In memoriam,

Anna Politkovskaïa,

Vue du balcon,

la scène n’en reste pas moins teintée de gravité.

Femme non-rééducable prend le parti de se concentrer sur l’intériorité et les perceptions de la journaliste, en retraçant sa feuille de route, derniers moments de sa vie, derniers voyages en Tchéchénie

« Prendre position, c est faire preuve d intelligence! »

leitmotiv scandé et revendiqué qui ne manque pas d’un certain courage…

Les menaces et intimidations ne suffiront pas  à entamer sa détermination.

Il faudra une solution,

disons plus radicale, » tôt ou tard « goutte à goutte »..

La scénographie est dépouillée,

au centre un cercle, aplat de brisures, pièces morcelées coupantes..Sobriété exigée : du blanc du noir et le discours du sang, du rouge, peut-être même si le sang est « marron épais » même si les odeurs venant des fosses sont insupportables… du poison aussi, Anna connaît, elle y a goûté..

Parfois une chaise apparaît sur la scène… un interlocuteur, soit il répond à Anna,justifiant la banalité des crimes commis, comme imprimés dans un quotidien fatal, soit pour interroger Anna,

car,

il faut bien identifier les ennemis, les opposants, les dissidents « les non rééducables » ceux qui sont assez dépourvus de raison, assez fous pour sortir des rails, pour ceux là.. Il n y a rien à faire..Il y a deux catégories : ceux qui sont redressables, (dont on sent bien tout ce que reflète le suffixe du potentiel -able) et les condamnés,  et ce n’est pas moi qui le dit…

« Les ennemis de l’état se divisent en deux catégories :Ceux qu’on peut ramener à la raison et les incorrigibles.Avec ces derniers, il n’est pas possible de dialoguer, ce qui les rend non rééducables… »
(Vladislav Sourkov, circulaire interne, bureau de la Présidence russe, 2005)

Anna a la mauvaise idée de vouloir exercer un métier, et de ne pas mâcher ses mots, devenant cible mouvante, s’intéressant aux affaires sensibles et à la Tchéchénie.

A la question « Comment parvenez-vous à faire encore votre métier de journaliste en Tchétchénie ?

Anna Politkovskaïa : J’agis de façon très directe, et je vais jusqu’au bout. Le pouvoir russe, qui est fort et obstiné, n’a de respect que pour les gens forts et obstinés. Et puis j’utilise tous les moyens de pression possibles : je réponds presque toujours aux invitations que l’on me fait à l’étranger pour des conférences ou des débats sur la Tchétchénie, car ce sont autant d’occasions d’enfoncer le clou sur cette guerre atroce. Je pense que cette notoriété internationale est ma meilleure protection.

Moscou, Anna Politkovskaïa a été tuée par balle dans sa cage d’escalier, à 48 ans.

« Elle aura sans relâche dénoncé les dérives du pouvoir russe. Elle était connue pour sa couverture critique des campagnes du pouvoir russe en Tchétchénie. Ironie du sort – Polikovskaïa a été assassinée le 7 octobre, le jour de l’anniversaire de Vladimir Poutine (né le 7 octobre 1952). »

Mais, ce n’est qu’une coïncidence…

Joli hommage,

rendu par la compagnie Souricière…Dasvidania, Anna.

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M.G

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