Juste ébréchée, la petite tasse de vaisselle anglaise aux motifs fleurs tendre, fine porcelaine aux petits reflets nacrés, logée dans son compartiment, dorlotée et nichée au coeur de papier de soie, rosée. Celle-là trouve sa place aux côtés des autres, des centaines d’autres, comme estampillées, sur lesquelles je veille, précieusement, jalousement, comme si chacune d’elles était menacée.

De quoi d’ailleurs ?

Je me demande bien : d’extinction ? Peut-on imaginer un jour la disparition ultime et programmée des tasses ? Est-ce vraiment crédible ?

Chacune a sa place, bien définie, et nulle part ailleurs qu’à sa place.Elles sont vestiges d’un autre temps, d’un épisode gustatif certain. Ce n’est pas celle-là que je préfère bien sûr, si le choix était si évident, si elles n’étaient pas toutes si belles, je ne me sentirai pas l’obligation de toutes les conserver, de les chouchouter ainsi.

Chaque jour, j’admire, j’observe, je contemple, je fixe…

Bon, j’admets, je suis bolophile..C’est venu comme ça, un jour, un détour, je suis tombée sur ma première tasse, elle était originellement ébréchée, à se demander de nous deux,  lequel était le plus fêlé…

M.G

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