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Lectures indélébiles Ecritures vagabondes

Journal de bord des lectures, critiques et moments d'écritures

Mots d’enfants…/ brève.

__ »Il faut bien te laver les mains à l’eau et au savon »dis-je, « Pour éliminer les microbes, et ne pas attraper la gastro »

__ »Oui maman, je veux pas attraper la gastronomie moi !  » affichant un grand sourire,

__(Je préférerai)… »non, chéri ce n’est pas la gastronomie, c’est la gastro-entérite »

__« D’accord, maman, moi je veux pas attraper la gastro-termite « ( joli babarisme)

M.G

 

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Mémé dans les orties, Aurélie Valognes.

Faudrait pas…….mais, faudrait vraiment pas

pousser mémé dans les orties !!

Attention feel-good en vue !

Mémé dans les orties par Valognes

« Ferdinand Brun,

83 ans,

solitaire,

bougon, acariâtre –

 

certains diraient : seul, aigri, méchant –, s’ennuie à ne pas mourir. Son unique passe-temps ? Éviter une armada de voisines aux cheveux couleur pêche, lavande ou abricot. Son plus grand plaisir ? Rendre chèvre la concierge, Mme Suarez, qui joue les petits chefs dans la résidence. Mais lorsque sa chienne prend la poudre d’escampette, le vieil homme perd définitivement goût à la vie … jusqu’au jour où une fillette précoce et une mamie geek de 92 ans forcent littéralement sa porte, et son cœur.
Un livre drôle et rafraîchissant, bon pour le moral, et une véritable cure de bonne humeur ! »

Ferdinand, c’est un sacré phénomène, il n’a pas sa langue dans sa poche, il s’est donné pour mission ultime de faire suer son monde, il adore ça et s’en donne à coeur joie, tout un art de vivre!

Ferdinand en pleine réflexion :(celle_là, c’est l’ennemie…)

« En tous cas, Me Suarez ne laisse rien au hasard. Ses cheveux sont sous contrôle. La perfection de ses boucles peroxydées doit tout à la mise en plis nocturnes qu’elle exécute avec assiduité. Chaque soir, le filet bleu maintient l’ensemble en place, ce qui a l’avantage non négligeable de décourager toute envie téméraire de son mari de l’honorer, aussi efficacement que le ferait une ceinture de chasteté. »

Quant aux jeunots, pires les mioches pour Ferdinand « Ce bébé est pour Ferdinand le plus grand des malheurs. M. Brun déteste plus que tous les nourrissons. Pour lui, ce ne sont que des contraintes avec, en prime, l’ingratitude la plus totale. Ça ne comprend rien, ça pleure, ça a toujours besoin de quelque chose : on ne peut jamais être tranquille.
Et quand ça sourit, ça sourit autant à ses parents qu’aux inconnus. Ingrats, va ! « 

 

« Il faut vous expliquer longtemps, mais vous comprenez vite, Christine.

– Désolée, monsieur Brun. Alors, comment voulez-vous qu’on vous les coupe aujourd’hui?

– En silence… »

41 chapitres :  chap 1 : »Tourner au vinaigre, puis Avoir une dent contre quelqu’un…chap7 L’Hôpital qui se moque de la charité…Filer un mauvais coton…etc, jolies métaphores  en série, jubilatoires, qui correspondent au caractère bien trempé de Ferdinand, il est bourré d’humour ce pépé,

il se définit lui -même ainsi jugez donc « Ce que je veux dire, c’est que c’est pas du tout mon truc. Moi, je suis plutôt du genre Roundup, tu vois ! Où je passe, tout trépasse. C’était ma femme qui avait la main verte. »p.109 et

juste, mais juste un peu rancunier notre Ferdinand « Il connait les paroles par coeur et bat la mesure en tapant du pied, avec la même exaltation que De Funès dans la Grande Vadrouille.Il est déchaîné. aU-dessus une porte s’ouvre.Des pas lourds viennent chercher le bébé.3h5 du matin, tout juste (Ferdinand se félicite ! ) Bienvenue chers voisins ! Et Ferdinand de reprendre de plus belle :

« La tacatacat tactique du gendarme, c’est d’être toujours là, quand on ne l’attend pas.. »p.74.

Bourvil ,

251 pages qui se dévorent d’une traite…M.G

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Renverser les perspectives, Inception/ciné.

Je ne m’en lasse pas,

le jeu d’imbrications,

les perspectives d’architecture,

de mises en abyme,

les questionnement et les interrogations multiples,

Rêves ou réalités ? l’Amour, servi par le couple Dicaprio et Cotillard,

la confusion, l’Esprit dans toutes ses contradictions,

les Idées,

le Temps,

la Mort,

la Vie…

de jolis concepts à profusion, dont je ne me lasse pas, sans compter les acteurs, une narration complexe, nourrie par des effets spéciaux hallucinants, sur un air de science-fiction, une fin déroutante qui reste libre d’interprétation, façon aristotélicienne…

 » C’est, en effet, l’étonnement qui poussa, comme aujourd’hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques. Au début, leur étonnement porta sur les difficultés qui se présentaient les premières à l’esprit; puis, s’avançant ainsi peu à peu, ils étendirent leur exploration à des problèmes plus importants, tels que les phénomènes de la Lune, ceux du Soleil et des Étoiles, enfin la genèse de l’Univers. Or apercevoir une difficulté et s’étonner, c’est reconnaître sa propre ignorance (c’est pourquoi même l’amour des mythes est, en quelque manière, amour de la Sagesse, car le mythe est un assemblage de merveilleux). Ainsi donc, si ce fut bien pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c’est qu’évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire. Et ce qui s’est passé en réalité en fournit la preuve : presque toutes les nécessités de la vie, et les choses qui intéressent son bien-être et son agrément avaient reçu satisfaction, quand on commença à rechercher une discipline de ce genre. Je conclus que, manifestement, nous n’avons en vue, dans notre recherche, aucun intérêt étranger. Mais, de même que nous appelons libre celui qui est à lui-même sa fin et n’existe pas pour un autre, ainsi cette science est aussi la seule de toutes les sciences qui soit une discipline libérale, puisque seule elle est à elle-même sa propre fin. « 

Aristote, La métaphysique.

Sublimée, par cette musique d’Hans Zimmer…une vraie réussite de Nolan, pour cette raison j’ai choisi cet extrait…il rend bien justice:

 

M.G

 

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Rebecca…Hitchcock./ciné

 

    • Rebecca
    • États-Unis –
    • 1940
  • Réalisation : Alfred Hitchcock
  • Scénario : Robert E. Sherwood, Joan Harrison
  • d’après : le roman Rebecca
  • de : Daphné Du Maurier
  • Image : George Barnes
  • Montage : Hal C. Kern
  • Musique : Franz Waxman
  • Producteur(s) : David O. Selznick
  • Interprétation : Joan Fontaine (Mrs De Winter), Judith Anderson (Mrs Danvers), Laurence Olivier (Maxim De Winter), George Sanders (Jack Favell)
  • Date de sortie : 5 novembre 2008
  • Durée : 2h10

Début du maître et déjà prometteur, adapté du roman éponyme de Daphné du Maurier, des ténèbres, de l’esthétisme, une romance sur fond de drame, un manoir qui semble hanté…Le décor est planté, suis retombée dessus et apprécié…Entre machiavélisme et sournoiseries en filigrane un rappel de Cendrillon avec l’épouse naïve et figure de l’innocence et cette ombre menaçante…

Résultat de recherche d'images« Mrs. Edythe Van Hopper, respectable veuve déjà âgée, accompagnée de sa jeune demoiselle de compagnie, est en villégiature à Monte-Carlo dans l’hôtel Côte-d’Azur, lorsque leur chemin croise celui de Maxim de Winter, riche veuf, qui n’a aucun mal à séduire la jeune fille et, dans la foulée, à l’épouser et l’emmener dans sa demeure ancestrale de Manderley, quelque part sur la côte sud-est de l’Angleterre. Le souvenir de l’épouse disparue et vénérée continue de hanter le sombre château .. »

 

Version originale: B.A

.

 

M.G

 

 

 

 

 

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L’Aube, Elie Wiesel.

La nuit par Wiesel

Certaines nuits sont plus qu’obscures,

certaines nuits n’offrent aucun répit,

« Nuit. Personne ne priait pour que la nuit passe vite. Les étoiles n’étaient que les étincelles du grand feu qui nous dévorait. Que ce feu vienne à s’éteindre un jour, il n’y aurait plus rien au ciel, il n’y aurait que des étoiles éteintes, des yeux morts.
Il n’y avait rien d’autre à faire qu’à se mettre au lit, dans le lit des absents. »

juste la lente agonie,

juste _________la terreur,

certaines nuits semblent sans lendemain…un goût de ténèbres et d’éternité.

« Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma Foi.

Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui ma privé pour l’éternité du désir de vivre.

Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert.

Jamais je n’oublierai cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui même.

JAMAIS.p.36″

 

« Angoisse. Les soldats allemands avec leurs masques d’acier et leur emblème, un crâne de mort. p.41 »
Un témoignage intense, sans fioritures,
« Le pain, la soupe – c’était toute ma vie. J’étais un corps. Peut-être moins encore : un estomac affamé. L’ estomac, seul, sentait le temps passer »,
glaçant,

« Je réfléchissais ainsi lorsque j’entendis le son d’un violon. Le son d’un violon dans la baraque obscure où des morts s’entassaient sur les vivants. Quel était le fou qui jouait du violon ici, au bord de sa propre tombe? ou bien n’était-ce qu’une hallucination?
Ce devait etre Juliek.
Il jouait un fragment d’un concert de Beethoven. Je n’avais jamais entendu de sons si purs. Dans un tel silence.
Comment avait-il réussi à se dégager? A s’extraire de sous mon corps sans que je le sente?
L’obscurité était totale. J’entendais seulement ce violon et s’était comme si l’ame de Juliek lui servait d’archet. Il jouait sa vie. Toute sa vie glissait sur les cordes. Ses espoirs perdus. Son passé calciné, son avenir éteint. Il jouait ce que jamais plus il n’allait jouer.
Je ne pourrai jamais oublier Juliek. Comment pourrais-je oublier ce concert donné à un public d’agonisants et de morts! Aujourd’hui encore, lorsque j’entends jouer du Beethoven, mes yeux se ferment et, de l’obscurité, surgit le visage pale et triste de mon camarade polonais faisant au violon ses adieux à un auditoire de mourants.
Je ne sais pas combien de temps il joua. Le sommeil m’a vaincu. Quand je m’éveillai, à la clarté du jour, j’aperçus Juliek, en face de moi, recroquevillé sur lui-meme, mort. Près de lui gisait son violon, piétiné, écrasé, petit cadavre insolite et bouleversant. »

une jolie préface de F.MAURIAC sur cette édition que j’ai apprécié, et un rappel du travail de mémoire.Je m’arrêterai ici..certains textes parlent, ils se suffisent….
« L’oubli signifierait danger et insulte. Oublier les morts serait les tuer une deuxième fois. Et si, les tueurs et leurs complices exceptés, nul n’est responsable de leur première mort, nous le sommes de la seconde. » .
Biographie issue de Babélio, pour aller plus loin.

Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Sighet ( Roumanie) , le 30/09/1928
Mort(e) à : New York (USA) , le 02/07/2016
Biographie :

Elie Wiesel est un écrivain et un philosophe américain.

Il a une enfance heureuse dans cette petite ville des Carpaces longtemps épargnée par la guerre. Il est déporté à 16 ans.

Fureur et ténèbres d’Auschwitz et de Buchenwald : plusieurs membres de sa famille y disparaîtront.

Libéré par les Américains, il passe une dizaine d’années en France (études à la Sorbonne) et devient journaliste, un métier qui lui fera parcourir le monde, traquer les scoops, se lier d’amitié avec François Mauriac et Golda Meir, côtoyer personnalités et chefs d’Etat.

A trente ans, Elie Wiesel parvient enfin à décrire son expérience de « La Nuit », à témoigner pour les martyrs de l’Holocauste. Ainsi commence une œuvre vouée au souvenir des victimes, à la défense des survivants et de tous les opprimés. Avec les armes de la compassion, de l’amour et parfois de la colère, cette œuvre et cette vie vont devenir un combat entre le doute et la foi, le désespoir et la confiance, l’oubli et la mémoire. Combat d’un inlassable témoin de la violence des hommes et de leurs rêves de paix.

Devenu citoyen américain en 1963, Elie Wiesel est professeur à l’université de Boston. Il a été reçu Docteur honoris causa par plus de cent universités. Inlassable défenseur des droits de l’homme partout dans le monde, Elie Wiesel reçoit le Prix Nobel de la Paix en 1986. Il préside, depuis sa création en 1993, l’Académie universelle des Cultures.

Parmi les nombreux prix internationaux qui lui ont été décernés, on peut citer le prix Médicis en 1968 pour « Le Mendiant de Jérusalem », le prix des « Bibliothècaires », le prix du Livre Inter et le prix International de la Paix pour « Le Testament d’un poète juif assassiné », le Grand Prix de Littérature de la Ville de Paris pour « Le Cinquième Fils ».

Source : Le Monde.

 

M.G

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Saison théâtre : 1/ La leçon, Ionesco.

1ère de cette saison au théâtre de la Madeleine,

jeudi 5 octobre,

une pièce brève,

écrite en 1950,

un seul acte pour cette leçon, entre cours magistral et parodie diabolique, de la farce, du rire (caricature de M.le professeur, donneur de leçons justement ! ),

habité par une folie douce et de soubresauts qui donnent une intuition au spectateur, quelque chose cloche assurément…

Installée au balcon, 2ème, légèrement excentrée, la scénographie est dépouillée,

3 espaces avec un point de lumière,

le premier avec chaises et table basse, idéal pour introduire l’entrée de l’étudiante, version petit salon, l’accueil de l’étudiante studieuse,

le deuxième, marqué au sol par un tableau noir, sur lequel le professeur pourra dispenser à la craie blanche, la fameuse leçon, puis en arrière-fond, un banc traditionnel d’école à l’horizontal,

qui fera double fonction,

pour le grand final en vertical, plus dramatique, rappel d’un certain échafaud dans l’imaginaire collectif.

Le troisième, un espace avec une table haute, pour s’abreuver et marquer une pause, la leçon devenant pénible pour l’étudiante qui peine à se concentrer « j’ai mal aux dents »( quelle mauvaise volonté de sa part ! )

des coulisses émerge  classiquement, Marie, la bonne, qui prévient Monsieur le professeur, et le conjure de recommandations…absurdes.

La Leçon par Ionesco

Mise en scène de Danièle Israël

avec Pierre Humbert, Charline Voinet, Danièle Israël

scénographie de Gingolph Gateau

costumes Jennifer Minard

lumières Frédéric Gibier

Production cie théâtr’âme.

 

https://player.ina.fr/player/embed/I00017999/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/wide/1« >Archive : ina/ionesco

Quelques extraits :

Le professeur à son élève :

« Écoutez-moi, Mademoiselle, si vous n’arrivez pas à comprendre profondément ces principes, ces archétypes arithmétiques, vous n’arriverez jamais à faire correctement un travail de polytechnicien. Encore moins ne pourra-t-on vous charger d’un cours à l’École polytechnique… ni à la maternelle supérieure Je reconnais que ce n’est pas facile, c’est très, très abstrait… évidemment… mais comment pourriez vous arriver, avant d’avoir bien approfondi les éléments premiers, à calculer mentalement combien font, et ceci est la moindre des choses pour un ingénieur moyen — combien font, par exemple, trois milliards sept cent cinquante-cinq millions neuf cent quatre-vingt-dix-huit mille deux cent cinquante et un, multiplié par cinq milliards cent soixante-deux millions trois cent trois mille cinq cent huit? « 

Et réponse de celle-ci qui donne la réponse exacte,

non pas par un savant raisonnement,

elle avoue son incompréhension, son incapacité même, mais elle a appris tous les résultats possibles par mémorisation..complètement absurde de nouveau..de quoi provoquer à la fois l’admiration et la stupeur du maître..puis, le désarroi, l’affliction…amorce du drame..car enfin ne provoque-t-elle pas ainsi sa chute ?

De la pédagogie :

« LE PROFESSEUR : Les sons, Mademoiselle, doivent être saisis au vol par les ailes pour qu’ils ne tombent pas dans les oreilles des sourds. Par conséquent, lorsque vous vous décidez d’articuler, il est recommandé, dans la mesure du possible, de lever très haut le cou et le menton, de vous élever sur la pointe des pieds […] et d’émettre les sons très haut et de toute la force de vos cordes vocales. Comme ceci : regardez : « Papillon », « Euréka », « Trafalgar », « papi, papa ». De cette façon, les sons remplis d’un air chaud plus léger que l’air environnant voltigeront, voltigeront sans plus risquer de tomber dans les oreilles des sourds qui sont les véritables gouffres, les tombeaux des sonorités. Si vous émettez plusieurs sons à une vitesse accélérée, ceux-ci s’agripperont les uns aux autres automatiquement, constituant ainsi des syllabes, des mots, à la rigueur des phrases, c’est-à-dire des groupements plus ou moins importants, des assemblages purement irrationnels de sons, dénués de tout sens, mais justement pour cela capable de se maintenir sans danger à une altitude élevée dans les airs. Seuls tombent les mots chargés de signification, alourdis par leur sens, qui finissent toujours par succomber, s’écrouler… »

Toujours le professeur:

« Il ne faut pas uniquement intégrer. il faut aussi désintégrer. C’est ça la vie. C’est ça la philosophie. C’est ça la science. C’est ça le progrès, la civilisation. »

La répétition, l’acharnement du professeur conduit au drame, trop enthousiaste, malgré les interventions prévenantes de Marie…mais enfin, que faire alors de ce cadavre.Marie rassurante, la brave Marie, elle, a réponse à tout, fait figure de bonne élève,

l’enterrer ( quelle question ! ) comme les 39 autres…

Oui, oui

cela passera inaperçu, « tout le monde vous connaît M.le professeur », et puis il faut s’activer, faire table rase, le ménage, la prochaine étudiante est déjà là…elle vient prendre sa leçon…

 

M.G

 

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Suites et fin, Jean-Luc Steinmetz.

Suites et fin par Steinmetz

Je remercie en premier lieu Babélio dans le cadre de sa dernière opération Masse critique et les éditions « Le Castor Astral » pour cette jolie découverte poétique.

« Jean-Luc Steinmetz sait changer de voix et de voie en explorant la gamme des possibles. Toujours à la recherche de l’instant éblouissant qui l’emporterait, il affirme une écriture porteuse d’une fine connaissance de la poésie tant actuelle qu’inscrite aux siècles précédents. Dans l’infini apprentissage du monde.
Avec Suites et fins, à la fois cendres et semences, de multiples fins encouragent de perpétuels recommencements : ceux de la vie ou de l’écriture. Le livre insiste sur une telle position au monde, vouée à l’instant ou à des restes de mémoire. Une évidence se fait jour, l’arrivée, la construction de réalités poétiques ayant vertu – sans le proclamer – de manifeste. »

La forme :

Une couverture sobre et texturée (nervurée) à laquelle j’adhère, blanche,

agréable au toucher,

information à la discrétion du lecteur : c’est le « 1123 ème ouvrage » publié par Castor Astral,

un marque page joint, une petite attention au lecteur potentiel,

et les encres de Pierre Zanzhucchi qui ornent le recueil de poésie, conférant à l’ensemble une zénitude..

Le fond :

Composé de six parties et hommage certain à une certaine modernité poétique, les  petits poèmes en prose en rappellent d’autres,

des séries de vers libres aussi,

pas étonnant pour ce spécialiste de Rimbaud, Mallarmé et Jaccotet.

« Commensemencements

Sur la rive emplie de fantômes
l’instituteur valaisan apparaît
faisant danser « au brumeux horizon » *
tout un poème de Verlaine.
L’heure de la classe s’achève. Je lui demande
(et pour toujours demande)
ce que veulent dire la musique et les vers.
Dans l’entrebâillement de la porte
ou l’embrasure de la fenêtre
pénètre un rayon. Il forme sur le dallage
la réponse
mais personne pour la traduire ce jour-là.

p.28″

*Echos hommage au  poème saturnien VI / L’heure du berger

« La lune est rouge au brumeux horizon ;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson ;

Les fleurs des eaux referment leurs corolles ;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leurs spectres incertains ;
Vers les buissons errent les lucioles ;

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit. »

Une idée du ressassement, la poésie au service de la mémoire, saisir sur le vif, mais pas dans l’idée de figer l’instant, plus je pense ( mais ça n’engage que moi ) à la manière des résiliences, des échos savamment amenés au rythme des enjambements,

un éternel recommencement,

des blancs.

« Immuables et indifférents.
Quoi veille ?
Quels sont les pluriels et la valeur instinctive du singulier ?

Avec des questions en foule je passe le jour
comme on passe un fleuve.
Chacun ignore ce qu’il en est de l’autre rive.
Je m’abreuve de pensées primaires.
D’autres stagnent au fond de ma voix.
Atteindre est un vœu proféré
maintenant pour plus tard.

Ce qui n’a plus cours court en arrière.
Des arbres environnent les terres.
Le salut qu’ils adressent
répond à plusieurs désirs
informulés ou déformés.

La méditation prend toute la tête
ressort par les narines
comme un souffle exalté.
Au bout des doigts grésille ce moment
les rites usant les rebords de porcelaine
et quelque chose d’un amour que l’on regardera plus tard
parmi les archives filmées. » p.18″

1ère partie : Commensemencements, la thématique de la « semence » revient dans le recueil, associé à la naissance,

et à l’écriture,

« Dans tant de phrases qui glissent de la tête aux mains
les larmes coulent aisément, rires ou sanglots.
En quoi sont-elles importantes?
On donne, on reçoit gratis.
Le corps relaxé près du fleuve
s’éveille à sa force et connaît
la secrète faveur d’une seconde vie.p.64″

à l’image de la femme, à la nature et aux saisons, l’image du prunier également,

« Soma-séma-sémène, l’âme est une captive

traitée avec humanité

conservé en suspens

incapable d’avancer beaucoup plus loin que la vie.(etc..p.61) »

Celui-ci pourtant, se détache dans le recueil : le seul en majuscules, magistral…faut-il pour autant lui accorder plus de sens?

« UNE PHRASE
QUI PARLE DU SABLE QUI S’ECOULE

COMMENT N’AURAIT-ELLE PAS RAISON ? » p.37

Hommages pluriels à Verlaine, Breton, Villon, Bataille, Cendrars, Antelme…

Notez que seul,

un poème,

comporte un titre, p.67,

« 19 heures ».

Autre extrait :

« Commensemencements

Sur la rive emplie de fantômes
l’instituteur valaisan apparaît
faisant danser « au brumeux horizon » *
tout un poème de Verlaine.
L’heure de la classe s’achève. Je lui demande
(et pour toujours demande)
ce que veulent dire la musique et les vers.
Dans l’entrebâillement de la porte
ou l’embrasure de la fenêtre
pénètre un rayon. Il forme sur le dallage
la réponse
mais personne pour la traduire ce jour-là.

p.28

* Rappel de ce délicat poème saturnien
VI/L’heure du berger

La lune est rouge au brumeux horizon ;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson ;

Les fleurs des eaux referment leurs corolles ;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leurs spectres incertains ;
Vers les buissons errent les lucioles ;

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit.

Notez que les poèmes sont de longueur variable,

une strophe,

2/3/4,

ou un paragraphe,

ou quelques expressions…comme s’il ne voulait pas de carcan, célébration des formes, en tout genre,

Une section se distingue aussi par sa thématique, plus sombre, « Egéennes » 8 poèmes sur l’inacceptable, un cri de révolte,

suppléments d’informations donnés, sous chacun des poèmes

ex : « L’embarcation surchargée a chaviré, entraînant la mort de soixante-treize migrantts hommes, femmes et enfants (9/12/2015) ,p. 45 à la manière d’une légende, dont on s’imagine très bien quelle pourrait être la photo associée,qui me rappelle aussi le Radeau de la Méduse de Géricault.

Et cette section un peu folle…ROIDE ASILE, 17 réflexions comme issues d’un « esprit malade ». Une découverte sympathique que je n’aurai sans doute pas faite sans cette opération de Babélio.

Pour aller plus loin :

« Jean-Luc Steinmetz est né en 1940. Poète, essayiste, professeur à l’université de Nantes, il a publié les œuvres complètes de Rimbaud en trois volumes (Garnier-Flammarion).

Il est l’auteur de plusieurs essais sur la littérature, dont deux importantes biographies : Stéphane Mallarmé, l’absolu au jour le jour (Fayard, 1998), Arthur Rimbaud, Une question de présence (Tallandier, 1999) et Pétrus Borel, vocation poète maudit., et. A lire chez Zulma : Les Femmes de Rimbaud (2000).En outre son livre Le Jeu tigré des apparences (Castor Astral) lui a valu le Grand Prix de poésie de la SGDL et le prix Paul Verlaine. »

M.G

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Phase poésie/ haikus /suite/ automne.

Sélection……….Image associée
La voix des roseaux
Bruit comme le vent d’automne
Mimiques

Matsuo Bashõ ( 1644-1695 )

Le ciel d’automne
Des milliers de moineaux –
Le bruit de leurs ailes.
Yotsuya Ryu ( 1758 )
Un éventail plié de l’automne est inséré
Dans le dur obi
Comme une planche.
Ce couchant d’automne

On dirait

Le Pays des ombres.

 

Matsuo Bashõ ( 1644-1695 )
Sur une branche nue
un corbeau est descendu
le soir d’automne

Tachibana Hokushi ( 1665-1718 )

L’automne se termine
Qui pourrait comprendre
Ma mélancolie.
Yotsuya Ryu ( 1758 )
MG

 

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Les classiques /Poésie et Automne, c’est de saison!

Image associée
Chanson d’automne
 
Les sanglots longs

Des violons
De l’automne
Blessent mon coeur
D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

 

Automne maladeImage associée

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé

Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

Chant d’automneRésultat de recherche d'images pour "AUTOMNE PIXABAY"

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? – C’était hier l’été ; voici l’automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.

Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

 

M.G

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La femme au carnet rouge, Antoine Laurain.

 Une première rencontre avec cet auteur,

la couverture, monochrome, et le noir et blanc,La femme au carnet rouge par Laurain

j’ai tout de suite été accrochée,

rien d’étonnant d’ailleurs,

une romance organisée autour d’un jeu de pistes invraisemblable, une idée de départ étonnante…mais crédible :

4ème : « Un soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main.

Il est retrouvé par Laurent Lettelier, libraire de profession, qui ne trouve pour seuls indices sur sa propriétaire que quelques effets personnels (un ticket de pressing, un roman, une pince à cheveux, un carnet…).

S’ensuit un jeu de piste romanesque.

 

Un matin à Paris, alors qu’il ouvre sa librairie, Laurent Letellier découvre dans la rue un sac à main abandonné.
Curieux, il en fait l’inventaire et découvre, faute de papiers d’identité, une foule d’objets personnels : photos, parfum… et un carnet rouge rempli de notes. Désireux de retrouver la propriétaire du sac, Laurent s’improvise détective. À mesure qu’il déchiffre les pages du carnet contenant les pensées intimes de l’inconnue, le jeu de piste se mue progressivement en une quête amoureuse qui va chambouler leurs vies. »

Laurent est libraire au Cahier rouge et tombe par hasard sur un sac à main mauve de bonne facture, intrigué, il va en rechercher la légitime propriétaire par curiosité et va se prendre au jeu.

« Laurent tourna la page pour découvrir deux lignes manuscrites au stylo sous le titre :  » Pour Laure, souvenir de notre rencontre sous la pluie. Patrick Modiano ».
L’écriture dansait sous ses yeux. Modiano, le plus insaisissable des écrivains français. Qui ne participait plus à aucune dédicace depuis des lustres et n’accordait que de très rares interviews. Dont la diction hésitante, pleine de points de suspension, était légendaire. »

Fouiller un sac à main, un tabou…c’est franchir une ligne…

« Combien de choses se sent-on obligé de faire par principe, par convenance, par éducation, qui nous pèsent et ne changent rien au cours des événements? p.108″

« Un hasard, des mots échangés, et c’est le début d’une relation. Un hasard, des mots échangés, et c’est la fin d’une relation, p.108 »

« C’était bien cela que suggérait Tabucchi dans son titre : on était passé à côté de quelque chose d’important. A côté d’un amour, à côté d’un métier, à côté d’un déménagement vers une autre ville, un autre pays. Une autre vie. A côté et en même temps si près que, parfois, dans des instants de mélancolie proches de l’hypnose, on pouvait malgré tout saisir des parcelles de ce possible. »

Laure se fait agressée un soir en rentrant chez elle, son sac est volé, .un sac à main qui renferme son intimité, ses effets personnels, et ce carnet, un moleskine rouge, sur lequel elle griffonne et laisse quelques pensées, façon journal intime..alors elle se sent dépossédée, dépouillée par ce vol.

L’histoire est bien ficelée, on accompagne progressivement Laurent dans ses découvertes et on piaille d’impatience,

le style est sobre, une simplicité qui sert avec justesse la romance sans en faire trop, lui apportant juste ce qu’il faut de crédibilité.

M.G

 

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Lettres à un adolescent, anthologie de Camille Laurens.

Lecture de la soirée,

Jolie anthologie qui regroupe 26 lettres d’écrivains,
26 occasions de lire les liens entre des écrivains et leurs rejetons, les fratries.
En toute simplicité, les petits surnoms, sursauts intimistes…

Lettre à un fils, une fille, une soeur,

de Hugo à sa « Didi »,

de Epicure à Ménécée,

de Colette (mère/Sidonie) à  Colette ( fille),

de F.Mauriac à sa fille et à son fils,

de F.Scott Fitzgerald à sa petite « Scottie »et bien d’autres qui nous laissent entrevoir un fragment, une bribe.
Une sélection éclectique, dont la belle lettre de Rudyard Kipling à son fils John, âgé  alors de 13 ans, en 1910.

« Si… Tu seras un homme, mon fils

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaitre,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils

 

Version  musicale

Monsieur Dk/hommage


En complément :

Le poème original en anglais

If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don’t deal in lies,
Or being hated, don’t give way to hating,
And yet don’t look too good, nor talk too wise:

If you can dream —and not make dreams your master
If you can think —and not make thoughts your aim
If you can meet Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you’ve spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build’em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: “Hold on!”

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings —nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds’ worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that’s in it,
And —which is more— you’ll be a Man, my son!

Traduction par Jules Castier (1949)

Cette traduction s’approche du texte initial, sans être littérale puisqu’elle est en vers. À la différence de Jules Castier, André Maurois a réécrit et réinterprété le poème en fonction de la culture et de la sensibilité françaises, ce qui lui donne cet élan si particulier.

Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tête, et met le blâme en toi ;
Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ;
Si l’attente, pour toi, ne cause trop grand-peine :
Si, entendant mentir, toi-même tu ne mens,
Ou si, étant haï, tu ignores la haine,
Sans avoir l’air trop bon, ni parler trop sagement ;

Si tu rêves, — sans faire des rêves ton pilastre ;
Si tu penses, — sans faire de penser toute leçon ;
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Désastre,
Et traiter ces trompeurs de la même façon ;
Si tu peux supporter tes vérités bien nettes
Tordues par les coquins pour mieux duper les sots,
Ou voir tout ce qui fut ton but brisé en miettes,
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ;

Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprêmes
Et le risquer à pile ou face, — en un seul coup —
Et perdre — et repartir comme à tes débuts mêmes,
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ;
Si tu forces ton coeur, tes nerfs, et ton jarret

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À servir à tes fins malgré leur abandon,
Et que tu tiennes bon quand tout vient à l’arrêt,

Hormis la Volonté qui ordonne : “Tiens bon !”

Si tu vas dans la foule sans orgueil à tout rompre,

Ou frayes avec les rois sans te croire un héros ;
Si l’ami ni l’ennemi ne peuvent te corrompre ;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ;
Si tu sais bien remplir chaque minute implacable

De soixante secondes de chemins accomplis,
À toi sera la Terre et son bien délectable,
Et, — bien mieux — tu seras un Homme, mon fils.

M.G

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Complètement cramé! Gilles Legardinier.

So british !

Un roman qui rend hommage au légendaire flemme britannique, moins drôle que le précédent que j’avais lu de Legardinier, mais bien agréable, toujours acidulé (443 pages) si vous voulez faire la connaissance d’Andrew Blake, ce majordome étonnant qui bouscule vos petites habitudes au sein du Manoir « made in » France,

si vous voulez revoir vos bonnes manières,

si vous appréciez les bonnes blagues,

alors ce livre vous fera sourire.

Complètement cramé ! par Legardinier

Pour vous :

« Si tu me voyais ( Andrew à son meilleur ami ) je suis au milieu des bois, au pays des dingues.

— Jolie définition de la France…

— Richard, je veux tout arrêter. Je veux rentrer.

— Mais tu es arrivé seulement hier, et nous avions été très clairs.

— Tu n’imagines pas ce qu’ils m’ont fait subir en si peu de temps…

— Ils t’ont fait manger des escargots ? Du fromage moisi ?

— Pas loin : la pâtée du chat. Et le pire, c’est que j’ai aimé ça. »

Certainement Andrew, because you are « complètement cramé! » p.215

« En France, vous faites moins cuire la viande qu’en Angleterre. Chez vous, tout est servi rouge, saignant à l’intérieur.

– Et chez vous, c’est de la semelle. C’est vous qui avez un problème avec la viande. Vous la faites toujours trop cuire. C’est un défaut historique. Regardez ce que vous avez fait à notre Jeanne d’Arc. Vous l’avez tellement cuite que vous l’avez brûlée! »

Entre amis, les petites attentions!

« Moi, si un jour tu te retrouves dans le coma, je ne te laisserai pas tomber, infâme crapule. Je serai là dès le lendemain. Je te mettrai une perruque, je te maquillerai et je te ferai poser des implants mammaires. Quand tu te réveilleras, comme moi tu ne te souviendras de rien et là, je te raconterai que tu es Angelina Jolie. Je pourrai même te montrer tes films. »

« L’épaisse fumée qui monta soudain du journal les interrompit.

« – Malédiction ! S’écria Odile en retirant le fer. Les cours de la Bourse sont en feu !

– On appelle ça la flambée monétaire.

– Rigolez. Elle va nous virer tous les deux.

– Aucun problème : regardez, les offres d’emploi sont intactes… »

M.G

 
Article mis en avant

C’est tentant cette histoire…montre en main..

Tombée par hasard dessus hier…je vais peut-être me laisser tenter..à voir…selon l’inspiration..

M.G

Visuel clé 2017

Le vendredi 22 septembre prochain, Edilivre vous lance une nouvelle fois un défi littéraire unique : écrire une nouvelle en 48H ! Réservez votre week-end qui promet d’être intense en émotions et en réflexions.

 

« 48H pour écrire », le concours d’écriture le plus important de France

Pour la cinquième année consécutive, Edilivre renouvelle son concours de nouvelles gratuit et ouvert à tous : « 48h pour écrire ». Chaque année, le concours rassemble plus de 2000 participants, 100 partenaires relayant l’opération et un jury composé de 900 lecteurs.

Participer ? C’est facile, gratuit et ouvert à tous ! 

Connectez-vous sur le site www.edilivre.com ou sur les réseaux sociaux Edilivre (Facebook et Twitter) le vendredi 22 septembre à 19h pour connaître le thème de cette cinquième édition. Vous aurez alors 48 heures pour rédiger et envoyer votre nouvelle via le formulaire ci-dessous :

Lien vers le formulaire en ligne

Pour être acceptée, votre nouvelle devra :

– respecter la thématique imposée qui sera dévoilée le vendredi 22 septembre 2017 à 19h sur notre site
– être transmise avant le dimanche 24 septembre minuit (00h)
– ne pas dépasser les 10 000 caractères, espaces compris, soit environ 2 pages A4
– être anonyme : votre nom, prénom ou pseudo ne doivent pas y figurer
– ne pas contenir d’illustrations, images ou photos

Chaque participant ne pourra présenter qu’une seule et unique nouvelle dont il garantira être l’auteur et le détenteur des droits.

Ce concours est gratuit, aucuns frais d’inscription ne sont ou ne seront demandés.

Téléchargez le règlement de la 5ème édition du Concours « 48 heures pour écrire »

 

 

Les résultats

Du lundi 02 octobre au lundi 30 octobre, le jury composé 900 auteurs et  lecteurs notera chaque nouvelle, les trois nouvelles ayant obtenu la meilleure moyenne seront désignées comme les 3 finalistes. À partir du 06 novembre 2017, les trois nouvelles finalistes seront lues et notées par l’équipe d’Edilivre, les résultats scelleront le palmarès. Durant cette période, le public sera appelé à voter sur Facebook pour élire le Prix du Public parmi les 3 nouvelles finalistes.

Les 1er, 2ème et 3ème Prix et le Prix du Public seront dévoilés sur le site Edilivre et Facebook dès le mercredi 15 novembre 2016.

 

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Du Bellay revisité…Heureux…qui

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Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la doulceur angevine.

Les Regrets, Joachim Du Bellay.

Un classique en littérature, sonnet traditionnel, vu et revu..mais que j’apprécie toujours autant et dont je ne me lasse pas..sans doute lié à mon gôut pour les mythologies et une jolie illustration du mélancolique, nostalgique dépeint par Du Bellay.

Versions musicales dans deux styles, pour savourer la musicalité…

Brassens/Heureux qui..

 

Ridan/Ulysse

Un autre, dans l’élégiaque…

Chant du désespéré

Joachim du Bellay

La Parque si terrible
A tous les animaux,
Plus ne me semble horrible,
Car le moindre des maux,
Qui m’ont fait si dolent,
Est bien plus violent.
Comme d’une fontaine
Mes yeux sont dégouttants,
Ma face est d’eau si pleine
Que bientôt je m’attends
Mon coeur tant soucieux
Distiller par les yeux.
De mortelles ténèbres
Lis sont déjà noircis,
Mes plaintes sont funèbres,
Et mes membres transis
Mais je ne puis mourir,
Et si ne puis guérir.
La fortune amiable
Est ce pas moins que rien ?
O que tout est muable
En ce val terrien !
Hélas, je le connais
Que rien tel ne craignais.
Langueur me tient en laisse,
Douleur me fuit de près,
Regret point ne me laisse,
Et crainte vient après
Bref, de jour, et de nuit,
Toute chose me nuit.
La verdoyant’ campagne,
Le fleuri arbrisseau,
Tombant de la montagne,
Le murmurant ruisseau,
De ces plaisirs jouir
Ne me peut réjouir.
La musique sauvage
Du rossignol au bois
Contriste mon courage,
Et me déplaît la voix
De tous joyeux oiseaux,
Qui sont au bord des eaux.
Le cygne poétique
Lors qu’il est mieux chantant,
Sur la rive aquatique
Va sa mort lamentant.
Las ! tel chant me plaît bien,
Comme semblable au mien.
La voix répercussive
En m’oyant lamenter
De ma plainte excessive
Semble se tourmenter,
Car cela que j’ai dit
Toujours elle redit.
Ainsi la joie et l’aise
Me vient de deuil saisir,
Et n’est qui tant me plaise
Comme le déplaisir.
De la mort en effet
L’espoir vivre me fait.
Dieu tonnant, de ta foudre
Viens ma mort avancer,
Afin que soie en poudre
Premier que de penser
Au plaisir que j’aurai
Quand ma mort je saurai.

Ibidem.

M.G

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Un compliment…

C’est toujours agréable un compliment,

ça frôle la politesse,

récompense un labeur,

touche…

alors merci à tous les suiveurs, les lecteurs et lectrices de tous bords,

les timides,

les curieux,

ceux qui fréquentent de manière sporadique, par petites touches,

les réguliers, les plus avides…

merci pour les « like », les commentaires, les visites, les contributions…et j’espère que ça va continuer…Résultat de recherche d'images pour "remerciements merci"

M.G

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Gatsby le magnifique, F.Scott Fitzgerald.

Gatsby…

ça s’annonçait magnifique,

3ème roman de  l’américain Fitzerald, publié en 1925,

« Gatsby s’est montré parfait jusqu’à la fin. C’est ce dont il était la proie, les remous dégradants qu’entraînent le sillage de ses rêves, qui m’ont rendu sourd pour un temps aux chagrins mort-nés des humains et à leurs transports si vite essoufflés. »p.13

flamboyant, quelque peu plein d’extravagance et de superlatifs bien sentis, la couverture elle-même lui rend bien justice sur cette édition récente,

Après tout_____et ce n’est pas une simple boutade______pour observer la vie sous le meilleur des angles, mieux vaut rester à la même fenêtre. »p.15

Les années folles,

New York, New York

« Je commençais à aimer New York, le côté incisif, hasardeux qu’elle prend la nuit, le plaisir que le va-et-vient incessant des hommes, des femmes et des voitures procure à l’oeil constamment aux aguets.p75. »

Gatsby le magnifique par Fitzgerald

Devant un tel personnage, du rocambolesque assurément, « Presque toutes les démonstrations d’autarcie personnelle me laissent désarmé et confus. »p21,

cher vieux, cher vieux « Demain,nous courons plus vite, nous tendrons les bras plus avant …Et, un beau matin…Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulées sans fin vers notre passé. p.223″

Quelque chose le poussait à venir grignoter dans les marges des vieux poncifs, comme si l’égoïsme engendré par sa vigueur physique ne suffisait plus à combler les exigences de son coeur. »

J’aime particulièrement ce passage qui faisaient échos à d’autres lectures Et, sous le soleil ou la pluie, ses yeux délavés, qu’on ne repeint plus depuis des années, continuent de couver rêveusement cette impressionnante décharge.p37″.

Un roman centré sur un personnage atypique, un milliardaire qui ne songe qu’à éblouir, rivalisant d’imagination, mais un halo de mystère le nimbe, qui est-il vraiment, que cache-t-il ?

Et cette étrangeté dans le somptueux, ses soupçons qui hantent…Une description du rêve américain dans toute sa splendeur, au gré d’un air jazzy et d’une coupe de champagne, magnifier pour mieux éblouir, robes de soirée et smoking exigés, éloge d’une certaine démesure,

« Je vous recommande Fitzgerald . avec lui, c’est la fête , et on n’a pas honte de s’y trouver. Pour une fois, nous allons faire du ski nautique, de la pêche sous-marine sur une côte d’azur presque vide. Pour une fois nous allons aimer le teint de notre peau. Sous de gais parasols, à l’heure où le soleil est chaud , nous boirons du champagne rosé et nous grignoterons du caviar. pour une fois nous allons bavarder avec de ravissantes jeunes filles , riches, sottes, exquises pour tout dire …
Lecteurs dépêchez vous de lire Gatsby le Magnifique , la grande maison de West Egg avec ses vingt hectares de pelouse et de jardins, sa piscine de marbre, son lierre vert cru, va bientôt se rallumer et être envahie par des gens impossibles. Profitez du calme.» Bernard Franck, Gatsby le Magnifique, Francis Scott Fitzgerald, Livre de Poche, Préface à l’édition de 1962.

puis,

désenchantement oblige..

« Je n’avais rien à lui répondre, sinon que la vérité était autre, mais cela n’était pas dicible. « 

N.B :Version ciné, la plus récente…version bling-bling,

 

M.G

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De l’éloignement/Ecriture/sf/1

1.Résultat de recherche d'images pour "desert glace"

Les relations humaines avaient commencé à se distendre,

puis à s’éroder,

s’étiolant dangereusement et ce, alors que les relations interconnectées s’étaient elles, considérablement étoffées.

Alors que les conversations de la vacuité fleurissaient, que tout à chacun exposaient délibérement et joyeusement ses affects débordants sur la démesurée « Toile », par écran interposé, les paroles, les mots entre humains dépérissaient tout aussi rapidement. Aussi, constatait-on que les humains, propriétaires de territoires extensibles d’amitiés fulgurantes, multipliant les quantités relationnelles, oubliaient de se nourrir de relations charitables et humantaires.Si bien que les déserts de conversations arides, les sourires exilés, les pensées finirent par remplacer les conversations non virtuelles. Celles-ci étaient tout bonnement ..depassées… pour le commun des mortels qui n’y trouvaient plus aucun intérêt. Les conversations entre pairs céssèrent donc pour se réduire a minima comme si le silence se suffisait à lui-même, si bien que chaque éclat de voix, chaque empreinte sonore, devenait heurt de la sensibilité. Cette impossibilité rendue contribua à dénaturer les rapports entre humains et ne simplifièrent pas les relations entre les deux sexes. Il devenait compliqué pour un homme de s’adresser à une femme de peur de la brusquer et de voir tous ses espoirs s’envoler, l’initiative frôlant l’impolitesse et l’incorrection ultime et pour une femme… cela dépassait l’entendement.

Le silence s’était érigé incommensurable,

ineffritable,

les paroles étant jugées bien trop dangereuses pour les jeux relationnels.

Il avait donc fallu trouver des parades pour assouvir et garantir la survie de l’espèce humaine…

M.G

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19118772&cfilm=145736.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kazuki :/Sakura

 

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Tortilla flat, John…Steinbeck!

C’est typiquement le genre de livre qu’il faudrait lire,

les doigts de pieds en éventail,

balancé paresseusement dans un hamac,Tortilla Flat par Steinbeck

sous un soleil de plomb,

une citronnade à portée de main,

Nous voilà prévenus,

en grandes pompes,

Tortilla Flat,

c’est d’après Steinbeck lui-même, dans la préface,

inaugural :

« Voici l’histoire de Danny, des amis de Danny et de la maison de Danny. [.] quand on parle de la maison de Danny, on entend par là une entité dont les composantes étaient des hommes et qui fut source de douceur et de joie, [.]. Voici donc l’histoire de ce groupe : comment il se forma, comment il crût et s’épanouit en une organisation de sagesse et de beauté. On y verra les amis de Danny et leur vie aventureuse, avec le bien qu’ils ont fait, avec leur pensées, avec leurs entreprises. On y verra à la fin comment le talisman fut perdu et comment le groupe se désagrégea. »

On retrouve ici un Steinbeck « bonimenteur », davantage « conteur » que dans l’inoubliable Des Souris et des hommes et Les Raisins de la colère.

Je me suis amusé des titres à rallonges, aux accents voltairiens :

« Comment Danny, rentré de la guerre, découvrit qu’il était héritier. Comment il jura de porter secours aux humbles. »p.13

« Comment trois pécheurs parvinrent à la paix par le moyen de la contrition.Comment les amis de Danny prêtèrent serment de camaraderie. »p.69

Une atmosphère chaleureuse, bon enfant,

centrée sur l’amitié, Danny devenu propriétaire ne cède pas aux caprices de la société de consommation et à la cupidité, encore moins à la convoitise,

 4ème : « Que peut-on faire d’une maison – et à plus forte raison de deux – quand, depuis son enfance, on préfère dormir à la belle étoile ? Libre enfant de Monterey, le paisano Danny se sent accablé par son héritage. La rencontre de son ami Pilon lui fournit une solution. Il lui louera une de ses maisons. Pilon recrute Pablo pour payer le loyer, Pablo à son tour… et de fil en aiguille tous les amis de Danny sont réunis sous un de ses toits.
La vie est belle, le vin bon, sans soucis du lendemain… »

il  reste simple,

pas de dénigrement des copains, « la bande de copains » coulent de beaux jours…

Un récit couleur optimisme, léger, mais dont le ton quelque peu suranné, désuet peut…lasser.

Ce ne fut pas le cas pour moi, en raison de sa longueur ( 255 pages ), uniquement je pense. ( J’aurai abdiqué, je pense, si cela avait été plus__________ long ).

En définitive, ce n’est pas mon titre préféré de Steinbeck, mais ça se lit bien, et vite, un titre idéal pour les vacances par exemple.

Extraits choisis :

« Je vais tout te raconter. J’ai acheté deux gallons de vin et je les ai apportés ici dans le bois, puis je suis allé me promener avec Arabella Gross. J’avais acheté pour elle, à Monterey, une paire de pantalons de soie. Elle les a beaucoup aimés, si roses, si doux. Et puis, je lui ai aussi acheté une petite bouteille de whisky. Un peu plus tard, elle a rencontré des soldats et elle est partie avec eux.- Oh ! la détrousseuse de l’honnête homme !».

« Il est impossible de savoir si Danny s’attendait à toucher un loyer, ni si Pilon avait l’intention d’en payer un. Si tel était le cas, ils allaient tous les deux au-devant d’une déception. Danny ne réclama jamais rien et Pilon n’offrit pas davantage. » »

M.G

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Demain est un autre jour, Lori Nelson Spielman.

Petite pause dans les lectures,

je ne parvenais pas à me décider dernièrement, et puis hier, j’ai commencé à reculons, ce poche, 448 pages, méfiante devant un titre qui promet et dont on se dit..

Va-t-il tenir sa promesse…

Demain est un autre jour par Nelson Spielman

Et  si..

« demain est un autre jour », « demain est un autre jour » ,

la couverture invite à la douceur, et le parapluie, se mettre à l’abri, se protéger et entendre la pluie ruisseler, goutteler,

« Mais j’aime ce jour-ci, lui répondrais-je, avec ses nuages, son orage et tout le reste. »

au centre, l’héroïne,

et la valise rouge,

faire ses bagages, emporter le plus précieux,

faire tabula rasa, lâcher prise aussi,

autant de messages distillés,

et le petit saut de cabri,

léger, léger…

4 ème :

« À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu’elle va tout naturellement hériter de l’empire de cosmétique familial dans lequel elle travaille. Mais, à sa grande surprise, le testament maternel confie les rênes de la société à sa belle soeur. Et pour tout héritage, Brett ne reçoit qu’un vieux papier jauni et chiffonné, récupéré en secret par sa mère dans sa poubelle, vingt ans plus tôt : la liste des choses qu elle voulait vivre, rédigée lorsqu’elle avait 14 ans. Ainsi, elle n’a pas été oubliée par le testament, mais rien ne lui reviendra si, au bout d’un an, elle n’a pas accompli ses rêves d’adolescence.
Le problème, c’est que la Brett d’aujourd’ hui n’a plus rien à voir avec la jeune fille de l’époque, et que ses rêves d’adulte sont bien différents. Enseigner ? Elle n’a aucune envie d’abandonner son salaire confortable et ses stock options pour aller batailler avec des enfants rebelles dans une salle de classe. Avoir un bébé ? Cela fait longtemps qu’elle y a renoncé, et de toute façons Andrew, son petit ami avocat, n’en veut pas. Entamer une vraie relation avec un père trop distant ? Les circonstances ne s’y prêtent guère. Tomber amoureuse ? C’est déjà fait, grâce à Andrew, à moins que….
Malgré tout, Brett va devoir quitter sa cage dorée pour tenter de relever le défi. Et elle est bien loin d’imaginer ce qui l’attend.
Menée tambour battant, cette comédie romantique sur les rêves de jeunesse, les illusions perdues et la possibilité de refaire sa vie, se lit d’une traite. Publié en avant première en France, le premier roman de Lori Nelson Spielman, dont les droits d’adaptation cinématographique ont été achetés par la Fox, sera bientôt traduit dans plus de 25 langues. »

Un premier roman qui surfe sur l’engouement des chick lit et des whish list, une dose de mélodrame, quelques ellipses dans la narration, et le personnage de la mère intuitive même s’il reste intéressant, m’a semblé pourtant trop lisse,une certaine perfection, j’ai eu du mal à croire aux « prémonitions » maternelles,

trop fiables,

un peu trop beau pour être vrai

« Bretel. Le vieux surnom dont elle m’avait affublé quand nous étions enfants. Elle avait fait une liste de propositions après que je m’étais plaintes une semaine durant de porter un prénom de garçon. »

« Et qu’est ce que tu penses de Bretchen ? Bretta ? Brettany  » m’avait-elle demandé.

Nous nous étions arrêté sur Bretel, un nom qui réveillait des images de maison en pain d’épice et d’enfants malins. »

Une lecture agréable somme toute, doucerette et convenue, un soupçon de romance

j’aurai juste voulu ne pas deviner l’issue si tôt, quelques passages, ceux qui m’ont fait rire :

p.153″Chaque cellule de mon cerveau est concentrée sur le fait que, dans trois jours, je ferai cours au prochain Hannibal Lecter

« Oh, mon Dieu, j’ai atteint un nouveau degré de nullité. Andrew et moi venons de nous séparer. Et me voilà ce matin à poursuivre – oui, à poursuivre – un homme dont je ne connait même pas le nom. »

« Avoir le sentiment que son QI a rétréci alors que son arrière-train a grossi, quoi de pire ? »

« J’aimerais bien jouer dans la cour des grands. Mais je n’ai pour tout équipement qu’un sac de billes et une corde à sauter. »

M.G

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Poésie…parenthèse.

J’avais presque oublié Aragon et sa musicalité,

alors petite sélection :

Les oiseaux déguisés, Louis Aragon (1897-1982), Les Adieux et autres poèmes (1982).

« Tous ceux qui parlent des merveilles
Leurs fables cachent des sanglots
Et les couleurs de leur oreille
Toujours à des plaintes pareilles
Donnent leurs larmes pour de l’eau

Le peintre assis devant sa toile
A-t-il jamais peint ce qu’il voit
Ce qu’il voit son histoire voile
Et ses ténèbres sont étoiles
Comme chanter change la voix

Ses secrets partout qu’il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé

Ma vie au loin mon étrangère
Ce que je fus je l’ai quitté
Et les teintes d’aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d’une nuit d’été

Automne automne long automne
Comme le cri du vitrier
De rue en rue et je chantonne
Un air dont lentement s’étonne
Celui qui ne sait plus prier. »

et,

Les Yeux d’Elsa

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L’été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie
Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois
Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas
Trop peu d’un firmament pour des millions d’astres
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L’enfant accaparé par les belles images
Écarquille les siens moins démesurément
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens
On dirait que l’averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où
Des insectes défont leurs amours violentes
Je suis pris au filet des étoiles filantes
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d’août

J’ai retiré ce radium de la pechblende
Et j’ai brûlé mes doigts à ce feu défendu
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu’un beau soir l’univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent
Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa.

Dans Les yeux d’Elsa.

 

Les yeux, le regard,un peu de folie,

credo intransigeant des Surréalistes…Aragon, Eluard,

 

Image associéeeluard_picasso

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

M.G

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Chanouga…Narcisse/ bd /.

Tombée cet été sur une très jolie expo,

qui n’a pas manqué de m’intéresser,

au Musée de la Marine de Toulon,

mise en scène superbe (on baignait dans l’atmosphère, et quelles couleurs !) et bien contextualisée

Résultat de recherche d'images pour "narcisse bd planche"

une salle d’expo entièrement dédiée à la série bd Narcisse de Chanouga, (que je connaissais pas, d’ailleurs ) d’autant plus sympathique qu’elle mettait en exergue le travail de fond, décomposition de la production, agencement…tout était détaillé, avec des ateliers.

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Résultat de recherche d'images pour "narcisse bd planche"

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Cette série s’inspire très largement d’une histoire vraie, celle de Narcisse Pelletier,

Résultat de recherche d'images pour "narcisse pelletier"1 Narcisse Pelletier à son retour en France : il portait des scarifications sur le torse et les bras ; son nez et ses oreilles étaient largement percées.

 

un jeune mousse vendéen, qui après le naufrage de son navire restera 17 années durant chez « les sauvages « du Cap Flattery  (situé dans l’Extreme Nord Australien).

 

Recueilli par une tribu aborigène dont il adoptera le mode de vie, il est ramené sur la terre ferme, et son témoignage restera précieux tant il est unique…

 

Aux amateurs d’aventures maritimes,

à tous les naufragés, aux sauvages,

aux fans de la première heure,

de Stevenson, London, Melville…vous y trouverez votre compte.
N.B
Un cahier réservé à la première édition présente la genèse de ce projet et le véritable Narcisse Pelletier.

Pour aller plus loin sur le thème…

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M.G

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Ennemis publics, BHL versus Houellebecq ? Ready? Ready-made?

L’épistolaire,

un genre que j’affectionne tout particulièrement,

de l’échange,

stimulations et joutes de mots (maux) comme autant de petits rebonds et revers entre interlocuteurs…Je te questionne, tu me réponds, je t’interpelle, tu reviens sur ce mot, cette idée…minutie oblige, sens de la répartie et provoc aussi, non sans certains égards évidemment.

Toujours ce moment de flottement  quand je lis Houellebecq,

…un temps,

J’ai reconnu et aimé cette comparaison du genre épistolaire aux échecs le rôle de l’anticipation, le frisson et l’impatience de________ l’attente, une  incommensurable lenteur, merveilleusement décrite  par BHL aux parties » à distance »  par opposition aux parties dites » à la pendule » (..)

« on méditait son coup; on le mettait sous pli; on attendait, par retour, le coup fomenté par le partenaire ; les parties duraient des semaines; parfois des mois; Marcel Duchamp, qui n’aimait rien tant que jouer de cette manière, s’engageait dans des parties qui pouvaient durer des années et j’étais, en ce temps-là, éperdu d’admiration pour tout ce faisait Marcel Duchamp (…). »

« Je les ai adorées comme je crois, Duchamp les concevaient : moins un match qu’un jeu; moins une compétition qu’une manière d’inventer et de produire à deux ; un travail de l’intelligence, en somme, avec questions, réponses, passions contrariées, rebondissements, lumières partagées ou occultées, virtuosités, leurres. »p.186

De la littérature de « l’aveu« ,  et de ces interludes pendant lesquels ils avouent tous deux chercher sur le monstre « Google » les derniers écrits, critiques acerbes, ou » mépris » puisqu’ils sont deux « ennemis publics » à abattre, par la meute dont ils se détachent, chacun de sa manière, l’un digne représentant d’un dépressionniste aigu, pessimiste retranché de » l’humanité« , l’autre, plus « intellectuel, » à la marge mais en quête d’aventures et d’humanité, d’affronts, en un sens.

Quelques développements intéressants, divergences sur la Russie, lettres du 12/03/2008, références à Anna pour BHL, digressions sur le Juif, l’Islam,

un brin de lectures et d’analyses psy (vive Freud,  Jung et Lacan !!) pour évoquer la mère toxique et la figure paternelle, « l’empreinte » laissée…p.96. et la théorie du clinamen (déclinaison), Lucrèce et son de Rerum explicité par BHL..

L’art de la biographie, de l’autobiographie surtout, non de la transparence des coeurs façon Jean-Jacques ou Starobinski, non pour ça, tous deux se défendent, plutôt le  goût de la clandestinité, du secret dans l’acte, genèse de l’écriture qui ne peut éclore à la vue, par pudeur, efficace, essence même,

se pousser l’un l’autre,

l’aventure pour BHL « une boxe où l’on se s’affronte, il y insiste, qu’à soi-même et aux limites, toujours repoussées, de ses propres stratagèmes…p.187″

moment où les dissemblances/ rencontres de « monadologies » font face et se nourrissent avec avidité…façon ready-made..

« Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous », dixit Eluard, je n’en doute pas…

La ou plutôt___________ les correspondances, cher Baudelaire,

Correspondances

« La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Ennemis publics par Houellebecq

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens. »

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal.

 

 

Elaboration des stratégies, anecdotes pointées, je redoutais un dialogue pompeux entre deux personnages,

deux écrivains dans la surenchère…

J’ai été agréablement surprise, pas de regret, je l’ai dévoré en deux jours_______ alors qu’il traînait sur mon bureau depuis quelques mois.

M.G

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Salvador à la folie, Dali par Robert Descharnes ./ bd

Résultat de recherche d'images pour "salvador  a la folie bd" Salvador Dalí, à la folie  » , éditions Pat à Pan, 48 pages couleur, 12 €.

4 ème :

 » Je me vengerai de sa mort en devenant immortel !  » annonça le jeune Dali au chevet de sa mère, en 1921.  » Courage, Salvador : si tu joues au génie, tu le deviens !  » se dit-il en s’attelant aussitôt à la tâche. Soixante-cinq ans plus tard, au terme d’une vie forcenée de création, de calculs, d’inventions iconoclastes, de rencontres et de provocations, l’illustrissime maître surréaliste affirmera lors de sa dernière apparition publique :  » Un génie n’a pas le droit de mourir !  » Au-delà de sa mort, son art lui donnera à tout jamais raison ; Salvador Dali est IMMORTEL! Car, plus pertinente aujourd’hui que jamais, son oeuvre, c’est sa propre vie. Avec Dali, en effet, rien n’est gratuit ! Le moindre détail de ses tableaux se réfère toujours à une anecdote de son enfance, une observation personnelle, une fixation, une névrose. Proposée en bande dessinée, cette biographie originale se révèle ainsi un outil visuel, simple et efficace, qui permet de décrypter, avec plaisir, chacune des oeuvres du génial peintre catalan.me vengerai de sa mort en devenant immortel !  » annonça le jeune Dali au chevet de sa mère, en 1921.  » Courage, Salvador : si tu joues au génie, tu le deviens !  » se dit-il en s’attelant aussitôt à la tâche. Soixante-cinq ans plus tard, au terme d’une vie forcenée de création, de calculs, d’inventions iconoclastes, de rencontres et de provocations, l’illustrissime maître surréaliste affirmera lors de sa dernière apparition publique :  » Un génie n’a pas le droit de mourir !  » Au-delà de sa mort, son art lui donnera à tout jamais raison ; Salvador Dali est IMMORTEL! Car, plus pertinente aujourd’hui que jamais, son oeuvre, c’est sa propre vie. Avec Dali, en effet, rien n’est gratuit ! Le moindre détail de ses tableaux se réfère toujours à une anecdote de son enfance, une observation personnelle, une fixation, une névrose. Proposée en bande dessinée, cette biographie originale se révèle ainsi un outil visuel, simple et efficace, qui permet de décrypter, avec plaisir, chacune des oeuvres du génial peintre catalan ».

Etonnante et folle cette biographie imagée de Dali, bizarre, par Descharnes ami et expert de longue date de Dali, version bd, haute en couleurs comme on pouvait l’attendre, foisonnante de détails, qui met l’accent sur la créativité et les  délires névrotiques de Dali en donnant une clé de lectures des images des grandes oeuvres..

p.18 Dali et Gala

Image associée

Jolie réussite d’excentricité et complètement surréaliste…pour les amateurs, je recommande cette autre approche de l’oeuvre.

M.G

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Marlysa / bd/ Jean-Charles Gaudin et Jean-Pierre Danard.

Résultat de recherche d'images pour "marlysa dessin"

 

Une saga agréable  au niveau du graphisme et des couleurs, mais qui s’essouffle au fil des tomes, de Jean-Charles Gaudin et Jean-Pierre Danard, d’héroic-fantasy, (16 tomes ) qui met en scène une jolie héroïne, Marlysa, à Tolden, en quête de ses origines, abandonnée puis adoptée,

elle a toujours eu un masque,

pourquoi,

d’ailleurs que cache-t-il ?

Coquetterie, cache, que dissimule-t-il de si terrible ?

Son sens de la justice, son caractère, un brin amazone, la rendent attachante, alors si vous voulez vous aussi connaître son secret, et son héritage, vous savez ce qu’il faut faire…la suivre dans ses aventures.

M.G

 

 

 

 

 

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Okko, de HUB, bd / univers Japon.

Univers bd…c’est une question d’honneur…

 

La série Okko naît en janvier 2005, son succès est fulgurant, elle devient rapidement la référence de matière de bd de sabre japonais. L’univers est sombre, parfois violent,  les dessins impressionnent par leur minutie, un sens du détail poussé à l’extrême, au rythme d’un récit initiatique qui se composent de cycles ( l’Eau, la Terre, l’Air, le Feu, le Vide.).

Okko, le héros est un rônin (un samouraï dépourvu de maître dans le Japon médiéval)  qui mène sa troupe au gré d’aventures.

Chasseur de démons dans l’empire du Pajan, il est accompagné de Noburo, un géant masqué, ( et me rappelle en ce sens l’héroine de bd, Marlysa (ci-contre), entouré de geishas,Image associée

d’un bonze qui convoque les kamis ( équivalents des esprits ) aux moyens de judicieuses prières, arrosées de saké, et de Tikku jeune pêcheur qui devient par la force des choses un apprenti, lié  dès le tome 1, par un serment pour retrouver sa soeur, petite Carpe, geisha enlevée par une horde de pirates.

Mais où Hub va-t-il chercher tout ça ?

Allez, quelques indices,

L’auteur : biographie issue de l’excellent site de référence Bédéthèque : Né à Annecy en 1969 sous le nom d’Humbert Chabuel, Hub a toujours voulu faire de la bande dessinée. Hub passe son Bac à Lyon et enchaîne sur une école de dessin qui ne le convainc pas. En 1992, Hub débarque à Paris comme designer pour travailler avec Luc Besson sur Le 5e élément. Hub côtoie Moebius, Mézières? Il crée avec un associé la société  » Oki Doki « , véritable label artistique qui travaille pour la publicité, les jeux vidéo ou l’habillage d’émissions de télévision. Mais la BD lui apporte plus de liberté et c’est avec un réel plaisir qu’il réalise scénario et dessins d’Okko. Hub voue une admiration méritée à des auteurs tels que Hergé, Myazaki ou Michetz. (info site web delcourt). Hub a obtenu le prix Abracadabulles / Caisse d’Epargne pour son album Okko  » le cycle de l’eau » T1 au Festival Abracadabulles à Olonne sur Mer. Ce prix récompense un nouvel auteur ayant publié moins de trois albums et dont le dernier album, le lauréat du prix, a été édité en 2004/2005. 

 

Attention les yeux…

p.3 (1ère planche)

Image associée

p.17

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M.G

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L’empire des loups, J-G Grangé.

Suite des lectures estivales…

4 ème roman de l’auteur,

connu notamment pour Les rivières Pourpres,
l’empreinte scénaristique de Grangé est indéniable, diablement efficace,

573 pages pour ce thriller haletant, du suspense, une mécanique machiavélique,

573 pages pour ce chassé-croisé de meutes impitoyables, entre tueurs, flics ripoux, etc… (je ne vais pas tout révéler tout de même ! )

« A sa manière le Chiffre était le père de tous les flics. Mi-héros, mi-démon, il incarnait à lui seul le meilleur et le pire, la rigueur et la Corruption, le Bien et le Mal. p.66″

573 pages pour élucider ces meurtres, ces femmes torturées, mutilées de façon atroce,« Vous n’avez pas vu les cadavres, répliqua Paul en montant la voix. On a affaire à un malade. Un psychopathe pur. C’est à nous de nous mettre au diapason de sa folie. »p.89 »

« Comment tu veux combattre le mal si tu n’y as jamais goûté? Comment tu veux comprendre l’ennemi si tu ne connais pas ses atouts? »

573 pages pour connaître Anna, cette femme bordée par la folie », Anna partit d’un rire brisé, un rire-sanglot, avant de s’enfuir sous les arcades. p170″

et qui perd peu à peu ses repères,

« Elle sent les effets du calmant l’envahir peu à peu.Une fleur de sommeil en train d’éclore à l’intérieur de son corps…Elle éprouve maintenant la sensation que le lit dérive et quitte la terre ferme. Elle flotte, lentement, dans les ténèbres. Il n’y a plus à opposer la moindre résistance, à tenter quoi que ce soit pour lutter contre ce courant. Il faut seulement se laisser porter par l’onde filante… »

et dont l’histoire lance l’intrigue,

12 chapitres, 1 epilogue

« J’ai sillonné les mers de verdure

L'Empire des Loups par Grangé

Embrassé les parois de pierre, les orbites d’ombre

J’ai caressé les versants de neige

Saupoudrés de sable rose,

Renflés comme des corps de femme… »

et une adaptation ciné (moins bonne à mon avis que le livre) mais pour ceux qui aiment Jean Reno, je ne dis pas…

M.G

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Dépaysant : L’île du Point Némo, Jean-Marie Blas de Roblès…

Surréaliste,

loufoque,

« C’est étrange la manière dont l’imagination fonctionne, et comme elle s’apparente au rêve »

L'île du Point Némo  par Blas de Roblès

« Tout livre est l’anagramme d’un autre. Peut-être même de plusieurs. Il n’appartient qu’au lexique d’être celui de tous les autres. » (p. 453)

« Découvrez une usine de cigares dans le Périgord noir, embarquez à bord du Transsibérien, grimpez dans un dirigeable, poursuivez votre périple en sous-marin à la recherche du diamant volé de Lady MacRae. Et croisez au fil des pages un dandy opiomane, l’ignoble monsieur Wang, une épouse nymphomane et frustrée, l’insaisissable Enjambeur Nô. Quelle folle imagination a pu faire naître un tel roman ? »

Hommage et brassage des intrigues, mises en abymes, épopée au rythme complètement délirant, hommage grandiloquent à de grands auteurs,

« La vérité, songea Wang, lorsqu’il fut enfin seul, c’est que c’était du pipeau; la guerre ne répugnait à aucune ruse. En clair, si les textes inclus dans la liseuse étaient tous du domaine public, il ne fallait pas compter y trouver La Comédie humaine ou les Rougon-Macquart en collection complète, annotée, illustrée et agréable à lire. Les éditeurs historiques de Balzac et de Zola en auraient attrapé des boutons de fièvre. Ces versions-là, il faudrait encore les racheter pour quelques euros sur les plates-formes dédiées. Pas question de les mettre directement sur le B@bil Book. Parmi les deux cent livres proposés, il n’y avait que des œuvres ultraconnues, choisies pour la façon dont elles entraient en résonance avec le cinéma. Hugo? Les Misérables; Zola? Germinal; Balzac? Le Colonel Chabert; La Recherche? Le premier tome, pas les autres, et ainsi de suite. S’ils ne les avaient déjà lus plusieurs fois, les gens pouvaient se rattraper avec les aventures complètes de Sherlock Holmes, les Fables de La Fontaine ou Vingt Mille Lieues sous les mers. Cela lui rappelait la Chine sous Mao, quand tout le corpus littéraire et philosophique se limitait peu ou prou à la production du XIXe siècle.

Du point de vue des éditeurs, il s’agissait simplement de produits d’appel pour vendre ensuite leurs nouveautés.
Pour les concepteurs de liseuses, cela n’avait aucune espèce d’utilité. Le temps que les acheteurs ouvrent leurs e-books, ne serait-ce que pour les feuilleter, et on aurait changé trois fois de tablettes et de normes de fichiers. L’important, ce n’était même pas qu’ils achètent des livres numériques récemment parus, mais qu’ils achètent encore et encore la possibilité de les acheter. Le même système que partout ailleurs, et qui fonctionnait à vide, comme le reste de l’économie. »

..si tu aimes Jules Verne

 » ingéniosité, astuce, logique pure : l’abbé Faria c’est à la fois Robinson Crusoé, Ulysse et le chevalier Dupin. Mais cette conjonction n’a rien à voir avec le hasard ; cet homme est une bibliothèque vivante, un lecteur qui doit à certains livres choisis d’être resté debout. (…) C’est cela le vrai trésor, la source de vie que l’abbé Faria va transmettre à Edmond Dantès, oralement, jour après jour, pendant des années.. ».

Lovecraft, Dumas, Melville, Stevenson etc…

si tu préfères Sherlock Holmes et ses références,

, »Un scytale, Holmes ! La méthode employée par les Spartiates pour envoyer des messages secrets. Les généraux qui devaient correspondre entre eux se munissaient d’un bâton strictement identique. Lorsque l’un deux voulait envoyer une lettre, il entourait le bâton d’un étroite bande de parchemin, puis écrivait son message dessus. Il déroulait ensuite la bande, rendant ainsi le texte illisible et la faisait parvenir à l’autre général. Pour la déchiffrer, celui-ci n’avait plus qu’à l’enrouler autour de son propre bâton. Enfantin mais efficace « !

mener l’enquête et l’Orient express,

« Miss Sherrington n’a été décrite jusqu’à présent que sous un angle peu propice à représenter les subtilités victoriennes de sa personnalité. » que tu as un brin d’humour,

et tu n’as pas peur de l’insolite,

« Choses qui font espérer la venue des extraterrestres.

Deux soeurs norvégiennes affirment avoir vu un homme étrange et son engin en forme de toupie »

« .Chose d’une fraîcheur déconcertante.
Chicago. Les jeunes voleurs tuent le poisson rouge pour ne pas laisser de témoin. » Ce n’était pas une balance, il ne les aurait jamais dénoncés » a déploré le couple victime du cambriolage. »

 

n’as pas peur d’être désarçonné dans ta routine de lecteur,

« Toute phrase écrite est un présage. Si les événements sont des répliques, des recompositions plus ou moins fidèles d’histoires déjà rêvées par d’autres, de quel livre oublié, de quel papyrus, de quelle tablette d’argile nos propres vies sont-elles le calque grimaçant ? « 

alors et seulement alors, ce livre est fait pour toi, mais je t’avertis, lecteur, il faut s’accrocher pour prendre le train à grande vitesse et ne pas rater le coche!!

M.G

 

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Street art et cinéma…

 

« La couleur donne de la force à tes images. Elle est un moyen de rendre plus vrai le réel. Mais pour peu que ce réel ne le soit pas tout à fait (réel), elle accuse son invraisemblance (son inexistance). »

R. Bresson – Notes sur le cinématographe – Gallimard 1975; réed. 1993; Folio n°2705 – Notes 1950-1958; p113.

« Le cinéma c’est un désir très fort de marier l’image au son. » David Lynch

M.G

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La vie épicée….Nathalie Roy.

Celui-ci ne me laissera pas un souvenir impérissable,

pur produit de chick lit,

mieux vaut prévenir,

La vie épicée de Charlotte Lavigne, tome 2 : Bulles de Champagne et sucre à la crème par Roy

4ème :

« Charlotte Lavigne est de retour! À 34 ans, elle est toujours recherchiste pour l’émission de télé Totalement Roxanne et, pour son plus grand bonheur, elle est fiancée à son beau Maximilien, qu’elle a l’intention de suivre à Paris. Pressée de planifier son mariage, Charlotte angoisse devant l’organisation de ce grand événement, qu’elle veut tout simplement parfait. Mais les choses ne se passeront pas comme elle l’avait imaginé. Une fois mariés, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants! Pas tout à fait. La nouvelle vie de Charlotte n’est pas un conte de fées, et elle devra mettre beaucoup d’eau dans son vin afin que son mariage tienne le coup. Réussira-t-elle?
Riche en rebondissements, le deuxième tome de La vie épicée de Charlotte Lavigne contient les mêmes bons ingrédients que le premier : amitié, amour, bouffe et mésaventures. Car même mariée et à Paris, Charlotte demeure une jeune femme charmante, rarement parfaite, et ô combien divertissante! »

Je n’ai pas accroché, le style certes léger, les personnages creux, superficiels, une histoire à dormir debout, le tout parsemé de coquilles et de fautes de syntaxe, ce qui, il faut bien le reconnaître n’a pas joué en sa faveur.

Si vous appréciez la série Harlequin, ruez-vous dessus, sinon oubliez !

Quand je pense qu’il y a cinq tomes du même acabit…je me dis, qu’il en faut pour tous les goûts,

mais qu’on ne m’y reprendra pas.

M.G

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Le dîner, Herman Koch.

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Jolie découverte…à lire en ayant en tête Benabar…

« Un rendez-vous dans un proche avenir est la porte de l’enfer, la soirée est l’enfer même. « 

sans compter la satire sociale, bravo!

Il fallait oser, choisir un cadre resserré,

« Je sais parfaitement que, dans les restaurants haut de gamme, on privilégie la qualité et non la quantité, mais il y a vide et vide. En l’occurrence, on avait été visiblement très loin dans l’exagération du vide, de la partie de l’assiette sans aucune nourriture. « 

le temps d’un dîner,

pour captiver le lecteur, et Herman Koch excelle…aucun doute, un ton badin, léger,

avant d’entrer dans le vif du sujet,

46 chapitres comme autant de hors d’oeuvres,

inauguré par « l’apéritif », » l’éntrée », etc pour se clôturer par « le pourboire » (sera-t-il généreux ?)

« Le ris d’agneau est mariné dans de l’huile de Sardaigne et agrémenté de roquette, a expliqué le gérant qui entre-temps était arrivé devant l’assiette de Claire et indiquait de son auriculaire deux minuscules morceaux de viande. Les tomates mûries au soleil viennent de Bulgarie. »
Ce qui frappait au premier regard dans l’assiette de Claire, c’était le vide incommensurable. »

« Cela arrive plus souvent qu’on ne le souhaite, dans ces restaurants prétendument haut de gamme, on perd le fil de la conversation à force d’être confronté à ces innombrables interruptions comme les explications bien trop détaillées sur le moindre pignon de pin dans son assiette, le débouchage interminable des bouteilles de vin et le remplissage opportun ou non de nos verres sans que personne n’ait rien demandé »

saignante la cuisson,

assurément…tout en procédant presque à un examen de conscience,

« Il s’est alors installé ce curieux silence que l’on n’entend que dans les restaurants : une soudaine conscience aiguë de la présence des autres, du brouhaha et du cliquetis des couverts sur les assiettes de la trentaine d’autre tables, une ou deux secondes de calme plat pendant lequel les bruits de fond deviennent des bruits de premier plan.«  une démarche pour le moins originale !

« Nous devons parler de nos enfants »

« Nous devons parler de nos enfants » (au coeur de l’intrigue, que s’est-il passé ?)

« J’ai regardé ma femme, Paul et moi… A quand remontait le temps où Claire et moi pensions encore que l’autre ne savait rien ? Une heure ? Cinquante minutes ? J’ai regardé la dame blanche intacte de Serge : comme avec les cercles annuels des arbres ou la « méthode du carbone 14 », on devait pouvoir déterminer techniquement l’écoulement du temps en fonction de la fonte d’une glace à la vanille. « 

« Je me demandais très sérieusement ce qui se passerait si je ne disais strictement rien. Si je me contentais de continuer à vivre, comme tout le monde. Je pensais au bonheur – aux couples heureux et aux yeux de mon fils.

« Nous avons partagé quelque chose ensemble. Quelque chose qui auparavant ne s’était pas produit. Nous n’avons certes pas partagés tous les trois la même chose, mais peut-être n’est-ce pas nécessaire. On n’a pas besoin de tout savoir sur les uns des autres. Les secrets ne sont pas un obstacle au bonheur. 

« Michel a regardé ma main comme s’il s’agissait d’un curieux insecte qui avait atterri sur son bras, puis il m’a regardé.
Nous étions à présent très près de quelque chose, me suis-je dit. Quelque chose à la suite de quoi il serait impossible de faire machine arrière. J’ai retiré ma main de son avant-bras. »

Publié en 2009, ce titre est couronné de succès et remporte le Prix du public du livre néerlandais, et s’inspire d’un fait réel.« Je veux dire, de qui parle-t-on à l’étranger quand il est question des Pays-Bas? De Rembrandt. De Vincent Van Gogh. De peintres. La seule personnalité historique néerlandaise qui s’est fait une renommée internationale, pour ainsi dire, c’est Anne Frank ». 

Et bonne nouvelle,

il est prochainement adapté…aperçu et mise en bouche, avec Richard Gere…A ne pas confondre avec l’autre adaptation du même nom « the Dinner », version de notre « Dîner de cons », qui fait elle, dans la comédie.

M.G

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Au lieu-dit Noir-Etang, Thomas H.Cook..

L’été est pour moi l’occasion de me délecter de polars et romans noirs,

celui-ci se distinguait tant il cumule:

« Le Noir-Étang n’en avait pas fini de nous livrer de noirs secrets. « 

Il a reçu le prix Edgar Award du Meilleur Roman Policier et le Prix du Meilleur Polar des Lecteurs de Points 2013..

sans compter la réputation de Cook qui n’est plus à faire….

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J’ai rapidement accompagné « Henry « dans son histoire,

dictée par des flashbacks en série qui font progresser l’histoire, « Au cours de toutes les années qui se sont écoulées depuis, j’ai connu mon lot de peurs, d’incertitudes et de peines, mais je ne crois pas les avoir jamais revues si entremêlées, la terreur si délicatement combinée à la douleur, la douleur si inséparablement liée à la détresse que, au final, l’impression donnée était celle d’être au comble de la peur, de l’angoisse et de la confusion. » les thèmes déployés sont : la relation père/fils,

« De tout ce qui incarnait la médiocrité et l’insensibilité dont je voulais me préserver, mon père remportait la palme. Quant à l' »existence honnête et droite » qu’il évoquait parfois, campé devant les garçons dans sa pose cicéronienne, elle me paraissait surtout être une vie menée sans énergie et sans imagination, qui méritait à peine d’être vécue et à laquelle la mort ne pouvait apporter qu’une douce délivrance ». les non-dits et silences, l’adolescence dans toute sa puissance, les pulsions, la province,« Durant les années qui ont suivi, j’ai considéré que l’affaire de Chatham School était (…/…) une chose qui avait fleuri brièvement, exhalé un parfum exquis puis, en un instant déchirant, tout réduit en cendres. » bref un bel hommage à la littérature des classiques anglais du XIXème..

4ème de couverture :

« Août 1926.
Chatham, Nouvelle-Angleterre, à quelques encablures du cap Cod: son église, son port de pêche et son école de garçons, fondée par Arthur Griswald, qui la dirige avec droiture et vertu. L’arrivée de la belle Mlle Channing, venue d’Afrique pour enseigner les arts plastiques à Chatham School, paraît anodine en soi, mais un an plus tard, dans cette petite ville paisible, il y aura eu plusieurs morts.
Henry, le fils adolescent de M Griswald, est vite fasciné par celle qui va lui enseigner le dessin et lui faire découvrir qu’il faut « vivre ses passions jusqu’au bout ».
Du coup, l’idéal de vie digne et conventionnelle que prône son père lui semble être un carcan. Henry assiste, complice muet et narrateur peu fiable, à la naissance d’un amour tragique entre Mlle Channing et M. Reed,  qui vit au bord du Noir-Etang .
Il voit en eux « deux figures romantiques, des versions modernes de Catherine et de Heathcliff « 

Mais, une question tourmentera le lecteur :

Que s’est-il réellement passé au Noir-Etang ce jour-là? « 

Extraits :

p.352 « Je repensai à la phrase que j’avais tant admirée dans le livre de M.Channing_______la vie ne vaut d’être vécue qu’au bord de la folie_______et tout à coup, il me sembla que de tous les mensonges éhontés et inconsidérés que j’avais entendus de ma vie,celui-ci était le plus scandaleux, le plus grave, le plus susceptible de nous mener destruction. »

Cook mène le récit en maître, bien rythmé, l’écriture est fluide,  l’atmosphère dépeinte avec brio,

« Il faut peut-être, une fois de temps en temps, faire une folie, (…).

Ne serait-ce que pour se prouver qu’on existe. « 

un accent tragico-romantique, que l’on pressent, mais qui ne peut qu’ émerger de l’idylle naissante au sein de la solennelle institution de « Chatham School. »

«  Une phrase me frappa à jamais : « La vie ne vaut d’être vécue qu’au bord de la folie ». Je me souviens qu’une exaltation farouche gonflait mon cœur à mesure que je lisais et relisais cette phrase dans ma chambre, et qu’il me semblait qu’elle illuminait tout ce que j’avais ressenti jusqu’alors. Aujourd’hui encore, je suis frappé de constater que nulles ténèbres n’avaient jamais surgi d’une flamme aussi vive. »

« La convoitise est le propre de l’homme et la loyauté le baume dont il use pour apaiser ses frustrations. »

M.G

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Le parfum, Patrick Suskind.

Comme si…

« A dater de ce jour, en revanche, il lui semblait savoir enfin qui il était vraiment : en l’occurrence, rien de moins qu’un génie ; et que sa vie avait un sens et un but et une fin et une mission transcendante : celle, en l’occurrence, de révolutionner l’univers des odeurs, pas moins ; et qu’il était le seul au monde à disposer de tous les moyens que cela exigeait : à savoir son nez extraordinairement subtil, sa mémoire phénoménale et, plus important que tout, le parfum pénétrant de cette jeune fille de la rue des Marais, qui contenait comme une formule magique tout ce qui fait une belle et grande odeur, tout ce qui fait un parfum : délicatesse, puissance, durée, diversité, et une beauté irrésistible, effrayante. »

Il passait inaperçu,

une transparence des yeux,

mais une acuité,

un Nez qui hume, qui aspire, encore et encore, et se nourrit d’un appétit féroce et insatiable » Son nez le conduisit ainsi dans des contées de plus en plus reculées, l’éloignant de plus en plus des hommes et le tirant de plus en plus puissamment vers le rôle magnétique de la plus grande solitude possible »p.147, pour capturer l’essence ultime, celle qui ravage le coeur des hommes…Grenouille , le parfumeur, Grenouille le tueur…raconté sur un petit air Voltairien

« Il y a une évidence du parfum qui est plus convaincante que les mots, que l’apparence visuelle, que le sentiment et que la volonté. L’évidence du parfum possède une conviction irrésistible, elle pénètre en nous comme  dans nos poumons l’air que nous respirons, elle nous emplit, nous remplit complètement, il n’y a pas moyen de se défendre contre elle.p 105

« Le théâtre de ses débordements (comment aurait-il pu en être autrement?), c’était cet empire intérieur où, depuis sa naissance ,il avait gravé les contours de toutes les odeurs qu’il avait jamais rencontrées.p.153″

Collectionneur d’odeurs,un original,

obsession de toujours, retrouver la flagrance parfaite, celle qui bouleverse, un savant équilibre et dosage,

jeu de petit chimiste,

…au grand écran, ça donne…

 

https://i0.wp.com/fr.web.img6.acsta.net/medias/nmedia/18/36/23/59/18653460.jpg

B.A :

« 

M.G

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Au fond de l’eau,Paula Hawkins..

 

Le cadre :

Résultat de recherche d'images pour "AU FOND DE L eau"

 

Le bassin des noyées,

la rivière qui se rappelle à  elles..toutes ces femmes, maudites, ces secrets, ces sorcières…2ème polar après La fille du train, la trame narrative reste la même,

le lecteur avide jongle et récupère les bribes, toujours ces voix obsédantes qui racontent,

le lecteur avance à pas de loup, à la manière du détective qui assemble les différentes pièces du puzzle et qui pressent l’inéluctable..efficace donc… avec Jules pour Julia, Helen,Sean, Erin, Patrick….

« C’était comme s’il trouvait en eaux profondes et qu’il fallait qu’il attrape quelque chose, n’importe quoi, pour ne pas se noyer. Comme s’il avait tenté d’atteindre une bouée de sauvetage et que, se rendant compte qu’il ne s’agissait que d’un bouquet d’algues, il s’y était quand même agrippé. »p.168.

Un goût certain pour les conspirations,

et pourtant une petite voix murmure… »C’est un démon…p.250,

bref, il tient sa promesse, un bon moment de lecture, mais de là à dire que « c’est addictif, et bien écrit à vous rendre paranoïaque »Le coeur de Louise n’était plus qu’un morceau de bois, il ne battait plus, il ne lui faisait plus de mal, écorchant sa chair, lacérant ses veines et ses muscles, emplissant sa poitrine de sang.p145 » pour les amateurs de polars…encore faut-il savoir nager en eau troubles... »Ce que je voudrais retrouver m’échappe, et ce que j’essaie tant d’oublier me revient sans cesse. »

M.G

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Littérature américaine…La belle vie, Jay McInerney.

Avertissement aux lecteurs / suiveurs,

les articles tournent actuellement au ralenti,

que voulez-vous, il faut bien suivre le rythme, celui-ci étant in vacancy,

plus nonchalant,

pour autant,

dans la valise, ou plutôt dans le sac bowling, de quoi tasser / lester la serviette de plage…

Première rencontre avec Jay McInerney, et épisode de la saga de la famille Calloway (que l’on peut lire indépendamment), qui oscille entre train-train quotidien dans son loft à Manhattan et ondes sismiques, chocs et revers de l’après 11 septembre …Corrine et Russel incarnent le couple idéal, version urbain chic, gratin mondain,

P.212″ Tu as peur? Demanda-t-elle/ Bien sur/ de quoi, de mourir ?/ pas tant de mourir, que de mourir avant d’avoir compris le but de mon existence. Avant d’avoir accompli quelque chose./ je suis sur que tu as déjà accompli des tas de choses/ j’ai facilité les flux de capitaux d’un bout à l’autre du globe comme une abeille insouciante qui transporte sa part de pollen… j’ai décidé qu’il devait y avoir autre chose de plus crucial que je pouvais faire… Je ne m’imagine pas, après tout ça, retourner au bureau tous les jours. Mais je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais faire à la place. J’ai pensé à Guillermo, je me suis demandé ce qu’il aurait fait s’il avait su qu’il lui restait si peu de temps. Qu’est-ce qu’il a laissé derrière lui ? Quelques amis et un superbe loft« .

aux abords de la quarantaine le rêve américain dans toute sa splendeur, ils mènent leur barque, c’est la belle vie, scénariséedans la représentation,

P.237″ On est tous en train de réévaluer nos vies. Tout le monde se demande ce qui compte vraiment./ A notre age, les nouveaux départs sont plus difficiles à prendre. Les choses s’accumulent. Ce n’est pas parce qu’on a subi une attaque que toutes les ardoises sont effacées. Je ne peux pas oublier tout ce qui n’allait pas entre nous ces derniers temps sous prétexte qu’on a peur de l’avenir. »

mais cette belle vie ne risque-t-elle de sombrer/voler en éclats devant les événements ?

P. 167″ l’humeur globale était au repli discipliné, la crise générale semblait, pour le moment, avoir instillé un sentiment d’identité et de projets communs dans les pulsions anarchiques de la courtoisie ordinaire. L’intimité renforcée des corps en sueur était étrangement réconfortante… l’héritage serait-il celui-ci : des accouplements de temps de guerre, des rapprochements soudains, des fornications frénétiques dans les cages d’escalier et des placards à balais ?… « 

« Il lui fallait bien admettre que durant plusieurs années, il avait été fier de pouvoir financer cette version de la belle vie.p.120 »

Une écriture fluide, découpe au scalpel

un épisode doux-amer teinté de sentimentalisme et de romance, ce qui n’est pas pour me déplaire, portraitiste d’une satire sociale et d’une autre réalité,

face aux chocs, le désarroi,

les doutes, la conscience et le devoir de mémoire collective, le temps de,

le temps d’y croire,

« P.247 s’il arrivait quoi que ce soit, il n’avait pas envie d’être séparé d’elle, de se retrouver chacun à un bout de la ville, l’un d’eux piégé dans un immeuble ou dans une rame de métro emplie de gaz ou d’armes chimiques. « 

un peu…plutôt que la belle vie, les versions, les regards sur la belle vie peut-être…

Image associée

Extraits choisis, sélection :

« A une heure et demie, les touristes et les dîneurs avaient depuis longtemps disparu, remplacés par les oiseaux de nuit… »p.87

La madeleine proustienne version américaine « Le pouvoir mnémonique d’un simple sandwich.Une bouchée suffisait à le transporter au coeur d’un pique-nique avec sa mère_une journée passée à cheval, l’odeur de crottin et d’herbe coupée, la joie simple de l’avoir toute à lui la journée.Encrypté dans le même sandwich se trouvait la saveur intacte d’un danger imminent éprouvée en primaire, lorsque Chuck Johnson, qui, parce qu’il avait redoublé, était aussi grand qu’un adolescent, était allé attendre Luke sur le terrain de tetherball, alors que ce dernier mastiquait lentement à la cantine.p.151 »

« L’âge mûr et la paternité avaient depuis longtemps érodé son sentiment d’invulnérabilité.p172 »

« Elle a de la fumée dans les yeux tout le temps. Elle pensa alors à cette vieille chanson « Smoke Gets in Yours Eyes, qu’ils mettaient sans arrêt, la version de Bryan Ferry…p.278

Corrine « …mais aussi parce que cette maison et le paysage sévère et balayé par les vents de cette petite île disaient quelque chose de ses goûts, de son héritage et de sa vision de la belle vie »p.320

« – Les livres sont les objets les plus merveilleux qui soient, tu ne trouves pas?
Il eut l’air surpris, se rendit-elle compte, de la banalité de cette réflexion.
– Je veux dire, parce que ce sont des objets informes, ils ont une existence physique, comme nous. Mais chaque livre est l’actualisation d’une forme platonicienne – l’idéal, la création d’un auteur, qui existe indépendamment de l’objet réel. Et ils sont là, posés sur l’étagère: comme si l’idéal restait latent jusqu’à ce qu’on s’empare du volume pour se connecter à l’esprit d’un homme ou d’une femme qui parfois est mort depuis longtemps. Et, dans le cas des romans, avec un monde qui n’a en fait jamais existé. »p.328
Me reste alors à retrouver les autres épisodes, une jolie découverte donc…
M.G
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Boris après l’amour, Yann Quéffelec.

Première rencontre avec Quéfellec,

  si déconcertant et ________audacieux,

une jolie plume, mais pas certaine que cette histoire soit sa meilleure, du moins pour connaître son univers.

Assez particulier…Résultat de recherche d'images pour "boris après l'amour"

Mic-mac et héritage familial en fond, qui font ressortir toutes les petites noirceurs et bassesses des uns et des autres,

du pourri, de l’infect,

du médecin pédophile,

du banquier véreux,

de la journaliste imbuvable, etc…que de portraits en pointillé, sous une plume particulièrement affûtée, des respectables cols blancs qui forment l’illustre famille Dorval et dont les petits secrets éclosent indécemment.

Pour s’emparer des secrets, encore faut-il veiller à démêler les histoires imbriquées les unes dans les autres, façon mille-feuille tortueux,

« Et là-haut, la lucarne avec le rayon de lune en travers du carreau, c’était la chambre de bonneoù ils gardaient les affaires à donner, le repaire de Jack l’Eventreur, mais aussi d’Elodie la rieuse »

ami lecteur, fou,

« Je tournai la page, et, bien qu’à moitié ivre, me laissai absorber par une histoire où l’on m’attendait depuis un paquet d’années, une sorte de rendez-vous avec moi-même, dans un autre temps. » 

accroche-toi pour suivre, c’est un vrai défi ! Je serai d’ailleurs curieuse d’avoir d’autres avis…

4 ème :

« De ce jour, la vie de Richard Dorval se chargea d’un secret dont il ne put jamais se dépêtrer. Il avait culbuté sa soeur, ce qui n’était pas bien. Il avait aimé la culbuter, ce qui n’était pas bien. Dans le vol Paris-Saigon il s’était promis de recommencer à la première occasion, , ce qui n’était pas bien. Une veuve fidèle et pieuse, la mère irréprochable de trois enfants, roulée à trente-six ans comme à dix-huit, pas bien du tout. Ce triple mea culpa se compliqua d’un châtiment naturel quand Albane, enceinte, paniquée, trouva normal de venir là-bas, chez les Moïs, accoucher d’un enfant qu’elle ne voulait ni voir ni jamais se rappeler. Boris, conçu dans une salle de bains versaillaise entre une pelle de plastique rose et une serpillière. Boris, fils d’Albane et de Richard qui s’entendaient comme les doigts de la main. Un peu de champagne, un peu d’eau sur une robe à plumetis un peu sage, et les doigts deviennent fous. Cette grosse blague entre frère et soeur, Boris l’avait prise au sérieux, il avait fait tous les paliers, il était né. »
Versailles, 1968. Boris , sitôt né, sitôt chassé.
Trémazan, 2002. Les Dorval ont toujours belle âme et grande allure. Devenu un vieillard mélancolique, Richard a des idées fixes : retrouver son fils disparu, se débarrasser de sa fortune colossale et porter un dernier coup à la sainte famille, repaire de la filouterie en col blanc. Sa donation entre vifs a de quoi déconcerter le plus rusé de ses héritiers. A l’heure des testaments le maître mot c’est compter, et l’enfant illégitime – un manque à gagner. Les couteaux sont tirés, rien ne va plus. Sur ce, Boris tombe amoureux… »

M.G

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Absolument dé-bor-dée, Zoé Shepard.

Absolument dé-bor-dée ! par ShepardJe suis de ceux ou celles qui apprécient l’humour,

mais plutôt comme un gourmet,

le second degré et le cynisme à souhait,

encore que j’ai pu constater qu’à ce sujet je suis, en général en total décalage ( dans les salles obscures, je ris souvent après ou avant les autres, le sens de l’humour n’est pas le sens le mieux partagé du monde, et, heureusement, il se décline sous différentes facettes, disons que je ne suis pas toujours réceptive, tout est relatif..).

Je m’explique, je suis allergique à l’humour gras, grossier,  je préfère l’humour noir, pince-sans-rire, les sarcasmes, les différents types de comiques, l’ironie et l’absurde, évidemment,

et il me semble,

qu’il est bien plus savoureux en pincées,

parsemé, distribué avec parcimonie pour relever, piquer,

or, ici, je l’ai trouvé…lourd, indigeste,

j’avais hâte d’en finir, d’abréger, et jusqu’au bout, indulgente, j’ai pensé à un retournement de situation, un semblant d’humilité et d’humanité…

L’idée était plutôt bonne, et pourquoi pas après tout, mais cela ressemble davantage à un procès et à un règlement de compte personnel, le fait d’affubler les personnages de noms comme » l’intrigante » ou » Coconne » et de passer 307 pages à dénigrer les autres qui semblent d’une incompétence telle! Je suis certainement un peu naïve,  et idéaliste, certes, certains services sont parasités par des « boulets » disons le franchement, de l’hypocrisie environnante, mais j’ai trouvé ce pamphlet blessant plus qu’amusant, les caricatures sauvages et impitoyables dont seule l’héroïne semble_____ miraculeusement exemptée,  nichée entre un égocentrisme hors norme et une condescendance mortelle,  et ça se cumule outrageusement,

pléthores de stéréotypes,

or,

je pense que la distanciation, le recul a minima, est  une des conditions nécessaires au rire, ce dont l’héroïne semble…a priori… dépourvue. De l’acerbe oui, mais de la mesure, l’aurait rendu à mon avis bien plus efficace !

J’ai eu l’impression d’un compte-rendu déblatéré, tableau brossé de tout ce qui avait été rédhibitoire, désespérant, et de pire dans l’administration…comme à mon avis partout, d’ailleurs…Un genre de lynchage en règle qui m’a plus dépité, à force, que fait rire…

C’est assez rare que je sois si sévère, je me rends compte que c’est le ton qui ne m’a pas plu, déçue, bien plus que le thème abordé.

Pour autant, peut-être serez-vous plus réceptif et indulgent,à l’aune de ces quelques passages :

« Le cabinet d’une collectivité locale est malheureusement trop souvent à l’intelligence et à l’efficacité ce que les prisons afghanes sont aux droits de l’homme »,

l’héroïne si modeste et si critique, parfaite !

« Je ravale ma réplique assassine. On ne tire pas sur une ambulance. Surtout si ladite ambulance à les deux pneus crevés, plus d’essence et que trois mecs sont en train de se vider de leur sang à l’arrière. »

Le syndrome de la « réunionnite » (ça c’est un peu plus drôle..)

 « La réunion de service débutant à onze heures tapantes, le service commence à se mouvoir péniblement vers la salle de réunion vers onze heures dix.

Coconne se précipite dehors pour fumer une dernière cigarette, afin de « décompresser », explique-telle.

Sachant qu’elle a passé la matinée à patrouiller entre la machine à café, la photocopieuse et, logiquement, les toilettes du service, on est en droit de se demander en quoi elle a besoin de décompresser. »

« Les réunions sont l’occupation favorite des fonctionnaires territoriaux, juste devant les Comités de Pilotage et les Groupes de Travail (ne pas oublier les majuscules, qui renforcent l’importance de ces obscurs groupuscules à l’utilité non encore démontrée). Si la réunion se passe vraiment bien, s’ils réussissent à la faire traîner suffisamment longtemps, alors ils pourront s’octroyer le plaisir d’en fixer une deuxième le lendemain afin de « finaliser » ce qui aurait dû être décidé lors de la première. Avec un peu de chance, ils feront alors le compte-rendu et l’analyse du retard pris lors de la première réunion durant la troisième, la quatrième ou, si vraiment ils vont au fond des choses, durant la cinquième. »

M.G

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Hommage kingien Marche ou crève/Ecriture/Ré-écriture…100 ème !

 Rappel : je disais précédemment : le 100 ème ( billet ) : Il pourrait être associé aux lectures…ce serait dommage…donc il sera d’écriture….mais en stand-by…en attente….

Puis,

récemment une évidence, ce ne pouvait être qu’un hommage pour cet auteur que j’admire,

pour ce faire, j’ai choisi parmi la cinquantaine de titres que je garde précieusement, et Marche ou crève c’est une de ses premières publications, mais que peu connaissent, l’occasion était donc trop belle, alors…

à vos marques,

prêts,

partez!

 

C’est marche ou crève…

Marche ou crève..marche ou crève,

un leitmotiv que je m’assène, en boucle, comme pour me convaincre de cette atroce réalité, comme si cela procédait d’un véritable choix..marche ou crève…et non

marche et ___ crève.

C’est bien là, toute la difficulté…

Un pied devant l’autre, varier le rythme, hâter le pas, une justesse dans les gestes, de l’économie et une certaine souplesse pour éloigner, repousser la crampe de t’assaillir, en traître…L’ennemie jurée…

Penser au ravitaillement, au prochain stand,

tenir, tenir, tenir..

La bouche pâteuse, sèche, se fronce, douloureusement,

je visualise ce filet d’eau, bénite, qui coule langoureusement dans la gorge, si serrée, asséchée, rendue si nerveuse par les efforts…J’en salive d’avance.

Forcer la cadence,

sans trépigner,

le compte à rebours est lancé, tourne, fatidique et si inexorable. Je dois impérativement atteindre le stand, avant le signal. Il faut allonger la foulée, presque courir, à perdre haleine, bordé, l’essoufflement de toute parts, et s’il n’y avait que ça, comme préoccupation, mais il faut veiller ardemment à ne pas laisser distraire,

suivre les lignes,

tenir le couloir,

ne pas céder aux clameurs du public, qui acclament ses champions tout en décimant les autres,

rester, sans trépasser.

Je suis un OUTSIDER, personne n’aurait misé un kopeck sur moi,

mais je suis toujours là,

mon physique ingrat et malingre ne plaidait pas en ma faveur, il faut bien l’avouer.

Je reste pourtant planté dans le décor, fin résistant.

Ne pas céder aux appels du public, parce que…parce que…,

ne pas y penser,

parce que parce que…ne pas prendre son ticket, au-delà de ce ticket…votre limite…n’est plus valable…

si tu déroges aux règles,

si tu dévies, alors tu écopes d’un avertissement, d’un 2ème, puis…c’est fini, ce sont les coups de fusils qui prennent le relais, sans sommation, eux n’ont aucune pitié, ils frappent la cible et ne la manquent jamais,

Rester concentré, peu importe si la douleur commence à venir, elle monte, te morcelle et s’élance, vive, coriace, les membres gourds…

focalise-toi, évince la,

elle n’existe pas,

le psychologique peut prendre le dessus pour atténuer, camoufler la douleur…ça c’est un idéal, je prêche un convaincu là…

Ralentir le rythme et contenir le souffle, gardez le contrôle…et ce bruit,  je le hais,  ce bruit sourd _____de ceux qui tombent, s’écroulent et échouent,

je parviens presque à l’occulter,

j’oublie presque,

mais ce que je redoute le plus, ce sont les visages, ceux de la foule, ceux qui devinent…

Ils sont terribles, ces regards,

ils ravagent… plus que les décharges…

M.G

 

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Morceaux choisis:

« Le retrait total de tout et tous ceux qui les environnaient. De tout sauf de la route. Ils étaient hypnotisés par la route par la route, comme si la corde raide sur laquelle ils devaient marcher, au-dessus d’un abîme sans fond, p110. »

« Il m’a fallu du temps pour comprendre, mais c’est allé plus vite une fois que j’ai eu surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c’est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n’est pas une question de force physique, et c’est là que je me suis trompé en m’engageant. Si c’était ça, nous aurions tous une bonne chance. Mais il y a des hommes faibles capables de soulever des voitures si leur femme est clouée dessous. La tête, Garraty, le cerveau… Ce n’est pas l’homme ou Dieu, c’est quelque chose… dans le cerveau.  »

« La foule reprit sa litanie. Garraty écouta son nom jusqu’à ce qu’il se réduise à un amalgame de syllabes sans signification, sans rapport avec lui. »

« Peu après la symphonie aqueuse de l’aube commença. Le dernier jour de la Marche se leva, trempé et couvert.p.327 »

Marche ou crève, originellement « The Long Walk », paraît en 1979, alors que King est encore étudiant, en première année, sous le pseudonyme de Richard Bachman.

Ce roman d’anticipation dystopique, suit le rythme haletant de la course, cette épreuve impitoyable, annuelle, attraction populaire dans un contexte où l’Amérique ressemble davantage à une dictature militaire, est régi par des règles simples et terrifiantes : ils sont cent adolescents au départ et marchent, sans interruption, en cadence, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un, genre… d’Highlander.

Au bout de trois avertissements, ils reçoivent leur ticket, et sont tout simplement radiés…

Etonnant comme King parvient à faire de cette Marche un événement passionnant,un marathon morbide, critique acerbe d’un élitisme et d’un individualisme poussé à l’extrême, avec une atmosphère légère qui progressivement se charge de ténèbres ; le lecteur s’attachant désespérément à Garraty, et espérant qu’il s’en sorte.

King parvient déjà avec brio à décrire cet instant où le psychologique sombre, des souffrances physiques aux frontières de la folie,

où l’esprit tente de s’accrocher et de ne pas dérailler,

glaçant,

entre Rêves et cauchemars, comme une Danse macabre, dont on ne saurait sortir indemne.

N.B : Une adaptation cinématographique est envisagée pour bientôt, par Frank Darabont, adaptateur officiel de King, scénariste et réalisateur de La ligne Verte et des Evadés, c’est donc particulièrement prometteur, à suivre donc…

M.G

 

 

 

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Poésie… Il est… »Temps »

Sélection de poèmes / du moment :

Parcours

 

De la main lisse à la main fripée
une vie s’est écoulée
De l’insouciance à la peur
de la chasse aux papillons
à celle de nos démons intérieurs
le piège s’est refermé
Dans la nuit de nos erreurs
s’élève un cri :
personne ne l’entend
même si
tout est silencieux
C’est cela être vieux

Kamal Zerdoumi.

 

 

L’écho de nos silences

 

On s’enverra des cœurs
A remplir nos solitudes
Et des tulipes de couleurs
Comme on n’a plus l’habitude

On se réchauffera l’âme
Depuis longtemps délaissée
On s’attribuera des Palmes
Pour chacune de nos qualités

Dans le désert bleu ciel
Nos sourires en souffrances
Combleront de plus belle
L’écho de nos silences

Thomas Chaline, 2016

 

 

Avant

Vieillir
Se lever un matin
Sans penser aux tristesses
qu’on aime presque bien,
Avant

Marcher
Et ne plus voir la mer
sans devenir les autres
car on ne rêve plus,
Avant

Sombrer
Dans le creu de l’oubli
aux milles éclaboussures
qu’on voit plus que soi-même,
Avant

Porter
Milles rocs luminescents
et invisibles aux Dieux
qui ne sont pas les mêmes,
Avant

Partir
Comme partent les fées
dans ces contes maudits
qui ne se lisent plus,
Avant

Avant,
Etait le vent
Etait la peine
Etait le temps
Et maintenant
Voilà

l’Après

Winston Perez, 2017

M.G

 
 
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Poétiquement vôtre…

Temp.O
Le temps s’égraine,Image associéeindéfiniment s’écoule,

distend difforme,

_____patient, roucoule indécemment…

Le temps s’enfuit, fugace

____laisse la trace, leste l’espace…

Le temps s’enlace, s’efface et brasse,

____de temps en_____ temps.

 

M.G

 

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Simone Veil, hommage.

A la Dame, Résultat de recherche d'images

pour hommage,

un florilège :

« L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité… C’est en somme le sujet de l’histoire du Graal. Seul un être prédestiné a la capacité de demander à un autre : quel est ton tourment ? Et il ne l’a pas en entrant dans la vie. Il lui faut passer par des années de nuit obscure. »

(lettre au poète Joë Bousquet, 1942)

« Un être humain a une racine par sa participation réelle, active et naturelle à l’existence d’une collectivité qui conserve vivants certains trésors du passé et certains pressentiments de l’avenir. » L’Enracinement

« Autrui. Percevoir chaque être humain (image de soi-même) comme une prison où habite un prisonnier, avec tout l’univers autour ». La pesanteur et la grâce.

« Il ne suffit plus de vouloir leur éviter des souffrances, il faudrait vouloir leur joie.« Conditions premières d’un travail non servile.

« Je voyais le critérium des actions imposées par la vocation dans une impulsion essentiellement et manifestement différente de celles qui procèdent de la sensibilité ou de la raison, et ne pas suivre une telle impulsion, quand elle surgissait, même si elle ordonnait des impossibilités, ne paraissait le plus grand des malheurs. C’est ainsi que je concevais l’obéissance, et j’ai mis cette conception à l’épreuve quand je suis entrée et demeurée en usine, alors que je me trouvais dans cet état de douleur intense et ininterrompue que je vous ai récemment avoué. La plus belle vie possible m’a toujours paru être celle où tout est déterminé soit par la contrainte des circonstances, soit par de telles impulsions, et où il n’y a jamais place pour aucun choix. » Le ravissement de la raison.

M.G

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Focus, actu patrimoine / Yves Montand ?

Actu locale,

6 et 7 juillet 2017,

Image associée
Tour de France In The Early 1930s (10)

version Troyes, dès demain, plus d’infos sur ce lien…

http://letouratroyes.fr/le-tour-2017/,

A bicyclette…

M.G

 

 

 

 

 

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I.N.R.I, série bd, Didier Convard.

En pays  champenois, à la croisée des chemins,

Résultat de recherche d'images pour "Musée Hugues de Payns, Voie Riot, Payns"
Le château d’eau de Payns
Peint par l’artiste Michèle Caillaud-Houel

il ne serait pas de bon aloi d’omettre cette jolie série…suite logique du Triangle Secret

Coloration rouge carmin,

historico-fantastique,

ésotérique, médiévale, scénario de Didier Convard, dessins de Denis Falque, Pierre Wachs, Paul,

aux allures de Da Vinci Code…

 

 

Le triangle Secret - I.N.R.I -1- Le Suaire

Le triangle Secret - I.N.R.I -2- La liste rouge

Le triangle Secret - I.N.R.I -3- Le Tombeau d'Orient

Le triangle Secret - I.N.R.I -4- Résurrection

4 ème, album tome 1:

« À leur retour de Jérusalem, en 1104, cinq chevaliers champenois portaient chacun une bague identique, un anneau surmonté d’un rubis. Parmi eux il y avait Hugues de Payns qui fondera plus tard l’ordre des Templiers. Ces cinq voyageurs revenaient de leur pèlerinage, marqués d’une malédiction qui allait traverser les siècles. Une malédiction qui devait frapper le cardinal Montespa le jour où il monterait sur le trône de Saint-Pierre. Éternel, l’anathème lancé contre les imposteurs de l’Histoire, ne s’effacerait qu’après l’achèvement d’une implacable vengeance occulte.
Ce récit en quatre volumes nous plonge dans les origines du Triangle Secret, nous entraînant à Jérusalem, dans le tombeau de Thomas, le frère jumeau du Christ. C’est là, dans les profondeurs de la terre, que dort le plus improbable des mystères… Ceux qui s’en empareront et en décrypteront l’énigme détiendront le pouvoir de vaincre la mort. Le combat que se livrent l’église et les héritiers du Messie prend réellement naissance lorsque Hugues de Payns et ses quatre compagnons enchâssent dans la pierre rouge de leurs bagues cinq fragments du suaire de Thomas… Des reliques qui peuvent faire vaciller les propres lois de la Nature. 

L’intrigue est lancée dans le sang, par le biais du tueur à la hache, et d’une fanatique collection de bagues, qui devra permettre de percer le secret bien gardé des rivalités de la Loge Première et de la Papauté, irruption d’Hugues de Payns et de l’ordre des Templiers , du Comte de Champagne, au coeur de la forêt d’Orient...

cf: Patrimoine, les Templiers…

Comme de coutume, une planche :

 

Résultat de recherche d'images pour "inri bd  planche"

M.G

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Demain j’arrête, Gilles Legardinier.

« Demain, j’arrête ! »

ça sonne comme une bonne résolution,

dont on pressent déjà qu’elle sera difficile à tenir,

une couverture  rose flashy, girly,  un chat coiffé d’un bonnet péruvien, mais kézako????Demain j'arrête ! par Legardinier

Feel good assumé,

« Julie » en fait des trucs idiots,

« C’est marrant de dire qu’une boulangerie est un gagne-pain »... Eh oui…tellement d’ailleurs de choses idiotes et insensées, que si________ elle devait établir une hiérarchie, un tiercé gagnant,

elle peinerait à l’établir,

et pourtant, c’est à une question somme toute anodine qu’elle tente de répondre…

Accumulations de boulettes,

gags en séries,

humour à gogo, « Le groupe de coureuses commence à nous distancer. Sans même nous en rendre compte, Sophie et moi ralentissons. Ralentir est un euphémisme. Là,on pourrait à peine doubler une palourde à marée basse .p.128″ bref, c’est plaisant, léger, « A ton deuxième naufrage, n’accuse pas la mer »,

ça se lit d’une traite, c’est drôle,«  C’est quand même dingue les mecs. Ils montrent plus facilement leurs fesses que leur coeur ». »

Quel scoop ! Un mec qui déteste être malade ! Si on en trouve un qui accepte de se soigner sans faire d’histoires, sans mimer une agonie digne d’un torturé sous l’Inquisition, ça vaudra le coup de faire un documentaire« 

et finalement, une évidence « « Ce matin-là,  j’ai découvert une des sept vérités fondamentales qui commandent l’univers: le bonnet péruvien ne va à personne ……Je ne sais pas si c’est la forme, la matière ou la couleur mais franchement, je comprends que ça énerve les lamas et qu’ils crachent sur des innocents »

et « Patratras, »,

la rencontre avec « le » mais oui » le voisin », « Si j’aimais les jeux de mots faciles, j’aurais pu dire  »patatras », mais c’était plutôt  »badaboum ». Je me suis retrouvée nue sur le sol, étalée de tout mon long et traversée de douleurs indicibles. Quelle abrutie ! Je n’avais jamais vu ce type déjà, il me faisait faire un truc stupide. C’était la première fois. Ce n’était ni la dernière, ni la pire. »

et là,

Julie,

elle déconne à plein tube

« Il faut tout espérer, au risque d’être déçu. Il faut tout éprouver au risque d’être blessé, tout donner au risque d’être volé. Ce qui vaut la peine d’être vécu vous met forcément en danger.

parce que « Je suis comme une droguée mais je n’ai pas envie de décrocher.p101 tant qu’à faire  Julie, autant être maso!!!!

 » Je peux vous décrire tout ce que j’ai vu jusqu’au plus infime détail. Il y aurait un championnat du monde des sept erreurs sur son appart je serai certaine de gagner. A vous, je peux confier que ce matin, en le regardant courir, je l’ai entièrement cartographié.p.99,

pour finalement se dire :

« A bientôt! A-t-il lancé avec son joli sourire.
A bientôt : Quelle expression détestable. Pour moi qui panique a l idée de perdre les gens, ces simples mots sont une horreur. Ils signifient que l’on ne sait pas quand on se reverra.On accepte que le hasard décide. C’est insupportable. p.89 « 

De la fraîcheur, et une dédicace de Legardinier aux femmes…aux gourdes, aux gentilles, aux navrantes, aux délicieuses, aux malicieuses, aux discrètes…à toutes les folles qui jubilent et qui savent aussi rire d’elles-même…M.G

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Malavita, …Tonino Benacquista.

Questa è la storia della famiglia…ma non una famiglia normale :

Image associée

« Giovanni Manzoni prônait l’art de l’éloquence à coups de barre à mine, et les joies de la dialectique se traduisaient en général par une recherche d’arguments sophistiqués allant du chalumeau à la perceuse.p.153 »

« Les coudes posés de part et d’autre de sa Brother 900, le menton sur ses doigts croisés, Fred s’interrogeait sur les mystère du point-virgule. le point, il savait, la virgule, il savait, mais le point-virgule ? Comment une phrase pouvait-elle à la fois se terminer et se poursuivre ? Quelque chose bloquait mentalement, la représentation d’une fin continue, ou d’une continuité qui s’interrompt, ou l’inverse, ou quelque chose entre les deux, allez savoir. Qu’est-ce qui, dans la vie, pouvait correspondre à ce schéma ? Une sourde angoisse de la mort mêlée à la tentation métaphysique ? Quoi d’autre ? »

« Pourquoi fallait-il, tant d’année après, qu’il trouve la force de s’enfermer jusqu’à huit heures d’affilée face à une machine à écrire pourrie ? Pour pousser le principe même de la confession à son point le plus cynique ? Pour revivre ses faits d’armes et immortaliser ses titres de gloire ? C’était comme éprouver la nostalgie du péché. Il trempait sa plume dans toute la noirceur de son âme et cette encre-là ne sécherait jamais. »

Pas étonnant queLuc Besson s’en soit emparé de cette histoire d’intégrité, de filiation, une comédie mafieuse dont on se régale, pas de temps à perdre..

Dans la famille,

j’appelle le fils : » A la proposition d’Archimède « Donnez-moi un point fixe et un levier et je soulève le monde », il préférait la variante mise au point par ses ancêtres, « Donnez-moi du backchich et un colt, et je règne sur l’humanité ». 

le père :« Qui saura jamais à quoi tient l autorité? Lui même n en avait aucune idée, un mélange de magnétisme et d’agressivité rentrée, le tout passant par le regard, une curieuse immobilité de tout le corps, et le potentiel de violence ressortait sans qu’il ait jamais besoin de se déclarer.p.238 

la mère : »_ Ne te fous pas de moi, Giovanni.
Elle ne l’appelait par son vrai prénom que dans les situations extrêmes, très tendres ou très tendues. Il allait devoir avouer ce qu’il fabriquait dans la véranda dès 10 heures du matin, penché sur une vieillerie en bakélite, et rendre compte au siens de cette urgence de travail qui lui donnait une énergie rare et le plongeait dans un délicieux désarroi.
– Prends les voisins pour des cons si le cœur t’en dit, mais épargne-nous, tes gosses et moi.
– Puisque je te dis que j’ÉCRIS, nom de Dieu !
– Tu sais à peine lire ! Tu serais incapable d’écrire la moindre phrase que tu prononces ! C’est le voisin du 5 qui m’a appris que tu nous pondais un truc sur le Débarquement ! J’ai dû acquiescer, là, comme une idiote… Le Débarquement ? Tu ne sais pas qui était Eisenhower ! « 

la fille : « C’est là que désormais elle allait dormir, réviser ses cours, travailler sa gestuelle et sa démarche, bouder, rêver, rire, et parfois pleurer – sa journée type depuis l’adolescence. « Belle faisait partie de ceux qui marchent le nez en l’air et le pas léger, curieux de toutes les surprises du paysage, persuadés que l’horizon sera toujours plus beau que le trottoir. Tout son personnage s’exprimait dans un détail comme celui-là, cette façon d’aller de l’avant, confiante en elle-même et dans les autres. A l’opposé de son frère, qui restait à jamais habité par son enfance et ses blessures, elle savait garder une longueur d’avance sur le passé, sans jamais se laisser rattraper, même dans les moments difficiles. « 

et Malavita…évidemment, mais je ne vous dit pas tout,

savoureux, drôle, une fluidité dans l’écriture, à consommer donc sans modération,

Pour les cinéphiles : B.A

 

M.G

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Compil…street art/1/

 

Visuel…focus sur les artistes de rue et hommages,

ils habillent les halls,

les rues,

les escaliers,

version 2/3D, trompe-l’oeil,

tout est possible

messages de révoltes ou moments de poésie…

 

 

M.G

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Aparté musical…vague classique.

Réminiscences certaines,

Retrouvé ce morceau,

que j’ai toujours aimé,

le temps d’une valse, Tchaikovsky,

Résultat de recherche d'images pour "tchaikovsky portrait"

 

 

 

 

 

 

alternance de rythmes,

vivacité, impétuosité, rebonds,

énergique,

puis _____sonne le répit,

calme aux accents de lyrisme ,

pour finir en apothéose!

M.G

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Ciné, 1997…Roberto Benigni, La vie est belle.

C’est revenu ce petit air,

en tête,

….« Barcarolle »,

Offenbach, puis ça me revient,

« Principessa, principessa, »

 

Benigni,

excellant sur cette fable, version comédie dramatique..clownesque facétieux ( je repense, en particulier, à cette scène sur la philosophie de Schopenhauer, avec un Benigni hypnotiseur )

« Au fond de l’être humain, il y a cette conviction confiante qu’il y a hors de lui-même, une chose qui est consciente de lui comme il l’est lui-même »,

« La chose en soi est la vérité qui vit avant de se comprendre elle-même. Le monde est l’univers de la volonté, et la volonté personnelle est le battement de cœur individuel de cet univers. Nous sommes toujours ce qu’est le tout. Mais le tout, c’est la terre sauvage, le combat, l’inquiétude. Et surtout : ce tout n’a pas de sens, il n’a pas d’intention. » de Rüdiger Safranski, Schopenhauer et les années folles de la philosophie,

qui, tente d’embellir sa version de la vie, la rendre plus belle, choisir l’optimisme et le rire pour contrer l’horreur, compter les points pour gagner le char pour Guido plutôt que de compter les morts, contraste saisissant entre une vision de la vie,

bouleverser les perspectives,

joli tour de force…. sans tirer vers la bouffonnerie,

juste..sublime et touchant.

,

M.G

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Traces de littérature street art/1…L’homme invisible.

Suite et illustrations,

l’invisible inspire …dans la rue

1/ « Charles Leval, alias Levalet est né en 1988 à Epinal. Il découvre l’art urbain en Guadeloupe où il commence à peindre sur les murs. En même temps que des études d’Arts Visuels, il s’intéresse à la photographie, à la sculpture et à la peinture avant de devenir agrégé d’Arts-Plastiques. Il est aujourd’hui professeur dans un lycée parisien le jour, street-artiste la nuit.  
Depuis 2012 Levalet a investi les rues parisiennes en proposant des personnages au langage corporel expressif. Cinéma, mime, théâtre d’improvisation nourrissent son travail pour donner naissance à une troupe de comédiens qui jouent des scènes en interaction avec le passant, soulignant l’absurdité de certaines situations de la vie quotidienne. »

issu de : Levalet…

 

 

 

2/ En tableau, version picturale

Andrea Clanetti Santarossa, L’HOMME INVISIBLE n°1 – Technique mixte – 100 x 100 cm –  sur http://www.lentrepot-monaco.com/pop_street_art.html

 

 

3/ L’homme invisible – Barcelone – ramblas ( espagne )

ZOOM : L'homme invisible - Barcelone - ramblas ( espagne )

3/ Bruno Catalano et ses « voyageurs »

http://brunocatalano.com/sculpture-bronze/bruno-catalano-a-propos.php

« Jamais je n’avais senti, si avant, à la fois mon détachement de moi-même et ma présence au monde.»
Albert Camus.

« Une valise, un homme. Il s’en empare, et se lance vers l’inconnu. Voyage volontaire vers un horizon qu’on embrasse et qu’on voudrait infini, ou voyage forcé, contraint par l’exil et la souffrance, en quête de liberté et guidé par la survie. Le voyageur de Bruno Catalano est cet homme laissé à lui même, un homme propulsé dans l’infini du temps et de l’espace. Sa maison n’est plus qu’une valise et son être, progressivement, se dépouillera de tout ce qu’il croyait indispensable, de tout son moi si savamment construit par nos sociétés. Il n’est plus l’homme d’un monde, mais l’homme dans le monde, encore empreint de sa culture mais devenu fragile face à l’immensité. Sa quête ne se fera pas sans dommages. Homme défragmenté, déstabilisé, dépouillé de ses repères, il marche vers son salut autant que vers sa perte. Tout sera désormais a réinventer. Ce voyageur s’échappe de lui même, à la rencontre de sa terre inconnue.

Artisan sculpteur, ainsi qu’il se définit lui-même, Bruno Catalano a débuté sa carrière en 1990. »

Résultat de recherche d'images pour "street art catalano"

M.G

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Petit hymne à cet objet du quotidien qui trouve grâce à mes yeux…et de saison, non?

Le parapluie, pépin,pébroque, riflard, abrège et protège notre peau des gouttelettes de pluie qui pourraient effleurer, de trombes intempestives pour peu que le vent ne fasse un allié de choix..

Digne héritier d’une symbolique religieuse, royale, il nous rapproche de la vôute céleste..à portée de doigts pour le pharaon égyptien, royal ..

 

Résultat de recherche d'images pour "art PARAPLUIE"

Source http://www.universalis.fr/encyclopedie/parapluie-histoire-de-la-mode/

C’est en 1622, dans les farces de Tabarin, qu’apparaît le mot parapluie, mais jusqu’à la fin du xviiie siècle les termes parasol et parapluie sont utilisés indifféremment l’un pour l’autre : parasol de toile cirée (donc contre la pluie) dans l’Inventaire du mobilier de la Couronne, 1673 ; parasol-parapluie de Jean Marius (1710) ; pour les dictionnaires de Richelet (1680) et de Trévoux (1771), le parasol « sert à se défendre du soleil et de la pluie », et le parapluie « sans sens bien défini, c’est tout au plus un parasol « .

Le parapluie et le cinéma :mythique !

https://youtu.be/U5GKrmtCAgo?t=8

Ah Pierre Richard ! que de rires et de maladresses..

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A l’accessoire indispensable, lumière sur…

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Peinture :Les Parapluies, Auguste Renoir

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Avec Magritte et les vacances de Hegel,1958

Ainsi, un parapluie et un verre d’eau s’approchent, se touchent, dialoguent. Ce tableau s’intitule Les vacances de Hegel (1958). Hegel n’est pas, à ce moment, présent dans sa bibliothèque, dans un amphithéâtre ou à son bureau ; il s’agit plutôt de vacances, de détente, de loisir. Il se promène probablement sous le ciel, dans la nature. Hegel peut à la fois boire l’eau d’un verre et écarter l’eau de pluie. Le parapluie pourrait protéger l’extérieur du philosophe ; le verre pourrait arroser l’intérieur du corps. Selon Hegel, la dialectique est « la marche de la pensée qui reconnaît l’inséparabilité des contradictoires (thèse et antithèse) ». Et la pensée circule par des thèses, des antithèses, des synthèses successives…

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Sous le parapluie, Farel.

Résultat de recherche d'images pour "parapluie peinture"

 

Aquarelle, 2014, Lana Moes

 

 Parapluie rouge, JP Douchez,  huile  sur toile Parapluie rouge JP DOUCHEZ tableau Peinture originale huile sur toile au couteau

au couteau.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand le parapluie

devient oeuvre d’art, source d’inspiration, suspend ton envol

 

 

 

 

 

 

 

Des originaux aux extravagants…

Les masculins..

Résultat de recherche d'images pour "parapluie originaux"

Résultat de recherche d'images pour "parapluie originaux"

 

 

 

https://encrypted-tbn2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQE-e8HDwCE0w9VCQj-wUB-3I8Q_iR388WI0GyA_FhXksvMkylwTg

 

Les féminins, tout en douceur, pour s’abriter, le refuge..

.M.G

Résultat de recherche d'images pour "parapluie peinture"

Résultat de recherche d'images pour "art PARAPLUIE"

Résultat de recherche d'images pour "art PARAPLUIE"

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Emma/Ecriture

Acte troisième

Emma,

les soubresauts au coeur,

ça commence à cogner dans la poitrine,

ça m’oppresse Emma,

je le sens accélérer ce pouls,

pam…pam…pamm….tu l’entends, j’ai toujours senti que tu pouvais l’entendre, un infrason…tous  les deux … diapason… Emma et Paul …ça résonne.

Emma, Emma, t’as pas le droit de m’abandonner …Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma. La première fois que je t’avais croisé au petit café, tu reluquais ton livre, absorbée comme follement éperdue dans ton univers, rien ne semblait t’atteindre Emma, quand tu lis tu es toute fascinée, intégralement prise dans l’histoire, j’en connais peu des filles comme ça, Emma.Tu ne m’a même pas vu, tu étais plongée, j’enviais cet intérêt qui ne semblait jamais te quitter. Tu levais à peine les yeux sur le monde qui t’entourait comme si tu avais toujours su qu’il ne te conviendrait pas, une occultation du réel. Tu avais cette façon de te mouvoir Emma..une élégante discrétion qui ne pouvait passer pour telle, je voyais bien Emma que tu voulais observer le monde, glisser subrepticement sur les choses, tu ne semblais pas réaliser l’effet que tu pouvais faire, de l’irradiation.Une certaine pudeur sans doute, mêlée à une craintivité certaine et, pourtant, Emma j’ai réussi une fois, j’ai attaché ton regard, je l’ai fait mien, capture fugitive et éternellement figée.Tu m’as fait un sourire, pas de ceux des plus évidents, il y avait même une certaine gêne entre nous, j’insistais avec ce regard et tu observais, mais semblais dans l’incapacité de te jeter, comme prisonnière d’un je ne sais quoi. Alors moi le grand timide, celui que les copains charriaient pour sa naïveté, j’avais une fois osé, j’avais profité d’une de tes errances dans un livre pour m’inviter à ta table, il t’avait fallu un temps qui m’avais semblé interminable Emma pour seulement réaliser que tu n’étais plus seule..et quand tu avais levé les yeux je m’étais complètement déballonné…Je m’étais levé sans mot dire et j’avais quitter la table, juste le temps d’entr’apercevoir tes prunelles.

 

Acte deuxième

J’étais rentré…Je n’attendais qu’une future occasion de revoir ces jolies prunelles.

De loin, j’avais largement eu le temps de peaufiner le tableau, une allure racée, des jambes fuseaux au galbe délicat entraîné par une ballade rythmique, la taille marquée comme un appel à t’enlacer, et ce french coat qui ne te quittait pas.

J’avais établi un plan de bataille : approche de la cible, j’ai refait mon petit numéro, je me suis invité à ta table, tu étais toujours absorbée, toujours sans mot dire..ça devenait doucement obsessionnel..ça ne me quittait plus, cette idée fixe..Apprivoiser la petite créature, ça m’a pris du temps..Tu acceptais désormais ma présence Emma, tu la tolérais, tant que le silence régnait, j’avais une fois tenté de te parler, et là, c’est toi qui t’étais levée…je m’étais retrouvé bête et désoeuvré pour tout dire, alors je n’avais pas recommencé…Je m’étais mis à emmener des objets, le premier, une feuille vierge de tout mot comme ce qui nous unissait,puis un ruban pour tisser le lien, et je dois dire j’ai été transporté, ivre de joie quand tu l’as saisi de tes  doigts pour le glisser le long de la page.Il devenait rempart ce livre, bouclier de ta réclusion et pourtant, le ruban…il était bien là le ruban. Toujours le silence, ça devait j’imagine, t’apaiser, mais tu conservais les objets, les alignais devant toi, ligne pacifique de ta tranquillité. Et puis, il y a eu ce jour, je n’oublierai jamais..

 

Acte premier

C’était devenu une routine, une joyeuserie, si j’ose dire, je me demandais quel serait le prochain objet, et je cherchais, je cherchais…puis….une évidence …Je suis arrivé fringant, enthousiaste, prêt à soulever des montagnes et à m’affranchir des silences, j’avais…

oui j’avais….

mais

j’avais pas tout prévu,

Emma,

j’avais envisagé des possibles, mais pas celui-là, j’ai pensé que cette fois-là je pourrai enfin délivrer ces lèvres d’un sourire,d’un mot, j’étais encore avec cette idée-là quand je me suis attablé, le bouquet de belladones fraîchement amassées, que j’avais maladroitement enrubanné et qui dissimulait ce petit mot, j’y ai cru  quand tu as levé les yeux,  tes lèvres ont commencé à remuer, je me suis dit intérieurement, Emma…J’avais le coeur à tout rompre, j’y croyais, j’y étais parvenu ! Enfin !Victoire!

Puis, les bruits sourds____assourdissants même, les rafales,

comme rifflés, les éraflures aiguës,

ébranlé,

tombé,

je te cherche, Emma où es-tu ? Emma? Emma?

Emma…

t’as pas le droit de m’abandonner….Je prends ta main Emma, je la pose tout précieusement près du coeur, tu entends Emma, tu entends comme il bat ce petit organe, il est si fort, il bat pour nous deux Emma.

Il bat moins fort maintenant, moins vite, il s’essouffle, sans doute,

parce que

tu as glissé comme faussement lascive le long de ta chaise,

je n’ai pas compris,

juste le temps de saisir ta main de la glisser sur mon coeur,de voir la panique et la terreur dans tes yeux, j’aurais voulu les ignorer tout comme les poinçons, ceux qui sont apparus,  noyés pourpre, quand les balles de kalach ont sifflé et percuté l’air,

celles qui ont interrompus notre tête-à-tête et qui t’ont si …cruellement blessée ce soir- là.

Alors, je t’ai accompagné Emma,

du mieux que j’ai pu, j’ai pris ta main et me suis tu, je laissais les résiliences

au coeur.

 

M.G.

P.S : Emma /MatmatahEmma /Matmatah,

toujours aimé cette chanson,

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