1938-1944,

Le livre ouvert,

inauguré par une dédidace à son fidèle Picasso

« Par ton audace tu prolonges notre vie,tu nous lies chaque jour un peu plus à cet univers sans défaut où notre espoir ignore les mirages.C’est à toi Pablo Picasso,mon ami sublime, que je dédie ce livre. »

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pas d’obscurité, de la clarté , poésie facile, (
c’était trop tentant , ce facile..)

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énoncé comme suit p.70

 

AU PREMIER MOT LIMPIDE

Au premier mot limpide au premier rire de ta chair

La route épaisse disparaît

Tout recommence

 

La fleur timide la fleur sans air du ciel nocturne

Des mains voilées de maladresse

Des mains d’enfant

 

Des yeux levés sur ton visage et c’est le jour sur terre

La première jeunesse close

Le seul plaisir

 

Foyer de terre foyer d’odeurs et de rosée

Sans âge sans raisons sans liens

 

L’oubli sans ombre.

 

 

 

Un autre, poème,

VERTUEUX SOLITAIRE

Je nommerai ton front

J’en ferai un bûcher au sommet de tes sanglots

Je nommerai reflet la douleur qui te déchire

Comme une épée dans un rideau de soie

 

Je t’abattrai jardin secret

Plein de pavots et d’eau précieuse

Je te ligoterai de mon fouet

 

Tu n’avais dans ton coeur que lueurs souterraines

Tu n’auras plus dans tes prunelles que du sang

 

Je nommerai ta bouche et tes mains les dernières

Ta bouche écho détruit tes mains monnaie de plomb

Je briserai les clés rouillées qu’elles commandent

 

Si je dois m’apaiser profondément un jour

Si je dois oublier que je n’ai pas su vaincre

Qu’au moins tu aies connu la grandeur de ma haine.

Pour aller plus loin…avec Eluard,

« L’expérience de lecture de Capitale de la douleur est évidemment tout autre : il ne s’agit pas d’un livre ouvert, mais au contraire d’un livre fermé, hermétique, qui en cela relève du trobar clus, toujours selon Roubaud. Non pas seulement du fait de sa difficulté, donc : mais aussi du fait du caractère inextricable des antinomies, qui présentent la douleur dans la joie et la douleur dans la joie, soit l’effet d’une belle dame sans mercy,  qui fait à la fois « pleurer et rire » (56), et « mourir de ne pas mourir ».
La thèse qui sera soutenue ici est que les deux livres, Capitale de la douleur et Le livre ouvert, qui se situent aux deux points opposés d’une trajectoire, s’éclairent l’un par l’autre, dès lors qu’on les place en miroir : la douleur qui s’exprime dans le recueil de 1926 est précisément ce qui devra être surmonté, supprimé, dans les recueils ultérieurs. Mais plus précisément – pour se placer dans un regard rétrospectif »
de Jean-François Puff, « Du livre ouvert au livre fermé : Éluard à rebours », Fabula / Les colloques, Eluard, Capitale de la douleur

M.G

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