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Journal de bord des lectures, critiques et moments d'écritures

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La mémoire des embruns,Karen Viggers.

Lu d’une traite,La mémoire des embruns par Viggers

profité de cette journée pluvieuse,

avant la reprise,

maussade,

comme une retraite,

idéal pour mettre un pied sur une île,

un phare,

une virée en Antarctique, désert blanc immaculé,

« Une image lumineuse qui rend hommage à la puissance et au caractère éphémère de la lumière en Antarctique ; un don qui tient du miracle ; elle illumine votre âme et, l’instant d’après, elle s’est évanouie. »p.187.

des manchots,

des aurores boréales,

à la lecture je sentais presque les embruns, l’air iodé, les bourrasques de vents, l’écume gicler et les vagues se fracasser sur les rochers,

les jolies descriptions concourent à la visualisation des scènes

« Côté est, des parois abruptes rongées par l’érosion et creusées de grottes ; des rochers aux formes évocatrices battus par le ressac. Au large, l’archipel des Friars, des îles verdoyantes frangées de blanc.Je sais qu’il y a sur l’une d’elles une colonie de phoques, mais on ne les voit pas d’aussi loin. La haute mer côté sud est striée par les crinières d’écumes de la houle qui se rue vers la terre. »p.172

idéal pour ces 578 pages,

« Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. »

Pas de suspense,

on comprend dès les premières pages ce qui se trame et l’issue, les thématiques de l’isolement, pélerinage dans les souvenirs, le refuge dans un lieu familier pour Mary et ses enfants,

« Dans un creux, je m’accroupis et regarde les lames sombres lécher la paroi de la falaise et se briser sur les écueils en contrebas. Le varech tournoie et danse avec le ressac. Peu à peu le mouvement de la mer devient rythme et musique, et je me sens porté par ce roulement régulier qui me réconforte et me ressource. La magie de l’océan qui rugit opère sur moi. »

P.554,

« Le calme revient dans mon coeur », p.554

Karen Viggers parvient habilement à nous entraîner dans cette histoire de vieille dame, et ce, sur la longueur,

et c’est parfaitement réussi et maîtrisé,

une véritable gageure pour ce voyage.

 

Photo issu du site https://www.auroresboreales.com/portfolio/islande/

M.G

 

La pelle du large/ théâtre.

Grande première pour moi avec ce rendez-vous  inédit avec le théâtre d’objets et très jolie découverte, et quel humour !

La Pelle du Large

De Philippe Genty

D’après l’Odyssée d’Homère

Direction artistique : Philippe Genty

Interprètes version française : Hernan Bonet, Antoine Malfettes et Yoanelle Stratman/Anne-Cécile Richard

Interprètes version anglaise (Dustpan Odyssey) : Marjorie Currenti, Angélique Naccache, Simon Rann

Interprètes version espagnole (La Llamada del Mar) : Amador Artiga, Marzia Gambardella, Andrès Martinez Costa


« Quelle histoire commune peut faire écho aux thèmes qui nous habitent et nous questionnent : les frontières, la fuite, l’exil, la métamorphose… et en devenir le prolongement ? Romans, contes et légendes, histoires personnelles, textes sacrés, tout y est passé pour retrouver au bout de ce parcours labyrinthique… l’Odyssée d’Homère, comme un texte à jamais nouveau, immémorial et contemporain, un trésor d’images et de récits plus qu’une œuvre de référence.
Cette histoire nous invite à l’interprétation, à l’évasion. Mais il faut aussi s’évader de l’image que nous en avons, ce que le théâtre d’objets rend possible… »

A la tête d’un astucieux navire fait d’une pelle et d’un manche à balai, voguant sur une mer en rideau de douche, partez toutes voiles dehors rejoindre Ulysse et ses compagnons pour une Odyssée en théâtre d’objets aussi drolatique qu’insolite ! Un chef-d’œuvre de la littérature mondiale à découvrir ou redécouvrir !

un spectacle où on retrouve son âme d’enfant,

joyeux jeu de l’imagination qui anime les objets ,

passoire sur la tête devenue casque et incarnation d’Ulysse, dont se pare tour à tour les comédiens, car il faut que chacun puisse jouer le héros!

Le vaisseau est pelle à balayette,

un éventail pour les grands vents…Attention aux tempêtes, le ballon explose, vagues déferlantes et découvertes des îles sur un fond de mer bleue ou_______ de rideau de douche…

Ulysse brave tire-bouchon,

accompagné de ses acolytes surmonte les obstacles et dangers pour retrouver sa Pénélope.

Une lecture très poétique à travers les jeux d’objets et les expressions langagières toujours à propos, références cinématographiques, pour contrer l’appel de la Sirène, se boucher les oreilles, comment ? Une évidence, l’île est un chou vert frisé, alors je vous laisse imaginer…

Honneur aussi Aux Lotophages mangeurs d’oubli, on oublie, on tourne la page on devient alors o/t/a/g/e/s…Ne pas s’effrayer devant le Cyclope, et Circé la magicienne, ne pas céder aux divers envoûtements , reste l’étape des Enfers, les Cimmériens, ambiance nocturne, traversée dangereuse entre un champignon,… une tomate (prête à devenir coulis)..il faut traverser les ponts, les gouffres, les reflets trompeurs et échos…Il faut bien se retrousser « les manches »pour s’affranchir de ces obstacles, retrouver Télémaque, Pénélope, évincer les prétendants ( bougies qui annoncent leur flamme et brûlent à pourpoint d’impatience, drôle vraiment!), pour finir « bassinée » avec Ulysse, des retrouvailles mousseuses…

Du théâtre d’objets sublimé par le jeu des comédiens, à la mécanique bien huilée, qui donne une légèreté et une touche poétique certaine, j’ai adoré le travail des voix des comédiens… surprenant (transformations des textures, intonations, accents de cartoons, parlé-chanté…), et agréable retour en enfance, à l’innocence, le temps d’un répit.

Je n’en dis pas davantage, et vous offre l’extrait :

« Le bonheur est une bulle de savon qui change de couleur comme l’iris et qui éclate quand on la touche. »

la comédie humaine Honoré de Balzac

M.G


 

Corto Maltese, Hugo PRATT.

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Trouvé ce tome en bibliothèque,

et première rencontre avec Corto Maltese avec cette édition spéciale et augmentée,

199 pages , les 57 premières servant à poser le cadre des jalons politico-historiques.

Il correspond au 8 ème album ( sur 12 ) en Casterman, mais à la 26 ème aventure sur 30).

Corto est un monument de la culture bande dessinée européenne du XXème siècle, aventurier marin, créé par Hugo PRATT, en 1967, qui nous emmène au gré de ses périples.

Figure de l’anti-héros aux allures romantiques,  aventurier ulyssien par excellence, détaché, solitaire, désinvolte, p.76 Cassandre (version tragique)

 » Tu entreprends un voyage dangereux, Corto, ton chemin est semé d’embûches et de désillusions, toi-même tu seras cause de douleur pour ceux qui te rencontreront »

« Reste sur tes gardes, la Colchide est une contrée mythique, et Jason lui-même finit seul et désespéré. »

Réponse de Corto « Heureusement, je ne suis pas Jason! »

aux yeux des critiques tour à tour « rugissant » ou  » trop sage », il ne peut laisser indifférent.

Résumé de ce tome :

1921-1922 (issu du site officiel, Corto Maltese)

Pendant environ un an, Corto Maltese part à la recherche du trésor d’Alexandre le Grand (qu’il réussira seulement à entrevoir) et de Raspoutine (qu’en revanche il parviendra à retrouver). Parti de Rhodes, il arrive à Adana (Turquie) en décembre, traverse le pays jusqu’à Van, passe en Azerbaïdjan, atteint la Mer Caspienne (traversée en bateau de Bakou à Krasnovodsk), puis arrive dans l’émirat de Boukhara, où il retrouve Raspoutine tout juste sorti d’une prison appelée « la maison dorée de Samarkand », près de Baldjouan, au sud-est de Douchanbé (l’actuelle capitale du Tadjikistan). Là, Corto et Raspoutine sont témoins de la mort du général Enver Pacha (4 août 1922). Ils vont ensuite dans le Kafiristan (région de l’Afghanistan, aujourd’hui appelée Nuristan). La Maison dorée de Samarkand se termine le 6 septembre 1922, quand Corto et Raspoutine franchissent la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan (qui faisait partie à l’époque de l’Empire des Indes).
.

Une planche, parce qu’en matière de bédé, le dessin est plus que nécessaire me semble-t-il…

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Pour poursuivre: Site officiel dedié à Corto Maltese

Enfin, pour ceux qui préfèrent le graphisme ou veulent comparer : vous avez le choix, parmi les  adaptations  de long-métrages d’animation,j’ai choisi celui-là, sur La Maison dorée de Samarkand,

2002, scénario de Henri Colomer. ( partie 1)

 

Enfin, version aquarelle, je ne peux résister…M.G

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Le Bénarès-Kyôto, Olivier Germain-Thomas.

Poursuivre le voyage amorcé avec Cauvin et les Huits jours en Eté, version essai, avec Olivier Germain-Thomas qui nous mène de tribulations en tribulations, au rythme de ses réflexions et du récit de voyage (voies terrestres et maritimes), références à Montaigne à souhait, à Descartes, puis Confucius, Lao-tseu et bien d’autres.

En véritable globe-trotteur averti  il nous convie à son périple et garde dans le regard toute sa fraîcheur.

 

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Quelques extraits :

chapitre 1 : « p.36. « Une leçon de l’Inde : que le doute fécond ne devienne pas un doute paralysant »

« Le plus difficile : penser hors de toute trace.Les traces sont fallacieuses : on tire à elles chaque fait nouveau.Penser dans le blanc »

p51 « Qui n’a rêvé enfant devant les marchands de couleurs? Les rouges, les noirs, les jaunes, les blancs aussi, et ces couleurs plus incertaines : garance, indigo, prune, havane ou ventre-de-biche… »

chapitre 2 :p59

« La rêverie devient douloureuse quand une barque apparaît sur l’eau et que le geste du rameur debout est si parfait, le clapotement si mélodieux, qu’il m’est impossible de goûter une telle beauté sans pouvoir la partager.Le voyage solitaire est, pour moi, une déchirure et une nécessité. »

« Aux intellectuels encombrés, rappeler que la spécialité de l’homme est de croire aux bobards qu’il se raconte pour tenir debout.Le génie du bouddhisme est de remettre les compteurs à zéro »

chapitre 6 destination finale Kyôto

« Commencer par apprendre à briser toute ligne droite »

« L’étape actuelle : concilier oblation et lucidité »

Dans ton Sillage..cap B.D

Sillage,

une saga hybride française entre science-fiction et héroic-fantasy qui en rappelle d’autres..Inconditionnelle de Stars wars (bien que relativement déçue par le dernier opus, bien trop commercial et grossier à mon goût) et avec quelques souvenirs de Star trek, je trouve des réminiscences.

Jean-David Morvan en est le scénariste et Philippe Buchet le dessinateur et coloriste de cet univers familier : conquête du cyber-espace, bestiaire extra-terrestre et une sensuelle héroine aux allures guerrières, Navis, qui inspire même 3 séries dérivées.

Parlons d’elle, justement, Navis est une représentante unique en son espèce, elle est de la » race humaine ».Elle vivait isolée sur une planète sauvage (mythe de l’enfant sauvage) avec pour seule compagnie Houyo, de la famille des Tigrours, une belle bête qui l’a élevée (genre louve version tigre/Romulus/Rémus), ce qui lui a permis survivre en territoire hostile et de parfaire ses aptitudes de guerrière..un brin Amazone..Elle menait une existence simple, quasi-préhistorique (pêche, chasse, siestes et jeux avec son animal de compagnie) jusqu’à ce qu’un vaisseau explorateur débarque.

 

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Celui-ci recherche de nouvelles extensions mais se doit de préserver « les espèces en voie de disparition », Navis ne leur facilite pas la tâche, elle résiste, rebelle dans l’âme,  elle est la seule de son espèce, une rarissime !

Pour elle, c’est un choc des cultures, une rencontre du 3ème type, si l’on peut dire, elle appréhende l’immensité de l’univers qu’elle croyait réduit à son petit monde.

Ce vaisseau n’est en fait qu’un des milliers de ceux qui forment le convoi de Sillage. Celui-ci est commandé par le navire amiral de la Constituante, une instance politique de type parlementaire (Allez, faites un effort, ça ne vous dit rien?), qui regroupe toutes les espèces et  cherche de nouveaux territoires et peuples à intégrer.

L’examen de Navis sous toutes les coutures par les Sillagiens, va révéler une aptitude extraordinaire, elle n’est pas douée d’aptitudes extra-sensorielles et notamment de télépathie, elle est donc « incorruptible » et « imprévisible » ce qui est loin d’être le cas des Sillagiens. Pour s’intégrer à la société sillagienne et rembourser ses dettes incommensurables, elle devient un agent secret hors-pair, à une exception, elle est bien trop curieuse et « humaine », ce qui la rend dangereuse,« Poukram! » elle mène donc diverses missions pour la Constituante, mais son regard va peu à peu s’obscurcir face à la corruption .

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Ajouter à cela, la recherche de ses origines, de son héritage qui pèse sur son moral, heureusement, elle lie des amitiés avec Snivel, son robot protecteur et Bobo, le gentil migreur. Un personnage inquiétant rôde, c’est le Consul » Enshu Atsukau », fasciné et troublé par Navis, il devient le « collectionneur », parfois maladroit, dangereux et protecteur fou/secret de Navis.

 

 

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Dérivée : enfance de Navis

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