Hier soir,

ça m’a pris, c’était soit l’Identité, soit la Plaisanterie…une évidence.

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L’identité,

c’est le questionnement de Jean-Marc et de Chantal, sur ce qui les a réunit, eux, parmi la foule, à travers l’imaginaire et le filtre du rêve,

de la confusion…

Qu’est-ce qui fait l’identité?

L’idée d’une marque, d’une traçabilité du soi qui distingue des autres,

la carte d’identité valide cette assertion en partie…

Frontières,

entre le soi, l’intériorité dans toute sa singularité, et la ressemblance..un chevauchement des altérités est-il possible ?

« Etre identique à » c’est ressembler à, accepter un certain mutisme : chacun est différent, particulier mais semblable à lui-même ?

« L‘identité marque la différence autant que la ressemblance. Telle est, d’entrée de jeu, son ambiguïté »,  p.17, L’identité par Anne Marie Drouin Hans, revue Le Télémaque numéro 29, 2006/1, Education et altérité.(P.U.Caen).

L’identité de Kundera pose les jalons d’un questionnement entre quête d’identité, perte d’identité, expressions  diverses et parfois paradoxales de celle-ci,

notion à la croisée du Même, de l’Autre et du Devenir…

De l’identité…Kundera et d’autres…s’y sont penchés, petite sélection :

« C’est toute la beauté des larmes ; elles peuvent avoir deux significations opposées. On pleure de douleur, on pleure de bonheur. Peu de manifestations physiques ont cette identité à deux têtes, comme pour matérialiser la confusion. »

Le mystère Henri Pick de David Foenkinos. David Foenkinos

« D’emblée, notre histoire a mal commencé ils ont décidé de m’appeler Bernard. Enfin, c’est un prénom sympathique. Au cours de ma vie, j’ai croisé quelques spécimens bernardiens, et j’en conserve plutôt un bon souvenir. Avec un Bernard, on peut passer une bonne soirée. Le Bernard impose une sorte de familiarité tacite, pour ne pas dire immédiate. On n’a pas peur de taper dans le dos d’un Bernard. Je pourrais me réjouir de porter un prénom qui est une véritable propagande pour se faire des amis. Mais non. Avec le temps, j’ai saisi la dimension sournoise de mon prénom ; il contient la possibilité du précipice. Comment dire ? En somme, je ne trouve pas que ce soit un prénom gagnant. Dans cette identité qui est la mienne, j’ai toujours ressenti le compte à rebours de l’échec. « 

La Tête de l’emploi de David Foenkinos – David Foenkinos

« Du milieu de la tempête qui me déracine, me dépossède de mon identité, je veux parfois revenir à l’origine – à mon origine. »

Le discours amoureux Roland Barthes

« C’est dans l’angoisse que l’homme éprouve son délaissement. Fuyant sa liberté, sa subjectivité, il voudrait se perdre au sein du Tout : c’est là l’origine de ses rêveries cosmiques et panthéistiques, de son désir d’oubli, de sommeil, d’extase, de mort. Il ne parvient jamais à abolir son moi séparé : du moins souhaite-t-il atteindre la solidité de l’en-soi, être pétrifié en chose ; c’est singulièrement lorsqu’il est figé par le regard d’autrui qu’il s’apparaît comme un être. C’est dans cette perspective qu’il faut interpréter les conduites de l’enfant : sous une forme charnelle, il découvre la finitude, la solitude, le délaissement dans un monde étranger ; il essaie de compenser cette catastrophe en aliénant son existence dans une image dont autrui fondera la réalité et la valeur. Il semble que ce soit à partir du moment où il saisit son reflet dans les glaces-moment qui coïncide avec celui du sevrage-qu’il commence à affirmer son identité : son moi se confond avec ce reflet si bien qu’il ne se forme qu’en s’aliénant. »

Le Deuxième sexe Simone de Beauvoir

J’ai été frappée à la lecture des 3 occurences au mot « ‘insoutenable » qui parsèment le roman,

loin d’être anodin chez Kundera,

l’écriture est bien plus fluide, une limpidité inhabituelle chez Kundera, qui facilite la compréhension et en même temps est assortie d’une légère déception pour moi, en tout cas,

car ce que je préfère avec cet auteur,

c’est justement… la torpeur intellectuelle, frêle nébulosité, entretenue par les emboîtements et enchevêtrements d’idées, qu’il faut lent—e—-ment démêler… bien plus stimulantes, par leur résistance..

L’identité, Kundera, extraits choisis,

 L’identité …perdu de vue, disparue…

p.11 « …dans ce monde où chacun de nos pas est contrôlé et enregistré, où dans les grands magasins des caméras nous surveillent, où les gens se frôlent sans cesse les uns les autres, où l’homme ne peut même pas faire l’amour sans être interroge le lendemain par des chercheurs et des sondeurs(…) comment se peut-il que quelqu’un échappe à la surveillance et disparaisse sans laisser de traces ? »

L’identité et le Rêve…

« C’est pour cela qu’elle n’aime pas les rêves : ils imposent une inacceptable égalité des différentes époques d’une même vie, une contemporanéité nivelante de tout ce que l’homme a jamais vécu ; ils déconsidèrent le présent en lui déniant sa position privilégiée. »

l’identité et le Présent

« Se souvenir de son passé, le porter toujours avec soi, c’est peut-être la condition nécessaire pour conserver, comme on dit, l’intégrité de son moi. Afin que le moi ne rétrécisse pas, afin qu’il garde son volume, il faut arroser les souvenirs comme des fleurs en pot et cet arrosage exige un contact régulier avec des témoins du passé, c’est-à dire avec des amis. » p.50

L’identité revêt un caractère entêtant, qui me rappelle, en échos, versant poétique, Mon rêve familier de Verlaine » Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, « Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, « Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, « .

M.G



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