Absolument dé-bor-dée ! par ShepardJe suis de ceux ou celles qui apprécient l’humour,

mais plutôt comme un gourmet,

le second degré et le cynisme à souhait,

encore que j’ai pu constater qu’à ce sujet je suis, en général en total décalage ( dans les salles obscures, je ris souvent après ou avant les autres, le sens de l’humour n’est pas le sens le mieux partagé du monde, et, heureusement, il se décline sous différentes facettes, disons que je ne suis pas toujours réceptive, tout est relatif..).

Je m’explique, je suis allergique à l’humour gras, grossier,  je préfère l’humour noir, pince-sans-rire, les sarcasmes, les différents types de comiques, l’ironie et l’absurde, évidemment,

et il me semble,

qu’il est bien plus savoureux en pincées,

parsemé, distribué avec parcimonie pour relever, piquer,

or, ici, je l’ai trouvé…lourd, indigeste,

j’avais hâte d’en finir, d’abréger, et jusqu’au bout, indulgente, j’ai pensé à un retournement de situation, un semblant d’humilité et d’humanité…

L’idée était plutôt bonne, et pourquoi pas après tout, mais cela ressemble davantage à un procès et à un règlement de compte personnel, le fait d’affubler les personnages de noms comme » l’intrigante » ou » Coconne » et de passer 307 pages à dénigrer les autres qui semblent d’une incompétence telle! Je suis certainement un peu naïve,  et idéaliste, certes, certains services sont parasités par des « boulets » disons le franchement, de l’hypocrisie environnante, mais j’ai trouvé ce pamphlet blessant plus qu’amusant, les caricatures sauvages et impitoyables dont seule l’héroïne semble_____ miraculeusement exemptée,  nichée entre un égocentrisme hors norme et une condescendance mortelle,  et ça se cumule outrageusement,

pléthores de stéréotypes,

or,

je pense que la distanciation, le recul a minima, est  une des conditions nécessaires au rire, ce dont l’héroïne semble…a priori… dépourvue. De l’acerbe oui, mais de la mesure, l’aurait rendu à mon avis bien plus efficace !

J’ai eu l’impression d’un compte-rendu déblatéré, tableau brossé de tout ce qui avait été rédhibitoire, désespérant, et de pire dans l’administration…comme à mon avis partout, d’ailleurs…Un genre de lynchage en règle qui m’a plus dépité, à force, que fait rire…

C’est assez rare que je sois si sévère, je me rends compte que c’est le ton qui ne m’a pas plu, déçue, bien plus que le thème abordé.

Pour autant, peut-être serez-vous plus réceptif et indulgent,à l’aune de ces quelques passages :

« Le cabinet d’une collectivité locale est malheureusement trop souvent à l’intelligence et à l’efficacité ce que les prisons afghanes sont aux droits de l’homme »,

l’héroïne si modeste et si critique, parfaite !

« Je ravale ma réplique assassine. On ne tire pas sur une ambulance. Surtout si ladite ambulance à les deux pneus crevés, plus d’essence et que trois mecs sont en train de se vider de leur sang à l’arrière. »

Le syndrome de la « réunionnite » (ça c’est un peu plus drôle..)

 « La réunion de service débutant à onze heures tapantes, le service commence à se mouvoir péniblement vers la salle de réunion vers onze heures dix.

Coconne se précipite dehors pour fumer une dernière cigarette, afin de « décompresser », explique-telle.

Sachant qu’elle a passé la matinée à patrouiller entre la machine à café, la photocopieuse et, logiquement, les toilettes du service, on est en droit de se demander en quoi elle a besoin de décompresser. »

« Les réunions sont l’occupation favorite des fonctionnaires territoriaux, juste devant les Comités de Pilotage et les Groupes de Travail (ne pas oublier les majuscules, qui renforcent l’importance de ces obscurs groupuscules à l’utilité non encore démontrée). Si la réunion se passe vraiment bien, s’ils réussissent à la faire traîner suffisamment longtemps, alors ils pourront s’octroyer le plaisir d’en fixer une deuxième le lendemain afin de « finaliser » ce qui aurait dû être décidé lors de la première. Avec un peu de chance, ils feront alors le compte-rendu et l’analyse du retard pris lors de la première réunion durant la troisième, la quatrième ou, si vraiment ils vont au fond des choses, durant la cinquième. »

M.G

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