Rappel : je disais précédemment : le 100 ème ( billet ) : Il pourrait être associé aux lectures…ce serait dommage…donc il sera d’écriture….mais en stand-by…en attente….

Puis,

récemment une évidence, ce ne pouvait être qu’un hommage pour cet auteur que j’admire,

pour ce faire, j’ai choisi parmi la cinquantaine de titres que je garde précieusement, et Marche ou crève c’est une de ses premières publications, mais que peu connaissent, l’occasion était donc trop belle, alors…

à vos marques,

prêts,

partez!

 

C’est marche ou crève…

Marche ou crève..marche ou crève,

un leitmotiv que je m’assène, en boucle, comme pour me convaincre de cette atroce réalité, comme si cela procédait d’un véritable choix..marche ou crève…et non

marche et ___ crève.

C’est bien là, toute la difficulté…

Un pied devant l’autre, varier le rythme, hâter le pas, une justesse dans les gestes, de l’économie et une certaine souplesse pour éloigner, repousser la crampe de t’assaillir, en traître…L’ennemie jurée…

Penser au ravitaillement, au prochain stand,

tenir, tenir, tenir..

La bouche pâteuse, sèche, se fronce, douloureusement,

je visualise ce filet d’eau, bénite, qui coule langoureusement dans la gorge, si serrée, asséchée, rendue si nerveuse par les efforts…J’en salive d’avance.

Forcer la cadence,

sans trépigner,

le compte à rebours est lancé, tourne, fatidique et si inexorable. Je dois impérativement atteindre le stand, avant le signal. Il faut allonger la foulée, presque courir, à perdre haleine, bordé, l’essoufflement de toute parts, et s’il n’y avait que ça, comme préoccupation, mais il faut veiller ardemment à ne pas laisser distraire,

suivre les lignes,

tenir le couloir,

ne pas céder aux clameurs du public, qui acclament ses champions tout en décimant les autres,

rester, sans trépasser.

Je suis un OUTSIDER, personne n’aurait misé un kopeck sur moi,

mais je suis toujours là,

mon physique ingrat et malingre ne plaidait pas en ma faveur, il faut bien l’avouer.

Je reste pourtant planté dans le décor, fin résistant.

Ne pas céder aux appels du public, parce que…parce que…,

ne pas y penser,

parce que parce que…ne pas prendre son ticket, au-delà de ce ticket…votre limite…n’est plus valable…

si tu déroges aux règles,

si tu dévies, alors tu écopes d’un avertissement, d’un 2ème, puis…c’est fini, ce sont les coups de fusils qui prennent le relais, sans sommation, eux n’ont aucune pitié, ils frappent la cible et ne la manquent jamais,

Rester concentré, peu importe si la douleur commence à venir, elle monte, te morcelle et s’élance, vive, coriace, les membres gourds…

focalise-toi, évince la,

elle n’existe pas,

le psychologique peut prendre le dessus pour atténuer, camoufler la douleur…ça c’est un idéal, je prêche un convaincu là…

Ralentir le rythme et contenir le souffle, gardez le contrôle…et ce bruit,  je le hais,  ce bruit sourd _____de ceux qui tombent, s’écroulent et échouent,

je parviens presque à l’occulter,

j’oublie presque,

mais ce que je redoute le plus, ce sont les visages, ceux de la foule, ceux qui devinent…

Ils sont terribles, ces regards,

ils ravagent… plus que les décharges…

M.G

 

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Morceaux choisis:

« Le retrait total de tout et tous ceux qui les environnaient. De tout sauf de la route. Ils étaient hypnotisés par la route par la route, comme si la corde raide sur laquelle ils devaient marcher, au-dessus d’un abîme sans fond, p110. »

« Il m’a fallu du temps pour comprendre, mais c’est allé plus vite une fois que j’ai eu surmonté ce blocage mental. Marche ou crève, c’est la morale de cette histoire. Pas plus compliqué. Ce n’est pas une question de force physique, et c’est là que je me suis trompé en m’engageant. Si c’était ça, nous aurions tous une bonne chance. Mais il y a des hommes faibles capables de soulever des voitures si leur femme est clouée dessous. La tête, Garraty, le cerveau… Ce n’est pas l’homme ou Dieu, c’est quelque chose… dans le cerveau.  »

« La foule reprit sa litanie. Garraty écouta son nom jusqu’à ce qu’il se réduise à un amalgame de syllabes sans signification, sans rapport avec lui. »

« Peu après la symphonie aqueuse de l’aube commença. Le dernier jour de la Marche se leva, trempé et couvert.p.327 »

Marche ou crève, originellement « The Long Walk », paraît en 1979, alors que King est encore étudiant, en première année, sous le pseudonyme de Richard Bachman.

Ce roman d’anticipation dystopique, suit le rythme haletant de la course, cette épreuve impitoyable, annuelle, attraction populaire dans un contexte où l’Amérique ressemble davantage à une dictature militaire, est régi par des règles simples et terrifiantes : ils sont cent adolescents au départ et marchent, sans interruption, en cadence, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un, genre… d’Highlander.

Au bout de trois avertissements, ils reçoivent leur ticket, et sont tout simplement radiés…

Etonnant comme King parvient à faire de cette Marche un événement passionnant,un marathon morbide, critique acerbe d’un élitisme et d’un individualisme poussé à l’extrême, avec une atmosphère légère qui progressivement se charge de ténèbres ; le lecteur s’attachant désespérément à Garraty, et espérant qu’il s’en sorte.

King parvient déjà avec brio à décrire cet instant où le psychologique sombre, des souffrances physiques aux frontières de la folie,

où l’esprit tente de s’accrocher et de ne pas dérailler,

glaçant,

entre Rêves et cauchemars, comme une Danse macabre, dont on ne saurait sortir indemne.

N.B : Une adaptation cinématographique est envisagée pour bientôt, par Frank Darabont, adaptateur officiel de King, scénariste et réalisateur de La ligne Verte et des Evadés, c’est donc particulièrement prometteur, à suivre donc…

M.G

 

 

 

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