Grande première pour moi avec ce rendez-vous  inédit avec le théâtre d’objets et très jolie découverte, et quel humour !

La Pelle du Large

De Philippe Genty

D’après l’Odyssée d’Homère

Direction artistique : Philippe Genty

Interprètes version française : Hernan Bonet, Antoine Malfettes et Yoanelle Stratman/Anne-Cécile Richard

Interprètes version anglaise (Dustpan Odyssey) : Marjorie Currenti, Angélique Naccache, Simon Rann

Interprètes version espagnole (La Llamada del Mar) : Amador Artiga, Marzia Gambardella, Andrès Martinez Costa


« Quelle histoire commune peut faire écho aux thèmes qui nous habitent et nous questionnent : les frontières, la fuite, l’exil, la métamorphose… et en devenir le prolongement ? Romans, contes et légendes, histoires personnelles, textes sacrés, tout y est passé pour retrouver au bout de ce parcours labyrinthique… l’Odyssée d’Homère, comme un texte à jamais nouveau, immémorial et contemporain, un trésor d’images et de récits plus qu’une œuvre de référence.
Cette histoire nous invite à l’interprétation, à l’évasion. Mais il faut aussi s’évader de l’image que nous en avons, ce que le théâtre d’objets rend possible… »

A la tête d’un astucieux navire fait d’une pelle et d’un manche à balai, voguant sur une mer en rideau de douche, partez toutes voiles dehors rejoindre Ulysse et ses compagnons pour une Odyssée en théâtre d’objets aussi drolatique qu’insolite ! Un chef-d’œuvre de la littérature mondiale à découvrir ou redécouvrir !

un spectacle où on retrouve son âme d’enfant,

joyeux jeu de l’imagination qui anime les objets ,

passoire sur la tête devenue casque et incarnation d’Ulysse, dont se pare tour à tour les comédiens, car il faut que chacun puisse jouer le héros!

Le vaisseau est pelle à balayette,

un éventail pour les grands vents…Attention aux tempêtes, le ballon explose, vagues déferlantes et découvertes des îles sur un fond de mer bleue ou_______ de rideau de douche…

Ulysse brave tire-bouchon,

accompagné de ses acolytes surmonte les obstacles et dangers pour retrouver sa Pénélope.

Une lecture très poétique à travers les jeux d’objets et les expressions langagières toujours à propos, références cinématographiques, pour contrer l’appel de la Sirène, se boucher les oreilles, comment ? Une évidence, l’île est un chou vert frisé, alors je vous laisse imaginer…

Honneur aussi Aux Lotophages mangeurs d’oubli, on oublie, on tourne la page on devient alors o/t/a/g/e/s…Ne pas s’effrayer devant le Cyclope, et Circé la magicienne, ne pas céder aux divers envoûtements , reste l’étape des Enfers, les Cimmériens, ambiance nocturne, traversée dangereuse entre un champignon,… une tomate (prête à devenir coulis)..il faut traverser les ponts, les gouffres, les reflets trompeurs et échos…Il faut bien se retrousser « les manches »pour s’affranchir de ces obstacles, retrouver Télémaque, Pénélope, évincer les prétendants ( bougies qui annoncent leur flamme et brûlent à pourpoint d’impatience, drôle vraiment!), pour finir « bassinée » avec Ulysse, des retrouvailles mousseuses…

Du théâtre d’objets sublimé par le jeu des comédiens, à la mécanique bien huilée, qui donne une légèreté et une touche poétique certaine, j’ai adoré le travail des voix des comédiens… surprenant (transformations des textures, intonations, accents de cartoons, parlé-chanté…), et agréable retour en enfance, à l’innocence, le temps d’un répit.

Je n’en dis pas davantage, et vous offre l’extrait :

« Le bonheur est une bulle de savon qui change de couleur comme l’iris et qui éclate quand on la touche. »

la comédie humaine Honoré de Balzac

M.G


 

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