Il fait beau jour et nuit,

peut surprendre par sa  petite folie, j’ai beaucoup aimé cette troisième pièce avec Zelda, trentenaire tout juste guérie, sortie de l ‘asile et recueillie par son « Etienne » de mari et sa meilleure amie Doris.

Ceux-ci sont si pétris de bonnes intentions à son égard..

Zelda :

« Que s’est-il passé? » Acte I sc2,

Etienne

« L’Amour ma chère.

Zelda

« …L’amour. plus fort que l ‘ennui? C’est invraisemblable .Là,en effet,on peut parler de folie… »

Etienne

« Ne confonds pas tout ma chérie :t u n’as jamais été bête, tu as été folle, ça n’a rien à voir. C’est plus grave, la folie, mais c’est moins humiliant que la bêtise » (ibidem)

Zelda

« Tu as raison. C’est un sujet à éviter, il faut que je m’y entraîne.La folie c’est comme la syphilis, n’est-ce pas? On est toujours suspect après, jamais blanchi pour de bon.(…) Il y adeux maladies qui font baisser le ton aux gens, ainsi : le cancer, d’abord : ils prennent un ton bas, apitoyé; et juste après, la folie : ton bas, vaguement égayé.On dit : « Machine est devenue folle, la pauvre. »

 

La rencontre de Zelda et de Paul, racontée par Paul 50 (à l’asile), rêveur et suivie par Tom, époux de Doris:

Tom

« Je trouve votre récit poétique, quand même. Et que dit Paul ?

Paul

La première fois, Zelda est arrivée entre deux infirmières, comme toujours la première fois.Elle avait un chapeau blanc qui lui cachait le visage, et je n’ai pas vu tout de suite qu’elle était aussi jolie. Enfin, « jolie »ce n’est pas le mot, je n’ai pas vu qu’elle était irrémédiable…Je ne savais pas qu’il y avait des gens irrémédiables.

Tom regardant Zelda

C’est vrai que ce mot lui va bien…Zelda, l’irrémédiable Zelda…

Paul« 

ça sonne comme un danger, non, « irrémédiable »? Et pourtant, quand je l’ai vue la première fois, Zelda n’avait pas l’air d’un danger : elle avait l’air d’être en danger elle-même.Elle m’a fait l’effet d’une hirondelle, Zelda, cet été-là.Elle se cognait partout, mais elle avait le courage, la grâce, la gravité des hirondelles…Un temps

ça m’a fait un drôle d’effet de la retrouver ici, dans sa tribu d’oiseaux de proies. »Acte II, Sc2

Très jolie, cette image de l’hirondelle…

On retrouve le milieu bourgeois dépeint si souvent par Sagan, par décence comme elle le dira elle-même, ses personnages ne connaissent pas de drames, ils  jouent le dramatique, Zelda devient un temps théâtrale et prend la posture d’« Antigone ». Le thème de la folie, plus grave, comme étreinte et confusion de la réalité, perdition de soi-même aux limites de l’inconscience reste, avec Sagan,poétique et léger, petite glissade en pente douce…

M.G

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