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Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Journal de bord des lectures, critiques et moments d'écritures

Jean Teulé, Le Magasin des suicides.

Le Magasin des suicides par Teulé

Si l’envie te prenait,

alors tu trouverais la boutique idéale,

contraste édifiant par cette belle couverture citronnée, sur-vitaminée,

et ce petit noeud coulant, nous voilà bien, amateur d’humeur grinçant, jetez-vous bien volontiers!

Un petit bijou,

de l’art du commerce

« -Qu’est-ce que vous vouliez, vous?!

-Une corde pour me pendre.

-C’est haut de plafond, là où vous habitez? Vous ne savez pas? Tenez, prenez ça : deux mètres devraient suffire, continua-t-il en sortant d’un rayonnage un lien de chanvre.Le noeud coulant est déjà fait. Vous n’aurez plus qu’à glisser  votre tête dedans…p.9″

c’est le monde à l’envers, les codes y sont, c’est renversant..et drôle..ce changement de perspective,

mais il faut bien le reconnaître, c’est difficile de fidéliser la clientèle..

Heureusement la famille Tuvache prospère avec cette entreprise familiale, et elle compte bien poursuivre ainsi..

Mais le petit dernier.il sourit toujours, il perçoit en toute chose un rayon de soleil..au grand dam des autres membres !

Et pourtant ce n’est pas faute d’essayer de lui montrer, une fois n’est pas coutume,

une adaptation de 2012, adaptation de Patrice Leconte :

157 pages chez Pocket, un vrai régal!

M.G

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La fin n’est que le début, Katarina Mazetti.

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« Linnea « a grandi,

18 ans, le bac, les rituels, les amours, les déceptions, les illusions perdues,

les débuts et les fins de tout,

des petits riens, des disproportions et des remises en question,

3ème épisode de cette héroïne,  plus de maturité,

après Entre Dieu et moi c’est fini, et Entre le chaperon rouge et le loup, c’est fini.

On retrouve la jolie plume de Mazetti que j’avais découverte avec Le Mec de la tombe d’à côté, c’est enjouée, un brin naïf et ça colle plutôt bien avec la période de l »adolescence, piquant sans être mièvre.

Dépaysante lecture suédoise qui ne manque pas de faire sourire et qui se lit bien, toute en légèreté :

 » L’amour? Ahhhh? soyez patients, je vais tout vous raconter.Si la vie continue comme ça, je ne sais pas dans quel état je vais franchir le cap des vingt-cinq ans.Alors Lancez le génétrique! P.10″ 

M. G

 

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Le mystère Henri Pick, Foenkinos David.

Afficher l’image source

C’était tout un mystère » ,En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination?
Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs. »

un peu désarçonnée par cette lecture que j’ai apprécié mais il m’a manqué un brin de poésie,« Quel est l’intérêt d’entreposer des livres dont personne ne veut ?
-C’est une idée américaine.
– Et alors ?
– C’est en hommage à Brautigan.
-Qui ça ?
-Brautigan. Vous n’avez pas lu -Un Privé à Babylone ?-
-Non. Peu importe, c’est une idée bizarre. Et en plus, vous voulez vraiment qu’ils viennent déposer leurs livres ici ? On va se taper tous les psychopathes de la région. Les écrivains sont dingues, tout le monde le sait. Et ceux qui ne sont pas publiés, ça doit être encore pire. (p. 19) 

j’ai aimé la Délicatesse,

Je vais mieux,

Le Potentiel…

Deserté un temps Nos Séparations,

adoré Charlotte.

L’idée est originale,« Selon lui, la question n’était pas d’aimer ou de ne pas aimer lire, mais plutôt de savoir comment trouver le livre qui vous correspond. Chacun peut adorer la lecture, à condition d’avoir en main le bon roman, celui qui vous plaira, qui vous parlera, et dont on ne pourra pas se défaire. Pour atteindre cet objectif, il avait ainsi développé une méthode qui pouvait presque paraître paranormale : en détaillant l’apparence physique d’un lecteur, il était capable d’en déduire l’auteur qu’il lui fallait »., entre la comédie et le polar, difficile même à définir, c’est sans doute cela d’ailleurs qui m’a quelque peu troublé.« A mesure que la publication approchait, et malgré les retours enthousiastes de libraires et de critiques, Delphine était de plus en plus stressée.C’était la première fois qu’elle ressentait une telle angoisse.Elle était toujours investie dans ses projets, mais le livre de Pick la propulsait vers une fébrilité inédite ; la sensation d’être sur le rivage de quelque chose de majeur. »p113.

Un joli hymne à l’écriture et au travail, à la lecture et à tous ceux qui compulsent et font vivre les livres, libraires, bibliothécaires…

m.g

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Les yeux couleur de pluie, Sophie Tal Men.

Les yeux couleur de pluie par Tal Men« Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie…(…..)
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant. »
Jacques Prevert « Barbara », Paroles .p.9

Couleur de pluie, vert-de-gris, gris bleuté peut-être,
de bruine bretonne
pour cette bluette,
romance dans la veine des « feel good », c’est agréable à lire, léger, idéal sur pour les vacances de préférence près d’une plage ou entre deux lectures plus périlleuses, même si j’ai trouvé les personnage peu crédibles, j’ai passé un bon moment de lecture avec Marie-Lou.
4 ème de couverture  : « Étudiante en médecine, Marie-Lou est, du jour au lendemain, affectée à Brest. Autant dire le bout du monde pour celle qui n’a jamais quitté sa Grenoble natale. Une nouvelle existence commence alors pour elle, loin des siens, de ses montagnes : il va falloir s’habituer au climat, à la région, à la collocation, aux collègues… Surtout, c’est l’insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans qui vont être confrontées à la dure réalité du monde hospitalier. Une nuit, elle croisera Matthieu, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie ?
Rencontres, passions, non-dits, péripéties drôles ou dramatiques… un plaisir de lecture, un roman sensible et plein de fraîcheur qu’on ne lâche pas. »

M.G
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Le vivarium de palindromes, Jacques Perry-Salkow.

A l’endroit,

à l’envers…à l’endroit, à l’envers.

Le vivarium de palindromes se visite à la manière d’un cabinet de curiosités dont on se régale,

dans lequel on se plaît à ERRER,

de pièce en pièce,

à visiter tel un dédale,

franchir le »VESTIBULE »P.13, la 1ère et 2ème SALLE, puis le restaurant, la 3ème et 4ème salle, et le VESTIBULE », structure même rappelant le palindrome par son parallélisme, sélection :

«  RUE VERLAINE : GENIAL REVEUR, »

Le vivarium de palindromes par Perry-Salkow

 

à » RIRE, PREDIRE, DESERTER, ERRER, ETRE, SE DERIDER, PERIR.

NI VIDE, NI VAIN, NI AVINE : DIVIN ».

car « ERRE TEL LE BAL ERRANT ET NARRE LA BELLE TERRE ! »p.27,

une allure baudelairienne dans « L’AMER VIN ENIVRE MAL »p.42,

hommage à Pérec évidemment,

« ET, IVRESSE, FALLAIT PUNIR CE CRI NUPTIAL, LA FESSER VITE ! » p.64 (et son développement que je ne divulguerai pas ..histoire d’attiser votre curiosité.

Bref, c’est excellent, drôle, rafraîchissant et plaisant, donc je recommande sans restriction aucune!

M.G

Une dernière

« ET ICI LE FASTE ET SA FELICITE »p.117.

 .

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Le Hall, Louis Michel de Vaulchier.

Je remercie Babélio et la masse critique …ainsi que les éditions Atelier de l’Agneau,Le Hall par Vaulchier

Je voulais expériMenter..faire l’expérience de

J étais curieuse . »de la poésie expérimentale??? »

Je fus décontenancée par cet univers un brin trop expérimental à mon goût .

 

Les variations de GraPhies et de pOliCes sont plaisantes.. .

Mais.. le rythme et la musicalité me manquaient..

Les formes sont.. .

Les thèmes aussi…(« Les encombrants »,p.48, »Parmi les rats », p.78, « Murmures de la peinture », p.91, »C-H-U-T-E-S », p.97, « Majuscules du cerveau », p.125, « C, I,O », P.132 sur le jeu des postures et du mouvement…)

« des centaines d’agrafes tordues tombées au 
fond/quantité de stylos sans bouchon/minuscules
brouillons refaits déchirés/photos découpées dans
des magazines/revues restées ouvertes à une page quelconque////enchevêtrements de glissés, pliés
remontant les pieds de la table, murmure des mots
grouillants, fourmilière, ils sont, les mots-sons sont,
ils sont raccourcis par perspectives et inclinaisons
diverses compliquées des retournements, comment
s’organisent-ils entre les premiers arrivés et les
retardataires, les recouverts, les estropiés, venus 
des lectures quotidiennes oubliées à tout jamais, 
des histoires petites et grandes, pas tellement
cependant, rien d’autre que lettres détachées
tombées en tas, tas de petits tas, quantité
de tas petits tas, tas – tas – tas, pas d’une
danse bloquée, ne restent que les points
les virgules et les couleurs coulées des
photos, mélangées, sèches à la longue,
1000 écailles de peintures, quantités
de particules d’anciennes histoires
englouties par l’aspirateur, trois
minutes d’apothéose exagérée
d’un ronflement, enfermées
dans un sac plastique avec
les poussières, mon dieu! »

Je crois que j ai des goûts plus traditionnels, classiques, je suis contente d avoir vu autre chose ma curiosité est satisfaite mais il manquait quelque chose.. Peut-être qu’ une autre forme m’ eut davantage convenu……

« Nous avançons

difficilement

tête baissée

regard

par en dessous

pliés

en deux

trop

de froid

lesol

craquant

poudre

ou cendre

ça crisse

mais pourquoi

« nous »

puisque

je suis

seul

à l’instant

je pénètre

à nouveau

dans le hall désert. »

p.124

 

Pour aller plus loin dans la démarche, se faire une idée…je joins un lien..M.G

 Poésie expérimentale, mise en image, 2012,tv poucet, Louis Michel de Vaulchier.

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Une belle histoire d’amour qui finit bien, Xavier DEUTSCH.

Une belle histoire d'amour qui finit bien par Deutsch

« Un homme et une femme
se promènent sur un chemin en devisant de toutes les choses qui
leur traversent l’esprit. Soudain, quelques pas devant eux, ils
voient un honnête petit caillou sur le sol. La femme, tout
occupée à disserter sur la question de savoir si on peut lire Le
Voyage au bout de la nuit en faisant abstraction de
l’antisémitisme de Céline, ou à dénigrer le brushing de sa copine
Josette,marche, ignore le caillou, passe sans le voir. L’homme,
quand bien même il serait au milieu d’une tirade portant sur
l’origine de la vie sur Terre, fera un écart et donnera un coup de
pied dans le caillou. Rien ne réjouit davantage le cœur de
l’homme qu’une belle trajectoire, nette, imposée à un caillou par
le bout de son pied. Si j’ai laissé ma femme répondre au
téléphone, c’est pour ça. Parce que j’appartiens à la deuxième
catégorie. »

Longues digressions de Paul, qui nous raconte sa jeunesse, un trio, une amitié solide, des jeux, les années passent…pour nous raconter sa belle histoire d’amour qui finit bien.

Paul : « L’expression « faire la fête » est l’une de mes plus détestées, elle est alourdie et connotée de tout ce que j’aime le moins au monde. « Faire la fête » évoque à mes yeux un mode forcé de divertissement, une contrainte imbécile à s’amuser quand je préférais, de beaucoup, me blottir dans la tranquilité d’un soir d’automne à lire un roman de Simenon ou à regarder une enquête de l’inspecteur Barnaby. « Faire la fête » appartient au champ sémantique du vacarme et de l’ennui.

Rondement menée, quoique______

surprenante sur le plan narratif, cette histoire ne finit pas de surprendre,  et m’a parfois fait rire par ses nombreuses références..

M.G

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Tais-toi et meurs, Alain MABANCKOU.

Injonction à l’indifférence, au désespoir.?
une seule devise,
comment pourrait-il en être autrement
En ce jour maudit ,
en ce vendredi 13,
p.7 prologue « Je ne suis pas seul dans cette cellule. Je la partage avec
Fabrice Lorient, un Français d’une quarantaine d’années,
lui aussi en détention provisoire pour, m’avait-t-il laissé
entendre, «une petite broutille de rien du tout». Je nesais pas ce que signifie «une petite broutille de rien dutout », mais lui, il est si confiant qu’il a juré de demander
réparation contre sa détention qu’il qualifie d’illégale. »
Puis marathon, course effrénée aux » ennuis « pour Julien Makambo, une histoire de destin, ou José Montfort, tout dépend qui le demande..le dédale de ce congolais recueilli par sa communauté, les « bonnes affaires » et les petits larcins, les tickets de métro  à la revente…Des tribulations dans les petits quartiers parisiens et Des petites combines à la défenestration malheureuse de cette fille…

Tais-toi et meurs par Mabanckou

Sur Julien, José…« 
Après sa besogne, il disparaît,
mais reprend vite son activité diabolique dans un autre
quartier, laissant aux policiers désemparés quelques
indices qu’on n’arrivera à recouper que quelques mois,
voire quelques années plus tard.
Moi je ne suis pas de ce monde-là. Ma vie n’est pas une
fiction, et mon histoire relève bien de la réalité.
À vrai dire j’ai toujours eu peur du sang, et cette phobie a créé en moi un comportement que certains taxeraient de risible s’ils ne s’en tenaient qu’à ce qu’ils ont entendu au sujet de cette affaire de la rue du Canada. Au
restaurant, par exemple, je ne mange pas de viande saignante, je ne regarde même pas dans l’assiette de celui
qui en mange, sinon j’aurais des vertiges et la nausée.Le ketchup, le jus de grenadine ou l’orange sanguine me retournent l’estomac. J’ai peur des cadavres; la première fois que j’en ai vu un de près, c’était justement le corps de cette fille de la rue du Canada.
Lorsque le juge des libertés a décidé de ma détention
provisoire je n’ai alors retenu que le mot «
provisoirparce qu’il laissait entrevoir une fenêtre ouverte tandis
que j’associais le mot «
détention
» à une lourde porte
métallique bien verrouillée de l’extérieur.
On souhaitait que j’identifie ces quidams, que je dise quel type de
relation j’avais avec eux et si je savais où ils se trouvaient.
Je balayais d’un revers de main ces photos, suscitant
l’exaspération du juge d’instruction et la colère de mon
avocat. Puisqu’on me posait les mêmes questions, moi je
répétais les mêmes réponses qu’ils enregistraient comme
si c’était la première fois que je leur parlais de ce qui était
déjà écrit noir sur blanc dans les dossiers et scrupuleusement stocké dans les ordinateurs. Au bout d’un moment je commençais à craquer, ne sachant plus si j’étais un per
sonnage de film américain ou si j’étais dans la vie réelle.
Mes réponses ne variaient pas malgré l’insistance de mes

interrogateurs. p.16″

Paradoxal « J’ai craint le pire : la liberté provisoire.Non, surtout pas ça.Je n’en voulais pas. Je n’en veux plus.J ne veux pas aller dehors et me jeter dans la gueule des loups qui m’attendent »p.220
car enfin..pas de possible, juste un impératif » Tais-toi et meurs »..
« Je déteste sa façon de me parler. Je ne suis pas son
enfant ou ce type de Nègre de l’époque coloniale à qui
il fallait tout expliquer par des synonymes. Cet avocat
se rappelle-t-il au moins que je suis allé à l’école et que
j’ai un baccalauréat en lettres et philosophie. »
Première lecture de Mabanckou, j’y retournerai bien volontiers, dans la veine du polar, efficace et fluide.
M.G
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Un clafoutis aux tomates cerises, Véronique de Bure.

Un titre qui sonnait estival,Un clafoutis aux tomates cerises par Bure

il faut dire que les titres longs ont la cote depuis quelque temps…

Il ne s’agit pas d’un livre de recettes,  sucré-salé, ce roman retrace la vie de Jeanne, quatre-vingt-dix ans, une jolie déclinaison au fil des saison de sa dernière année, version journal intime.

C’est assez inhabituel comme thématique, des moments drôles,

Jeanne et la technologie,

quand on se sent dépassé :

« On monte dans la voiture et on démarre. […] C’est mon fils qui conduit. Il me dit ce que je dois faire, où je dois appuyer pour écrire où je veux aller. Bien sûr, cet appareil tout simple [le GPS] est affreusement compliqué. J’écoute, je fais ce qu’il me dit, je m’applique, mais je sens bien que j’oublie tout au fur et à mesure. Au bout d’un moment, ça me fait tourner la tête. En rentrant à la maison, il a l’air content de moi. ‘Tu vois, ce n’est pas difficile, hein ? Tu as compris, tu vas t’en servir ?’ Je dis oui, sinon il est fichu de tout reprendre depuis le début. Une chose est sûre : si j’utilise ce truc-là, je ne me perdrai peut-être pas mais j’irai direct au fossé.
(p. 164-165) »

décalés,

une certaine justesse aussi,

entre les rendez-vous avec les copines de longue date, les parties de cartes endiablées, le quotidien du jardin et des repas de famille, les décès, les petits tracas…les aventures des voisins de la Fernande, de Marcelle et des incursions dans le passé et les souvenirs de Jeanne consignés,

« C’est étrange comme plus le temps passe et moins la mort me touche. Même celle des êtres les plus chers. Je crois qu’à force de voir les gens partir on s’habitue. On pleure des souvenirs, une solitude qui se dépose sur nos cœurs en couches de plus en plus épaisses, nous enveloppe et nous éloigne du monde. On est un peu entre deux eaux, entre la rive des vivants et celle des morts. Peut-être que celui qui part ne nous semble plus partir aussi loin. Il ne disparaît plus complètement, on le devine là-bas, au loin, mais plus si loin. Bientôt notre tour viendra d’aller le rejoindre. Peut-être est-ce pour cela que l’on est moins triste. Nous aussi avons commencé le voyage, l’autre a juste pris un peu d’avance. j’ai trouvé parfois quelques longueurs, un ode à la vieillesse » Bien sûr, avec les années mon visage s’est chiffonné, mais j’ai toujours le teint rose et mon regard sait encore s’allumer et pétiller, surtout après un petit verre de vin blanc ou une coupe de crémant. »

« et à la maturité

« Je ne deviens pas casse-pieds, je vieillis. » et » pourquoi, avec le progrès tout est-il si compliqué? « p.151.

Un joli portrait brossé, une forme inédite (on a davantage de journaux intimes de jeunes filles..) qui se lit bien, je regrette quelques longueurs simplement..M.G.

 

 

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Les crayons de couleur, Jean-Gabriel Causse.

Les crayons de couleur par CausseSi une envie de colorier te prenait,

de voir tout en couleur,

de fuir les noirs, les blancs, les gris tristounes, de sourire tout simplement alors

 

il faudrait alors lire ce petit poche ensoleillé,« Une couleur vous manque et tout le monde chromatique est dépeuplé ». l’intrigue est simple, pleine de facétie,

4ème :  « Elle, c’est Charlotte, aveugle de naissance et scientifique spécialiste de ces couleurs qu’elle n’a jamais vues », un comble,

Lui c’est Arthur, employé dans une fabrique de crayons de couleur, aussi paumé que séduisant »,

ensemble ils vont tenter de rendre au monde les couleurs qui ont disparu,

comme une sucrerie, un berlingot, une fantaisie, un  petit brin de folie dont je vous livre quelques morceaux.

« Les gamins du monde entier sont invités ou contraints à dessiner avec tous les crayons de couleur ou tubes de peintures en leur possession.Certains parents n’hésitent pas à réveiller leur progéniture en pleine nuit pour qu’ils s’exécutent.Des déséquilibrés sont chassés des écoles où ils s’introduisent, des crayons de couleur plein les poches. »p276 de loufoque ce livre

« Le ciel bleu, rougi par le soleil mais privé de certaines longueurs d’onde, a un aspect étrange.Il lui manque toutes les nuances de jaune, d’orangé, de brun et de violacé alors que la nuit est en train de tomber.p250

L’intrigue est prévisible, mais on se laisse très facilement emporter par ce petit arc-en ciel, jolies digressions colorées ..du pâlichon à l’intensité des couleurs que de nuances…M.G

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La fille qui lisait dans le métro, Christine Féret-Fleury.

Un petit poche de 176 pages au ton léger , assez court, idéal pour la saison, un hommage aux amoureux de la lecture, aux libraires, aux livres et à la littérature.

Le style est fluide,

la fille qui lisait dans le métro, celle qui arpente les rames  et erre au gré des stations,fine observatrice, puis la rencontre improbable avec Soliman, » l’homme livre  » en quelque sorte, sans compter le rôle de la filiation et de la transmission des textes.

Quelques extraits à emporter :

La fille qui lisait dans le métro par Féret-Fleury

« Il parlait des livres comme d’êtres vivants – d’anciens amis, de redoutables adversaires parfois, certains faisant figure d’adolescents provocateurs et d’autres de vieilles dames piquant leur tapisserie au coin du feu. Il y avait dans les bibliothèques, selon lui, des savants grincheux et des amoureuses, des furies déchaînées, des tueurs en puissance, de minces garçons de papier tendant la main à de fragiles jeunes filles dont la beauté se désagrégeait à mesure que changeaient les mots pour la décrire. Certains livres étaient des chevaux fougueux, non dressés, qui vous emportaient dans un galop effréné », le souffle coupé, cramponnés tant bien que mal à leur crinière. D’autres des bateaux voguant paisiblement sur un lac par une nuit de pleine lune. D’autres encore, des prisons. »

« Elle avait toujours aimé sentir les livres, les renifler, surtout quand elle les achetait d’occasion – les livres neufs avaient eux aussi des odeurs différentes suivant le papier et la colle utilisés, mais ils restaient muets sur les mains qui les avaient tenus, sur les maisons qui les avaient abrités; ils n’avaient pas encore d’histoire, une histoire bien différente de ce qu’ils racontaient, une histoire parallèle, diffuse, secrète. Certains sentaient le moisi, d’autres gardaient entre leurs pages des relents tenaces de curry, de thé, ou des pétales desséchés; des taches de beurre salissaient parfois la tourne, une herbe longue, qui avait joué le rôle d’un marque-page tout un après-midi d’été, tombait en poussière; »

« Vous connaissez le principe des livres voyageurs, reprit-il après quelques secondes de silence. C’est un américain, Ron Hornbaker, qui a créé, ou plutôt systématisé le concept en 2001. Faire du monde une bibliothèque…Une belle idée, non ? On dépose un livre dans un lieu public, gare, banc de square, cinéma, quelqu’un l’emporte, le lit, le lâche à son tour, quelques jours ou quelques semaines plus tard, ailleurs. (p. 34) »

Un livre qui se lit comme une curiosité…M.G

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Terres, pouvoirs et conflits, une agro-histoire du monde, Pierre BLANC.

Je remercie Babélio et sa masse critique une nouvelle fois pour ce titre remporté ainsi que les éditions SciencesPo les presses.

Cinq chapitres géographiques au travers desquels sont étudiés les mécanismes et rouages de l’inégalité d’accès à la propriété, et ces incidences depuis l’insurrection aux révolutions.
La vieille Europe, les Amériques, l’Asie, le Moyen Orient et l’Afrique pour finir à la lumière du prisme agraire et des recherches actuelles.

375 pages particulièrement denses,
bien documentées,
techniques mais intéressantes,qui peut ravir les passionnés et fous d’histoire, le style est universitaire et tient davantage à une somme pour un amateur que d’un roman, suffisamment conséquent  pour embrasser les enjeux géopolitiques actuels.

M.G

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Une petite robe de fête, Christian Bobin

4 ème « Celle qu’on aime, on la voit s’avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue – comme une étoile au point du jour. À vous voir, une clairière s’ouvrait dans mes yeux. À voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu. Avec le regard simple, revient la force pure. »Une petite robe de fête par Bobin

J’avais déjà rencontré Bobin avec L’Inespérée, lu et relu avec plaisir,

aussi j’étais ravie de trouver ce recueil de neuf nouvelles, inégales, une page, deux, un paragraphes,

un sens de la formule et de l’image,

un moment de grâce et de baume, Bobin.

Ce recueil reste court (91 pages) à mon goût, comme inachevé, ou à la manière d’un « fragment » éclairant que l’on peut combiner à d’autres…

Au commencement était « Une histoire dont personne ne voulait » p.13, et pour conclure sur »Une petite robe de fête »,p.81 sans prétention aucune.

Extrait choisi :

« Dans le moulin de ma solitude, vous entriez comme l’aurore,
vous avanciez comme le feu.
Vous alliez dans mon âme comme un fleuve en crue.
Et vos rives inondaient toutes mes terres.
Quand je rentrais en moi, je n’y retrouverais rien :
là où tout était sombre, un grand soleil tournait.
Là où tout était mort, une petite source dansait.
Une femme si menue qui prenait tant de place
: je n’en revenais pas.
Il n’y a pas de connaissance en-dehors de l’Amour.
Il n’y a dans l’amour que de l’inconnaissable. »

p.86

In fine, il reste agréable mais je suis moins enthousiaste qu’avec l’Inespérée.. »Au sortir d’un grand livre vous connaissez toujours ce fin malaise, ce temps de gêne. Comme si l’on pouvait lire en vous. Comme si le livre aimé vous donnait un visage transparent – indécent : on ne va pas dans la rue avec un visage aussi nu, avec ce visage dénudé du bonheur. Il faut attendre un peu. Il faut attendre que la poussière des mots s’éparpille dans le jour. »

M.G

Article mis en avant

Tu devras choisir, Samantha KING.

Tu devras choisir par King

Premier roman dans la veine des thrillers, de Samantha King,  anglaise,

mère de deux enfants,

qui après l’édition s’est lancée dans l’écriture,

350 pages,

pour investir le psychisme de cette mère de famille traumatisée par un dilemme qui la hante,

Aiden et Annabel , Aiden ou Annabel ?

Face à la menace de cet homme qui s’est introduit à l’aube des 10 années de ses chérubins, et qui lui ordonne de faire un choix, » Et là, le choc.La dévastation..Tout mon corps tétanisé d’horreur.p.285″

comment Madeleine peut-elle sacrifier l’un des jumeaux,

« Et voilà..parfait! Inconsciente de la tragédie qui se nouait, du mal qui guettait notre famille ordinaire et sans histoires, j’ai même souri en enfonçant la dernière bougie dans le glaçage bleu de l’énorme gâteau d’anniversaire en forme de piscine(…).Ce serait le clou de leur piscine party, cet après-midi.p.10 »

qu’est-ce qui motive cet homme?
Madeleine sait que le choix a été fait, elle doit vivre avec, survivre plutôt, mais il lui manque des pièces du puzzle, cette amnésie, ces souvenirs fatidiques oubliés sèment le doute et la désoriente..Pourquoi ne parvient-elle pas à se souvenir..ces bribes..ces absences…que révèlent-elles ?
« Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas éprouvé autant de sensations physiques, tant j’étais anesthésiée par le chagrin. Maintenant, au moins, je suis consciente de la douleur. C’est une sorte de progrès, même si je m’en inquiète. Mon système immunitaire étant affaibli par le stress, j’ai peut-être développé une espèce de maladie débilitante. »
Un joli jeu de pistes entre réalité, rêves et hypothèses, parfois tortueux mais on se laisse bien prendre le rythme.
M.G
Article mis en avant

Electre, de Sylvie Gérite, illustrée par Daniele Catalli.

Reçu dans le cadre de la dernière masse critique littérature jeunesse,

je remercie Babélio, et les éditions amaterra,

Electre - Justicière par Gerinte
48 pages joliment illustrées,

«  Près de la porte du palais, une troupe de femmes horribles s’est massée en murmurant. Leurs cheveux sont entremêlés de serpents, leur dos voûté porte deux ailes noirâtres et leurs griffes sont armées de fouets.  »

des tons chauds, vifs, agréables,

graphisme assumé par des lignes fortes, de l’orangé, du noir essentiellement et une belle entrée en matière pour ce grand classique .

« Electre revoit en pensée le visage trop lisse de sa mère, Clytemnestre, près du corps inanimé, et l’air satisfait d’Egisthe, le fourbe, le lâche cousin d’Agamemnon qui occupe désormais le trône.p.7″.
Une collection qui veut initier aux « grands personnages à hauteur d’enfant » et qui y réussit, sans conteste, cette version s’attache à Electre » justicière », Electre la vengeresse qui s’oppose à Clytemnestre ,simplifiée certes, mais l’on retrouve les traits de tragédie, les personnages Iphigénie, Oreste,

l’idée d’une malédiction, l’honneur,  les références mythologiques comme le sanctuaire de Delphes, et est abordable.

Le chapitre 1 commence par un portrait d’Electre et la tragédie est amorcée par le rappel des faits,

p.28 la mort étrange, brutale d’Agamemnon, la tristesse et le travail du deuil relayée ensuite par les intuitions données par les songes d’Electre renforcée par la tonalité élégiaque « ô le plus doux des jours!ô mon frère bien aimé ! ». Le dernier chapitre (8) s’achève sur la justice rendue aux dieux et aux offensés et au retour à la paix de la Cité.

J’ai apprécié p.48, in fine les références aux grands auteur à Eschyle, Sophocle, Euripide et évidemment Giraudoux, donc une belle découverte qui peut laisser une entrée sur la tragédie.

M.G

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On la trouvait plutôt jolie, Michel Bussi.

 

 C’était plutôt chouette!

 C’était plutôt chouette!

On la trouvait plutôt jolie par Bussi

« – Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l‘essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.

Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire. »

462 pages et deux jours pour le dévorer,

réminiscences de contes, du chasseur et de la proie,

Bussi a l’art et la manière d’entraîner et de bousculer son lecteur,

 

un joli rythme haletant et un dépaysement garanti dans l’univers impitoyable des migrants

« Mais je ne rentre pas dans les cases, Ruben. Célibataire. Salaire de misère. Les offices HLM me proposent des studios, des F1 au mieux. Vous comprenez, madame Maal, on réserve les F2, les F3, les F4 aux familles. C’est aussi stupide que cela, Ruben. Sans enfants, je ne peux pas prétendre à un logement plus grand. Et sans logement plus grand, je ne peux pas faire venir mes enfants. (Elle laissa à nouveau échapper un petit rire désabusé.) Le type qui a inventé ça, c’est un génie. »et de leur lourd périple, sans tomber dans le pathos

« Attention, je te parle des migrants, là, pas des réfugiés.

— C’est quoi la différence, patron ?

Petar observa son adjoint, amusé. Julo devinait qu’il en avait souvent discuté à la terrasse des cafés et que son argumentaire était bien rodé.

— Rien de plus simple, gamin ! Les réfugiés sont les gentils, ils fuient la guerre dans leur pays, on doit avoir pitié d’eux, on a le devoir moral de les accueillir, la France est une terre d’asile ! Les migrants, eux, ce sont les méchants, ils veulent nous envahir, ils sont seulement pauvres, mais des pauvres, on en a déjà assez chez nous.

Pas évident, une gageuse pour Bussi qui choisi cet univers, et c’est plutôt, plutôt réussi il faut bien le dire,

« On accueille les réfugiés politiques et on vire les migrants économiques. Et ne viens pas me demander pourquoi on a le devoir d’accueillir un gars qui crève de peur chez lui et pas un gars qui crève de faim. »

restant dans la veine du polar,

des homicides sordides,

des secrets,

dont on rassemble progressivement les pièces de puzzle à mesure que Leyli se livre.

M.G

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La liseuse, Paul Fournel.

L’on pourrait croire que c’est l’histoire d’une fille qui lit..inlassablement,

si l’on se fiait uniquement au titre..et l’on s’y tromperait !

Et c’était assez drôle, j’y pensais quand je constatais que j’étais prise en photographie samedi dernier, plongée dans le lecture de la liseuse, une sorte de mise en abyme .

Puisque la liseuse perd de son humanité,

qu’elle s’empare de la querelle,

qu’elle indispose,

qu’elle préfigure la mort de l’imprimé, de l’objet livre auprès de Robert Dubois, éditeur qui rechigne à s’en saisir tant elle lui semble incongrue, cette « vulgaire » tablette électronique, 

« Il la regarde, il la soupèse, l’allume et sa vie bascule.Pour la première fois depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c’est comme si son coeur se fendait en deux. »

p.13/ 14 :  la rencontre de l’objet

« – Comme un bouquin ?

-Oui, c’est le côté ringard du truc.Une concession pour les vieux. Quand on se souviendra plus des livres, on se demandera bien pourquoi on avance comme ça.Autant défiler vertical. Scroller. Ce serait plus logique.

-C’est Kérouac qui va être content. »

Du noir mat, du noir glauque (au choix), du lisse, du doux, du vitré, du pas lourd.Je soupèse.

Je la pose sur le bureau et je couche ma joue dessus.Elle est froide, elle ne macule pas.Rien ne laisse à penser qu’elle a tous les livres dans le ventre.Elle est juste malcommode : trop petite, elle flotte dans ma serviette, trop grande, elle ne se glisse pas dans ma poche.

En fait, elle ressemble à Meunier, Le grand patron, elle est inadaptée. »

J’ai bien ri à ce passage  » -730 grammes sans la couenne, mon vieux Robert! (…) 

« 730 grammes.Hugo+Voltaire+Proust+Céline+Roubaud, 730 grammes.Je vous rajoute Rabelais? 730 grammes.Louise Labé? 730 grammes » P.223″ 

Mais puisqu’il faut vient vivre avec son temps pour ne passer pour un vieux con, pour être « in » et suivre le tempo, Dubois s’y fait.

Un très beau passage sur l’artichaut, inattendu,

certes, mais étonnante description p.30…

Mais la plus belle surprise apparaît dans la postface,

qui évoque la contrainte oulipienne qu’adopte Fournel pour ce texte

« qui épouse la forme d’un sextine, forme poétique inventée au XIIème siècle par le troubadour Arnaut Daniel.Il en respecte le nombre de strophes et la rotation des mots à la rime.(…) »

Je ne vais tout de même pas tout dévoiler quand même…si ce n’est…. que « l’ensemble constitu(e) un poème de 180000 signe et blancs. »

Un joli tour de force que d’évoquer toute en légèreté la concurrence entre la liseuse, le progrès technique et la résistance du  vieux livre papier dans le monde des éditeurs et du tirage, du cartable, de la pesanteur, car pour Dubois, « Bien bourré le vendredi soir, il avait le juste poids du travail.Celui qui fait que mon épaule gauche est un peu plus basse que la droite. Déformation professionnelle. Quasimodo. »p.15.

 

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Famille parfaite, Lisa GARDNER.

Famille parfaite par Gardner

2ème lecture de Gardner à mon actif et j’avoue avoir été davantage enthousiasmée que le précédent.

Mieux ficelé,

plus machiavélique,

plus dense,

Gardner joue sur le plan du psychologique, des non-dits, de l’affrontement, des rancunes familiales, et des secrets inavoués,

j’imagine aisément une adaptation sur les écrans.

Les Denbe incarnent « la famille parfaite », vitrine du glamour et dont on pourrait envier la vie de rêve,

simplement, et si cette belle vie,

si…ce vernis se craquelait, si le sol se dérobait..

et si..toute la famille la plus en vue disparaissait du jour au lendemain, sans trace, sans indice, juste comme ça..

Ce pourrait être inquiétant, rudement inquiétant, même,

ça pourrait rappeler certains faits divers sordides

. »Les gens sont tous égaux devant la violence. Peu importe leur niveau de fortune, leur milieu social, leur métier. Un jour, elle vient simplement les chercher. »

Il fallait oser la disparition d’une famille en totalité, un thriller haletant,

qui fait grandir crescendo les inquiétudes du lecteur, entre trahisons et manipulations.

« Sincèrement, c’est plus difficile d’interroger des ados que des mafiosi. Soit elles serrent les rangs, soit elles vous abreuvent de tellement de ragots qu’on ne sait plus à quoi s’en tenir.
(p. 309) »

Je ne donnerai aucun indice sur le final pour préserver les futur(e)s lecteurs et conserver le suspense.

« La douleur a un goût. La question, c’est de savoir celui qu’elle a pour vous. »La douleur a un goût. La question, c’est de savoir celui qu’elle a pour vous.

« Le silence est la meilleure des démonstrations de force. »

Merci Julie tu l’as bien choisi, un bon thriller que je recommande.

M.G

 

 

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La tresse, Laetitia COLOMBANI.

La tresse,

sans vendre la mèche,

ce roman polyphonique offre un entrelacs de portraits de femme,

de la condition féminine sur trois continents,

d’un destin étriqué et une rage de vivre et de se révolter.

Le lecteur alterne avec « Smita »,

l’Intouchable …peu enviable, le joug des castes, le karma, l’insignifiance et le rien,

« Puis elle prend son panier de jonc tressé, ce panier que sa mère portait avant elle et qui lui donne des haut-le-coeur rien qu’à le regarder, ce panier à l’odeur tenace, âcre et indélébile, qu’elle porte toute la journée comme on porte une croix, un fardeau honteux.Ce panier, c’est son calvaire.Une malédiction.Une punition. Quelque chose qu’elle a dû faire dans une vie antérieure, il faut payer, expier, après tout cette vie n’a plus d’importance que les précédentes, ni les suivantes, c’est juste une vie parmi les autres, disait sa mère.C’est ainsi, c’est la sienne.C’est son darma, son devoir, sa place dans le monde. »p.16,

ça m’a rappelé une lecture qui m’avait fort impressionnée

Dans la peau d’un intouchable de Marc Boulet, dont je vous livre la 4ème :

« Qu’éprouve-t-on réellement lorsqu’on vit au degré zéro de la misère humaine ? Que signifie être mendiant et intouchable dans l’Inde moderne ? Que ressent-on au plus profond de soi-même lorsqu’on devient pur objet de mépris, poussière anonyme dans la multitude humaine ? C’est en obéissant à des curiosités de cette sorte que l’auteur de ce livre a choisi de vivre une extraordinaire expérience.

Après avoir appris l’hindi, s’être fait foncer la peau et teindre les cheveux, Marc Boulet s’est mêlé pendant plusieurs semaines aux mendiants et intouchables de Bénarès en Inde. Il a mendié à leur côté, a partagé leur condition et souffert des mêmes humiliations. Dans ce livre, il remet en forme des notes qu’il a prises pendant ces longues semaines.

Un témoignage sans équivalent mais aussi un portrait sans complaisance de l’Inde moderne qui demeure largement gouvernée par le système des castes pourtant aboli par la constitution.

Marc Boulet, né à Paris en 1959, est journaliste indépendant. Il est diplômé des « Langues O » et parle l’albanais, l’anglais, le chinois, le coréen, l’hindi et
l’italien.et parle l’albanais, l’anglais, le chinois, le coréen, l’hindi et

l’italien. »

puis,

vient « Giulia », la sicilienne,

fidèle porteuse de l’héritage familial, tributaire de l’atelier qu’elle aime, soucieuse de ne pas trahir l’esprit de l’entreprise familiale et du « papa » et dont on sent la prégnance d’une tradition toute patriarcale.

« Quelle autre issue? Va-t-elle accepter que sa mère et ses soeurs se retrouvent à la rue? La vie est cruelle, se dit-elle, de faire ainsi peser sue ses seules épaules le poids de sa famille entière »p.151...

et, « Sarah » la canadienne, l’amazone, l’indomptable, celle qui s’est presque enfermée dans un rôle de working girl parfaite, infaillible, irréductible,

« Pour l’instant, tout va bien. Tant qu’on n’en parle pas, ça n’existe pas. p.61″ jusqu’à ce qu’elle soit touchée par la maladie. »

 

« Je ne suis qu’un maillon de la chaîne,

Un maillon dérisoire, mais qu’importe,

Il me semble que ma vie est là,

Dans ces trois fils tendus devant moi,

Dans ces cheveux qui dansent

Tout au bout de mes doigts. »p.222

 

 

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Présentation par l’auteure,

avec la librairie Mollat :Laetitia Colombani vous présente son ouvrage « La tresse » aux éditions Grasset. Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2059037…

 

Une belle lecture qui ne peut laisser de marbre, un premier roman prometteur bien mené « Demain je me remettrai à l’ouvrage. D’autres histoires m’attendent. D’autres vies.D’autres pages. p.222. »

M.G

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Pause…polar..Lisa GARDNER, La fille cachée.

Premier polar avec cette auteure américaine pour moi,

publiée dans 30 pays et dans la veine des thrillers.

La fille cachée n’appartient à aucun cycle, Gardner reprenant ses personnages au cours d’enquêtes, même si j’ai pu faire la connaissance de Pierce Quincy comme sommité dans le profilage..

 

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4ème…

Ce que j’en ai pensé…

J’ai passé un bon moment de lecture, toute fraîche,

les 470 pages se lisent bien et plutôt vite,

« -Vous pouvez laisser la lampe allumée, si vous le désirez.

-Ça ira. Je suis une grande fille. Je n’ai plus peur dans le noir.

-Une grande fille ? Moi, je suis un agent du FBI et les agents du FBI sont tous des couards. Je vous assure qu’il n’est pas un inspecteur vivant qui ne dorme sans veilleuse. »

je regrette cependant une certaine prévisibilité qui laisse entrevoir le dénouement et des personnages plus proches des stéréotypes ( famille américaine aisée, genre « la belle vie « , rêve américain….) que de l’authenticité, « Ravir à autrui ce qu’il possède, tout simplement parce que ça lui appartient. C’était à la fois de l’insensibilité, de la cruauté et pire. »

certains passages auraient mérité plus de développement « On a invariablement ce qu’on mérite » et parfois une impression d’alambiquée qui dessert le scénario.

Pour autant, je compte poursuivre avec Gardner et un prochain titre à venir..mais Thilliez et Bussi m’attendent aussi…

D’autres titres…Gardner : pour aller plus loin,

Sources : Albin Michel,

Livre de Poche,Babélio,

Site de l’auteur https://www.lisagardner.com

https://polar.zonelivre.fr/lisa-gardner-biographie-et-bibliographie/

BIBLIOGRAPHIE

DÉTECTIVE D.D. WARREN

  1. Disparue (Albin Michel en 2008, Livre de Poche en 2010) Alone
  2. Sauver sa peau (Albin Michel en 2009, Livre de Poche en 2011) Hide
  3. La maison d’à côté (Albin Michel en 2010, Livre de Poche en 2012) The Neighbor
  4. Les morsures du passé (Albin Michel en 2012) Live to Tell
  5. Preuves d’amour (Albin Michel en 2013, Livre de Poche en 2015) Love you More
  6. The 7th Month (USA- Nouvelle)
  7. Arrêtez-moi (Albin Michel en 2014, Livre de Poche en 2017) Catch Me
  8. Fear Nothing (USA 2014)
  9. 3 Truths and a Lie (short story) (USA 2016)
  10. Lumière noire (Albin Michel 2018) (Find Her – USA 2016)

SÉRIE FBI PROFILER

Parmi les personnages récurrents : Pierce Quincy et sa fille Kimberly Quincy, aidés par Rainie Conner, ancienne avocate devenue enquêtrice privée.

  1. Jusqu’à ce que la mort les sépare (L’Archipel en 2000, Archipoche en 2001) The Perfect Husband
  2. Tu ne m’échapperas pas (L’Archipel en 2003, Livre de Poche en 2005) The Third Victim
  3. La vengeance aux yeux noirs (L’Archipel en 2004, J’ai Lu en 2006, Livre de Poche en 2015) The Next Accident
  4. The Killing Hour (USA)
  5. Disparue (Albin Michel en 2008, Livre de Poche en 2010) Gone
  6. Derniers adieux (Albin Michel en 2011, Livre de Poche en 2013) Say Goodbye

Série Détective privée Tessa Leoni

  1. Preuves d’amour (Albin Michel en 2013, Livre de Poche en 2015) Love You More
  2. Famille parfaite (Albin Michel en 2015, Livre de Poche 2018) Touch & Go
  3. Le Saut de l’ange (Albin Michel en 2017) Crash & Burn

AUTRES ROMANS POLICIERS

  • La fille cachée (L’Archipel en 2001, Archipoche en 2002) The Other Daughter
  • The Surivors Club (USA)
  • I’d Kill For That (USA)

SOUS LE NOM D’ALICIA SCOTT (liste non exhaustive)

  • Maggie’s Man (USA)
  • MacNamara’s Woman (USA)
  • Brandon’s Bride (USA)

 

M.G

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Antigone, Sophocle/théâtre/5/5.

Dernière représentation cette année,

après le 4 ème mur et l’évocation d’Antigone version Anouilh,

j’enchaîne avec celle de Sophocle, comme un cycle..

un goût..certain… pour le tragique, enfin n’est-ce pas ce que l’on peut attendre du théâtre, un retour aux sources?

« ANTIGONE. –

Fais ce que tu veux, mais moi, je l’ensevelirai, et il me sera beau de mourir pour cela. Ayant commis un crime pieux, chère je me coucherai auprès de qui m’est cher ; car j’aurai plus longtemps à plaire à ceux qui sont sous terre qu’à ceux qui sont ici. »

Traduction et adaptation Philippe Demain

avec Delphine Bechetoille, Christine Berg, Valentin Boraud, Jean-Michel Guérin, Camille Plocki, Stephan Ramirez, Gisèle Torterolo, Jean-Louis Wacquiez

mise en scène Christine Berg

dramaturgie Philippe Demain

scénographie i&mt lumières Jean-Gabriel Valot

costumes Françoise Kepler

régie plateau Morgane Barbry et Baptiste Nicoli

construction du décor Florent Gallier

administration Fabienne Christophle/G.E.F.

Coproduction ici et maintenant théâtre/Grand Théâtre de Calais/Espace Jean Vilar de Revin.

La cie Ici et maintenant théâtre est conventionnée avec le Conseil Régional Grand Est et la Ville de Châlons-en-Champagne. Projet soutenu par le Conseil Départemental de la Marne et la DRAC Grand Est (Aide à la production).

Avec la participation du Jeune théâtre national.

« KRÉÔN.

Et ainsi, tu as osé violer ces lois ?

ANTIGONÈ.

C’est que Zeus ne les a point faites, ni la Justice qui siège auprès des dieux souterrains. Et je n’ai pas cru que tes édits pussent l’emporter sur les lois non écrites et immuables des dieux, puisque tu n’es qu’un mortel. Ce n’est point d’aujourd’hui, ni d’hier, qu’elles sont immuables ; mais elles sont éternellement puissantes, et nul ne sait depuis combien de temps elles sont nées. Je n’ai pas dû, par crainte des ordres d’un seul homme, mériter d’être châtiée par les dieux. […

Et si je te semble avoir agi follement, peut-être suis-je accusée de folie par un insensé. »

Une jolie mise en scène,

toute en modernité, il faut bien l’avouer, Antigone dépoussiérée n’a rien perdu de son charme,

effrontée comme toujours,

au coeur de conflits et d’un véritable destin individuel dépassant très largement la polis grecque, un moment de révolte bien servi par le jeu des comédiens.

MG

 

 

 

 

Pour aller plus loin, le lien vers le dossier de presse : http://www.theatredelamadeleine.com/images/programme/annee-2017-2018/antigone/antigone-ici-et-maintenant-theatre-presse.pdf.pdf

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Désolée, je suis attendue, Agnès Martin-Lugand.

Désolée, je suis attendue par Martin-Lugand

Mon 4ème,

après Les gens heureux lisent et boivent du café, Entre mes mains le bonheur se faufile, et La vie est facile ne t’inquiète pas…

Désolée, je suis attendue, un leitmotiv pour Yael,

figure emblématique de l’ambition,

ce n’est pas Rastignac c’est certain,

une obsession,

s’engouffrer corps et âme dans la carrière professionnelle

« J’aime être pressée, overbookée, demandée, connectée…ça me permet de respirer. « 

quitte à oublier__________

l’essentiel

ou à fuir

dans la représentation et le jeu social,

quitte à vivoter, davantage attaché à des automatismes et à la préservation de soi.

« Le monde, les autres n’existaient plus, je n’avais plus aucune notion de ce qui était bon, mal juste ou injuste. Mon existence se résumait au prisme des informations délivrées par cette chose inanimée, sans émotions. J’étais une coquille vide de tout, sans considération(…) « 

Quelque peu émoussé dans le style, j’ai été moins emballé par ce roman que j’ai trouvé plus prévisible, plus répétitif,

avec quelques longueurs même,

le personnage de Yael me semble moins fouillé,

j’ai cependant apprécié le rappel à Iris d’Entre les mains le bonheur se faufile. »Sans plus se préoccuper de moi, il retourna à son écran. Avant de partir, je repassai dans mon placard à balais récupérer mon sac. Comme un automate, à moitié sonnée, je pris le métro et m’écroulai sur un strapontin. Qu’est-ce qui venait de me tomber sur la tête ? « 

M.G

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Le 4ème mur, Sorj CHALANDON/théâtre/4.

Dernier spectacle vu, 29 mars,

Adapté du roman de SORJ CHALANDON,

Création 2016

Sur une idée originale de Thierry Auzer et Luca Franceschi

direction artistique Thierry Auzer

adaptation et mise en scène Luca Franceschi

composition musicale Nicolas « TIKO » Giemza

chorégraphie Fanny Riou

avec Samuel Camus, Mathilde Dutreuil, Salla Lintonen, Yannick « YAO » Louis, Nicolas Moisy, Alexandra Nicolaïdis décors Thierry Auzer et Vincent Guillermin

création lumières Antoine Fouqueau

costumes Laurence Oudry

Production théâtre des Asphodèles.

Avec le soutien de l’ADAMI, Ville de Lyon, Région Auvergne Rhône-Alpes.

theatre-des-asphodeles-le-quatrieme-mur-theatre-de-la-madeleine
« L’idée de Samuel est belle, utopique. Monter Antigone en pleine guerre au Liban en rassemblant sur scène des comédiens issus de chaque camp belligérant, afin de « donner à des ennemis une chance de se parler », de « les réunir autour d’un projet commun ».
En adaptant le roman de Sorj Chalandon avec une mise en scène à la croisée de disciplines urbaines, la Cie des Asphodèles questionne l’utilité de l’art dans la société, avec l’énergie et l’inventivité propices à l’éclosion d’un univers poétique et sensible qui soit aussi une fenêtre ouverte sur le monde. »

Jolie représentation contemporaine, arrière fond marqué par du beatbox,

tragédies en toile de fond  et de sa mécanique impitoyable,

enfermé entre 4 murs,

(guerre, conflits et trahisons,  snipers et morts )

et espoirs,

autour d’Antigone, l’idée d’une réconciliation,

le temps d’une possible___ trêve,

bercés par les voix des comédiens, qui renforcent les tensions narratives,

entre horreurs et absurdités, jusqu’à l’aveuglement…

Quand Sorj SALANDON évoque son roman,

Pour aller plus loin accès au dossier presse http://www.theatredelamadeleine.com/images/programme/annee-2017-2018/le-quatrieme-mur/le-quatrieme-mur-cie-des-asphodeles-presse.pdf

Un spectacle d’où irradiait une violence et une puissance évocatrice certaine, qui ne peut laisser insensible et que je garderai en tête..M.G

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Un air de printemps/poésie..

 

Le printemps, 1872, Claude Monet.

File:Claude Monet - Springtime - Google Art Project.jpg

 

Le printemps me plaît.

Le printemps me plaît… J’erre avec délices 
Dans les champs joyeux, avec les moineaux ; 
Je contemple tout : les riches calices, 
Les insectes d’or et les foins nouveaux.

Ninetta là-bas relève sa robe, 
Et, pour passer l’eau, montre son bas blanc : 
Par le sang du Christ ! l’homme, roi du globe, 
Devant ce pied-là se sent tout tremblant !

Le printemps me plaît… Je dis des folies ! 
Je suis sérieux, à la fois, et gai. 
D’azur et de miel les fleurs sont emplies : 
Pour suivre Nina j’ai passé le gué.

Bonjour, Ninetta ! j’éprouve en mon âme, 
Dieu me le pardonne ! un trouble connu… 
Viens, repasse l’onde en mes bras, ô femme, 
Ou livre au ruisseau ton joli pied nu !

Jean Aicard.(1848-1921)
Les jeunes croyances (1867)

 

Le printemps.

Gentils oiseaux, venez à ma fenêtre, 
Ce blanc duvet est pour vos petits nids ; 
Je sens aussi que le printemps va naître, 
Mon cœur ému s’épanche au sein des nuits. 
Les fleurs déjà dégagent leurs corolles, 
Leur corset vert ne craint plus les autans ; 
Voici les jours des jeux, des danses folles, 
Jolis oiseaux, célébrons le printemps.

Présage heureux, la nature féconde 
Sème de fleurs le lit de son époux ; 
Partout l’amour devient la loi du monde 
Et les amants ont des regards plus doux. 
Voici venir l’heure de la tendresse, 
L’heure joyeuse aux baisers éclatants ; 
Buvons donc tous aux coupes de l’ivresse ; 
Jolis oiseaux, célébrons le printemps.

Oh ! connue vous que n’ai-je aussi des ailes 
Pour m’envoler sous les bois odorants ! 
Que n’ai-je aussi des caresses nouvelles 
Pour apaiser mes pensers délirants ! 
Mais ici-bas, solitaire et rêveuse, 
Je ne connais que les tristes instants ; 
Combien pourtant je voudrais être heureuse ! 
Jolis oiseaux, célébrons le printemps.

En écoutant la chanson si jolie 
Que vous jetez aux vents de l’horizon, 
Je sens mon cœur pris de mélancolie, 
Et de désirs qui troublent ma raison, 
Après ces chants qui peignent votre flamme, 
De volupté je vous vois palpitants ; 
Et moi j’attends à qui donner mon âme ; 
Jolis oiseaux, célébrons le printemps,

N’ai-je pas droit à la faveur céleste, 
Au tendre amour, à ma part de bonheur ? 
La vie, hélas ! serait un don funeste 
Si l’on devait languir dans le malheur ; 
Mais Dieu jamais ne manque à ses promesses, 
Il fit un cœur pour tout cœur de vingt ans. 
Je suis aimée, allons ! plus de tristesses, 
Jolis oiseaux, célébrons le printemps.

François-Marie Robert-Dutertre.(1815-1898)

Les loisirs lyriques (1866).

M.G.
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Neige../Poésie/ morceaux choisis.

Paul Gauguin, Paysage d’hiver effet de neige

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Titre : La neige à travers la brume

Poète : Paul Verlaine (1844-1896)

Recueil : Bonheur (1891).

La neige à travers la brume
Tombe et tapisse sans bruit
Le chemin creux qui conduit
A l’église où l’on allume
Pour la messe de minuit.

Londres sombre flambe et fume ;
La chère qui s’y cuit
Et la boisson qui s’ensuit !
C’est Christmas et sa coutume
De minuit jusqu’à minuit.

Sur la plume et le bitume,
Paris bruit et jouit.
Ripaille et Plaisant déduit
Sur le bitume et la plume
S’exaspèrent dès minuit.

Le malade en l’amertume
De l’hospice où le poursuit
Un espoir toujours détruit
S’épouvante et se consume
Dans le noir d’un long minuit…

La cloche au son clair d’enclume
Dans la cour fine qui luit,
Loin du péché qui nous nuit,
Nous appelle en grand costume
A la messe de minuit.

Paul Verlaine.

 

Titre : La tache blanche

Poète : Maurice Rollinat (1846-1903)

Recueil : Paysages et paysans (1899).

Dure au mordant soleil, longtemps épanouie 
Aux grands effluves lourds et tièdes du vent plat, 
La neige, ayant enfin fléchi, perdu l’éclat, 
Venait de consommer sa fonte sous la pluie.

L’espace détendu ! le bruit désemmuré ! 
Et les cieux bleus, enfin ! pour mes regards moroses, 
Avides de revoir le vieil aspect des choses, 
Tout surgissait nouveau du sol désengouffré.

Soudain, au creux d’un ravin noir, 
Un soupçon de neige fit voir 
Sa tache pâle, si peureuse

Que je me figurai, songeur, 
Un dernier frisson de blancheur 
Au fond d’une âme ténébreuse !

Titre : Le premier givre

Poète : Arsène Houssaye (1815-1896)

Recueil : La poésie dans les bois (1845).

L’hiver est sorti de sa tombe, 
Son linceul blanchit le vallon ; 
Le dernier feuillage qui tombe 
Est balayé par l’aquilon.

Nichés dans le tronc d’un vieux saule, 
Les hiboux aiguisent leur bec ; 
Le bûcheron sur son épaule 
Emporte un fagot de bois sec.

La linotte a fui l’aubépine, 
Le merle n’a plus un rameau ; 
Le moineau va crier famine 
Devant les vitres du hameau.

Le givre que sème la bise 
Argente les bords du chemin ; 
À l’horizon la nue est grise : 
C’est de la neige pour demain.

Une femme de triste mine 
S’agenouille seule au lavoir ; 
Un troupeau frileux s’achemine 
En ruminant vers l’abreuvoir.

Dans cette agreste solitude, 
La mère, agitant son fuseau, 
Regarde avec inquiétude 
L’enfant qui dort dans le berceau.

Par ses croassements funèbres 
Le corbeau vient semer l’effroi, 
Le temps passe dans les ténèbres, 
Le pauvre a faim, le pauvre a froid 

Et la bise, encor plus amère, 
Souffle la mort. — Faut-il mourir ? 
La nature, en son sein de mère, 
N’a plus de lait pour le nourrir.

 

Arsène Houssaye.

M.G

 

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Par coeur, Gilles KNEUSE.

Par coeur par Kneusé Je remercie une nouvelle fois Babélio dans le cadre de la dernière opération Masse critique et les éditions Maucaonduit,

en particulier pour les petites attentions, glissé dans le livre, l’article « Piccoli en scène: le dernier combat par Gilles Costaz ( web-théâtre ), et les deux marque-pages personnalisés par l’éditrice.

Par coeur,

pourrait être lu comme un aveu de faiblesse,

« _Dis-moi, je peux te poser une question?

_Oui, bien sûr.

_Tout à l’heure, quand on va jouer,si jamais tu as un trou, comment veux-tu qu’on fasse? » p.18

l’acceptation que la mémoire de l’ami, du comédien flanche, s’use, rien de plus terrible alors... »Mais il parlait aussi de sa mémoire qui s’en allait, de sa difficulté aujourd’hui à travailler, et de la douleur de ne plus pouvoir jouer » p.11

C’est le constat que fait Kneusé qui devient « souffleur » pour Piccoli monstre sacré, il raconte à la manière de fragments de mémoires,

« Mais quoi que je fasse, je garde toujours un oeil près du texte. De l’autre, je le surveille. » p.64,

d’autobiographie,

la fameuse représentation de Piccoli, dans Minelli.

Le style est feutré, intimiste, doux, à la hauteur de l’hommage rendu au grand personnage.

Ce témoignage touchant, tout en délicatesse, se compose de 25 épisodes comme autant d’instants figés, de souvenirs de coulisse de Kneusé comme « le gigot p.23 », « en scène »p.53, « taxi » p.95

« On ne sait jamais comment cela va se passer, une première.Il y a toujours une part d’inconnu. Il y a eu des répétitions, des filages, chacun a pris ses marques, ses repères. On connaît ses entrées, on connaît ses sorties. On sait ce qu’on a à faire. On sait ce qu’on a à dire.On sait ce qu’on a à faire. Et puis, on y va. Et ce soir aussi, on va y aller. »p.45

Car « on ne laisse pas Minetti en plan » p.136 ,« on ne laisse pas Minetti en plan », j’espère que vous avez bien compris », on ne laisse pas Minetti en plan »!!

cf :  Gilles Costaz  : « C’était en 2009. Michel Piccoli revenait au théâtre : il jouait Minetti de Thomas Bernhard au théâtre de la Colline, puis en tournée. Mis en scène par André Engel (qui l’avait déjà dirigé dans Le Roi Lear), entouré de Julie-Marie Parmentier, Evelyne Didi, Gilles Kneusé, Arnaud Lechien, le grand acteur fit une prestation remarquable, et cela reste, à l’heure actuelle, son dernier passage au théâtre. L’accueil fut enthousiaste, mais le bruit courut que Piccoli connaissait mal son texte, avait beaucoup lutté contre les trous de mémoire. L’un de ses partenaires, Gilles Kneusé, témoigne aujourd’hui, dans un récit où, par délicatesse, aucun nom propre n’est cité : ni celui de Piccoli, ni celui d’Engel, ni celui d’un autre participant. Seul celui de Kneusé apparaît sur la couverte : il dit je dans le texte, et il dit il quand il s’agit de Piccoli.
Kneusé est un comédien au parcours insolite. Il a d’abord été médecin et chirurgien, jusqu’au jour où, à 36 ans, il a décidé de tout arrêter pour devenir acteur. Et il ne cesse de l’être, au théâtre et au cinéma. Piccoli, de son côté, est un personnage complexe. Bien des personnes qui ont traversé sa vie se demandent encore qui il est. C’est un altruiste très fermé sur lui-même. Que Kneusé se retrouve partenaire de Piccoli dans Minetti n’était donc pas une histoire banale. Elle fut difficile. La rumeur avait raison : Michel Piccoli lutta souvent contre la perte de mémoire, les répétitions et les représentations se déroulèrent dans l’angoisse. Kneusé freina des quatre fers pour écrire et publier son livre. Il explique pourquoi il a brisé ses réticences dans un avant-propos : « J’ai longtemps hésité avant d’écrire cette histoire. D’abord pour égard pour lui, pour son goût du secret et du silence, pur sa pudeur, il me semblait plus juste et plus fidèle de ne pas en parler. Ensuite, parce que j’ai toujours pensé que tout n’a pas à être raconté. Et puis dans un livre paru récemment, il parlait de son métier d’acteur, un métier qu’il qualifiait d’extravagant, avec lequel il s’était régalé, et dont la première qualité était à ses yeux la capacité de savoir s’amuser, s’amuser à oser, en complicité avec ses partenaires… Mais il parlait aussi de sa mémoire qui s’en allait, de sa difficulté aujourd’hui à travailler, et de la douleur de ne plus pouvoir jouer. J’ai pensé que cet aveu le donnait la permission de raconter. » 
Peu de livres sont aussi feutrés, ouatés, silencieux que celui-ci. Kneuzé écoute Piccoli, le caresse du regard. Il n’a pas été chargé seulement d’être l’un des acteurs de cette pièce en désquilibre. (Rappelons le sujet : un comédien en fin de carrière, Minetti, vient attendre en vain un directeur de théâtre dans le hall d’un hôtel d’Ostende, avec l’espoir qu’on lui confiera le rôle du roi Lear). Kneusé a aussi le rôle d’ami souffleur. Dès qu’il sent Piccoli en panne, il doit profiter des silences introduits par la mise en scène pour aller consulter la brochure et revenir murmurer, comme il peut, la phrase à partir de laquelle tout peut repartir. Il y aura beaucoup de petits incidents tout au long des représentations, mais aucun qui mette en cause le déroulement du spectacle jusqu’à sa fin.
Gilles Kneusé écrit comme un médecin et un camarade de jeu attentif, qui économise ses mots et les dépose délicatement sur sa page. D’ailleurs, avec quelques flashes-black, il se souvient de quelques interventions en salle de chirurgie. Il y a quelque parenté entre les deux métiers : il s’agit de sauver un être humain à la dérive en réactivant une fonction arrêtée. C’est ainsi que, dissimulé derrière un élément du décor ou à vue, Kneusé a fait affluer le sang du texte qui s’était immobilisé. Le témoignage est exceptionnel : nous n’en connaissons pas d’équivalent. En général, les acteurs parlent d’eux-mêmes et n’ont pas d’autres observateurs dotés de plume que les critiques ! C’est un très beau portrait de Michel Piccoli, dans l’un de ses derniers combats. Alors qu’il est au bord de l’échec, il refuse de porter une oreillette, il clame qu’il joue cette pièce d’une difficulté extrême pour « s’amuser » ! Sans aucun pathos, sans aucun mot de trop, sans le vocabulaire admiratif qui nuirait à la simplicité du récit, Kneusé donne à voir l’acteur perdu en scène, à la fois apeuré et inébranlable, sur le point de perdre et gagnant sans triompher. Le langage clair et ombreux de Kneusé filme Piccoli merveilleusement. »

Par cœur de Gilles Kneusé, éditions du Mauconduit, 160 pages, 15 euros. »

4 ème :

« Quand il en avait besoin, il se tournait vers moi, me faisait un signe de la main, le bras tendu, il disait « après ? », je lui soufflais son texte à voix haute et il continuait (…). Ça s’était fait tout simplement, sans vraiment le décider. Jour après jour, pendant les répétitions, il s’était habitué à cette manière de jouer. Mais on n’en parlait pas. Il y avait entre nous comme un accord tacite. »

J’ai longtemps hésité avant d’écrire cette histoire. D’abord par égard pour lui, pour son goût du secret et du silence, pour sa pudeur, il me semblait plus juste et plus fidèle de ne pas en parler. Ensuite, parce que j’ai toujours pensé que tout n’a pas à être raconté.

Et puis dans un livre paru récemment, il parlait de son métier d’acteur, un métier qu’il qualifiait d’extravagant, avec lequel il s’était régalé. Il disait que la vie l’avait aidé à apprendre à jouer, et que jouer l’avait aidé à apprendre à vivre. Pour lui, l’acteur parfait, le modèle absolu, c’était Mastroianni, son partenaire dans plusieurs films.

Dans son livre, il parlait aussi de sa mémoire qui s’en allait, de sa difficulté aujourd’hui à travailler, de la douleur de ne plus pouvoir jouer.

J’ai pensé que cet aveu me donnait la permission de raconter.G.K. »

 

N.B :

Piccoli a 83 ans…quand il joue Minetti en 2009,

et, pour aller plus loin,

je propose en lien le dossier de presse http://www.colline.fr/sites/default/files/archive/0.407634001273845653.pdf

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En somme, un joli témoignage, rare, qui nous plonge dans les coulisses, les affres et les angoisses des comédiens, mais aussi le jeu, l’improvisation et sa magie, car le plus important n’est-il pas

de s’amuser, de s’amuser…

M.G

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« C’est en ouvrant ce livre que tout commença… »

de l’inspiration…ou des tentations…petit format

M.G

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L’amour et les forêts, Eric Reinhardt.

L'amour et les forêts par ReinhardtPremière avec cet auteur,

j’ai apprécié son joli style teinté de lyrisme qui tranche avec certains passages du roman.

Mise en abyme en introduction,

c’est un roman, c’est une fiction ? Une quête?

4 ème : » À l’origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changé sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l’écrivain, l’entraînant dans sa détresse, lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt… »

Une lettre reçue…prétexte à digresser sur les rapports entre littérature et écriture, de jolis passages assurément,

« A mesure que le roman progresse, les personnages donnés d’emblée pour fictionnels peuvent offrir le sentiment de devenir effroyablement véridiques, tandis que les contours a priori documentaires de l’écrivain, finissent par s’estomper dans les brumes d’un récit féerique, comme s’il s’affranchissait de tout réalisme.Suis-je un rêve? De quel autre personnage chaque personnage de ce roman est-il le songe, l’hypothèse cauchemardesque, l’espoir, l’intime frayeur? P.15

La  pseudo correspondance tisse le fil narratif, Bénédicte devient l’héroïne de son histoire, dont on scrute attentivement l’écorce annonciatrice de fêlures intérieures et de cicatrices.

« Je préfère le profond, (…) ce en quoi il est envisageable de s’engloutir, de se dissimuler : l’amour et les forêts, la nuit, l’automne, exactement comme vous. »

Des noeuds dans le bois, des bois remarquables, une certaine majestuosité,

« C’était un peu comme une forêt profonde et angoissante, constituée par les phrases «  à coeur découvert,

des stries, des peluches, autant de flèches de face,

« Rétention de désirs, de pulsions, de gaieté, de rêves, d’espérance, d’exigences, d’ambition, de tendresse, de colère, de révolte. Les conséquences de cette posture de renoncement avaient été comparables en définitive à une insidieuse accumulation d’explosifs, c’est ce qu’elle avait découvert ce soir-là quand la présence de toute cette dynamite entreposée par son abnégation dans un recoin obscur de son cerveau avait encore amplifié la violence du souffle. »

cf : Vocabulaire et lexique du bois…

des élongations.

A bien observer..les nuances y sont..le vert…vert sapin, mousse, olive, tilleul, pin, émeraude…y’aurait-il un vert forêt..

teintes de vert Amande, absinthe, anis, sauge, prairie, sapin, olive, gazon, celadon, chartreuse, tilleul

Prémonitoire ..les signes..quand on y pense…

« Le gui, il tue les arbres ?
– Bien sûr !
– ah bon ? Mais je ne savais pas ! Quelle triste nouvelle !
– Pourquoi ça ?
– parce que j’adore les boules de gui. Les arbres quiont des boules de gui […] , on les croirait ajoutés aux paysages de la main même d’un peintre. Par Léonard de Vinci.
– C’est très joli ce que tu dis.
– C’est ce que je vois.
– Et bien ce sont des parasites.
– Qui l’eût cru ?
– Tout le monde sait ça, Bénédicte !
– Sauf ceux qui préfèrent croire aux illusions. Qui aiment ce que les images leur racontent, même si elles sont piégées. j’ai dû le savoir mais je l’ai êjecté de ma mémoire pour pouvoir continuer à préférer les arbres qui ont des boules de gui, à ceux qui n’en ont pas. Pourtant, je suis une fille de la campagne.
– dis-toi que les arbres qui ont des boules de gui sont en train de mourir. »

Image associée

Une fin inattendue..366 pages, et un dernier chapitre salvateur….M.G.

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Ange, Jean-Luc LHERITIER.

L’occasion de le lire ces jours-ci,

cet ange tombé du ciel,

justicier nocturne qui arpente les ruelles sombres et qui rappelle d’autres héros.Ange par LHERITIER

J’ai apprécié, Jean-Luc, les petites mentions au Conseiller Principal d’éducation, forcément,

les rouages de l’enquête policière et la compétition et les interactions entre les différents services,

et cette petite stagiaire!

J’ai de plus, toujours été fan de Mulder et Scully,

https://www.bibamagazine.fr/article/x-files-un-retour-de-mulder-et-scully-en-2018-63173

Image associée
Un duo de choc…

 

ces 574 pages pour une première aventure et un premier roman se lisent plutôt bien, même si j’ai parfois été déroutée par la chronologie.

Quelques extraits choisis comme toujours, pour découvrir ce premier roman:

« Cette remarque agaça Alexandre. Il lui déniait le droit de douter de son implication à combattre la violence, la drogue qui affectaient ces lieux. Il s’investissait pleinement dans les quartiers difficiles en dehors de son professorat. Il ne voulait pas se quereller avec Corinne. Cependant, il sentait la colère poindre. p.293 »

« Quel scénariste ! « s’étonna silencieusement Angélique. Suis-je si éloigné de la vérité que cela madame PETITJEAN ? Je n’ai pas besoin de votre réponse. »p.497

Et parce que

« la vérité est ailleurs »...

M.G

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Le Revizor, Gogol Nicolas / Saison théâtre.

Superbe représentation de jeudi 15 février à la Madeleine,

Traduction André Markowicz 


<p><a href= »https://vimeo.com/163383183″>LE REVIZOR (bande-annonce 2’55&quot;)</a> from <a href= »https://vimeo.com/bonneideeprod »>Bonne Id&eacute;e Prod</a> on <a href= »https://vimeo.com »>Vimeo</a&gt;.</p>

Adaptation et mise en scène Paula Giusti

avec Dominique Cattani, Florent Chapellière, Marjorie Currenti, Mathieu Coblentz, Sonia Enquin, André Mubarack, Laure Pagès, Florian Westerhoff

musique et son Carlos Bernardo marionnette

conseil à la manipulation Pascale Blaison

scénographie Toda Via Teatro

lumière et régie générale Fabrice Bihet, Sébastien Choriol

assistante à la mise en scène Camille Joviado

production Régis Ferron et Elise Sferruzza

diffusion Alexandrine Peyrat et EVC – Olivier Talpaert

Production cie Toda Via Teatro

Production déléguée Théâtre Romain Rolland-scène conventionnée de Villejuif

Coréalisation Théâtre de la Tempête-Cartoucherie-Paris.

Coproduction Compagnie Toda Vida Teatro, Théâtre des Bergeries (Noisy-le-Sec), l’Archipel (Fouesnant).

Soutiens ADAMI, DRAC Ile-de-France, Conseil Départemental du Val-de-Marne, Théâtre des Sources (Fontenay-aux-Roses), le Sémaphore (Cébazat), Théâtre de Saumur, Ville de Villejuif, Mairie de Paris.

Prix d’interprétation au Festival d’Anjou 2015.

Avec le Révizor,

on en prend pour son grade, l’inspecteur Général arrive,

il faut se mettre « au garde-à-vous! »

Faites place, faites bonne impression, la comédie va commencer !

Il arrive…

Il faut faire face, mettre en scène la belle vitrine…

Ce ne serait pas si comique, si cette annonce n’était suivie d’un quiproquo et d’une imposture, d’un jeu de pantomime rehaussé par le sublime pantin sur scène, j’ai aimé cette marionnette grandeur nature qui exultait sur scène!

Beau jeu des comédiens, de la vivacité, de l’énergie, déployée autour de cette marionnette qui prenait vie sous nos yeux.

Une satire sociale qui évoque la corruption généralisée, le pouvoir au siège du politique et les bons fonctionnaires, les manipulations paradoxalement révélées par le jeu grotesque de l’imposture..

Tout un beau programme !

Hilarant, joyeux, outrancier à souhait,

chaque changement de scène et de décor étant bercé par la voix off d’un narrateur,

du folklore au rythme des complaintes chantées,

pour nous rappeler à l’instar d’Eugène Melchior de Vogué que, dans Le Roman Russe,« Le Revizor n’est ni une comédie de sentiments, ni une comédie de caractères ; c’est un tableau de mœurs publiques. « .

M.G

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Sous le pont / Le gant/Abdulrahman Khallof./théâtre/Syrie.

Première en littérature arabe,

acquis grâce à l’opération Masse Critique de Babélio que je remercie une fois encore, et les éditions Moires pour leur petite attention, un petit mot personnalisé et une carte de visite jointe.

Une maison que je méconnaissais.

Une couverture de bonne facture, ton bleu pâle, un format poids plume pour ce recueil qui se compose de deux pièces de théâtre.

Ce livre a été publié avec le soutien du CNL,  sélectionné par le Rectorat de bordeaux dans le programme « A la découverte des écritures contemporaines pour le théâtre » pour les collèges et lycées 2017-2018.

SOUS LE PONT : « Tu devrais venir en Syrie, toi ! Tu vas être heureux, tu verras c’est quoi une vie de chien. » C’est ainsi que parle Jamal, énième réfugié qui a la chance, ici, d’avoir un nom, à moins que celui-ci ne soit pas vraiment le sien. 

Inauguré par un petit mot « d’Avant-scène » p.9, le dramaturge évoque la genèse de ses pièces, retraçant les derniers événements historiques et le territoire d’expression

Sous le pont par Khallouf de la langue, espace de passation de pouvoirs.

« J’ai trouvé dans la traduction un semblant de continuité, un trait d’union entre ces deux mondes, un moyen de dépasser l’expérience de l’asile et d’accéder à ce troisième pays qu’est la langue.En 2011, les Syriens sortent dans les rues pour les mêmes raisons qui m’ont poussé à partir il y a huit ans. »p.9

Il s’agit davantage du « traitement théâtral de ce récit en langue arabe et en langue française » d’un « trait d’union »,

« Je voulais que ce récit soit une mémoire artificielle d’une horreur bien vraie. »p.12.

Sous le pont, 32 pages, d’un seul trait,…dédicace ou oraison funèbre, le ton est donné,

« A tous les noyés », ce pourrait être à toutes les situations de désespoir,

7 personnages jalonnent et rythment la pièce dont deux curiosités, « Le metteur en scène « et « l’auteur », un goût de mise en abyme pour des êtres cabossés par la vie.

Présage funeste encouragé par le seul personnage de l’homme au pistolet dont on se doute bien,qu’il sera antipathique.Des réflexes d’agressivité face à l’étranger, du récit de l’exil, de la misère, de la question de l’asile et de la torture. »Pendant l’interrogatoire. Ils m’ont demandé  » Qui est ton Dieu? » J’ai dit le Président Bachar al-Assard »p.39« Mon tour eest arrivé. Ils ne m’ont pas tapé tout de suite, ils étaient en train de fumer, ils m’ont demandé de m’allonger sur le ventre et ils ont éteints leurs cigarettes sur mon dos. »‘Je te jure que je ne le déteste pas. »

Heureusement le religieux est là, il faut avoir confiance mon frère, Jamal…Le sursaut d’humanité revient avec l’arrivée impromptue du « metteur en scène » et de » l’auteur » qui se disputent face au public, il faut bien rendre des comptes devant la détresse humaine, davant le spectacle qu’offre la rue, les fosses dont on détourne les yeux « Vas-y ! Regarde-les dans les yeux et explique-leur ta démarche. » L’auteur « C‘est vraiment important ? ça ne serait pas possible de les (spectateurs) laisser dans le brouillard artistique? » d’autres scénarii « D’accord. Si celui-là ne marche pas, on a qu’à l’enlever et recommencer avec un autre dès le début »p45 « Pas besoin de réfléchir. On va lui donner une mort magnifique, honorable, une mort que personne n’a eue avant lui ».

Il faut bien trouver une issue, une fin avant de sombrer dans le Noir, avant que le rideau ne tombe et n’occulte la scène.

Le gant ..version musical, un duo, le pianiste et le chanteur, le père et le fils pour un nouveau récit de vie,  un syrien, victime d’un accident de travail après trente années passées en France retourne au pays, laissant femme, enfant, piano,

quand l’objet, la piano apprivoise la mémoire, quand il rejoue le drame, la fausse note,

9 pages,

pour finir une composition à quatre mains, entrecoupée de morceaux.. »Je joue sur mon piano. Tout revient, tout est là. Sauf moi. Sauf moi. »

Deux pièces très courtes et percutantes, qui donnent matière à réflexion, et dont le spectacle et la sortie musicale sont prévus pour…2018…..

M.G

 

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ESPÍA A UNA MUJER QUE SE MATA/ Saison théâtre 2/ Tchekhov.

ESPÍA A UNA MUJER QUE SE MATA,
2ème sortie théâtre pour cette lecture de Tchekhov, à la Madeleine toujours, le 18 janvier,

 Version de DANIEL VERONESE d’après « ONCLE VANIA » DE TCHEKHOV

Mise en scène  de Guy Delamotte

traduction Françoise Thanas
dramaturgie Véro Dahuron/Guy Delamotte

avec Martine Bertrand, Véro Dahuron, Marion Lubat, Timo Torikka, François Frapier, David Jeanne-Comello, Philippe Mercier

décor Jean Haas

costumes Cidalia Da Costa

lumières Fabrice Fontal

son Jean-Noël Françoise / régie Tom A Reboul

maquillage Catherine Saint-Sever

régie générale/plateau Florian Von Künssberg

Production Panta-théâtre

La compagnie Panta théâtre est conventionnée par le Ministère de la Culture – DRAC de Normandie, la Région Normandie, le Conseil Départemental et la Ville de Caen.

Extrait :

7 comédiens qui évoluent sur la scène,

valse interminable des personnages qui oscillent  le temps d’une soirée, de pièces en pièces,

d’un interlude, d’un soir d’été presque…

Hommage au théâtre,

entre considérations, conversations, le temps d’un divertissement au sens pascalien du terme,

avec alternances de tragédie, de comédie,

variations des tons et des complaintes,

des postures et des thèmes : la passion amoureuse,

Astrov
-Baste ! me voilà dégrisé. Vous voyez, je suis sobre, et je le resterai jusqu’à la fin de mes jours. (il consulte sa montre) Donc,je continue. Comme je vous l’ai dit : mon temps est fini ; il est trop tard pour moi…J’ai vieilli, je me suis surmené, je deviens vulgaire ; mes sentiments se sont émoussés,
et je me crois incapable d’un attachement quelconque… Je n’aime personne…et je ne pourrai plus aimer.Seule la beauté m’émeut encore. Elle seule ne me laisse pas indifférent.Il me semble que si Elena Andréevna en avait envie, elle pourrait me faire perdre la tête en un seul jour. Mais ce
ne serait pas de l’amour, ce ne serait pas un attachement…
Il tressaille et se cache les yeux de la main.la confession, le désespoir,

ÉLÉNA : Il me semble que la vérité, quelle qu’elle soit, c’est tout de même moins terrible que l’incertitude.
(…)
SONIA : Non, l’incertitude c’est mieux… il y a l’espoir au moins…l’envie de meurtre, le suicide, « Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? »

palette d’émotions cornéliennes,

le tout arrosé bravement de vodka et d’ivresse passagère,

Sonia, retenant sa main
non, je vous en prie, je vous en supplie, ne buvez plus !
Astrov
-Pourquoi ?
Sonia
-Cela ne vous va pas du tout ! Vous avez de la distinction, une voix si douce… Et de tous ceux que je connais, vous êtes certainement le plus beau. Pourquoi voulez-vous ressembler à ces gens ordinaires qui ne ont que boire et jouer aux cartes ? Oh ! ne le faites pas, je vous en supplie ! Vous dites vous-mêmes qu’au lieu de créer,les hommes ne savent que détruire ce que le ciel leur a donné.alors, pourquoi,pourquoi vous détruire vous-même ? Il ne faut pas, je vous en prie, je vous en conjure !
Astrov, lui tendant la main
-Je ne boirai plus. bercé au son du jukebox.

belle illustration de l’âme slave…M.G

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Pourquoi tant d’amour? Foenkinos D./Reiss B./bd

Quand Foenkinos s’essaye à la bande dessinée en 2004,

ça donne une trilogie,

« Manu est un jeune caid latino. La star de son quartier.Jusqu’au jour où..il tombe amoureux ! Or pour éviter que ça devienne trop sentimental, la mafia arrive dans cette histoire.Une mafia prête à vous casser la gueule si vous n’écoutez pas de la soul.

Humour décalé pour ce vaudeville au graphisme hyper réaliste »

4ème : belle accroche, mais quelle déception, complètement survendu !

Peut-être avais-je trop d’attentes,  j’étais contente de cette découverte inattendue, mais…j’ai vite déchanté, j’ai trouvé le scénario décousu, gauche..JJe peine à trouver les mots.

Quant au graphisme, il est certes réaliste, mais les couleurs…l’univers je n’ai pas adhéré, le style,

les traits de Reiss_______ ne m’ont tout simplement  pas convaincus.

Je le préfère assurément sur le roman, le cinéma…la bd…non..à oublier, pour cette série en tout cas!

https://www.bedetheque.com/media/Couvertures/PourquoiTantDamour2_16122006.jpg

Petite planche pour se faire une idée :

 

 

 

 

 

 

Et me reste à la rendre..sans regret…vraiment…M.G.

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Grimmy, Mike PETERS/BD/Comic strip.

Viens… petite fille dans mon comic strip….

Grimmy, tome 15 : Mais tu m'avais bien dit de vider la litière ? par Peters

Grimmy (Mother Goose & Grimm) est un comic strip  de l’américain Mike Peters et qui date de 1984. Aujourd’hui, il est publié dans plus de 800 journaux, parmi lesquels le New York Daily News, le Washington Post et le Los Angeles Herald Examiner. En France, on le retrouve dans Télé Star.

Comme toujours des sujets variés et un humour décapant, Grimmy,

c’est le chien…. lambda, attachant….

qui cumule les bêtises et qui joue avec les stéréotypes …

Non ? il n’est pas parfait,

oui, il poursuit le facteur et il adore ça,

son obéissance est à géométrie variable,

c’est un bull terrier,

anti-héros par excellence,Couverture de Grimmy -5- Tome 5

il n’aime pas toujours jouer à la balle,( non non aux stéréotypes canins!!)

reste fidèle à sa maîtresse, Mère l’Oie,(évidemment!)

et à Attila, non pas roi des Huns, (son copain, sa tête de Turc, version format empâté XXL) , (rassurez-vous, Attila a aussi de la ressource ! ),

ils sont comme frères et soeurs, se cherchent et se chamaillent…

Et puis,

variations des thèmes par moment avec des nombreuses références ici, (tome15, illustration 1 )

« Je suis Balboa III, premier pris de ma race à Westminster.(un chien de concours à Grimmy)
_Moi, c’est Grimmy.J’ai aussi un pedigree…
…Quand on m’appelle ça finit toujours par….de ta race.p.5″ Tarzan et Jane Birkin, Blanche-Neige, Dracula,Frankenstein, des thèmes : le divorce, le dressage…ce que j’aime…on passe du coq à l’âne,Grimmy revient il est couvert de boue, dégoûtant et rentre à la maison:
« Attila : Grimmy, t’es dégoûtant, tu sais bien que maman va te passer un savon.
Pourquoi tu le fais alors?
Grimmy : Je ne veux pas décevoir mon public. » sans transition…. de strip en strip…Jubilatoire…

« Mère l’Oie récupère Grimmy après un toilettage…

__700 dollars pour le toilettage ?!

_(_Réponse du monsieur) 50 dollars de toilettage, 650 de frais d’hôpitaux.p.8″

Grimmy, ça se picore comme une bouchée apéritive, pas bégueule, sans faim, on se régale,

il me fait rire, vraiment, j’y retourne régulièrement, et ne m’en lasse pas!Petit aperçu avec une planche (Tome 5, illustration 2)

17 tomes à ce jour, un hors série à ma connaissance, en prime :

M.G

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La réparation, Colombe Schneck.

Résultat de recherche d'images pour "la reparation colombe schneck"« Je me suis d’abord trompée. Je me disais c’est trop facile, tu portes des sandales dorées, tu te complais dans des histoires d’amour impossible, tu aimes les bains dans la Méditerranée et tu crois qu’une fille comme toi peut écrire sur la Shoah ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. La petite Salomé, dont ma fille a hérité du beau prénom, mon arrière grand-mère, mes oncles et tantes, mes cousins, vivaient en Lituanie avant la guerre. Ils appartenaient à une communauté dont il ne reste rien. » Que s’est-il vraiment passé dans le ghetto de Kovno en 1943 ? Et pourquoi cette culpabilité en héritage ? Dans ce roman-vrai, Colombe Schneck remonte le temps et fouille les mémoires. Jusqu’à la découverte d’une vérité bouleversante. »

La réparation…

un titre ambitieux,

qui suggère des dommages,

abîmé, cassé, compensé

de quoi, de qui, ?

C’est ce qui m’a attiré vers cet ouvrage avant même d’en connaître le thème,

petite déception pourtant…

Si l’on s’en tient à l’enquête familiale, à l’héritage de cette histoire vraie, à cette quête identitaire, (la sélection des Juifs, le destin d’une famille, les enfants disparus, en particulier la petite Salomé, la Shoah, puis les rescapés et le retour à la vie, les manières pour résister, le devoir de mémoire…) alors ce pourrait être une réussite, l’idée du « sacrifice » aurait pu être traité différemment.

Quelques maladresses et répétitions dans la narration qui donne un côté brouillon (trop intime ? )et je comprends bien les avis très contrastés sur ce livre,

soit encensé, soit boudé,

pas de demi-mesure.

L’histoire est touchante, mais j’avoue avoir été parfois noyée par l’ordre et l’apparition des personnages (un peu comme quand on débute une pièce de théâtre et que les répliques impliquent beaucoup de personnages, le temps de prendre ses marques de lecteur), sauf que là, jusqu’au bout je reste un peu « perdue », on a le sentiment de suivre le cheminement intérieur de l’auteur, simplement à la fin de le lecture demeure un manque..de profondeur, l’idée de superficialité demeure je trouve, mais cela n’est que mon avis.

« Pourtant, dix ans après, le jour où enfin, j’apprendrai, j’écouterai, je ne jugerai pas, j’approuverai, je serai heureuse de savoir, je serai rassurée, j n’aurai plus peur, j’aurai le droit de me laindre, d’être de mauvaise foi, d’écouter la peine de ma mère, ma grand-mère, de leur rétorquer, Raya et Macha ont choisi la vie, elles ont bien fait, soyez comme elles, oubliez la honte et la culpabilité. p.69 »

Editions Grasset, 213 pages.

M.G

 

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La mémoire des embruns,Karen Viggers.

Lu d’une traite,La mémoire des embruns par Viggers

profité de cette journée pluvieuse,

avant la reprise,

maussade,

comme une retraite,

idéal pour mettre un pied sur une île,

un phare,

une virée en Antarctique, désert blanc immaculé,

« Une image lumineuse qui rend hommage à la puissance et au caractère éphémère de la lumière en Antarctique ; un don qui tient du miracle ; elle illumine votre âme et, l’instant d’après, elle s’est évanouie. »p.187.

des manchots,

des aurores boréales,

à la lecture je sentais presque les embruns, l’air iodé, les bourrasques de vents, l’écume gicler et les vagues se fracasser sur les rochers,

les jolies descriptions concourent à la visualisation des scènes

« Côté est, des parois abruptes rongées par l’érosion et creusées de grottes ; des rochers aux formes évocatrices battus par le ressac. Au large, l’archipel des Friars, des îles verdoyantes frangées de blanc.Je sais qu’il y a sur l’une d’elles une colonie de phoques, mais on ne les voit pas d’aussi loin. La haute mer côté sud est striée par les crinières d’écumes de la houle qui se rue vers la terre. »p.172

idéal pour ces 578 pages,

« Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. »

Pas de suspense,

on comprend dès les premières pages ce qui se trame et l’issue, les thématiques de l’isolement, pélerinage dans les souvenirs, le refuge dans un lieu familier pour Mary et ses enfants,

« Dans un creux, je m’accroupis et regarde les lames sombres lécher la paroi de la falaise et se briser sur les écueils en contrebas. Le varech tournoie et danse avec le ressac. Peu à peu le mouvement de la mer devient rythme et musique, et je me sens porté par ce roulement régulier qui me réconforte et me ressource. La magie de l’océan qui rugit opère sur moi. »

P.554,

« Le calme revient dans mon coeur », p.554

Karen Viggers parvient habilement à nous entraîner dans cette histoire de vieille dame, et ce, sur la longueur,

et c’est parfaitement réussi et maîtrisé,

une véritable gageure pour ce voyage.

 

Photo issu du site https://www.auroresboreales.com/portfolio/islande/

M.G

 

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Les taches du léopard, Françoise Giroud.

«Pourquoi le léopard a-t-il des taches?» Les nombreux parents plongés dans... (Photo: Archives AP)

« À l’origine, Denis était de la chair à malheur et aurait dû le rester. L’enfant était « né sous X », c’est-à-dire d’identité non déclarée, abandonné à sa naissance par sa mère.
Or, le bébé malingre promis à une triste destinée était devenu ce beau jeune homme doré, ardent, audacieux, rieur, sain de corps et d’esprit, adulé par des parents attendris – un magistrat, une avocate, des chrétiens de gauche bon cru. Lui avait un visage maigre et sensible, intelligent, tourmenté ; elle, un lourd chignon blond qui croulait sans cesse, et alors, avec ses joues à peine poudrées et ses yeux larges, très bleus, elle semblait une adolescente. » 

« Le poil sera sombre, mais les yeux seront bleus, je crois, avait dit la femme de la Ddass. »

« Il se sentait préposé au bonheur. » _______
Mais,
il y a toujours un « mais » bien contrariant,
« Depuis vingt ans, les Sérignac s’étaient souvent interrogés, surtout au début : fallait-il prévenir Denis qu’il était un enfant adopté ? Et puis, devant la résistance d’Agnès, le couple avait refoulé toute velléité de lui révéler le secret de sa naissance. Un secret bien gardé, d’ailleurs. Mis à part la sœur d’Agnès et son médecin, nul n’était au courant ni ne s’était d’ailleurs étonné qu’il y eut un jour un bébé au foyer des Sérignac. La vérité avait été si profondément enfouie qu’on l’aurait crue dissoute. Mais la vérité que l’on cache ne se dissout jamais. p.18 »
Cela débute presque comme un conte de fées…Un enfant abandonné et recueilli par une
bonne famille,
tout pour être heureux,
si ce n’est le secret de l’origine,
comme si le léopard pouvait s’épargner ses taches,
comme si sa judaïcité, cet héritage pouvait être anodin,
«Si tu portes mon nom, tu hériteras d’un fardeau de larmes, la fin d’un certain bonheur, d’une certaine insouciance, d’une joie de vivre (…) c’est pourquoi il y a vingt ans, je n’ai pas voulu de toi. Je n’ai pas voulu mettre un enfant juif au monde », hurle Sarah, la vraie mère, à Denis
et,
est-ce que cette révélation à ses vingt ans doit tout bouleverser pour autant, tragique en un sens..une quête d’identité, troublée et amenée par des exils à répétition : en devenant citoyen du monde peut-on renier son héritage, fuite en avant, une histoire de pères, de mères et de racines transgénérationnelles qui semblent courir indéfiniment, destin fatidique, tout en interrogeant savamment, un beau roman que j’ai apprécié.
Réf : Françoise GiroudLes Taches du léopard par Giroud
2003, Editions Fayard. 258 pages
M.G
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Alfred Blondel, sculptures…

Alfred Blondel, sculpteur dans l'âme par Collectif

4ème :

« Au commencement, il y a un artiste. Et une femme. Et de la glaise. Et puis viennent des poses et des dessins et des modelages. Et au bout de tout cela, une transmission. Et donc un mystère. Car le modèle s’en va, la sculpture s’en vient, mais pour un moment. Elle va quitter l’artiste, elle aussi. […] Je crois, oui, qu’en nous offrant ses sculptures, Alfred Blondel nous partage une histoire, il nous livre un étonnement, il nous communique une admiration et, surtout, il nous passe le relais. »

Gabriel Ringlet

Reçu dans le cadre d’une nouvelle opération Masse critique, je remercie une nouvelle fois Babélio et les éditions Mardaga pour ce très beau livre.

229 pages pour admirer le travail du sculpteur, (que je ne connaissais pas)Résultat de recherche d'images pour "exposition  alfredblondel"

le livre se compose de deux parties,

la « A  »   Résultat de recherche d'images pour "exposition  alfredblondel" ,

est consacrée à des éléments de biographie d’Alfred Blondel et de son écolage, une formation académique et une vocation.

Première exposition en 1985 et confrontation au public avec à la clé « un prix du public »Image associée

Résultat de recherche d'images pour "exposition  alfredblondel"
« Dans ma propre inspiration, je privilégiais les attitudes calmes, sereines, rêveuses, pensives, méditatives. » p.214

Résultat de recherche d'images pour "exposition  alfredblondel"

 

 

Alfred Blondel aime le souligner : « Tout le travail se fait à trois, le modèle, le sculpteur et, entre eux, l’œuvre à créer. Avec le modèle, nous discutons, nous cherchons ensemble le thème d’une grande œuvre. Je dessine, fais l’une ou l’autre statuette, puis nous nous lançons. »

 

 

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La « B » compile, portefolio sublime agrémenté de citations,

bel esthétisme assurément,

de la terre cuite,Résultat de recherche d'images pour "exposition  alfredblondel"

« Le modelage en creux est une technique de ‘premier jet’, comme l’aquarelle et la fresque, car les corrections postérieures sont très limitées. J’aime bien ces techniques qui vous obligent à vous exprimer bien du premier coup. »

des bronzes,

du bel ouvrage qui rend hommage au sculpteur certes, mais aussi à ses nombreux modèles

« Chaque fois que c’était possible, j’ai donné à l’oeuvre le prénom du modèle en remerciement pour notre collaboration, p.37

« Cet hommage (au corps féminin ) s’exprime aussi en écartant de lui tout ce qui est matériel, comme un socle, un appui, un siège, car j’ai voulu être en rupture avec les bronzes que je voyais autour de moi, sur les places publiques et dans le privé, où corps et atériel se confondent en un même métal. Mes statues se présentent en nu, sans environnement quel qu’il soit. »p.83

p.229, pour finir en beauté, une carte pour retrouver les sculptures,

ses expositions se sont multipliées,

de galeries privées en centres d’art, et, dès  les années 1990, quelque dix-huit sculptures prendront place dans l’espace public, à Bruxelles et dans le Brabant Wallon.

Forest_5128 - Square de la Délivrance-Naïades-Alfred Blondel [520x390 pour skynetblogs]
Dans le square de la Délivrance, on remarque la fontaine de Naïades, Alfred Blondel.
Pour aller plus loin…

.http://www.blondel.be/fr/

M.G

 

 

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Joyeux….joyeux..

Résultat de recherche d'images pour "joyeux noel"

« Le ciel est noir, la terre est blanche ;
— Cloches, carillonnez gaîment ! —
Jésus est né ; — la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.

Pas de courtines festonnées
Pour préserver l’enfant du froid ;
Rien que les toiles d’araignées
Qui pendent des poutres du toit.

Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus,
Et pour l’échauffer dans sa crèche
L’âne et le bœuf soufflent dessus.

La neige au chaume coud ses franges,
Mais sur le toit s’ouvre le ciel
Et, tout en blanc, le chœur des anges
Chante aux bergers : « Noël ! Noël ! » »

Théophile Gautier
Recueil : Emaux et camées (1852)
(1811 – 1872)
Mais encore…
« Après grant joie vient grant ire (colère), et après Noël vente bise. »
Le roman du renart, V – XIIIe siècle.
« Noël, c’est le printemps de l’esprit ; c’est tout promesse. »
  Alain . Les saisons de l’esprit (1935).
M.G
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Poésie, la grande hivernale…

Poésie, au coin du feu, la grande hivernale traîne ses pas…

paysage arbre neige hiver fleur la glace réflexion bouleau Météo bleu éclairage saison La peinture art image Aquarelle peinture Peintures acryliques

À Celles qui sont parties

Dans le vent de Décembre un train de vieilles folles
Geignantes et angoissées, prend son dernier départ
Dentelles décaties, soies fripées et brocart
Maquillages défraichis, peaux ridées sèches ou molles

Elles soupirent soucieuses, s’inquiétant du retard
Les impatientes s’envolent dès la première bourrasque
Les plus agiles se lancent dans une valse fantasque
« En route, l’hiver nous presse« , crie l’Automne, vieux routard

« Ah vous me faites peine, à gémir de la sorte
Du soleil de Juillet, vous supportiez les feux
Puis Octobre a éteint et terni vos cheveux.
Vous avez trop vécu, souffrez et soyez fortes
« 

L’arbre leur dit adieu et se met en grand deuil,
Tendant ses doigts au ciel, tordant ses branches nues
Il pleure les absentes, ses filles disparues
Sa ramure de l’été qui était son orgueil

Sous le fouet de la bise, meneur qui les escorte
En troupes débandées, elles s’en vont vers l’exil
Dans la pluie verglacée, la neige et le grésil
Certaines osent un envol, tourbillon ou cohorte

Avant de retomber, confuses dans un labour
Et là restent immobiles, en écoutant la terre
Qui leur dit à l’oreille, « Du temps je suis le suaire
Où les êtres et les choses, s’évanouissent un jour
« 

Les jeunes rêvent de la mer, voulant ces innocentes
Descendre la rivière, ses méandres et son cours
Croyant qu’au printemps, elles seront de retour
Promesse d’alizé, naïves adolescentes

Ingénues ou hardies, elles se donnent au ruisseau
Dans son lit accueillant, elles frissonnent légères
Un souffle et une risée, ces voiles bien éphémères
Chavirent dans le courant qui devient leur bourreau

L’eau sale et brunâtre charrie les feuilles mortes
Les bois noirs, les noyés, l’amoureuse délaissée
C’est Ophélia qui passe, éternelle fleur fanée
Dérivant sur le fleuve, c’est le temps qui l’emporte.

Antoine Livic, Chants d’écume suivi de Fleurs fanées, 2017

 

À Madame François Wells.

En se couchant au fond de la grande avenue,
Le soleil disparaît dans un ciel pourpre et noir ;
Et, de la tête aux pieds, la haute forêt nue
Profondément tressaille au premier vent du soir.

Déjà tout est bien mort : plus une feuille aux branches,
Plus un chant dans les bois, plus un vol dans les airs ;
Seul, le gui parasite avec ses perles blanches
Jette un peu de verdure autour des nids déserts.

Le bûcheron se dit que l’hiver sera rude.
Il regagne à pas lents son gîte pour la nuit.
Le silence envahit la froide solitude…
Mais un dernier écho parfois répand son bruit.

Un bruit vague, un bruit sourd, montant des marécages…
Quelle est donc cette grave et lointaine rumeur ?
Ce sont de grands troupeaux qui rentrent des pacages,
Saluant d’un adieu triste le jour qui meurt.

André Lemoyne. Chansons des nids et des berceaux (1896).

L’hiver.

Ce qu’il faut au bonheur, lorsque souffle la bise,
C’est une porte close, un livre, et dans un coin
Une lampe qui brûle, et qui tout bas me dise
Que, si l’ennui venait, la muse n’est pas loin.

Il faut que d’heure en heure, et d’église en église,
La voix de l’avenir me parle dans l’airain,
Relève par degrés mon âme qui se brise,
Et, d’espoir en espoir, la mène au lendemain.

Surtout que nul amour ne tourmente ma veille,
Ou si dans le passé quelque ombre se réveille,
Qu’elle s’efface vite, et se perde à mes yeux,

Dans ce monde de l’âme, où d’une vie étrange
L’art anime son rêve, être mystérieux
Qui n’est déjà plus l’homme, et n’est pas encore l’ange.

Antoine de Latour (1808-1881), Loin du foyer (1835).

M.G

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Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus, Eric-Emmanuel Schmitt.

Première lecture de Schmitt,

et rencontre avec un personnage fantasque, original qui nous emmène bien volontiers le temps de l’affabulation.

Un style plaisant, une lecture rapide suggérée tant par le style que par les protagonistes.

Madame Ming :

« La tête ronde d’une couleur écarlate, des plis nets sur la peau, des dents aussi fines que des pépins, madame Ming évoquait une pomme mûre, sinon blette, un brave fruit, sain, savoureux, pas encore desséché. Mince, son corps semblait une branche souple. Sitôt qu’elle s’exprimait, elle s’avérait plus acidulée que sucrée car elle distillait à ses interlocuteurs des phrases aigrelettes qui piquaient l’esprit. » p.9″

« En chine, on a réduit la besogne des parents a un seul enfant. Mais cela n’améliore ni les parents ni les enfants. Maintenant,il y a des millions de géniteurs crispés,inquiets et hystériques trottant derrière un fils qui se croit l’empereur. Notre pays devient une fabrique d’égoïstes surveillés par des névrosés. »

 

Résultat de recherche d'images pour "les dix enfants que madame ming"

Parsemé de sentences, références à Confucius qui peuplent le discours de cette chère Madame Ming, un certaine sagesse, philosophie, ou une douce folie, mythomanie, parfois « Pas trop d’isolement ,pas trop de relations ,l’exact milieu, voilà la sagesse. »

« L’homme supérieur ne demande rien qu’à soi-même; l’homme trivial et déméritant demande tout aux autres ».

Le « je » masculin,

le voyageur,

« Cette nuit là, je me couchai et ouvris au hasard le livre de Confucius. Dès la première sentence, « Le sage est calme et serein ; l’homme de peu écrasé de soucis », je frissonnai ; cette déclaration me ramenait à la dame pipi du Grand Hôtel, plus rayonnante que les éminents ambitieux qui défilaient devant elle. « Un homme heureux se contente de peu », « Appliquez-vous à garder en toute chose le juste milieu ». Au fur et à mesure que les phrases résonnaient, elles s’avéraient l’écho de celles que j’avais entendues de la bouche de madame Ming. »

Confidences insolites auprès de la dame pipi, et révélations stupéfiantes de cette mère de dix enfants, situation quasi-improbable au sein d’une politique de l’enfant unique, plaisir de la conversation et de ses enjeux .Fierté de cette mère qui dépeint ses enfants, face à une vision plus occidentale, traditionnelle du père de famille et joute dans les conversations qui donnent un certain réalisme à cette jolie fable.

Madame Ming toujours..

« Parmi les femmes que j’ai rencontrées, je n’ai pas trouvé une mère.

– Dites plutôt que les femmes qui vous ont rencontré n’ont jamais trouvé un père en vous. »

Ce sixième récit s’entend dans le Cycle de l’invisible mais peut se lire indépendamment des autres.

M.G

 

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La peinture d’Uchiki, Isabelle Wlodarczyk et Xavière Broncard.

La peinture d'Uchiki par Broncard

Gagné et reçu dans le cadre de l’opération » Masse critique Babélio », que je remercie,

en littérature jeunesse,

aux éditions « A pas de loups »,

une fois n’est pas coutume…

Un format plus proche des dimensions bd, une jolie texture et des couleurs tendres qui invitent au dépaysement.

La peinture d’Uchiki est un conte japonisant : Uchiki est un peintre traditionnel qui contemple longuement les paysages qui l’entourent en particulier « la montagne bleue« , il est si aborbé par ce qui s’offre à lui qu’il craint de le trahir et de ne pas lui rendre grâce. Il vit dans sa « masure », très humblement et ne recherche pas la notoriété, il « se délecte de sa vie solitaire » (dénuement propice à l’observation, le goût d’une certaine sagesse).Il est si exigeant envers lui-même qu’il ne prend guère le temps et le loisir d’observer ses créations. Un jour, le vieux Fuubun lui rend visite, il doit se rendre chez le vieux (donc sage) Ttsuchine et amener une collection de rouleaux de peintures afin de récompenser un des peintres, Uchiki propose de rendre service à Fuubun et de s’acquitter de la mission. En chemin, sa curiosité prenant le pas, il décide de regarder les toiles, l’une d’elle est___ époustouflante,

elle le ravit (polysémie), et suscite jalousie et convoitise chez Uchiki, tant et si bien, qu’il préfère la brûler pour la garder unique à son regard et à son coeur. Il ment au vieux sage en affirmant ne rien savoir de la toile manquante, c’est« un grand malheur! Vraiment un grand malheur. »Comme dans tout conte, une fin heureuse est attendue et, une lettre de Fuubun nous éclairera, pour  que « ce soir-là, pour la toute première fois, il regarda attentivement ce qu’il avait peint. »

Une bonne surprise attend le lecteur avec in fine « les coulisses de l’histoire » notes des auteures qui narrent la genèse du conte, inspiré d’une oeuvre d’art médiévale, la montagne bleue du moine En-I, et qui rend un bel hommage au voyage initiatique, au Beau et à la contemplation, aux vertues, sans compter un paragraphe sur les » emaki » et le rôle majeur de la calligraphie au Japon.

Une  belle lecture etun plaisir pour petits et grands, amateurs de contes et du Japon, avec différents niveaux de lectures.

M.G

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Jamais deux sans toi, Jojo Moyes.

Jamais deux sans toi par Moyes

Première avec Jojo Moyes…Commencé il y a une petite semaine, fini hier, j’avoue avoir intercalé d’autres titres…

La couverture, le titre et la référence au Prix des lectrices, m’incitait à penser à un feel good, mais on verse davantage dans la romance.

Malgré les critiques dithyrambiques, j’ai eu quelques difficultés à accrocher au style et à rentrer dans l’histoire et les 476 pages m’ont parues…très…. longues…pour une fin… sans surprise.

« Il était une fois un homme qui rencontra la fille la plus optimiste du monde. Une fille qui portait des tongs dans l’espoir du printemps. Qui rebondissait comme un ressort face aux difficultés de la vie; des épreuves qui auraient terrassé la plupart des gens ne semblaient pas l’atteindre. Et si elle tombait, elle se relevait d’un bond. Elle retombait, se composait un sourire, s’époussetait et poursuivait sa route. Il n’aurait pas su dire si c’était la chose la plus héroïque ou la plus stupide qu’il avait jamais vue. »

Je garderai davantage en tête les relations filiales, touchantes,  cette mère qui rebondit face aux difficultés, éternelle optimiste, la petite » Tanzie », surdouée, et sa bosse des maths, son grand frère adopté, « Nickie », au look improbable qui cherche sa tribu, yeux mascara et eye liner, faisant front face aux petites brutes du quartier..

« – Et quand on n’a pas le choix, ça devient en fait assez simple.

Mais je vois bien que même si elle le pense vraiment, la dette supplémentaire est comme un nouveau poids sur ses épaules. Avec chaque nouveau problème qui s’ajoute aux autres, elle a l’air un peu plus vieille, plus voûtée, plus fatiguée.

Elle ne parle pas de M. Nicholls.

Je n’aurais jamais cru, après tout ce qu’ils ont vécu ensemble, que ça se finirait comme ça. Une minute tu as l’air vraiment heureux, et l’instant d’après, plus rien. Je croyais ça s’arrangeait en grandissant, mais visiblement pas. Encore une chose à attendre avec impatience. »

M.G

 

 

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Effets indésirables, Larry FONDATION.

Percutant, Effets indésirables par Fondation

un style vif, un brin déjanté, un style singulier,

cinglant qui fixe des fragments de vie, très efficaces,

nerveux , acéré,

une énergie folle,

un de ces livres qui  vous laissent groggy,

qui vous secouent,

instantanés pris sur le vif, clichés noirs, sanglants, à l’état brut de l’humanité,

piochés au gré des rencontres, paysages de rues, Los Angeles,

l’Amérique des bas quartiers et des faits divers glauques, ces petites nouvelles fusent,

effrontées !

jolie promotion de l’éditeur : « Piliers de bars, prostituees, receleurs, clochards, arnaqueurs en tout genre ou même monsieur tout-le-monde… tels sont les personnages qui jalonnent le recit nerveux de Larry Fondation, assemblage de vignettes, d’éclats de voix, de bribes d’action, d’inventaires aberrants ou de nouvelles laconiques. Dans une Los Angeles hallucinee, vue au ras du sol, tout semble régi par une violence brute, épidermique, désinvolte ; chaque situation, même la plus banale, peut basculer vers l’irremédiable.

« Autant marqué par les romans-collages de Dos Passos, la photo de Cartier-Bresson ou le rap de NWA, Larry Fondation construit des pièces composites, d’où jailli une poésie inattendue. Avec une économie qui évoque le minimalisme de Félix Fénéon ou l’ironie des Crimes exemplaires de Max Aub, l’Américain cisèle ses textes pour les rendre plus percutants, et atteindre une pureté où la moindre phrase compte. Fondation parvient à saisir ces instants fugitifs qui, résumés en quelques lignes, laissent transparaître la folie désespérée d’un monde à la dérive. Folie qui glisse parfois jusqu’à l’absurde – l’humour et l’optimisme perçant alors derrière les fissures du bitume qui sert de décor à ses saynètes implacables. »

Pour info : 2009

156 pages // 19,50 euros

ISBN : 979-10-92159-10-3
Diffusion-distribution : Les Belles Lettres BLDD
Parution : 14 septembre 2016

 

Première  et excellente rencontre avec cette maison d’édition, et suis… bluffée,

jolie surprise,  carton plein,

bravo !

Hasardeuse rencontre, puisque issue de ma dernière tournée en bibliothèque, tant par la ligne suivie que la charte graphique, le format est audacieux,

j’y retournerai donc, bien volontiers, à lire sans modération.

Extraits choisis :

 « J’avais vraiment envie de tuer quelqu’un, mais je ne voulais pas faire de taule. Il a fallu que j’élabore un plan. Ça devait être de la légitime défense. J’ai réfléchi à mes options. […]
Un soir où je me promenais pas loin de Sunset, près d’Echo Park, j’ai entrevu un début de réponse. Une école d’arts martiaux.
-Vous apprenez comment tuer quelqu’un à mains nues ? j’ai demandé.
-Oui, m’a assuré le professeur. Mais surtout, on vous apprend comment ne pas avoir à le faire.
-Bien entendu, j’ai répondu.
J’ai su que c’était le bon endroit. »

 

« Miss éthérée.

Elle se tenait au bar, toute de rouge et de noir.
J’ai commandé un autre verre.
Minuit était passé de quelques minutes.
Je l’ai appelé « Miss éthérée ».
Elle ne comprenait pas de quoi je parlais. p.107″

« Les pneus de la voiture étaient vieux,
Les chapes usées ;
L’allumage était facile à forcer,
Avec un tournevis.
Les lignes blanches sur la route
Étaient vieilles et passées
Comme le maquillage crayeux d’une douairière.
La route était humide et grasse ;
On l’avait déjà prise plusieurs fois.
Avec des pneus aussi lisses,
On n’avait aucune adhérence,
Quand Tommy a appuyé sur le frein.
Le mur est arrivé très vite.
(« Vol qualifié ») »

“I think Los Angeles reveals itself most at the margins. On the street corners, in bars and nightclubs. In the sounds of the traffic, police sirens and helicopters, in the words and music of local bands…”
—-Larry Fondation

Biographie issue du site

Larry« Larry Fondation is the author of the novels Angry Nights and Fish, Soap and Bonds, and of Common Criminals, Unintended Consequences and Martyrs and Holymen, all three collections of short stories. His fiction focuses on the Los Angeles underbelly. His three most recent books feature collaborations with London-based artist, Kate Ruth.

Fondation has lived in LA since the 1980s, and has worked for nearly 20 years as an organizer in South Los Angeles, Compton and East LA.

His first three books are being published in France by Fayard. The first, Angry Nights (FC2 National Fiction Competition Winner, 1994), translated as Sur Les Nerfs (“On the Edge”), appeared in French in January 2012. It was nominated for the 2013 Prix SNCF du Polar. The second, Criminels Ordinaires (Fayard), was published in February 2013.

Fondation is a recipient of a Christopher Isherwood Fellowship in Fiction Writing.

“The future of fiction rests with its ability to regain its public function—as a principal way we relate narrative, as an indispensable means of telling our story and that of our era.”

–Larry Fondation »

M.G

Article mis en avant

« Etre pointilleux. »…/ Esthétique./1.

Traitons donc d’un point:

je compte mettre

« Mettre les Points sur les i, »

Image associée

« Le château des Papes », Avignon » Paul Signac, 1900.

 

« Le point..du jour »…

 

Image associée« Flood-at-the-Pont-Royal-Paris-« 1926., Paul Signac.

S’orienter, se répérer,  faire un point sur les points cardinaux

 

Résultat de recherche d'images pour "seurat pointillisme"« La grande Jatte », Seurat, 1884/86.

« Points d’impact »…pour réaliser de jolies toiles, alternés points de lumière et points obscurs, je pense que l’on s’accorder sur ce point…

Point final.

M.G

 

 

 

 

Article mis en avant

Novembre rose art 10 /10 , finir en beauté…

Fin de cette série d’articles,

de ma petite contribution à cette chaîne de solidarité..

Parce que ce n’est pas qu’une affaire de nanas…,

parce qu’eux aussi peuvent être touchés,

parce qu’ils sont là pour ces épreuves de fond…

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et affiches"

 

Publicité canadienne pour l’aide au dépistage…il y a des volontaires !!! …pour voir et pour rire, cliquez sur le lien :

iframe src= »//www.dailymotion.com/embed/video/x585weq?autoPlay=1″ allowfullscreen= » » width= »480″ height= »270″ frameborder= »0″></iframe>

Autre référence issue du site: https://lareclame.fr/pubs+sexy+cancer+sein

pour voir cliquez sur le lien :

http://www.culturepub.fr/videos/protection-sante-application-iphone-your-man-reminder/#

« Cette année, l’association canadienne Rethink Breast Cancer propose une application iPhone et Android (dispo le 17 octobre) destinée à l’attention des dames, avec de beaux mâles qui présentent les gestes de prévention d’anomalies mammaires : le T-L-C (Touch, Look et Check).
Le film pour sa promotion appelé « Your Man Reminder », surfe assurément sur le succès des campagnes et l’humour les muscles d’.

Pub Rethink Breast Cancer – Your Man Reminder [Vidéo]

Messieurs qui me lisez, ne partez pas si vite, car disons le publiquement : nous aimons les seins et ce serait vraiment dommage de voir ceux de sa compagne touchés par un cancer diagnostiqué trop tard. J’en profite pour vous ressortir l’étude de cas d’une campagne interactive lancée l’an dernier en Pologne, sur un site de charme et par l’agence . »

Si avec tous ces articles, vous n’êtes pas convaincus….

M.G

Article mis en avant

Novembre rose art 9 /10 / jeux de mots…

En matière de prévention,

il faut savoir varier les tons,

quelques exemples…

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne par tous les seins"

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne par tous les seins"

 

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et  homme affiche"

Et  le vocabulaire naturellement…

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne"Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne"

Car enfin.. »Soyez… »

Résultat de recherche d'images pour "cancer du sein et campagne"

M.G

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Victor Hugo…poésie

Hugo, quel génie,

je lui envie le prolifique,

les tons…impossible de s’en lasser.

A celle qui est voilée

« Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.

Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?

Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !

Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !

Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;

Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !

Dans ce ténébreux monde où j’erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !

Tu me dis de loin que tu m’aimes,
Et que, la nuit, à l’horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.

Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l’atome
Ressemblant à l’immensité,

Tu compares, sans me connaître,
L’onde à l’homme, l’ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l’astre étoilant l’infini !

Parfois, comme au fond d’une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l’Inconnu d’où tombe
Le pur baiser de l’Idéal.

A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l’arbre intérieur.

Mais tu ne veux pas qu’on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m’appelle amour.

Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L’esprit lion, le coeur enfant ;

Viens voir le désert où j’habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l’ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.

Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes oeuvres sombres
Ton doigt d’où sort une lueur !

Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J’entrevois les choses divines… –
Complète l’apparition !

Viens voir le songeur qui s’enflamme
A mesure qu’il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !

Viens ! viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.

Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.

Avant d’être sur cette terre,
Je sens que jadis j’ai plané ;
J’étais l’archange solitaire,
Et mon malheur, c’est d’être né.

Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d’un oiseau.

Oui, mon malheur irréparable,
C’est de pendre aux deux éléments,
C’est d’avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !

Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
C’est de songer que j’étais beau,
D’ignorer comment je me nomme,
D’être un ciel et d’être un tombeau !

C’est d’être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C’est de porter la hotte humaine
Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

C’est de traîner de la matière ;
C’est d’être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,
Même quand je m’écrie : Amour ! »

Victor Hugo, Les contemplations

 

M.G

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Blood academy, Saimbert./bd

Résultat de recherche d'images pour "blood academy"

Un mélange des genres,

un fond de dystopie qui me rappelle « Hunger games »,

de la téléréalité avec un jeu mortel,

du diktat de l’audimat et du buzz informatique sous couvert d’un gourou spirituel à l’américaine,.de l’idée assurément… Dommage que cela manque de développement et de chair , ce qui donne au tout un air bâclé, le jeu démarre, les meurtres avec, accélération du timing,et la fin arrive comme s’il fallait boucler l’album à toute vitesse, donc déception,

cela donne l’impression d’une certaine incohérence et de précipitation.

Les traits et dessins ressemblent à ceux de Tito je trouve, les couleurs restent vives pour contraster avec la noirceur du scénario.

M.G

 

Article mis en avant

Emma/Ecriture

Acte troisième

Emma,

les soubresauts au coeur,

ça commence à cogner dans la poitrine,

ça m’oppresse Emma,

je le sens accélérer ce pouls,

pam…pam…pamm….tu l’entends, j’ai toujours senti que tu pouvais l’entendre, un infrason…tous  les deux … diapason… Emma et Paul …ça résonne.

Emma, Emma, t’as pas le droit de m’abandonner …Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma. La première fois que je t’avais croisé au petit café, tu reluquais ton livre, absorbée comme follement éperdue dans ton univers, rien ne semblait t’atteindre Emma, quand tu lis tu es toute fascinée, intégralement prise dans l’histoire, j’en connais peu des filles comme ça, Emma.Tu ne m’a même pas vu, tu étais plongée, j’enviais cet intérêt qui ne semblait jamais te quitter. Tu levais à peine les yeux sur le monde qui t’entourait comme si tu avais toujours su qu’il ne te conviendrait pas, une occultation du réel. Tu avais cette façon de te mouvoir Emma..une élégante discrétion qui ne pouvait passer pour telle, je voyais bien Emma que tu voulais observer le monde, glisser subrepticement sur les choses, tu ne semblais pas réaliser l’effet que tu pouvais faire, de l’irradiation.Une certaine pudeur sans doute, mêlée à une craintivité certaine et, pourtant, Emma j’ai réussi une fois, j’ai attaché ton regard, je l’ai fait mien, capture fugitive et éternellement figée.Tu m’as fait un sourire, pas de ceux des plus évidents, il y avait même une certaine gêne entre nous, j’insistais avec ce regard et tu observais, mais semblais dans l’incapacité de te jeter, comme prisonnière d’un je ne sais quoi. Alors moi le grand timide, celui que les copains charriaient pour sa naïveté, j’avais une fois osé, j’avais profité d’une de tes errances dans un livre pour m’inviter à ta table, il t’avait fallu un temps qui m’avais semblé interminable Emma pour seulement réaliser que tu n’étais plus seule..et quand tu avais levé les yeux je m’étais complètement déballonné…Je m’étais levé sans mot dire et j’avais quitter la table, juste le temps d’entr’apercevoir tes prunelles.

 

Acte deuxième

J’étais rentré…Je n’attendais qu’une future occasion de revoir ces jolies prunelles.

De loin, j’avais largement eu le temps de peaufiner le tableau, une allure racée, des jambes fuseaux au galbe délicat entraîné par une ballade rythmique, la taille marquée comme un appel à t’enlacer, et ce french coat qui ne te quittait pas.

J’avais établi un plan de bataille : approche de la cible, j’ai refait mon petit numéro, je me suis invité à ta table, tu étais toujours absorbée, toujours sans mot dire..ça devenait doucement obsessionnel..ça ne me quittait plus, cette idée fixe..Apprivoiser la petite créature, ça m’a pris du temps..Tu acceptais désormais ma présence Emma, tu la tolérais, tant que le silence régnait, j’avais une fois tenté de te parler, et là, c’est toi qui t’étais levée…je m’étais retrouvé bête et désoeuvré pour tout dire, alors je n’avais pas recommencé…Je m’étais mis à emmener des objets, le premier, une feuille vierge de tout mot comme ce qui nous unissait,puis un ruban pour tisser le lien, et je dois dire j’ai été transporté, ivre de joie quand tu l’as saisi de tes  doigts pour le glisser le long de la page.Il devenait rempart ce livre, bouclier de ta réclusion et pourtant, le ruban…il était bien là le ruban. Toujours le silence, ça devait j’imagine, t’apaiser, mais tu conservais les objets, les alignais devant toi, ligne pacifique de ta tranquillité. Et puis, il y a eu ce jour, je n’oublierai jamais..

 

Acte premier

C’était devenu une routine, une joyeuserie, si j’ose dire, je me demandais quel serait le prochain objet, et je cherchais, je cherchais…puis….une évidence …Je suis arrivé fringant, enthousiaste, prêt à soulever des montagnes et à m’affranchir des silences, j’avais…

oui j’avais….

mais

j’avais pas tout prévu,

Emma,

j’avais envisagé des possibles, mais pas celui-là, j’ai pensé que cette fois-là je pourrai enfin délivrer ces lèvres d’un sourire,d’un mot, j’étais encore avec cette idée-là quand je me suis attablé, le bouquet de belladones fraîchement amassées, que j’avais maladroitement enrubanné et qui dissimulait ce petit mot, j’y ai cru  quand tu as levé les yeux,  tes lèvres ont commencé à remuer, je me suis dit intérieurement, Emma…J’avais le coeur à tout rompre, j’y croyais, j’y étais parvenu ! Enfin !Victoire!

Puis, les bruits sourds____assourdissants même, les rafales,

comme rifflés, les éraflures aiguës,

ébranlé,

tombé,

je te cherche, Emma où es-tu ? Emma? Emma?

Emma…

t’as pas le droit de m’abandonner….Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma.

Il bat moins fort maintenant, moins vite, il s’essouffle, sans doute,

parce que

tu as glissé comme faussement lascive le long de ta chaise,

je n’ai pas compris,

juste le temps de saisir ta main de la glisser sur mon coeur,de voir la panique et la terreur dans tes yeux, j’aurais voulu les ignorer tout comme les poinçons, ceux qui sont apparus,  noyés pourpre, quand les balles de kalach ont sifflé et percuté l’air,

celles qui ont interrompus notre tête-à-tête et qui t’ont si …cruellement blessée ce soir- là.

Alors, je t’ai accompagné Emma,

du mieux que j’ai pu, j’ai pris ta main et me suis tu, je laissais les résiliences

au coeur.

 

M.G.

P.S : Emma /MatmatahEmma /Matmatah,

toujours aimé cette chanson,

Article mis en avant

Hiroshima mon amour, Marguerite Duras.

Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Autant de répliques devenues célèbres:

 Elle : « Hi-ro-shi-ma… c’est ton nom ».

Il lui répond : « C’est mon nom, oui. Ton nom à toi est Nevers. Ne-vers-en-Fran-ce »..

« Tu me tues, tu me fais du bien », « Je te mens, je te dis la vérité » et, bien sûr, « Tu n’as rien vu à Hiroshima »

http://www.babelio.com/couv/C_Hiroshima-mon-amour_7158.jpeg

Le livre retrace le scénario de Marguerite Duras (commande à Resnais,1959) et c’est assez rare, original, ce type de démarche, Duras d’ailleurs reste insatisfaite, perfectionniste dans l’âme :

« Je livre ce travail à l’édition dans la désolation de ne pouvoir le complèter par le compte rendu des conversations presque quotidiennes que nous avions, A.Resnais et moi, d’une part, G.Jarlot et moi,d’autre part, G.Jarlot et moi, A.Resnais. Je n’ai jamais pu me passer de leurs conseils, je n’ai jamais abordé un épisode de mon travail sans leur soumettre celui qui précédait, écouter leurs critiques, à la fois exigeantes, lucides et…

Voir l’article original 376 mots de plus

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