Petite compilation….de l’hirondelle…

Haïkus

Le haïku , une forme japonaise de poésie permettant de noter les émotions, le moment qui passe et qui émerveille, étonne, façon envol, de forme très concise, dix-sept syllabes en trois vers (5-7-5).Dix-sept temps en japonais (une syllabe a un ou deux temps), un nombre restreint dans d’autres langues (l’anglais s’accommode de 3-5-3).

風に乗って軽くのし行く燕かな
(かぜにのってかるくのしゆくつばめかな)

Sur l’aile du vent
Légère et lointaine
L’hirondelle

Si je pouvais être

L’hirondelle

Qui tout entière se donne à ses pensées

Sōseki Natsume (1867-1916) a laissé plus de 2500 haïkus. Parmi les 135 publiés dans le petit livre Haïkus, traduction et notes d’Élisabeth Suetsugu, illustrés de peintures et calligraphies de l’auteur (Philippe Picquier, 2009.)

Du poétique donc…

Résultat de recherche d'images pour "hirondelle dessin"

 

Soir d’hirondelles,
demain encore
je n’aurai rien à faire

Issa (Kobayashi Issa), 1763 1827.
*****

Mon coeur bat
comme une houle
d’hirondelles

Yotsuya Ryû, né en 1958.

De la narine du grand Bouddha
jaillit
une hirondelle

Kobayashi Issa (1763-1827).

Sur l’image sainte
elle lâche une fiente,
l’hirondelle !

Yosa Buson (1716-1783).

Peintures hirondelles

Résultat de recherche d'images pour "l hirondelle peinture"

 

En littérature…joli…

« L’accent circonflexe est l’hirondelle de l’écriture. »

  • Journal 1887-1910, Jules Renard, éd. Actes Sud, 1995 , 8 mai 1900, p. 29

 

Les Fables de La Fontaine – Livre I, Fable 8 – 1661-1693

Une hirondelle en ses voyages
Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu
Peut avoir beaucoup retenu.
Celle-ci prévoyait jusqu’aux moindres orages,
Et devant qu’ils ne fussent éclos,
Les annonçait aux matelots.
Il arriva qu’au temps que la chanvre se sème,
Elle vit un manant en couvrir maints sillons.
«Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux oisillons:
Je vous plains, car pour moi, dans ce péril extrême,
Je saurai m’éloigner, ou vivre en quelque coin.
Voyez-vous cette main qui, par les airs chemine?
Un jour viendra, qui n’est pas loin,
Que ce qu’elle répand sera votre ruine.
De là naîtront engins à vous envelopper,
Et lacets pour vous attraper,
Enfin, mainte et mainte machine
Qui causera dans la saison
Votre mort ou votre prison:
Gare la cage ou le chaudron!
C’est pourquoi, leur dit l’hirondelle,
Mangez ce grain et croyez-moi.»
Les oiseaux se moquèrent d’elle:
Ils trouvaient aux champs trop de quoi.
Quand la chènevière fut verte,
L’hirondelle leur dit: «Arrachez brin à brin
Ce qu’a produit ce mauvais grain,
Ou soyez sûrs de votre perte.
-Prophète de malheur, babillarde, dit-on,
Le bel emploi que tu nous donnes!
Il nous faudrait mille personnes
Pour éplucher tout ce canton.»
La chanvre étant tout à fait crue,
L’hirondelle ajouta: «Ceci ne va pas bien;
Mauvaise graine est tôt venue.
Mais puisque jusqu’ici l’on ne m’a crue en rien,
Dès que vous verrez que la terre
Sera couverte, et qu’à leurs blés
Les gens n’étant plus occupés
Feront aux oisillons la guerre;
Quand reglingettes et réseaux
Attraperont petits oiseaux,
Ne volez plus de place en place,
Demeurez au logis ou changez de climat:
Imitez le canard, la grue ou la bécasse.
Mais vous n’êtes pas en état
De passer, comme nous, les déserts et les ondes,
Ni d’aller chercher d’autres mondes;
C’est pourquoi vous n’avez qu’un parti qui soit sûr,
C’est de vous enfermer aux trous de quelque mur.»
Les oisillons, las de l’entendre,
Se mirent à jaser aussi confusément
Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre
Ouvrait la bouche seulement.
Il en prit aux uns comme aux autres:
Maint oisillon se vit esclave retenu.

Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres
Et ne croyons le mal que quand il est venu.

Déja, la première hirondelle… – 1872
(Alphonse de LAMARTINE)
Epîtres et poésies diverses

Déjà la première hirondelle,
Seul être aux ruines fidèle,
Revient effleurer nos créneaux,
Et des coups légers de son aile
Battre les gothiques vitraux
Où l’habitude la rappelle.
Déjà l’errante Philomèle
Modulant son brillant soupir,
Trouve sur la tige nouvelle
Une feuille pour la couvrir,
Et de sa retraite sonore
Où son chant seul peut la trahir,
Semble une voix qui vient d’éclore
Pour saluer avec l’aurore
Chaque rose qui va s’ouvrir.
L’air caresse, le ciel s’épure,
On entend la terre germer;
Sur des océans de verdure
Le vent flotte pour s’embaumer ;
La source reprend son murmure ;
Tout semble dire à la nature :
« Encore un printemps pour aimer! »

Ce que disent les hirondelles
(Théophile GAUTIER 1811-1872)
Recueil : Emaux et camées

Déjà plus d’une feuille sèche
Parsème les gazons jaunis ;
Soir et matin, la brise est fraîche,
Hélas ! les beaux jours sont finis !

On voit s’ouvrir les fleurs que garde
Le jardin, pour dernier trésor :
Le dahlia met sa cocarde
Et le souci sa toque d’or.

La pluie au bassin fait des bulles ;
Les hirondelles sur le toit
Tiennent des conciliabules :
Voici l’hiver, voici le froid !

Elles s’assemblent par centaines,
Se concertant pour le départ.
L’une dit :  » Oh ! que dans Athènes
Il fait bon sur le vieux rempart !

 » Tous les ans j’y vais et je niche
Aux métopes du Parthénon.
Mon nid bouche dans la corniche
Le trou d’un boulet de canon. « 

L autre :  » J’ai ma petite chambre
A Smyrne, au plafond d’un café.
Les Hadjis comptent leurs grains d’ambre
Sur le seuil d’un rayon chauffé.

 » J’entre et je sors, accoutumée
Aux blondes vapeurs des chibouchs,
Et parmi les flots de fumée,
Je rase turbans et tarbouchs. « 

Celle-ci :  » J’habite un triglyphe
Au fronton d’un temple, à Balbeck.
Je m’y suspends avec ma grille
Sur mes petits au large bec. « 

Celle-là :  » Voici mon adresse :
Rhodes, palais des chevaliers ;
Chaque hiver, ma tente s’y dresse
Au chapiteau des noirs piliers. « 

La cinquième :  » Je ferai halte,
Car l’âge m’alourdit un peu,
Aux blanches terrasses de Malte,
Entre l’eau bleue et le ciel bleu. « 

La sixième :  » Qu’on est à l’aise
Au Caire, en haut des minarets !
J’empâte un ornement de glaise,
Et mes quartiers d’hiver sont prêts. « 

 » A la seconde cataracte,
Fait la dernière, j’ai mon nid ;
J’en ai noté la place exacte,
Dans le pschent d’un roi de granit. « 

Toutes :  » Demain combien de lieues
Auront filé sous notre essaim,
Plaines brunes, pics blancs, mers bleues
Brodant d’écume leur bassin ! « 

Avec cris et battements d’ailes,
Sur la moulure aux bords étroits,
Ainsi jasent les hirondelles,
Voyant venir la rouille aux bois.

Je comprends tout ce qu’elles disent,
Car le poète est un oiseau ;
Mais, captif ses élans se brisent
Contre un invisible réseau !

Des ailes ! des ailes ! des ailes !
Comme dans le chant de Ruckert,
Pour voler, là-bas avec elles
Au soleil d’or, au printemps vert !

 

Et en échos, version musicale, Noir Désir

 

Résultat de recherche d'images pour

à l’envers, à l’endroit

A l’endroit, à l’envers, à l’envers, à l’endroit

Y’a t’il un incendie prévu ce soir dans l’hémicycle
On dirait qu’il est temps pour nous d’envisager un autre cycle
On peut caresser des idéaux sans s’éloigner d’en bas
On peut toujours rêver de s’en aller mais sans bouger de là

Il paraît que la blanche colombe a trois cents tonnes de plombs dans l’aile
Il paraît qu’il faut s’habituer à des printemps sans hirondelles
La belle au bois dormant a rompu les négociations
Unilatéralement le prince entame des protestations
Doit-on se courber encore et toujours pour un ligne droite ?
Prière pour trouver les grands espaces entre les parois d’une boîte
Serait-ce un estuaire ou le bout du chemin au loin qu’on entrevoit
Spéciale dédicace à la flaque où on nage, où on se noie

Autour des amandiers fleurissent les mondes en sourdine
No pasaran sous les fourches caudines

L’appartement

Avec ou sans toi, j’ai quelques problèmes
Tu t’en fous, Laura, j’suis désolé quand même
Si tu vas par-là, ça me convient aussi dépose-moi

Encore une fois, c’est d’en bas que j’appelle
Elle se penche parfois de son nid d’hirondelle
Daigne me recevoir, ne me laisse pas de place pour m’asseoir

« Voilà l’errante hirondelle, Qui rase du bout de l’aile, L’eau dormante du marais. » (Alphonse de LAMARTINE 1790 – 1869)
« Il n’y a que le coeur qui aille aussi vite que les hirondelles » (HENRI LACORDAIRE 1802 – 1861)
« Ainsi va le monde ici-bas. Le temps emporte sur son aile et le printemps et l’hirondelle, et la vie et les jours perdus » ( ALFRED DE MUSSET 1810 – 1857)

M.G

Publicités