Autant de répliques devenues célèbres:

 Elle : « Hi-ro-shi-ma… c’est ton nom ».

Il lui répond : « C’est mon nom, oui. Ton nom à toi est Nevers. Ne-vers-en-Fran-ce »..

« Tu me tues, tu me fais du bien », « Je te mens, je te dis la vérité » et, bien sûr, « Tu n’as rien vu à Hiroshima »

 

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Le livre retrace le scénario de Marguerite Duras (commande à Resnais,1959) et c’est assez rare, original, ce type de démarche, Duras d’ailleurs reste insatisfaite, perfectionniste dans l’âme :

« Je livre ce travail à l’édition dans la désolation de ne pouvoir le complèter par le compte rendu des conversations presque quotidiennes que nous avions, A.Resnais et moi, d’une part, G.Jarlot et moi,d’autre part, G.Jarlot et moi, A.Resnais. Je n’ai jamais pu me passer de leurs conseils, je n’ai jamais abordé un épisode de mon travail sans leur soumettre celui qui précédait, écouter leurs critiques, à la fois exigeantes, lucides et fécondes. »
Edité en 1960, il s’agit moins d’un travail de retranscription pur,  Duras s’attarde à retracer l’atmosphère cinématographique et offre au spectateur une prise de choix…positionnement radical qui donne au lecteur une justesse dans le ton et le sentiment d’être privilégié, et contribue à laisser une trace dans la mémoire de celui-ci, bien plus efficace.

Il débute avec le synopsis,

« Résumé site Marguerite Duras

Août 1957. L’action raconte l’histoire d’amour que va vivre une jeune femme française, actrice, et un japonais, architecte, qui se rencontrent pour les besoins du tournage d’un film sur Hiroshima et les dégâts qu’on engendré les explosions de la bombe nucléaire. Au fil de leur relation le livre dérive de l’évocation de ces dégâts par le japonais vers le calvaire qu’a vécu la femme lors de la libération, alors qu’elle vivait une relation d’amour avec un soldat allemand. Tondue, rejetée, elle devra fuir sa famille et sa ville pour s’ancrer dans l’anonymat de Paris.

La redécouverte de l’amour avec ce japonais s’inscrit alors dans une volonté de faire table rase de son passé, passé qui ne parvient pas à disparaitre complètement. »

un avant-propos,

puis le scénar lui-même, en cinq parties,

complété par les Appendices et diverses recommandations de Duras sur les personnages par exemple  avec le Portait du  Japonais :

« C’est un homme d’une quarantaine d’années.  Il est grand. Il a le visage assez occidentalisé (… )il ne faut pas que le spectateur dise :…..

Le paratexte et les commentaires de Duras donne une bonne idée et guide la mise en scène de Resnais :

Partie III, italique, paratexte,

« ELLE

Toujours…les amours de …rencontre…Moi aussi…

Passe entre eux un extraordinaire objet, de nature imprécise.Je vois un cadre de bois(atomium?) d’une forme très précise mais dont l’utilisation échappe complètement.Ils ne le regardent pas.Il dit: »

 

Le rythme saccadé des répliques qui fusent, la frénésie, renforcent l’atmosphère incantatoire (renforcé dans l’adaptation par la musique,  juste…sublime ) et le caractère de l’indicible: force de la mémoire,

atomiquement bouleversant,

sous-tendue par l’impossible : les images et les regards impossibles à suivre,

le calvaire à Nevers impossible à dire,

la Bombe et les horreurs impossibles à penser,

la prédominence et la volonté de l’oubli dans la douleur, encombrés par les silences, les déshonneurs multiples…des thèmes proprement durassiens…M.G

 

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