Quelques jolis passages,

mais dans l’ensemble, je me suis ennuyée, et, c’est assez rare.
On débute par une initiation pourtant savoureuse à une partie d’échecs entre deux virtuoses,

 » Je l’avais découverte presque par hasard dans l’encyclopédie; tout, dans cette ouverture, avait aussitôt suscité mon admiration: ce saut initial du cavalier, de prime abord un coup extravagant ou pueril ; la façon héroiique, presque méprisante, dont les noirs sacrifiaient dès le début l’objectif prioritaire d’une ouverture_la possession du centre__contre un lointain et nébuleux avantage de position; e surtout, et c’était ce qui m’avait décidé à l’étudier à fond, le fait que ce fût la seule ouverture que les blancs ne pouvaient refuser ou détourner vers d’autres schémas. »

puis, on suit leur relation à maturité,  » Roderer ne s’était pas exposé à la vie et la vie, avec un respect moqueur, était passée à côté de lui sans le toucher. »

et les divergences entre Roderer et le narrateur :

 » Puis il déclara que les diverses formes de l’intelligence pouvaient se réduire à deux formes principales : la première, l’intelligence assimilative, celle qui agit comme une éponge et absorbe immédiatement tout ce qui s’offre à elle, qui avance, confiante, et trouve naturelles, évidentes, les relations et analogies établies auparavant par d’autres, qui est en harmonie avec le monde et se sent dans son élément quel que soit le domaine de la pensée. (…) C’est l’intelligence des « talentueux », ou « capables », qui se comptent par milliers. (…) C’est l’intelligence qui s’accommode le mieux de la vie, et c’est aussi, somme toute, celle des grands savants et humanistes. Elle ne cède qu’à deux dangers : l’ennui et la dispersion. (…)
Quant à l’autre forme d’intelligence, elle est beaucoup plus rare, plus difficile à rencontrer ; elle trouve étranges et souvent hostiles les enchaînements de la raison, les arguments les plus habituels, ce qui est su et prouvé. Rien pour elle n’est « naturel », elle n’assimile rien sans éprouver en même temps une certaine réaction de rejet : « C’est écrit, d’accord, se plaint-elle, et pourtant ce n’est pas comme ça, ce n’est pas ça. » (…) deux dangers la guettent aussi, beaucoup plus terribles : la folie et le suicide. « Roderer ne s’était pas exposé à la vie et la vie, avec un respect moqueur, était passée à côté de lui sans le toucher. La vérité sur Gustavo Roderer par Martínez

Mais,
je n’ai pas été convaincue,

« Je connaissais bien ce genre de tourments, mais j’avais cru jusqu’alors en être l’unique victime ; l’impuissance à choisir entre deux options banales et absolument égales, l’horrible hésitation de l’intelligence qui balance entre l’une et l’autre, incapable de rien discerner, argumentant dans le vide sans trouver une raison valable, tandis que le bon sens se moque et l’excite : « ça revient au même, ça revient au même. J’étais déconcerté de deviner chez autrui, et de façon beaucoup plus intense, les stigmates de ce mal, peut-être ridicule, mais que j’avais toujours considéré comme ma propriété la plus exhaustive. »

j’y ai trouvé une certaine platitude loin de la 4 ème de couverture annonçant« un grand roman encore inédit en France mélange avec virtuosité suspense et métaphysique ».
Les références aux théories de Nietzsche, Spinoza et autres sont trop minimalistes à mon goût pour alimenter le discours et la réforme de l’entendement suggérée par Roderer…

et j’ai attendu en vain
une péripétie,?
j’aurai voulu être vraiment « étonnée » au sens aristotelicien…

M.G

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