Suite attendue de l’histoire de reconstruction de Diane dans Les gens heureux lisent et boivent du café. Celle-ci retrousse les manches et se réapproprie « Les Gens » (son café littéraire), elle se remet, aidée de Félix, mais garde en mémoire sa rencontre avec Edouard et sa famille irlandaise, c’est si loin, tout ça…Tout en faisant abstraction, on la voit avancer toujours sur le fil du rasoir et on espère qu’elle sortira guérie et plus forte. Heureusement, Félix, plein d’entrain, veille toujours, quitte parfois à la materner un peu, et tente maladroitement de la recaser:

« S’il te plaît, arrête de jouer à Meetic, je n’en peux plus de ces soirées ratées. C ‘est décourageant!(…)

_Non je n’arrêterai pas. Je veux que tu rencontres un type bien,sympa, avec qui tu seras heureuse.

_Tu ne me présentes que des guignols, Félix ! »

Félix passe au second plan (dommage, c’est un sacré phénomène ! ) dans cette suite qui se focalise davantage sur Diane et son avenir.C’est chez elle, chez les Gens, qu’elle rencontre finalement  Olivier, personnage attachant et irréprochable, mais on pressent que la situation est autrement plus complexe pour Diane, surtout quand elle s’engage (on se demande tout comme elle le fera, si elle ne brûle pas trop vite les étapes, craignant une rechute… ) avec Olivier , et qu’Edouard réapparaît subitement (la tuile ! ).

L’inattendu bouscule Diane remuant et suscitant une lutte intérieure, qu’elle refuse d’abord de mener ( phase de déni ), complexifié par un nouveau deuil.( la vie est facile ? )

Ce qui est intéressant, c’est que le lecteur garde toujours une avance sur Diane, comme s’il soupçonnait l’inéluctable, anticipation, dont il ne peut que se réjouir.

C’est bien le fil conducteur de cette histoire, le travail du deuil (expression freudienne utilisée par Sigmund  Freud dans Deuil et Mélancolie, 1917) et de la reconstruction, à travers ses différentes étapes : la pénible et douloureuse confrontation à la réalité brutale,( non présence, absence ) à savoir la perte d’un être cher (et ça, Diane, elle cumule !) qui de fait, présuppose le retrait de la » libido » (entendons de l’énergie psychique liée à l’attachement), puis la « rébellion compréhensive » ou l’acceptation de la perte de cette énergie investie dans l’affectif à l’épreuve du temps, ce qui permet alors au moi (comme instance psychique) d’achever le travail de deuil.

« Le deuil est régulièrement la réaction à la perte d’une personne aimée ou d’une abstraction mise à sa place, la patrie, la liberté, un idéal, etc. »

— Sigmund FREUD, Deuil et mélancolie.

 

La situation va  donc psychologiquement se corser pour Diane.

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Le ton reste léger comme nous le suggère le titre, on espère une fin heureuse pour Diane, comme une promesse (ne t’inquiète pas),

je n’en dirai pas davantage et vous laisse découvrir, si je ne m’abuse une version cinématographique est envisagée..

M.G

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