel…focus sur les artistes de rue et hommages,

ils habillent les halls,

les rues,

les escaliers,

version 2/3D, trompe-l’oeil,

tout est possible

messages de révoltes ou moments de poésie…

 

 

M.G

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Aparté musical…vague classique.

Réminiscences certaines,

Retrouvé ce morceau,

que j’ai toujours aimé,

le temps d’une valse, Tchaikovsky,

Résultat de recherche d'images pour "tchaikovsky portrait"

 

 

 

 

 

 

alternance de rythmes,

vivacité, impétuosité, rebonds,

énergique,

puis _____sonne le répit,

calme aux accents de lyrisme ,

pour finir en apothéose!

M.G

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Ciné, 1997…Roberto Benigni, La vie est belle.

C’est revenu ce petit air,

en tête,

….« Barcarolle »,

Offenbach, puis ça me revient,

« Principessa, principessa, »

 

Benigni,

excellant sur cette fable, version comédie dramatique..clownesque facétieux ( je repense, en particulier, à cette scène sur la philosophie de Schopenhauer, avec un Benigni hypnotiseur )

« Au fond de l’être humain, il y a cette conviction confiante qu’il y a hors de lui-même, une chose qui est consciente de lui comme il l’est lui-même »,

« La chose en soi est la vérité qui vit avant de se comprendre elle-même. Le monde est l’univers de la volonté, et la volonté personnelle est le battement de cœur individuel de cet univers. Nous sommes toujours ce qu’est le tout. Mais le tout, c’est la terre sauvage, le combat, l’inquiétude. Et surtout : ce tout n’a pas de sens, il n’a pas d’intention. » de Rüdiger Safranski, Schopenhauer et les années folles de la philosophie,

qui, tente d’embellir sa version de la vie, la rendre plus belle, choisir l’optimisme et le rire pour contrer l’horreur, compter les points pour gagner le char pour Guido plutôt que de compter les morts, contraste saisissant entre une vision de la vie,

bouleverser les perspectives,

joli tour de force…. sans tirer vers la bouffonnerie,

juste..sublime et touchant.

,

M.G

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Traces de littérature street art/1…L’homme invisible.

Suite et illustrations,

l’invisible inspire …dans la rue

1/ « Charles Leval, alias Levalet est né en 1988 à Epinal. Il découvre l’art urbain en Guadeloupe où il commence à peindre sur les murs. En même temps que des études d’Arts Visuels, il s’intéresse à la photographie, à la sculpture et à la peinture avant de devenir agrégé d’Arts-Plastiques. Il est aujourd’hui professeur dans un lycée parisien le jour, street-artiste la nuit.  
Depuis 2012 Levalet a investi les rues parisiennes en proposant des personnages au langage corporel expressif. Cinéma, mime, théâtre d’improvisation nourrissent son travail pour donner naissance à une troupe de comédiens qui jouent des scènes en interaction avec le passant, soulignant l’absurdité de certaines situations de la vie quotidienne. »

issu de : Levalet…

 

 

 

2/ En tableau, version picturale

Andrea Clanetti Santarossa, L’HOMME INVISIBLE n°1 – Technique mixte – 100 x 100 cm –  sur http://www.lentrepot-monaco.com/pop_street_art.html

 

 

3/ L’homme invisible – Barcelone – ramblas ( espagne )

ZOOM : L'homme invisible - Barcelone - ramblas ( espagne )

3/ Bruno Catalano et ses « voyageurs »

http://brunocatalano.com/sculpture-bronze/bruno-catalano-a-propos.php

« Jamais je n’avais senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde.»
Albert Camus.

« Une valise, un homme. Il s’en empare, et se lance vers l’inconnu. Voyage volontaire vers un horizon qu’on embrasse et qu’on voudrait infini, ou voyage forcé, contraint par l’exil et la souffrance, en quête de liberté et guidé par la survie. Le voyageur de Bruno Catalano est cet homme laissé à lui même, un homme propulsé dans l’infini du temps et de l’espace. Sa maison n’est plus qu’une valise et son être, progressivement, se dépouillera de tout ce qu’il croyait indispensable, de tout son moi si savamment construit par nos sociétés. Il n’est plus l’homme d’un monde, mais l’homme dans le monde, encore empreint de sa culture mais devenu fragile face à l’immensité. Sa quête ne se fera pas sans dommages. Homme défragmenté, déstabilisé, dépouillé de ses repères, il marche vers son salut autant que vers sa perte. Tout sera désormais a réinventer. Ce voyageur s’échappe de lui même, à la rencontre de sa terre inconnue.

Artisan sculpteur, ainsi qu’il se définit lui-même, Bruno Catalano a débuté sa carrière en 1990. »

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M.G

Article mis en avant

La vérité sur Gustavo Roderer, Guillermo Martinez.

Quelques jolis passages,

mais dans l’ensemble, je me suis ennuyée, et, c’est assez rare.
On débute par une initiation pourtant savoureuse à une partie d’échecs entre deux virtuoses,

 » Je l’avais découverte presque par hasard dans l’encyclopédie; tout, dans cette ouverture, avait aussitôt suscité mon admiration: ce saut initial du cavalier, de prime abord un coup extravagant ou pueril ; la façon héroiique, presque méprisante, dont les noirs sacrifiaient dès le début l’objectif prioritaire d’une ouverture_la possession du centre__contre un lointain et nébuleux avantage de position; e surtout, et c’était ce qui m’avait décidé à l’étudier à fond, le fait que ce fût la seule ouverture que les blancs ne pouvaient refuser ou détourner vers d’autres schémas. »

puis, on suit leur relation à maturité,  » Roderer ne s’était pas exposé à la vie et la vie, avec un respect moqueur, était passée à côté de lui sans le toucher. »

et les divergences entre Roderer et le narrateur :

 » Puis il déclara que les diverses formes de l’intelligence pouvaient se réduire à deux formes principales : la première, l’intelligence assimilative, celle qui agit comme une éponge et absorbe immédiatement tout ce qui s’offre à elle, qui avance, confiante, et trouve naturelles, évidentes, les relations et analogies établies auparavant par d’autres, qui est en harmonie avec le monde et se sent dans son élément quel que soit le domaine de la pensée. (…) C’est l’intelligence des « talentueux », ou « capables », qui se comptent par milliers. (…) C’est l’intelligence qui s’accommode le mieux de la vie, et c’est aussi, somme toute, celle des grands savants et humanistes. Elle ne cède qu’à deux dangers : l’ennui et la dispersion. (…)
Quant à l’autre forme d’intelligence, elle est beaucoup plus rare, plus difficile à rencontrer ; elle trouve étranges et souvent hostiles les enchaînements de la raison, les arguments les plus habituels, ce qui est su et prouvé. Rien pour elle n’est « naturel », elle n’assimile rien sans éprouver en même temps une certaine réaction de rejet : « C’est écrit, d’accord, se plaint-elle, et pourtant ce n’est pas comme ça, ce n’est pas ça. » (…) deux dangers la guettent aussi, beaucoup plus terribles : la folie et le suicide. « Roderer ne s’était pas exposé à la vie et la vie, avec un respect moqueur, était passée à côté de lui sans le toucher. La vérité sur Gustavo Roderer par Martínez

Mais,
je n’ai pas été convaincue,

« Je connaissais bien ce genre de tourments, mais j’avais cru jusqu’alors en être l’unique victime ; l’impuissance à choisir entre deux options banales et absolument égales, l’horrible hésitation de l’intelligence qui balance entre l’une et l’autre, incapable de rien discerner, argumentant dans le vide sans trouver une raison valable, tandis que le bon sens se moque et l’excite : « ça revient au même, ça revient au même. J’étais déconcerté de deviner chez autrui, et de façon beaucoup plus intense, les stigmates de ce mal, peut-être ridicule, mais que j’avais toujours considéré comme ma propriété la plus exhaustive. »

j’y ai trouvé une certaine platitude loin de la 4 ème de couverture annonçant« un grand roman encore inédit en France mélange avec virtuosité suspense et métaphysique ».
Les références aux théories de Nietzsche, Spinoza et autres sont trop minimalistes à mon goût pour alimenter le discours et la réforme de l’entendement suggérée par Roderer…

et j’ai attendu en vain
une péripétie,?
j’aurai voulu être vraiment « étonnée » au sens aristotelicien…

M.G

Article mis en avant

L’invisible, Pascal Janovjak.

4 ème :

« Un avocat de trente-cinq ans travaille au Luxembourg pour un gros cabinet. Salaire mirobolant. Pas d’amours. Pas d’amis. Une femme de ménage… qu’il ne voit jamais.
Mal dans sa peau, il se trouve insignifiant au point de se sentir transparent. La veille d’un passage à Paris, l’avocat ressent une douleur inexplicable au cou, puis au bras. Dans sa chambre d’hôtel, il constate qu’il est devenu tout à fait invisible. Comme le héros détraqué de H.G. Wells. Des traces humides sur la moquette, un creux sur un matelas, voilà ce qu’il reste de lui.
Cette expérience le délivre de ses angoisses, sa nouvelle impunité lui permet tous les excès. Il voyage, porté par une sensualité retrouvée, se rend en Sardaigne, traverse la Méditerranée… Insaisissable, ivre de puissance, il s’in­téresse finalement à une humanité qu’il croit dominer de très haut…

Fable ironique au rythme soutenu, riche en rebondissements, ce remake d’un grand classique en élargit le sens, pour mettre en cause une société en voie d’atomisation, séduite par des valeurs virtuelles.

Pascal Janovjak est né en 1975 à Gale. Il réside au Proche-Orient, après avoir travaillé au Liban et au Bangladesh, en tant que responsable de centres culturels. D a publié en 2007 un recueil de proses, Coléoptères (Samizdat, Genève). L’Invisible est son premier roman. »

Le titre m’avait interpellé et rappelé des souvenirs,

la couverture, en transparence loin d’être anodine,

le choix des couleurs collaient plutôt bien..L'invisible par Janovjak

L’invisible, c’est ce qui littéralement ne se voit pas, se dérobe à la vue,

c’est l’idée que l’on peut se perdre, de l’insignifiance,

« pas de » « pas de »____ à chercher  l’ attention des autres, »J’avais juste franchi un pas de plus dans l’anonymat, ma disparition n’affecterait personne.Il est tellement facile de se couper des autres, il suffit de se laisser porter par la spirale de la solitude, la tentation de l’autarcie-combien de fantômes croisez-vous chaque matin, qui hantent les rues des grandes villes, combien d’âmes errantes, sans attaches, sans visage? » p.55 on risque de s’effacer, c’est ce qui arrive à ce personnage, qui loin de briller se sent terne, fade, jusqu’à en devenir transparent aux yeux des autres, »J’existais à peine. »p81

Déjà vu,

(si j’ose le jeu de mot)  en littérature, coloration kafkaienne, » C’est parce que je rêvais d’être vu que je suis devenu invisible. »p.40

 

L'Homme invisible

Version cinématographique…

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19386659&cfilm=2582.html

Certains passages sont savoureux, je repense à la cravate, qui contraste visuellement, tranche (statut social),

p.54 « Un costume-cravate noir avait parcouru quelques rues, traversé Magenta, un costume sans personne à l’intérieur–les manches en étaient vides, le col creux, la cravate nouée autour de rien et personne ne l’avait vu regagner l’hôtel »

cela réveille en moi  ce souvenir, Apollinaire, (in Calligrammes)

 

https://i0.wp.com/www.weblettres.net/blogs/uploads/e/eblanafA/35920.jpg

 

Extraits choisis :

sur les difficultés » d’être vu » de la gente féminine,

« Toutes parties se coucher, se noyer dans la solitude de leurs  jours, toujours le même scénario, il y a là une belle, vous jouez des coudes pour l’approcher, vous n’osez pas, et puis vous osez quand même, vous faites des pieds et des mains et des sourires et des yeux, et elle ne vous voit pas__elle vous répond à peine et son regard vous traverse, se perd par-dessus votre épaule, dans la direction d’un autre, un autre déjà bien entouré-, alors vous approchez la suivante, un peu moins attirante mais quand même, et puis une troisième, et il ne vous reste même plus les laides, parce qu’elles sont déjà dans leurs draps roses « .p.23 

Sur ce nouveau sort, l’invisibilité :

« Il y avait eu une éclipse, dans ma petite vie,une mauvaise lune était passée devant le soleil, et je m étais retrouvé dans les ténèbres d’une illusion, de l’autre côté de la peur ».p291 « 

Cette nouvelle version vibre par sa modernité, « à moins d’être aveugle, parce que la lumière des choses est absorbée par la rétine, et que sans l’opacité de celle-ci, nulle vision n’est possible « p.291,  les deux tiers du roman sont agréables, je reste toutefois sur ma faim,

le final est un peu ..insipide… alors que je l’attendais disons plus… flamboyant.

M.G

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Laura Brams, Patrick Cauvin.

Habituellement, Cauvin, j’adore, j’adhère,

mais pas celui-ci,

Laura Brams par Patrick Cauvin
je l’ai trouvé emberlificoté,

le paranormal et la réincarnation pourquoi pas, ça me plaît cette idée,

mais c’est______long et ____________fastidieux,
pourtant ça partait bien, et j’aime beaucoup l’Egypte ancienne et la période des pharaons, fascinante,
malheureusement, j’ai eu un mal fou à suivre et à croire aux personnages, trop lisses, creux, alors que Cauvin en général assure en finesse psychologique,

et à l’intrigue,

je n’aurai pas dû lire la 4ème qui pour le coup « survend ce roman. » comme « bouleversante histoire d »‘amour écrite avec un humour, une sensibilité et une maîtrise qui font sans doute de LB le meilleur Cauvin » d’où certainement ma déception.

Quelques jolis extraits tout de même: (ne pas être radine )

« Elle en était sûre maintenant : une vie n’était qu’un vie, une étincelle entre deux moments, un passage fugace et réel qui jamais ne se retrouverait, telle était la loi et telle sa grandeur. Laura Brams une fois et une seule. »

« Les hommes fuyaient lançant à la désespérée des ponts d’hypothèses pour aborder les rivages d’éternité… J’amais ils n’admettraient de ne pas être éternellement présents… Le vieux rêve lâche et imbécile : malheureux, humiliés, souffrants et torturés mais éternels surtout, surtout ne pas mourir, ne jamais n’être rien… »

« Je vivrai cette vie parce qu’elle finira et tout son suc, toute sa joie contenue, je l’extrairai de toutes mes forces, car je sais qu’elle n’a de sens que parce qu’un jour elle ne sera plus. »

« Quel mot valait Laura ? Combien de milliards et de milliards de phrases fallait-il entasser pour qu’elles finissent, au terme d’une obscure alchimie, par former cette femme présente, là, entre ses bras, cet équilibre parfait d’âme et de chair, riche de tant de rires, de tendresse, de vie… Peut-être était-ce vrai après tout que l’écriture était proche de la mort… Les paragraphes s’entassaient là-haut, chez lui, sur les feuilles blanches, il changeait la cartouche de son stylo et il ne rendait pas compte qu’il tenait entre ses doigts une arme mortelle, chargée, dont il était la lente victime, combien d’années passées sans Laura ? Combien de nuits semblables auraient-elles pu avoir lieu ? Tant d’années à écrire pour venir à cet instant aveuglant où il savait que rien de compterait jamais davantage que de tenir cette femme entre ses bras, que rien n’avait été et ne serait plus important. « 

Pour finir…celle-ci :

« On ne saura jamais assez que la littérature, et c’est là son mérite à mon avis le plus grand, est l’une des activités les plus reposantes qui soient et qu’étant donné l’aura qui l’entoure elle vous dispense de la plupart des autres : comment mettre un balai dans les mains d’un lascar qui tient une plume avec des yeux rêveurs ?  »

M.G

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L ‘identité , Kundera Milan.

Hier soir,

ça m’a pris, c’était soit l’Identité, soit la Plaisanterie…une évidence.

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L’identité,

c’est le questionnement de Jean-Marc et de Chantal, sur ce qui les a réunit, eux, parmi la foule, à travers l’imaginaire et le filtre du rêve,

de la confusion…

Qu’est-ce qui fait l’identité?

L’idée d’une marque, d’une traçabilité du soi qui distingue des autres,

la carte d’identité valide cette assertion en partie…

Frontières,

entre le soi, l’intériorité dans toute sa singularité, et la ressemblance..un chevauchement des altérités est-il possible ?

« Etre identique à » c’est ressembler à, accepter un certain mutisme : chacun est différent, particulier mais semblable à lui-même ?

« L‘identité marque la différence autant que la ressemblance. Telle est, d’entrée de jeu, son ambiguïté »,  p.17, L’identité par Anne Marie Drouin Hans, revue Le Télémaque numéro 29, 2006/1, Education et altérité.(P.U.Caen).

L’identité de Kundera pose les jalons d’un questionnement entre quête d’identité, perte d’identité, expressions  diverses et parfois paradoxales de celle-ci,

notion à la croisée du Même, de l’Autre et du Devenir…

De l’identité…Kundera et d’autres…s’y sont penchés, petite sélection :

« C’est toute la beauté des larmes ; elles peuvent avoir deux significations opposées. On pleure de douleur, on pleure de bonheur. Peu de manifestations physiques ont cette identité à deux têtes, comme pour matérialiser la confusion. »

Le mystère Henri Pick de David Foenkinos. David Foenkinos

« D’emblée, notre histoire a mal commencé ils ont décidé de m’appeler Bernard. Enfin, c’est un prénom sympathique. Au cours de ma vie, j’ai croisé quelques spécimens bernardiens, et j’en conserve plutôt un bon souvenir. Avec un Bernard, on peut passer une bonne soirée. Le Bernard impose une sorte de familiarité tacite, pour ne pas dire immédiate. On n’a pas peur de taper dans le dos d’un Bernard. Je pourrais me réjouir de porter un prénom qui est une véritable propagande pour se faire des amis. Mais non. Avec le temps, j’ai saisi la dimension sournoise de mon prénom ; il contient la possibilité du précipice. Comment dire ? En somme, je ne trouve pas que ce soit un prénom gagnant. Dans cette identité qui est la mienne, j’ai toujours ressenti le compte à rebours de l’échec. « 

La Tête de l’emploi de David Foenkinos – David Foenkinos

« Du milieu de la tempête qui me déracine, me dépossède de mon identité, je veux parfois revenir à l’origine – à mon origine. »

Le discours amoureux Roland Barthes

« C’est dans l’angoisse que l’homme éprouve son délaissement. Fuyant sa liberté, sa subjectivité, il voudrait se perdre au sein du Tout : c’est là l’origine de ses rêveries cosmiques et panthéistiques, de son désir d’oubli, de sommeil, d’extase, de mort. Il ne parvient jamais à abolir son moi séparé : du moins souhaite-t-il atteindre la solidité de l’en-soi, être pétrifié en chose ; c’est singulièrement lorsqu’il est figé par le regard d’autrui qu’il s’apparaît comme un être. C’est dans cette perspective qu’il faut interpréter les conduites de l’enfant : sous une forme charnelle, il découvre la finitude, la solitude, le délaissement dans un monde étranger ; il essaie de compenser cette catastrophe en aliénant son existence dans une image dont autrui fondera la réalité et la valeur. Il semble que ce soit à partir du moment où il saisit son reflet dans les glaces-moment qui coïncide avec celui du sevrage-qu’il commence à affirmer son identité : son moi se confond avec ce reflet si bien qu’il ne se forme qu’en s’aliénant. »

Le Deuxième sexe Simone de Beauvoir

J’ai été frappée à la lecture des 3 occurences au mot « ‘insoutenable » qui parsèment le roman,

loin d’être anodin chez Kundera,

l’écriture est bien plus fluide, une limpidité inhabituelle chez Kundera, qui facilite la compréhension et en même temps est assortie d’une légère déception pour moi, en tout cas,

car ce que je préfère avec cet auteur,

c’est justement… la torpeur intellectuelle, frêle nébulosité, entretenue par les emboîtements et enchevêtrements d’idées, qu’il faut lent—e—-ment démêler… bien plus stimulantes, par leur résistance..

L’identité, Kundera, extraits choisis,

 L’identité …perdu de vue, disparue…

p.11 « …dans ce monde où chacun de nos pas est contrôlé et enregistré, où dans les grands magasins des caméras nous surveillent, où les gens se frôlent sans cesse les uns les autres, où l’homme ne peut même pas faire l’amour sans être interroge le lendemain par des chercheurs et des sondeurs(…) comment se peut-il que quelqu’un échappe à la surveillance et disparaisse sans laisser de traces ? »

L’identité et le Rêve…

« C’est pour cela qu’elle n’aime pas les rêves : ils imposent une inacceptable égalité des différentes époques d’une même vie, une contemporanéité nivelante de tout ce que l’homme a jamais vécu ; ils déconsidèrent le présent en lui déniant sa position privilégiée. »

l’identité et le Présent

« Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c’est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l’intégrité de son moi. Afin que le moi ne rétrécisse pas, afin qu’il garde son volume, il faut arroser les souvenirs comme des fleurs en pot et cet arrosage exige un contact régulier avec des témoins du passé, c’est-à dire avec des amis. » p.50

L’identité revêt un caractère entêtant, qui me rappelle, en échos, versant poétique, Mon rêve familier de Verlaine » Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, « Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, « Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, « .

M.G



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Apocalypse bébé, Virginie Despentes.

Un titre qui annonce la couleur…. l’apocalypse … jaune citron…

une couverture criarde et pétaradante, ( aucun risque de me le faire voler ! )

Rencontre première et tonitruante dans l’univers déjanté de Despentes,

Image associée

peu commun,

l’intrigue m’a paru secondaire,

voire pâlichonne…

Elle m’a semblé plus prétexte à introduire des personnages décapants, dérangeants même.

Le lecteur est complètement accaparé par le personnage de « la Hyène »,

qui épaule « Lucie », enquêtrice débutante qui s’est laissée berner par une adolescente en pleine crise, disparue,( et qui, ne semble pas des plus efficaces),

un duo inédit, mais qui rappelle la technique bien connue du » bon/ méchant flic »

La Hyène,

 prédatrice en puissance,

carnivore chétif,

mais redoutable au flair tout simplement déroutant « C’était inexplicable, mais impératif : la petite avait réclamé toute son attention. Il fallait la retrouver »p.249

Elle ne mâche pas ses mots, aime à provoquer, glauque attitude, et en jubile…

Avis sensibles ou rétifs s’abstenir, langage familier, vulgarités et  un certain cynisme s’accumulent..

Mais?

quelques expressions frappantes P.249 (toujours)

« L’émotion brute, c’est frôler la perte. Autour d’elle les morts accidentelles se multipliaient, les suicides, les overdoses, les petits rhumes suivis de décès surprenants, souvent après un passage a l’hôpital. Plus le temps passait, pourtant, plus son talent s’usait, suivant une courbe inverse à celle de sa popularité.(…) La Hyène est dans la place. (…) En découvrant à quoi ressemblait Lucie, physiquement, elle avait eu un moment de blues : l’héréro-tarte typique, un peu négligée, mais pas assez pour que ça lui donne un genre. No fun, sur toute la ligne »

« Elle se foutait d’avoir le dessus. Ce qui l’accrochait, c’est ce moment précis : deux volontés s’arrachent la gueule » .p244.

Tout ce raffut pour retrouver Valentine, un prénom aux sonorités douces,

bébé presque, qui entonne un

« Je suis la peste, le choléra, la grippe aviaire et la bombe A.

Petite salope radioactive, mon coeur ne comprend que le vice

Transuraniens, humains poubelles,

contaminant universel »

p.276…puis répétition..un roman aux colorations de ravages, nuances explosives…M.G

 

 

 

 

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Un enfant à ma porte, Ying Chen.

A la lecture,

des impressions et rappels,

sensations de déjà-vu…

Immédiatement, j’ai pensé à l’incipit de Souvenirs pieux de Marguerite Yourcenar…

« L’être que j’appelle moi vint au monde un certain lundi 8 juin 1903, vers les 8 heures du matin, à Bruxelles, et naissait d’un Français appartenant à une vieille famille du nord, et d’une Belge dont les ascendants avaient été durant quelques siècles établis à Liège, puis s’étaient fixés dans le Hainaut. La maison où se passait cet événement, puisque toute naissance en est un pour le père et la mère et quelques personnes qui leur tiennent de près, se trouvait située au numéro 193 de l’avenue Louise, et a disparu il y a une quinzaine d’années, dévorée par un building.

« Ayant ainsi consigné ces quelques faits qui ne signifient rien par eux-mêmes, et qui, cependant, et pour chacun de nous, même plus loin que notre propre histoire et même que l’histoire tout court, je m’arrête, prise de vertige devant l’inextricable enchevêtrement d’incidents et de circonstances qui plus ou moins nous déterminent tous. Cet enfant du sexe féminin, déjà pris dans les coordonnées de l’ère chrétienne et de l’Europe du XXème siècle, ce bout de chair rose pleurant dans un berceau bleu, m’oblige à me poser une série de questions d’autant plus redoutables qu’elles paraissent banales, et qu’un littérateur qui sait son métier se garde bien de formuler. Que cet enfant soit moi, je n’en puis douter sans douter de tout. Néanmoins, pour triompher en partie du sentiment d’irréalité que me donne cette identification, je suis forcée, tout comme je le serais pour un personnage historique que j’aurais tenté de recréer, de m’accrocher à des bribes de souvenirs reçus de seconde ou de dixième main, à des informations tirées de bouts de lettre ou de feuillets de calepins qu’on a négligé de jeter au panier, et que notre avidité de savoir pressure au-delà de ce qu’ils peuvent donner, ou d’aller compulser dans les mairies ou chez des notaires des pièces authentiques dont le jargon administratif et légal élimine tout contenu humain. Je n’ignore pas que tout cela est faux ou vague comme tout ce qui a été réinterprété par la mémoire de trop d’individus différents, plat comme ce qu’on écrit sur la ligne pointillée d’une demande de passeport, niais comme les anecdotes qu’on se transmet en famille, rongé par ce qui entre temps s’est amassé en nous comme une pierre par le lichen ou du métal par la rouille. Ces bribes de faits crus connus sont cependant entre cet enfant et moi la seule passerelle viable ; ils sont aussi la seule bouée qui nous soutient tout deux sur la mer du temps. »

C’est assez étrange d’ailleurs, car les deux textes me laissent en arrière-bouche une sensation désagréable,

le thème abordé sans doute un peu, puisqu’il s’agit du rapport à la maternité,

et à l’ instinct maternel,

4ème:

« Un couple reçoit mystérieusement un enfant, déposé par des forces inconnues dans le jardin. Ce nouveau venu est une sorte de démon, haï par la mère. Révélateur de la mésentente du couple, de l’angoisse de la mère, de la solitude de l’écrivain, l’enfant renverse toutes les valeurs habituelles de la famille et de la vie bourgeoise. Dans ce curieux apologue, Ying Chen fait le procès du sentimentalisme et des conventions sociales et familiales, mais pour exprimer paradoxalement l’amour. Il s’agit d’un « faux » livre autobiographique, mais qui touche à des éléments essentiels de la vie et de la littérature. »

et des relations somme toutes complexes à l’enfant, dont l’arrivée est …don du ciel

« .Je craignais de lui faire mal en le touchant, comme un esthète devant un précieux objet d’art, ou comme un artiste séduit par une oeuvre. p.99 «  mais aussi en un sens,

bouleversement et entrave d’un ordre préétabli, « La perspective de revoir l’enfant plus tard, notre éprouvant rendez-vous du soir, devenait le seul moteur qui me faisait bouger pendant ma journée autrement inoccupée. »p.80 ______de la reproduction de l’espèce aux désirs égoïstes et prolongements narcissiques..

Ying Chen comme Yourcenar adoptent un ton distancié à la chose, à la manière d’une analyse sociologique, la particularité avec Chen, une femme, à laquelle on peine en tant que lecteur à s’attacher, puisqu’elle n’est que rattachée à une initiale,

perte de son individualité,

dépersonnalisation, avec ce personnage principal, caractérisé façon lapidaire :

« la femme de A. »

mais aussi dans le style sobre,

dénué de sensiblerie et d’affect, une image est récurrente…

 » Devant mon enfant, j’étais vite devenue une mère, un ver à soie mourant, et non pas un artiste devant une oeuvre. Je ne pouvais plus me permettre la distance entre le spectateur et l’objet. Il n’y avait plus de rapport entre l’enfant et moi puisque nous étions littéralement confondus en un seul être.J’avais l’impression que l’enfant pouvait sentir toutes mes douleurs sans même les comprendre et sans les exprimer, et que je le connaissais jusqu’au bout des doigts. Nous formions un tas sous le même toit. Dans ces conditions, comment pourrait-il exister un amour quelconque? » p.100/101

 

https://www.images-booknode.com/book_cover/36/un-enfant-a-ma-porte-35910-264-432.jpg

Les appréhensions, questionnements, doutes, angoisses qui peuvent germer dans l’esprit, les rapports à la possession, à l’abandon de soi et de l’enfant, ici il « apparaît » (visibilité/ se montre/évidence et limpidité) presque comme par magie…« On dirait qu’il y avait une réserve, que tout était déjà dans sa tête depuis le début, qu’il était la miniature d’un adulte, un démon dans un bocal fermé, qu’il n’était attendrissant que par sa forme. La chair jeune et parfumée des enfants , leur apparente fragilité et leur déraison ont dérouté tant de parents. p.92 »

Autant de questions qui jalonnent le quotidien de la femme de A. déployant l’éventail de paradoxes et de contradictions de l’amour maternel, inconditionnel , entre évidences et non-dits, conventions sociales, attentes et exigences,

un enfant à ma porte...pas mon enfant, « un » indéfini « ?

un enfant ( laissé/délaissé/trouvé …) comme une tuile, un hasard, une chance inespérée etc…

M.G

Article mis en avant

Miscéllanées à l’usage des gens heureux (ou désirant le devenir),Agnès Michaux et Anton Lenoir.

Miscellanées à l'usage des gens heureux (ou désirant le devenir) par Michaux

4 ème :

A savourer dans l’ordre ou dans le désordre, à consulter, à méditer, à partager : plus de 300 histoires, recettes, expériences et citations pour atteindre le nirvâna !

MISCELLANÉES n. m. pl., (miscellanea : choses mêlées, miscere : mêler) Recueil de différents ouvrages de science, de littérature, qui n’ont quelquefois aucun rapport entre eux. Cet auteur a donné d’excellents miscellanées. On dit plus ordinairement, Mélanges. On dit aussi quelquefois, Miscellanea.]

d’après le dict. de l’Acad. française, 2ème éd., 1878.

Compilation de moments,
anecdotes,
recettes,
évidences
pensées…piochées dans un tas de domaines: littérature, cinéma, philosophie..

répartis sous 4 sections:

I. Où l’on reviendra humblement à la source pour étancher comme il se doit une soif éternelle et légitime.

II. Où l’on se penchera éffrontément et voluptueusement sur la place qui convient aux sens et à tout ce qui leur est agréable.

III. Où l’on observera minutieusement chez l’autre ce que l’on souhaite ardemment pour soi et inversement.

IV. Où l’on parcourra le vaste monde et non moins vaste ensemble de petites choses qui le composent pour atteindre allègrement son but.

Disparate,

les extraits et citations sont bien choisis,

mais je n’ai pas aimé l’assemblage tel quel, pas tant que je recherchais une unité, juste que c’est le genre de livre que j’apprécie pour jongler d’un article à un autre, rebondir, et là…je ne m’y retrouve pas, pourtant de jolies alternances de longueurs, des jeux des polices, de la couleur…

 Il s’agit davantage de proposer une photographie pêle-mêle du bonheur :

attentes, exigences, ou relâchement de soi,

ce n’est pas une méthode ou un livre qui recense comment y accèder,

c’est plutôt un hommage pluriel, une anthologie dédiée au bonheur et à ses diverses expressions (art, cinéma, littérature, philosophie…) ,

 sous formes d’extraits choisis, PUZZLE de définitions,versant géographique et appellations des rues, villages,

topographie même,

proverbes, entre aphorismes au rapport mélodieux et refrains musicaux recensés,

car « il en faut peu pour être heureux », « be happy »,

de la méthode Coué à la recette préférée de James Bond,

de Flaubert à Houellebecq, Camus, Rousseau, Roland Barthes, La Bruyère,

Monroe, Einstein, et bien d’autres, cet état de grâce ne cesse d’interroger…

M.G

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Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt.

Autre univers,

nouvelle illusion perdue avec Delacourt, après La liste de mes envies et La première chose qu’on regarde,

Danser,Danser au bord de l'abîme par Delacourt
Virevolter, frémir,
vertigineux,
Toute danse suppose mouvements, déséquilibre de soi et des autres, et un partenaire pour tourbillonner,
se laisser aller vers la fluidité,
un accord,
une douce harmonie, si fragile,
c’est sans doute parce qu’elle est inédite, incontrôlable, qu’elle est d’autant plus bouleversante…
Quelques longueurs parfois,
sans tomber dans le pathos.

Juste un éclat,
un bruissement de bonheur, assortie d’une lecture des fêlures, de celles qui ne peuvent disparaître.

Delacourt, c’est la promesse d’une chute, prévisible presque convenue, difficile,

non sans heurt,

mais sans brutalité,

pour « Emmanuelle », ( aima  passé simple révolu, brièveté et trait de caractère de l’héroïne /nu , car dépossédée en un sens, dénudée, mise à nu, découverte / elle, l’ego, juste elle, ailes même)

« J’aurais tant voulu me fracasser, me disloquer en lui, atteindre cette infime frontière entre les choses, ces plaques tectoniques en nous,si sensibles, qui bousculent les sentiments, créent ces microscopiques fêlures,ces routes menant à l’abîme parfois___et d’autres fois, à la félicité. Ni mes desesperances ni son corps broyé que je porte ne m’ont déroutée. »p.319

« Et j ai souri pour moi-même, comme il devait sans doute le faire de son côté ,au même moment, devant son expresso serré, l’anse de la petite tasse épaisse et chaude entre ses longs doigts fins dont je rêvais qu’ils se posent sur mon cou, et l ‘enserrent, doucement, jusqu’à mon ravissement .Mon étourdissement. Ma perte.p.33 »

« Je n’ai pas connu la colère.
Je n’ai pas ressenti de rage.
Pas lacéré ma peau avec des silex.
J’ai perdu beaucoup de mots.
J’ai eu un deuil curieux, sans contrepoids, et je suis devenue le deuil lui-même.p186″

« C’est ce silence troublant qui m’a d’abord envahie,puis comblée .J’ai aimé cette suspension. Ce vide. p.31 »

« Vous me ferez danser?
Oui
Tourbillonner?
Oui
Vous me rattraperez »?

« Dehors, la nuit est noire, assoupie et profonde. Il n’y a pas de vent. Les criquets ne stridulent plus. Un silence terrifiant. Affolant. Alors je deviens un cri. p295 »

et ça me rappelle Munch…

Wikipédia,

Munch Edvard, écrivit dans son journal, le 22 janvier 1892 :

« Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d’un coup le ciel devint rouge sang. Je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville — mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété — je sentais un cri infini qui passait à travers l’univers et qui déchirait la nature . »

Le Cri, tempera, 1893, 91/ 73.50cm.

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M.G

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Tomber sept fois, se relever huit, Philippe Labro.

Dévoré hier soir,

d’un coup,Tomber sept fois, se relever huit par Labro

comme ça,

ça sonne juste,
c’est terrible ce mal du siècle, ce n’est plus le Spleen,

c’est plus insidieux, plus inexplicable, plus étrange, plus sombre,
c’est différent du blues, de la déprime, de la mélancolie,
c’est l’énergie éteinte, l’extinction du souffle vital et du désir qui vous assaille.

Happé,
comme il le dit, alors même que rien ne semble vous prédestiner, comme une malédiction..mais pas fatidique,
une petite lumière suffit à offrir une échappatoire,

je tombe, tu tombes, nous tombons et chutons tous, mais, je, tu, il, elle, ils, elles, _______________
peuvent______________ se relever…

 » L’horreur de la situation, soudain, vous frappe comme un coup derrière la nuque .Alors, il faut s’asseoir sur le rebord du lit. Vous ne pouvez plus avancer. Vous n’osez plus repasser devant la glace. Vous êtes face au rien, au néant. Nietzsche a écrit : « Si tu plonges longtemps ton regard dans l’abîme, l’abîme te regarde aussi »p.45

Le Narcisse,

« Il peut arriver qu’un déprimé tombe obscurément amoureux de sa brisure. C’est une des perversités de ce mystérieux fléau, avec ce corollaire : le symptôme même de la dépression se nourrit de sa propre nuisance. C’est un monstre qui s’autodévore. p.99″

« Mais on marche.Là réside la différence : on est en mouvement.La dépression, c’est une manière de mort, et la vie, comme la pensée, est mouvement.p.177 »

« Il existe une indescriptible allégresse intérieure à ressentir que votre volonté l’a emporté sur votre démon et que l’estime de soi est revenue, que vous en savez un peu plus sur vous-même. Et que ce nouveau savoir constitue une force. Puisque, au delà de l’estime de soi, vient poindre, comme une lumière pour définitivement tuer la nuit, la maîtrise de soi. « p.211

Pas facile d’écrire sur la dépression, une dédicace  de Labro, pour  » Celle__et ceux qui ont aidé » ,p

pas de remède miracle,

juste un témoignage, quelques conseils qui l’ont aidé et qu’il donne,

l’écriture en mode de recul, distanciation, et sans doute un peu thérapeutique,

il est passé par là, a  réussi à s’accrocher pour émerger, et nous livre avec pudeur son histoire, en toute sobriété.

M.G

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Un bleu d’octobre, Françoise Ascal.

Bleu d'octobre (Un)Je remercie Babélio et son opération Masse Critique, ainsi que les éditions Apogée pour cette sélection.

4 ème :

« Ce recueil rassemble des notes prises entre 2001 et 2012. Il s’inscrit dans la continuité de Cendres vives (1980-1988), du Carré du ciel (1988-1996) puis de La Table de veille (1996-2001). Tenir ces carnets, à travers les années et les saisons de la vie, avec autant d’assiduité que de doutes, relève d’un désir obstiné de « veiller » sur la vie pour mieux l’étreindre, à défaut de la comprendre.  »

Edition Apogée, biographie

Première rencontre pour moi avec Françoise Ascal par le biais de ce recueil.

Concernant la forme, et c’est plutôt rare que je m’exprime, si la couverture cartonnée est agréable au toucher, j’aurai aimé un format plus en adéquation avec le fond, de type carnet, ce qui aurait renforcé le rapport intime aux prises de notes. Et je m’étonnes de ce choix de couleur, sobre, mais intense..il m’intrigue (dû à l’éditeur même, à la thématique?)_________(étant moi-même adepte de petit carnet, pas nécessairement du Moleskine, même si c’est la référence…).

La prise de notes a été épurée, sélectionnée, elle s’apparente quelque peu au journal intime, ce sont des notes de lectures,

impressions du moment,

fugacités,

pensées sporadiques alignées, dont la lecture de prime abord n’est pas facilitée, par l’entreprise même, et qui paradoxalement peut apparaître pour certains lecteurs, plus confortable,

épisodique,

du coq à l’âne.

La prise de note est une extraction singulière, hors contexte, qui fait sens à son auteur et pas nécessairement à son lecteur qui à mon avis, n’accède qu’en partie, à son sens véritable, au visible. L’entreprise peut permettre toutefois une compréhension de l’auteur et des techniques sous- jacentes à l’écriture. »Ratissage de vieux carnets.(…) B.me rappelle que ratisser est une activité partagée par les moines et les jardiniers. »p43

Puis des thèmes communs apparaissent, à l’aune d’une seconde lecture, possible alors, de tisser des liens, éléments de biographie,

les onze ans voient les saisons défiler au gré des champs lexicaux, la nature, les paysages intérieurs se reflètent au travers la vue du « jardin, sous le cognassier.Chaleur et parfum. B. a suspendu un fushia dans les branches. Les ramures retombent avec grâce. Ni contemplation, ni méditation.Juste se laisser traverser. »p.11 « presque l’automne déjà, dans l’ambiance humide, la fraîcheur hâtive, l’abondance de fruits »p.19  qui contrastent avec les lectures plus graves « Lecture passionnante des journaux de Bauchau.Vision émouvante de cet homme de 88 ans, faisant chaque jour sa gymnastique matinale en répétant les mots de Maître Eckhart : « C’est aujourd’hui la fête, la plus grande fête, la fête à l’existence »p.20

Beaucoup de références aux auteurs et de citations extraites, »Louis-René Des Forêts, Michel Onfray, François Cheng, Maurice Bellet, des philosophes et là je me sens plus à l’aise avec Spinoza, Plotin, Nietzsche,Montaigne, Pindare, …

Il s’agit de p.106, « Revenir aux fondamentaux. Tenir le fil, en dépit des inévitables occasions de déstabilisation___contrariétés, colères,tristesses. Penser au souffle, qui ne peut décevoir, qui fait son travail de vie sans question. Le cultiver en conscience, le choyer, le protéger au mieux. »

Aperçu et petite sélection : le rapport à l’écriture

« Où me mène ce texte? A mon insu, la Chapelle de Ronchamp tend à s’amenuiser au profit d’autre chose, plus lié au monde d’aujourd’hui, à mes inquiétudes de société. Ce faisant, j’éprouve une joie à m’éloigner de ce journal. Sentiment de sortir de mon propre utérus.

« Trouver la vérité par l’écriture. La vérité m’intéresse plus que tout, plus que l’écriture.p.20

« Tout dans ma vie est sous le signe de l’arraché. C’est à l’arraché que je parviens à extraire les mots et à me garder vivante. »p.21 et des échos, répétitions qui amorcent de l’importance de cette idée  » Ecrire à partie liée avec l’arrachement. Mais qu’ai-je à arracher ? Rien ne s’impose en toute nécessité. Mon vouloir est cérébral ».p.42 « Levée tôt, mais l’écriture, où est-elle? « Je » fais écran. »

« Nuit d’agitation, en quête des mots manquants. On n’écrit jamais que pour trouver les mots manquants. »p.45

« Mon rapport à l’écriture : encore et toujours »le métier de vivre ». Pas le souci de construire une oeuvre littéraire, mais l’ambition de repousser, si peu que ce soit, une part de ténèbres____en soi comme à l’extérieur »p.45..

Toujours ces préoccupations…et un éclairage,« bleu d’octobre : mon modèle. Voudrais écrire en atteignant cette transparence.La transparence n’est pas la pauvreté. Ecrire transparent donc lisible est souvent compris comme écrire banal, simpliste, sans profondeur.Alors qu’il s’agit d’accéder à une qualité de perception que le dépouillement permet. Où commence-t-il? Où s’arrête-t-il? La simplicité d’une écriture ne va pas de soi. Elle est fruit d’une approche patiente.Une ascèse presque. »p.48

« Personne ne m’a condamné à dire je.Je peux écrire d’un autre point de vue et avec les mêmes exigences.C’est le b.a.-ba de tout écrivain. Alors pourquoi est-ce impossible sous peine de culpabilité, de sentiment d’imposture? »p.64

« Qu’ai-je encore à arracher? Arrachement heureux affirme Marcel Cohen.Pour lui, l’arrachement, au trou est une remontée. Le malheur, c’est l’absence de mots. »

En 2012, de la poétique « Grand ciel bleu lavé par le vent. Lumière du Sud, du moins d’un sud tel que je le rêvais/imaginais. Toujours bien dans cette maison. C’est une expérience frappante. J’ai simplement changé de quelque 50 mètres et changé de niveau. Les deux maisons se font face, elles sont presque jumelles. Pourtant l’une e donnait le sentiment de me vider, l’autre me donne asile et bienfaisance. »p108.

Un recueil donc où l’on peut puiser quelques ondes, s’approprier quelques expressions et/ou se reconnaître, encore faut-il accepter l’intrusion dans cette intimité, ce qui ne va, je pense, pas de soi…sans doute parce que je méconnaissais l’auteur.

M.G

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Récit de vie suite…Les mains bleues et Christophe Martin.

D’actualité, et toujours dans l’idée de tranches de vie,

mouvance de réalisme sociale avec ce petit recueil qui évoque la délocalisation d’une usine Levi’s : le couperet tombe, 541 licenciés, laissés sur le carreau, pour certaines (ce sont pour beaucoup des femmes)…et présentation de la démarche : (édition l’Eglantine)

4ème : » Vingt-cinq ouvrières du textile ont tramé, tissé, coupé, cousu et ourlé pour nous des ribambelles de mots. Elles parlent d’elles, de la vie à l’usine et de l’usine dans leur vie. L’atelier, la maison, les cadences, le ménage, la contredame, les courses, les copines, les maris, les collègues, les enfants… le tourbillon de leur vie. Un beau jour, un mauvais jour de 1999, l’usine a fermé. Que sera demain ? Que faire ? Parmi les 541 licenciés de l’usine Levi’s à La Bassée (Nord), combien ont retrouvé du travail avant fin 2000 ? Vingt-cinq ont relevé le défi de l’écriture avec Christophe Martin, auteur de théâtre. Elles donnent du travail à un metteur en scène, des musiciens, un chorégraphe, et aussi à un éditeur, un illustrateur, un imprimeur, etc. A quand leur tour ?

Les mains bleues et Christophe Martin par Les Mains bleues

Les tons sont variés : colère, tristesse, amertume, dégoût, avec des textes comme « Rayons de soleil » »l’usine », »machines »je n’irai jamais », « sois sage ô ma douleur », « deuxième journée » chômage » ou le plus virulent mais non dénué d’un certain humour « lettre au pdg de l’usine »p.106. et alternance des voix,  par la forme : dialogue, nouvelle histoire d’une vie construite autour de Lévi’s, lettre, poésie version élégiaque ou complainte, épistolaire…

Préface

« sang bleu »

« Elles sont l’aristocratie du peuple, celles qui ont vaincu le silence et su pleurer et rire entre des lignes qui dansent encore; larmes noires et rire d’or danseront longtemps dans ma mémoire »  « le monde n’est pas une marchandise moins encore une machine. Les mains bleues, langues usées et yeux délavés, cuisinières et couturières célestes.. »p.13

Pas de col blanc, Les Mains bleues..les petites mains, celles qui oeuvrent et se colorent de teinte blue jean, 501, du bleu oui des bleus certainement..d’autres couleurs aussi ici

p29 : énumération » Une atmosphère colorée___un sol gris___des chaises noires___des ventilateurs blancs____des machines bicolores___des blouses roses___des jeans bleus__-des rires___des pleurs___ »

Un douloureux compte à rebours, rétrospectif

« le 15 avril, les lettres de licenciement.

le 16 avril, naissance de mon petit-fils.

le 23 avril, mon mari, mon amour …est parti… »p.56

Archive INA , extrait « https://fresques.ina.fr/mel/export/player/Lillem00024/360×270

Le conflit des générations, la mère et la fille « tu deviendras couturière, ma fille » vous devinez l’enthousiasme débordant de l’ado! et les journées interminables c’est pas métro-boulot-boulot c’est « deuxième journée »

« Mettre les poubelles

faire les poussières

faire la vaisselle

faire la lessive

tondre

laver la cuisine

laver la salle de bain…etc.. »

Puisqu’il faut faire face au désarroi, puisqu’il faut avancer, je choisis cet extrait pour son côté plus piquant…

« Lettre au pdg de l’usine »

Cher enfoiré

Depuis un an que tu m’as larguée, je ne peux t’oublier, toi mon cher pdg.Tant d’amour pendant vingt ans pour au final me laisser tomber, moi, petite Française disciplinée asservie à ta cause, au profit d’une petite Turque pour laquelle tu seras inévitablement le messie.

(…)

Je ne te remercierai jamais assez de m’avoir fait connaître ces merveilleux endroits si fréquentés et de surcroît gratuits que sont l’ANPE et l’ASSEDIC. Le personnel y est charmant, très compétent et surtout disponible.Je m’étais dit que j’irais peut-être un jour, si l’occasion se présentait.Eh bien, grâce à toi, c’est fait plus tôt que prévu.Mes mains te remercient également, elles toujours si bleues, c’était lassant, maintenant elles sont devenues noires à force de consulter les petites annonces. Histoire de rompre la monotonie. »

126 pages qui témoignent…

M.G

 

 

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Récits de vie…fil conducteur.. Un nouveau coeur, un nouvelle vie, Jean Paul Barthélémy.

Certaines causes vous absorbent et marquent davantage même si vous n’en percevez pas immédiatement le sens.

https://i2.wp.com/www.actusoins.com/wp-content/uploads/2015/10/electrocardiogramme_schema.png

Hier,

j’ai eu l’occasion de rencontrer Jean-Paul Barthélémy, soixante-neuf ans, il m’a conté une tranche de vie, pas banale,

la sienne, et m’a laissé un exemplaire dédicacé de son récit.

Ce fragment intime, autobiographique, relativement court, n’a d’autre but et d’ambition que de se livrer, confier une tranche de vie difficile, une » épreuve » au sens propre, tout en étant « hommage à tous les chercheurs, à tous les praticiens » et un remerciement « au personnel qui l’a soigné  avec tant de compétence, d’amabilité. »p.5

Son portrait est brossé le « je » nous convie d’emblée à la simplicité :

« J’ai toujours aimé le sport. Il est pour moi synonyme de bien-être du corps et de l’esprit », caractérisé par « une véritable passion » p.7, une évidence, que de se définir ainsi, parce indissociable des événements à venir…qui témoigne aussi d’une hygiène de vie/ascèse et d’une combativité certaine. Du cyclisme, de la compétition, puis la course à pied, le semi-marathon rythment sa vie de sportif, entre préparation physique et performance, et des challenges « je possédais les qualités nécessaires pour les épreuves de grand fond. Une idée allait naître de cette constatation : pourquoi ne pas mettre au service des autres ?  » et l’idée germe..le Paris-Troyes, premier essai le quatorze mars 1995 pour collecter des fonds et acheter un fauteuil roulant…un don…puis recommencer…réessayer pour l’association des Paralysés de France…marathons de Paris, Reims…que de courses effrénées…

2001

un accident de parcours, fatigue, essoufflement certain..que se passe-t-il ?

« coup de massue sur la tête »

descente….« infarctus », « malaises »,

« aggravation » et le verdict tombe, tranchant,

urgence vitale, « implantation cardiaque »,

« être sur la liste », souffrir de l’attente,______________ longueurs

des espoirs, des désillusions…de l’angoisse, une obsession des coups de fils , il faut guetter le courrier, chaque lettre est…

Heureusement, la famille le soutient, c’est une béquille vitale « Mon épouse et mes enfants m’encourageaient, me soutenaient, mais j’avais des moments de défaillance où je croyais que, pour moi, tout était fini. »p.12

Un nouveau coeur…greffé,

une nouvelle vie,

remise à zéro des compteurs, des traitements,  effets secondaires, rechute, un suivi régulier, 20 comprimés  mais un « estomac de jeunot » comme il me le disait hier.

Les larmes lui montent encore aux yeux d’en parler, il repense à ce moment fatidique, veille de Noël, où il est devenu rescapé, grâce à un autre.. » je ne pus contenir mon émotion ».

Alors cette nouvelle vie, il s’y engouffre,

et il milite pour le don d’organes…

une histoire de coeur…

M.G

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A dos d’oiseau, Maurice Fombeure.

142 poèmes regroupés,

sous 3 sections,

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elles-mêmes subdivisées :
SILENCES SUR LE TOIT / CHANSONS DE LA GRANDE HUE / BRUITS DE LA TERRE.

Un amoureux de la langue,
recueil inauguré par une dédicace de Paul Claudel,
élogieux,
« Quand on aime de tout son coeur la bonne vieille terre française, les villages français, les petites villes françaises, toutes les choses et tous ces êtres autour de nous qui parlent français, un certain français, un certain vers français, clair et gai comme du vin blanc, et aussi adroit et prompt dans son empressement dactylique que le meilleur Verlaine.La veine de Villon et de Charles d’Orléans. »
Cet hommage à la terre française s’expose par les mots:
de la »cocarde »,du « coq », « pays natal » Bordeaux » « de la musette »,
références qui frôlent le céleste, les « cieux » et « étoiles » « la Grande Ourse » parsèment le recueil …

Un terrien donc, attaché à ses valeurs, de la simplicité, poésie franche, détachée du cérébral et des fioritures,

un retour aux sonorités, le poète pousse la chansonnette et ouvre son regard, porté vers le ciel, il déploie, survole et s’enthousiasme, à dos d’oiseau…
Et puis moi, qui adore les mythologies et cosmogonies en tout genre, je  suis servie, « Jason » Ulysse », » les sirènes »..

« CHANSON POUR DEUX SIRENES

Si je retrouve
Rémulus et la Louve,
Allez-vous-en
Gens des pays pisans,

J’ai le coeur en coeur et la bouche en bouche,
J’ai le coeur en bouche et la bouche en coeur. »….etc…p.31

Certains poèmes sont dépourvus de destinataires mais d’autres le sont, nommément les amis et complices, « à Jean Cocteau » « A.C » A Francis Bout-de-l’An », sans oublier « les femmes « A Carmen » etc…

« JASON
à Jean Cocteau

Quand les douaniers l’arrêtèrent,
Il fumait une pipe en terre.

Il leur dit, le rire mauvais :
« Si l’on vous demande où je vais,
Vous direz que je suis Jason. »

_C’était l’Homme de la Toison.__
(Mais, sans carte d’identité, Il fut tout de même arrêté) ».p.23

Extraits choisis :

« ENFANTS TERRIBLES

Les parents
sont étranges
Pour leurs en-fants–chers anges

Quand ils naissent,
Ils les fessent.
Quand ils meurent,
Ils les pleurent ».p.16

N.B : Maurice Fombeure reçut le Grand Prix de Poésie de la Ville de Paris en 1958 et le Grand Prix de Poésie de l’Académie française en 1980.

Pour finir, celui-ci :

« IMPOSSIBLE ESSOR

Vers une pureté
Impossible et secrète,
J’ai beau chercher ma route
Dans un désert d’orgueil….etc…. » p.193

M.G

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Petit Pays, GaËl Faye.

Petit pays…Résultat de recherche d'images pour "petit pays 4ème de couverture"

c’est la nostalgie enfantine retrouvée, avec une certaine pudeur, un arrière-goût de madeleine proustienne, les mangues, la terre battue, « l’impasse » de Gabriel, l’innocence d’abord..puis il faut bien grandir, quand la guerre frappe à sa porte…impossible d’y échapper, pas de noirceur pour autant, un premier roman touchant, fluidité dans l’écriture…

Petit Pays,

affectueux,

« Burundi,

1992.

Gabriel a 10 ans.

Il vit dans un confortable quartier d’expatriés avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite soeur Ana.

Alors que le jeune garçon voit ses parents se séparer, la guerre civile se profile et, par vagues successives, la violence envahit le quartier ».Prix du roman Fnac 2016, prix du Premier roman français 2016, prix Goncourt des lycéens 2016. ©Electre 2017

Indéniable sens du romanesque, un premier essai réussi…qui me laisse quelque peu perplexe et quasi muette, (plutôt rare) alors je laisse parler Faye, « J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

La grande Librairie: pour complèter

Enfin, ma petite sélection :

« Avec le temps, j’avais appris à reconnaître leurs notes sur la portée musicale de la guerre qui nous entourait.Certains soirs, le bruit des armes se confondait avec le chant des oiseaux ou l’appel du muezzin, et il m’arrivait de trouver beau cet étrange univers sonore, oubliant complètement qui j’étais. « p184

« On rêvait beaucoup,on s’imaginait, le coeur impatient, les joies et les aventures que nous réservait la vie. En résumé, on était tranquille et heureux, dans notre planque du terrain vague de l’impasse ».p74

« Dans les provinces assoupies, rien de tel pour tuer le temps qu’un peu de sang à l’heure morte de midi. Justice populaire c’est le nom que l’on donne au lynchage, ça a l’avantage de sonner civilisé.p56/57″

« Nous vivons sur le lieu de la Tragédie. L’Afrique a la forme dun revolver. Rien à faire de cette évidence. »

M.G

 

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Petit hymne à cet objet du quotidien qui trouve grâce à mes yeux…et de saison, non?

Le parapluie, pépin,pébroque, riflard, abrège et protège notre peau des gouttelettes de pluie qui pourraient effleurer, de trombes intempestives pour peu que le vent ne fasse un allié de choix..

Digne héritier d’une symbolique religieuse, royale, il nous rapproche de la vôute céleste..à portée de doigts pour le pharaon égyptien, royal ..

 

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Source http://www.universalis.fr/encyclopedie/parapluie-histoire-de-la-mode/

C’est en 1622, dans les farces de Tabarin, qu’apparaît le mot parapluie, mais jusqu’à la fin du xviiie siècle les termes parasol et parapluie sont utilisés indifféremment l’un pour l’autre : parasol de toile cirée (donc contre la pluie) dans l’Inventaire du mobilier de la Couronne, 1673 ; parasol-parapluie de Jean Marius (1710) ; pour les dictionnaires de Richelet (1680) et de Trévoux (1771), le parasol « sert à se défendre du soleil et de la pluie », et le parapluie « sans sens bien défini, c’est tout au plus un parasol « .

Le parapluie et le cinéma :mythique !

https://youtu.be/U5GKrmtCAgo?t=8

Ah Pierre Richard ! que de rires et de maladresses..

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A l’accessoire indispensable, lumière sur…

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Peinture :Les Parapluies, Auguste Renoir

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Avec Magritte et les vacances de Hegel,1958

Ainsi, un parapluie et un verre d’eau s’approchent, se touchent, dialoguent. Ce tableau s’intitule Les vacances de Hegel (1958). Hegel n’est pas, à ce moment, présent dans sa bibliothèque, dans un amphithéâtre ou à son bureau ; il s’agit plutôt de vacances, de détente, de loisir. Il se promène probablement sous le ciel, dans la nature. Hegel peut à la fois boire l’eau d’un verre et écarter l’eau de pluie. Le parapluie pourrait protéger l’extérieur du philosophe ; le verre pourrait arroser l’intérieur du corps. Selon Hegel, la dialectique est « la marche de la pensée qui reconnaît l’inséparabilité des contradictoires (thèse et antithèse) ». Et la pensée circule par des thèses, des antithèses, des synthèses successives…

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Sous le parapluie, Farel.

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Aquarelle, 2014, Lana Moes

 

 Parapluie rouge, JP Douchez,  huile  sur toile Parapluie rouge JP DOUCHEZ tableau Peinture originale huile sur toile au couteau

au couteau.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand le parapluie

devient oeuvre d’art, source d’inspiration, suspend ton envol

 

 

 

 

 

 

 

Des originaux aux extravagants…

Les masculins..

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https://encrypted-tbn2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQE-e8HDwCE0w9VCQj-wUB-3I8Q_iR388WI0GyA_FhXksvMkylwTg

 

Les féminins, tout en douceur, pour s’abriter, le refuge..

.M.G

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Article mis en avant

Emma/Ecriture

Acte troisième

Emma,

les soubresauts au coeur,

ça commence à cogner dans la poitrine,

ça m’oppresse Emma,

je le sens accélérer ce pouls,

pam…pam…pamm….tu l’entends, j’ai toujours senti que tu pouvais l’entendre, un infrason…tous  les deux … diapason… Emma et Paul …ça résonne.

Emma, Emma, t’as pas le droit de m’abandonner …Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma. La première fois que je t’avais croisé au petit café, tu reluquais ton livre, absorbée comme follement éperdue dans ton univers, rien ne semblait t’atteindre Emma, quand tu lis tu es toute fascinée, intégralement prise dans l’histoire, j’en connais peu des filles comme ça, Emma.Tu ne m’a même pas vu, tu étais plongée, j’enviais cet intérêt qui ne semblait jamais te quitter. Tu levais à peine les yeux sur le monde qui t’entourait comme si tu avais toujours su qu’il ne te conviendrait pas, une occultation du réel. Tu avais cette façon de te mouvoir Emma..une élégante discrétion qui ne pouvait passer pour telle, je voyais bien Emma que tu voulais observer le monde, glisser subrepticement sur les choses, tu ne semblais pas réaliser l’effet que tu pouvais faire, de l’irradiation.Une certaine pudeur sans doute, mêlée à une craintivité certaine et, pourtant, Emma j’ai réussi une fois, j’ai attaché ton regard, je l’ai fait mien, capture fugitive et éternellement figée.Tu m’as fait un sourire, pas de ceux des plus évidents, il y avait même une certaine gêne entre nous, j’insistais avec ce regard et tu observais, mais semblais dans l’incapacité de te jeter, comme prisonnière d’un je ne sais quoi. Alors moi le grand timide, celui que les copains charriaient pour sa naïveté, j’avais une fois osé, j’avais profité d’une de tes errances dans un livre pour m’inviter à ta table, il t’avait fallu un temps qui m’avais semblé interminable Emma pour seulement réaliser que tu n’étais plus seule..et quand tu avais levé les yeux je m’étais complètement déballonné…Je m’étais levé sans mot dire et j’avais quitter la table, juste le temps d’entr’apercevoir tes prunelles.

 

Acte deuxième

J’étais rentré…Je n’attendais qu’une future occasion de revoir ces jolies prunelles.

De loin, j’avais largement eu le temps de peaufiner le tableau, une allure racée, des jambes fuseaux au galbe délicat entraîné par une ballade rythmique, la taille marquée comme un appel à t’enlacer, et ce french coat qui ne te quittait pas.

J’avais établi un plan de bataille : approche de la cible, j’ai refait mon petit numéro, je me suis invité à ta table, tu étais toujours absorbée, toujours sans mot dire..ça devenait doucement obsessionnel..ça ne me quittait plus, cette idée fixe..Apprivoiser la petite créature, ça m’a pris du temps..Tu acceptais désormais ma présence Emma, tu la tolérais, tant que le silence régnait, j’avais une fois tenté de te parler, et là, c’est toi qui t’étais levée…je m’étais retrouvé bête et désoeuvré pour tout dire, alors je n’avais pas recommencé…Je m’étais mis à emmener des objets, le premier, une feuille vierge de tout mot comme ce qui nous unissait,puis un ruban pour tisser le lien, et je dois dire j’ai été transporté, ivre de joie quand tu l’as saisi de tes  doigts pour le glisser le long de la page.Il devenait rempart ce livre, bouclier de ta réclusion et pourtant, le ruban…il était bien là le ruban. Toujours le silence, ça devait j’imagine, t’apaiser, mais tu conservais les objets, les alignais devant toi, ligne pacifique de ta tranquillité. Et puis, il y a eu ce jour, je n’oublierai jamais..

 

Acte premier

C’était devenu une routine, une joyeuserie, si j’ose dire, je me demandais quel serait le prochain objet, et je cherchais, je cherchais…puis….une évidence …Je suis arrivé fringant, enthousiaste, prêt à soulever des montagnes et à m’affranchir des silences, j’avais…

oui j’avais….

mais

j’avais pas tout prévu,

Emma,

j’avais envisagé des possibles, mais pas celui-là, j’ai pensé que cette fois-là je pourrai enfin délivrer ces lèvres d’un sourire,d’un mot, j’étais encore avec cette idée-là quand je me suis attablé, le bouquet de belladones fraîchement amassées, que j’avais maladroitement enrubanné et qui dissimulait ce petit mot, j’y ai cru  quand tu as levé les yeux,  tes lèvres ont commencé à remuer, je me suis dit intérieurement, Emma…J’avais le coeur à tout rompre, j’y croyais, j’y étais parvenu ! Enfin !Victoire!

Puis, les bruits sourds____assourdissants même, les rafales,

comme rifflés, les éraflures aiguës,

ébranlé,

tombé,

je te cherche, Emma où es-tu ? Emma? Emma?

Emma…

t’as pas le droit de m’abandonner….Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma.

Il bat moins fort maintenant, moins vite, il s’essouffle, sans doute,

parce que

tu as glissé comme faussement lascive le long de ta chaise,

je n’ai pas compris,

juste le temps de saisir ta main de la glisser sur mon coeur,de voir la panique et la terreur dans tes yeux, j’aurais voulu les ignorer tout comme les poinçons, ceux qui sont apparus,  noyés pourpre, quand les balles de kalach ont sifflé et percuté l’air,

celles qui ont interrompus notre tête-à-tête et qui t’ont si …cruellement blessée ce soir- là.

Alors, je t’ai accompagné Emma,

du mieux que j’ai pu, j’ai pris ta main et me suis tu, je laissais les résiliences

au coeur.

 

M.G.

P.S : Emma /MatmatahEmma /Matmatah,

toujours aimé cette chanson,

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