Merci à Babélio,

premier challenge et découverte avec la Masse Critique…

Arracher le tapis…

C’est…. déchirer les écorces,

éplucher les différentes strates de l’intériorité pour arriver au plus près de soi, révéler son for  en ses moments de faiblesses, méticuleusement, en acceptant que certaines évanescences transpirent, révélées…

Accepter la droiture des règles, non pas comme seules contraintes érigées de façon titanesques et bloquantes, dictant la conduite, mais comme des balises, bouées à la mer, repères salvateurs qui aiguillent le moi, béquilles indicibles, qui assurent un équilibre entre l’émotionnel, les pulsions, les énergies.

Une écriture nerveuse, saccadée, rythmée, vive et piquante, comme une plongée en apnée dont on ressort….qui frôle parfois la frénésie et que je comprends…

Une typologie qui regroupe des réflexions, moments fondateurs, textes courts (2/3 pages) essentiels pourtant et si criants de vérité… :

7 références « RITES FONDATEURS, MES ANCRES FAMILIERES, PETIT THEATRE PERSONNEL, BROUILLAGES ET ENTRAVES, HALETEMENTS ET VERTIGES, ELOGE DE LA VIE CONJUGALE, PETIT CABINET DE CURIOSITES, ALIMENTAIRES. »

 

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Un genre d’anthologie intime, de moments privilégiés partagés:

Rites Fondateurs,

Les listes

« Plus j’avance en âge, et plus prend corps la hantise de ma disparition.aNgoissante perspective de ce qui va être interrompu.Vision de mon corps barricadé? de mon esprit impotent, invalide….Dans une autre part de moi, combler,tapisser.Peur de la brèche, des noms lâchés à la criée.M’appuyer sur les mots, comme si c’étaient des murs…..envahissement des listes. Au collège, à la maison.Partout. »

 

La folie ordinaire

La plupart du temps, je contrôle mes actions, gère mon comportement avec maîtrise et vigilance, jugule fermement mes accès d’humeur.(…)J’ai une capacité étonnante à me soumettre à la règle convenue, à enfouir ma tête sous l’aile, mais la rougeur, l’accès de folie, l’humeur caprine demeurent bien fichés au-dedans.Ce qui m’entrave et me retient, c’est le jugement des autres.Je m’installe alors dans une torpeur fade, sans risque, longeant des rails rectilignes, univoques qui font de moi une fausse ingénue.Ce n’est ma couenne épaisse.La vérité loge sous la peau, autre, irréductible.(…)Avoir conscience de ces multiples strates qui éloignent toujours plus du centre… »p43

 

Mention spéciale, féminine, Petit théâtre personnel,

 

Le rouge à lèvres

..me livre à un curieux passe-temps .Je me maquille de façon totalement outrancière, au moyen d’un rouge à lèvres particulièrement vif, criard,agressif……(….) suffit à me changer, à me rendre subitement terriblement féroce et vulgaire.C’est du moins ainsi que je me perçois, tandis que personne ne me voit,projetée…(…)..Je jouis secrètement de cette image clandestine.(…)Je suis celle que l’on voit à l’affiche, sur le devant e la scène.Femme de trottoir, fille de joie, créature de sang….(…)Juste une énergie sauvage, éruptive.(…)On m’a inoculé le sang de la pute, qui échauffe, déflore.J’ai les lèvres meutrières et la langue ravageuse.(…)Tout expire, je cesse mon jeu absurde.Je me demande pourquoi j’ai acheté pareil accessoire de maquillage… »

 

Sans compter « Arracher le tapis » et « La peur », et puis les entraves avec « Le distributeur de papier toilette, La piscine, le haiku »…et bien d’autres thèmes « Le guichet, la radio » etc…Une jolie découverte en somme, un format plaisant et agréable à lire et à relire..

M.G

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