Complètement béotienne, mais terriblement curieuse, j’anticipe avec Tchékhov et La Dame au petit chien,  (avant d’aller voir Anton et ses fameux Carnets, autant découvrir son univers) avec la préface de Roger Grenier :

« L’amour inspire souvent sa veine comique, voire burlesque (…)Mais l’héroine tchékhovienne par excellence, c’est la femme sensible, incomprise, rêvant ‘une autre vie, une vie inaccessible. »

 

 

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« Personne n’a compris avec autant de clairvoyance et de finesse le tragique des petits côtés de l’existence ; personne avant lui ne sut montrer avec autant d’impitoyable vérité le fastidieux tableau de leur vie telle qu’elle se déroule dans le morne chaos de la médiocrité bourgeoise . » Gorki

Quinze nouvelles,

toutes consacrées aux femmes,

Tchékhov se définit lui-même à la négative, non, il n’est pas passionné, mais il observe et s’amuse de la gente féminine et de ses petits travers sur un mode annecdotique plutôt sympathique. Il dissèque, examine au scalpel, comme le médecin qu’il était,  non sans une certaine misogynie, il avait d’ailleurs envisagé une Histoire de l’autorité sexuelle, dans laquelle la suprématie du sexe fort serait affirmée, et ce d’un point de vue zoologique, anthropologique, anatomique,etc.

Dans Zinotchka ( 3ème nouvelle ) « Ce n’est pas une grosse affaire que d’être aimé : les dames ont été créees pour cela »…Je ne lui en tiendrai pas rigueur…

Extraits /  ma petite sélection :

 Beautés

« J’avais devant moi une beauté et je le saisis du premier regard comme on saisit un éclair « (ed.folio classique) » En parlant de Macha « La sensation que j’éprouvais éatait étrange. Macha n’éveillait en moi ni désir,ni enthousiasme, ni volupté, mais une tristesse était vague, confuse comme un rêve.(…) Tout le secret et le sortilège de sa beauté résidaient justement dans ces petits mouvements,infiniment élégants, dans son sourire, dans le jeu de sa physionomie….C’était une de ces beautés papillonnantes à qui vont si bien la valse(…).

La Princesse

« La princesse avait l’impression qu’elle apportait exactement du dehors la même joie que le rai de lumière que l’oiseau. »

Douchetchka

« Les pensées de son mari étaient les siennes.(…)Et surtout_c’était le pire__, elle n’avait plus d’opinions(.. )Oh, que c’est affreux de ne pas avoir d’opinion! »

Douchetchka agit par mimétisme totalitaire, si j’ose dire, dès qu’elle se marie, elle adopte les mêmes opinions, valeurs et préceptes que son mari, comme son si existence ne valait que correlée, façon co-existence en fait, ou non-existence…

La Dame au petit chien

« Dans la rue, il suivait les femmes des yeux, en cherchant une qui lui ressemblât…Déjà il brûlait du désir de faire part à quelqu’un de ses souvenirs(…)

« On aurait dit en vérité un couple d’oiseaux migrateurs, le mâle et la femelle, que l’on aurait capturés et contraints de vivre dans deux cages séparées .(…)

Alors commencerait une vie nouvelle, magnifique, mais ils voyaient bien tous deux que cette fin était encore loin, bien loin, et que le plus compliqué, le plus difficile, ne faisait que commencer. »

Une première rencontre donc avec cet auteur, qui a su aiguisé ma curiosité et me faire rire.

M.G

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