Houellebecq marque son territoire,

Goncourt 2010,

photographie figée …version polysémique, « géographie humaine », physique et politique..

P.82  » (…) l’agrandissement d’une carte Michelin »Département » de la même zone. Le contraste était frappant: alors que la photo satellite ne laissait apparaître qu’une soupe de verts plus ou moins uniformes parsemée de vagues taches bleues, la carte développait un fascinant lacis de départementales, de routes pittoresques, de points de vues, de forêts, de lacs et de cols. Au-dessus des deux agrandissements, en capitales noires, figurait le titre de l’exposition : »LA CARTE EST PLUS INTERESSANTE QUE LE TERRITOIRE. »

Rencontre avec le milieu artistique et littéraire avec « Beigbeder », sans compter « Houellebecq « lui-même qui joue son rôle d’écrivain connu, quitte à disparaître, autant que ce soit en étant assassiné, version « Pollock. ».

Abstract Jackson Pollock Painting Original Art Titled: Move It

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P.276

« En plus, la victime était célèbre…ajouta Ferber.

_C’était qui ?

_Michel Houellebecq »

Jed, l’artiste,

p.122″Jed bénéficiait avec Layla de cette espèce d’exception d’extra-territorialité qui est depuis toujours accordée aux artistes par les filles.C’est peut-être un peu Layla, mais plus sûrement Geneviève, son ancienne amie malgache, qui est évoquée dans une de ses toiles les plus touchantes, « Aimée, escort-girl », traitée dans une palette exceptionnellement chaleureuse à base de terre d’ombre, d’orange indien et de jaune de Naples »

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Carte de France Grandes Routes aux éditions Michelin
Echelle au 1/1 000 000
Format H x L : 100 x 111 cm
Mise à jour 2016 – Nouvelles Régions Administratives

Petit parallèle, tomber dans le piège ?

Le piège territorial : Les présupposés géographiques de la théorie des relations internationales

Quand bien même le pouvoir politique serait territorial, la territorialité n’implique pas nécessairement les pratiques d’exclusion mutuelle totale que lui attribuent les conceptions dominantes de l’État moderne. Cependant, dans les théories des relations internationales, lorsqu’il est question de la territorialité d’un État, la discussion est presque toujours menée dans les termes de la persistance ou de l’obsolescence d’un État territorial compris comme une entité inchangée et non dépendante des circonstances historico-géographiques variées. Cette approche est remise en question par les évènements contemporains. La fin de la Guerre froide, la vélocité et la volatilité croissantes de l’économie mondiale et l’émergence de mouvements politiques hors du cadre des États territoriaux, suggèrent qu’il faut comprendre la territorialité des États dans un contexte historique. Les trois présupposés géographiques sur lesquels s’appuie la pensée orthodoxe (les États comme des unités fixes d’espace souverain, la polarité intérieur/étranger et les États comme des « conteneurs » des sociétés) aboutissent à un « piège territorial ».

Autre critique éclairante

« (…)Si l’une des nombreuses lectures de ce texte d’une densité et d’une richesse impressionnantes est celle d’une vision du monde rompue à la manufacturisation de tout, à la mise à mort de l’authenticité (le territoire, ou le terroir) pour mieux l’imiter en la caricaturant à la norme mondialisée, à l’avènement de l’argent-roi qui tue tout sur son passage, même les écrivains, le livre est aussi la preuve que Michel Houellebecq refuse de se manufacturer lui-même.

Plutôt que de s’imiter, l’auteur va se démultiplier. Car La Carte et le Territoire est avant tout un formidable autoportrait de Michel Houellebecq, en écrivain, en artiste, en enquêteur, en homme ou en chien, en solitaire qui n’a plus rien à attendre de l’humain passé de la société du spectacle à celle de la consommation. Rarement on aura vu un écrivain se faire apparaître avec une distance aussi comique que glaçante, avec tendresse aussi, comme s’il était observé par un autre, dans son propre roman. Un roman à la structure complexe, vertigineuse, galerie des glaces qui donne le tournis : au-delà de sa propre apparition, l’écrivain va s’incarner aussi dans ses autres personnages, devenus autant d’avatars de lui-même. »

Exrait d’un article de  Nelly Kaprièlan, 29/08/2010, les Inrocks.

Aux passionnés des cartes..

 Michelin/

M.G

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