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Tapie dans l’ombre, la  Thérèse…

Elle semble porter en elle quelque noirceur fascinante et les doutes planent, elle porte quelque chose d’une ombre, la criminelle…semble posséder tous les apprêts de la veuve noire..

« Son charme, que le monde naguère disait irrésistible, tous ces êtres le possèdent dont le visage trahirait un tourment secret, l’élancement d’une plaie intérieure, s’ils ne s’épuisaient à donner le change.p19″

et en même temps Mauriac lui donne des airs d’Emma Bovary, par le ton acerbe et la critique d’une bourgeoisie bien pensante, l’ennui de la provinciale qui cherche d’autres destins, dans lequel Thérèse apparaît anachronisme certain, sortant du cadre, par son statut de  féministe moderne

« .Les femmes de la famille aspirent à perdre toute existence individuelle. C’est beau ce don total à l’espèce; je sens la beauté de cet effacement, de cet anéantissement…Mais moi, mais moi…p165″

Mauriac s’inspire d’un fait divers réel  : Henriette-Blanche Canaby,  est accusée en 1905 d’avoir tenté d’empoisonner son mari ;  mais cette accusation sera rejetée en raison du témoignage de la victime préférant sauver les sacro-saintes apparences que de voir son nom traîner dans l’opprobre.

Le personnage détonne et fascine tant et si bien que Mauriac lui consacre d’autres épisodes avec Thérèse chez le docteur (1933), Thérèse à l’hôtel (1933) et La Fin de la nuit (1935) sans compter les adaptations cinématographiques

 

D’ailleurs, le réalisateur Lucas Belvaux, qui propose une  revisite moderne de La Fin de la nuit et des dernières années de Thérèse (qui n’avait rien lu de Mauriac avant la préparation du film), a « découvert un auteur subversif, d’une modernité inouïe, aussi concerné par les rapports de classe, la politique, que par l’intime, l’humain ».

« Il est fascinant, poursuit-il, que l’on s’attache à Thérèse, ce personnage transgressif et radical, si peu aimable, qui ne renie rien de sa faute. Elle questionne tant Mauriac qu’il lui a consacré quatre romans. »

D’ailleurs Mauriac  avoue en préambule cette fascination pour la créature,

« Beaucoup s’étonneront que j’aie pu imaginer une créature plus odieuse encore que tous mes autres héros.Saurai-je jamais rien dire des êtres ruisselants de vertu et qui ont le coeur sur la main? Les coeurs sur la main n’ont pas d’histoire; mais je connais celle des coeurs enfouis et tous mêlés à un corps de boue » p.6.

M.G

 

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