4 ème :

« Un avocat de trente-cinq ans travaille au Luxembourg pour un gros cabinet. Salaire mirobolant. Pas d’amours. Pas d’amis. Une femme de ménage… qu’il ne voit jamais.
Mal dans sa peau, il se trouve insignifiant au point de se sentir transparent. La veille d’un passage à Paris, l’avocat ressent une douleur inexplicable au cou, puis au bras. Dans sa chambre d’hôtel, il constate qu’il est devenu tout à fait invisible. Comme le héros détraqué de H.G. Wells. Des traces humides sur la moquette, un creux sur un matelas, voilà ce qu’il reste de lui.
Cette expérience le délivre de ses angoisses, sa nouvelle impunité lui permet tous les excès. Il voyage, porté par une sensualité retrouvée, se rend en Sardaigne, traverse la Méditerranée… Insaisissable, ivre de puissance, il s’in­téresse finalement à une humanité qu’il croit dominer de très haut…

Fable ironique au rythme soutenu, riche en rebondissements, ce remake d’un grand classique en élargit le sens, pour mettre en cause une société en voie d’atomisation, séduite par des valeurs virtuelles.

Pascal Janovjak est né en 1975 à Gale. Il réside au Proche-Orient, après avoir travaillé au Liban et au Bangladesh, en tant que responsable de centres culturels. D a publié en 2007 un recueil de proses, Coléoptères (Samizdat, Genève). L’Invisible est son premier roman. »

Le titre m’avait interpellé et rappelé des souvenirs,

la couverture, en transparence loin d’être anodine,

le choix des couleurs collaient plutôt bien..L'invisible par Janovjak

L’invisible, c’est ce qui littéralement ne se voit pas, se dérobe à la vue,

c’est l’idée que l’on peut se perdre, de l’insignifiance,

« pas de » « pas de »____ à chercher  l’ attention des autres, »J’avais juste franchi un pas de plus dans l’anonymat, ma disparition n’affecterait personne.Il est tellement facile de se couper des autres, il suffit de se laisser porter par la spirale de la solitude, la tentation de l’autarcie-combien de fantômes croisez-vous chaque matin, qui hantent les rues des grandes villes, combien d’âmes errantes, sans attaches, sans visage? » p.55 on risque de s’effacer, c’est ce qui arrive à ce personnage, qui loin de briller se sent terne, fade, jusqu’à en devenir transparent aux yeux des autres, »J’existais à peine. »p81

Déjà vu,

(si j’ose le jeu de mot)  en littérature, coloration kafkaienne, » C’est parce que je rêvais d’être vu que je suis devenu invisible. »p.40

 

L'Homme invisible

Version cinématographique…

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19386659&cfilm=2582.html

Certains passages sont savoureux, je repense à la cravate, qui contraste visuellement, tranche (statut social),

p.54 « Un costume-cravate noir avait parcouru quelques rues, traversé Magenta, un costume sans personne à l’intérieur–les manches en étaient vides, le col creux, la cravate nouée autour de rien et personne ne l’avait vu regagner l’hôtel »

cela réveille en moi  ce souvenir, Apollinaire, (in Calligrammes)

 

https://i0.wp.com/www.weblettres.net/blogs/uploads/e/eblanafA/35920.jpg

 

Extraits choisis :

sur les difficultés » d’être vu » de la gente féminine,

« Toutes parties se coucher, se noyer dans la solitude de leurs  jours, toujours le même scénario, il y a là une belle, vous jouez des coudes pour l’approcher, vous n’osez pas, et puis vous osez quand même, vous faites des pieds et des mains et des sourires et des yeux, et elle ne vous voit pas__elle vous répond à peine et son regard vous traverse, se perd par-dessus votre épaule, dans la direction d’un autre, un autre déjà bien entouré-, alors vous approchez la suivante, un peu moins attirante mais quand même, et puis une troisième, et il ne vous reste même plus les laides, parce qu’elles sont déjà dans leurs draps roses « .p.23 

Sur ce nouveau sort, l’invisibilité :

« Il y avait eu une éclipse, dans ma petite vie,une mauvaise lune était passée devant le soleil, et je m étais retrouvé dans les ténèbres d’une illusion, de l’autre côté de la peur ».p291 « 

Cette nouvelle version vibre par sa modernité, « à moins d’être aveugle, parce que la lumière des choses est absorbée par la rétine, et que sans l’opacité de celle-ci, nulle vision n’est possible « p.291,  les deux tiers du roman sont agréables, je reste toutefois sur ma faim,

le final est un peu ..insipide… alors que je l’attendais disons plus… flamboyant.

M.G

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