Un appel silencieux de l’Humeur vagabonde,

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de Blondin Antoine dont le titre ne pouvait me laisser indifférente, il traînait en édition poche avec sa couverture délicieusement désuète.

L’intrigue reste sommaire et discrète, mais bourrée de références qu’on ne peut ignorer :  Benoît Laborie, le protagoniste, jeune provincial, joue au Rastignac balzacien et monte découvrir la vie parisienne, délaissant sa campagne, sa femme Denise et ses deux orphelins, soutenu par une mère qui rappelle sans nulle doute, une certaine Emma Bovary… .La vie hallucinée et les errances de ce petit rêveur solitaire,  les visites et itinérances de l’illustre cimetière du Père-Lachaise et de ses pensionnaires, le mène de déconvenues en déconvenues, seule l’errance compte, bien plus que l’ambition monstrueuse.

La grande Capitale ne s’offre pas par ses opportunités mais davantage par ces prétextes à la rêverie. Ainsi, Benoît ne trouve-t-il pas sa place au sein des soirées galantes et des divers salons mondains et ce, malgré les relations issues de son nom, de l’influente marraine et des cousins éloignés. Et quel style, du littérateur!

Pour le départ inopiné de Benoît :

« Chacun de ses gestes, qui contribuait à m’effacer de notre domaine, était une invitation au départ. A la fin, il ne me resta plus que le sentiment presque grisant de constater ma propre absence et que cette absence ne laissait aucun vide : le quotidien allait sans moi.Surnuméraire à l’intérieur de mes frontières, la porte m’étais ouverte; je m’y précipitai »

 

« Mon prénom rejeté au bord du silence me parut solennel. Il vibrait entre nous, comme s’il eût été le mot de la fin »

 

Une rêverie« Toute ma malice se dissipait dans les vapeurs d’un âge nouveau. C’était l’aurore du monde. Hésitant entre la rive gauche et la rive droite, sautant de l’une à l’autre, j’allais sans but, cueillant ici le Sacré-coeur dans l’échancrure d’un toit, là la Tour Eiffel, heureux que le Pont-Neuf fût à l’endroit que lui assignait le catalogue de la Belle Jardinière. Je ne m’étais pas trompé de planète.(…) Je m’acclimatais à cette idée qu’il était naturel qu’aucun être humain, ce jour-là, ne fût de Paris, sauf moi ».

Des rêveries à la figuration, un pas à franchir pour Benoît qui peine à s’approprier sa propre vie et est dépassé par l’unique événement et sa teneur tragique ( Denise ?) qui lui octroie enfin un petit rôle dans cette vaste comédie humaine.

M.G.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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