Autre univers,

nouvelle illusion perdue avec Delacourt, après La liste de mes envies et La première chose qu’on regarde,

Danser,Danser au bord de l'abîme par Delacourt
Virevolter, frémir,
vertigineux,
Toute danse suppose mouvements, déséquilibre de soi et des autres, et un partenaire pour tourbillonner,
se laisser aller vers la fluidité,
un accord,
une douce harmonie, si fragile,
c’est sans doute parce qu’elle est inédite, incontrôlable, qu’elle est d’autant plus bouleversante…
Quelques longueurs parfois,
sans tomber dans le pathos.

Juste un éclat,
un bruissement de bonheur, assortie d’une lecture des fêlures, de celles qui ne peuvent disparaître.

Delacourt, c’est la promesse d’une chute, prévisible presque convenue, difficile,

non sans heurt,

mais sans brutalité,

pour « Emmanuelle », ( aima  passé simple révolu, brièveté et trait de caractère de l’héroïne /nu , car dépossédée en un sens, dénudée, mise à nu, découverte / elle, l’ego, juste elle, ailes même)

« J’aurais tant voulu me fracasser, me disloquer en lui, atteindre cette infime frontière entre les choses, ces plaques tectoniques en nous,si sensibles, qui bousculent les sentiments, créent ces microscopiques fêlures,ces routes menant à l’abîme parfois___et d’autres fois, à la félicité. Ni mes desesperances ni son corps broyé que je porte ne m’ont déroutée. »p.319

« Et j ai souri pour moi-même, comme il devait sans doute le faire de son côté ,au même moment, devant son expresso serré, l’anse de la petite tasse épaisse et chaude entre ses longs doigts fins dont je rêvais qu’ils se posent sur mon cou, et l ‘enserrent, doucement, jusqu’à mon ravissement .Mon étourdissement. Ma perte.p.33 »

« Je n’ai pas connu la colère.
Je n’ai pas ressenti de rage.
Pas lacéré ma peau avec des silex.
J’ai perdu beaucoup de mots.
J’ai eu un deuil curieux, sans contrepoids, et je suis devenue le deuil lui-même.p186″

« C’est ce silence troublant qui m’a d’abord envahie,puis comblée .J’ai aimé cette suspension. Ce vide. p.31 »

« Vous me ferez danser?
Oui
Tourbillonner?
Oui
Vous me rattraperez »?

« Dehors, la nuit est noire, assoupie et profonde. Il n’y a pas de vent. Les criquets ne stridulent plus. Un silence terrifiant. Affolant. Alors je deviens un cri. p295 »

et ça me rappelle Munch…

Wikipédia,

Munch Edvard, écrivit dans son journal, le 22 janvier 1892 :

« Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d’un coup le ciel devint rouge sang. Je m’arrêtai, fatigué, et m’appuyai sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville — mes amis continuèrent, et j’y restai, tremblant d’anxiété — je sentais un cri infini qui passait à travers l’univers et qui déchirait la nature . »

Le Cri, tempera, 1893, 91/ 73.50cm.

Résultat de recherche d'images pour "l cri"

M.G

Publicités