Delerm avec ses courts textes nous replacent dans l’instant, la capture de petits riens pour lesquels on s’extasie avec la Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (34) qu’il recense joyeusement.

 

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Le second nous renvoie à cette inéluctable idée que plus l’on vieillit, plus on semble décalé avec son époque, déphasé, une certaine appréhension peut -être rapidement balayée par les petites touches d’humour, non, pas de risque soudoyé de devenir réac avec Delerm.

Il arpente et décortique à travers 42 expressions les petites saynètes dans lesquelles on peut se retrouver,

Ma petite sélection :

« Vous n ‘avez aucun nouveau message(…)

Message.Le mot est fort, porteur d’une humanité presque romantique.L’absence de message renvoie par contraste à la sécheresse clinique de notre situation expectante.Nouveau.Oui, c’est du nouveau que nous attendons, du nouveau que nous voulons expurger de cette boîte diabolique (…) et puis aucun, surtout.(…)Pas la moindre miette de communication qui daignerait glisser vers votre misérable personne. A quoi bon vous acharner? »

« Joli chapeau madame(...)

On baignait là dans une galanterie déjà un peu surannée à l’époque, mais qui jouait ton sur ton avec le monde du tennis.Le bon peuple accédait à la cérémonie, mais il approuvait à distance.Joli chapeau madame »

et mon préféré ( allez savoir pourquoi) « C’est vraiment par gourmandise (…)

Les plus goulus ont accepté de reprendre une part de charlotte_et même une lampée de crème anglaise_avec un « ce n’est pas raisonnable » qui a séduit par sa jovialité, tempérée pour la forme d’une once de mauvaise conscience au moins simulée.(…) C’est quand même un peu spécieux d’employer ce mot de péché capital pour négocier le triangle de charlotte le plus menu.Disons que c’est habile.On revendique la gourmandise au moment où on la condamne et la réduit.L’amour-propre e la cuisinière sera sauvegardé par cette évocation d’une irrépressible envie tout à fait réprimée.Comme toujours, l’adverbe est de mauvais aloi.Vraiment.(…). »

M.G

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