Au vue de l’importance de Charlotte pour Foenkinos, il me fallait le lire…et l’illustrer en partie, la petite Charlotte Salomon…

CHARLOTTE SALOMON

Charlotte et son père, le Dr Albert Salomon, Berlin, 1938 ©

JEWISH HISTORICAL MUSEUM D’AMSTERDAM.

Quelques oeuvres éclats de couleurs…

Charlotte Salomon Musée Masséna Nice

 

 

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Charlotte

c’est la généalogie des suicides,

une histoire de famille,

variations du thème avec la défenestration,

la pendaison,

de mère en fille, comme inéluctable,

pour toile de fond la haine féroce déployée par le nazisme.

Comme une malédiction familiale,

«  Une perfection dans la violence.

La mort d’une jeune fille de dix-huit ans .

La mort de la promesse Franziska (mère de Charlotte) estime qu’il y a une hiérarchie dans l’horreur.

Un suicide quand on a un enfant est un suicide supérieur.

Dans la tragédie familiale, elle pourrait occuper la première place » p25 (NRF)

un héritage brutal  teinté de mélancolie dépressive,

une idée de la folie,

« Sa démence n’offrant aucune pause, on ne la laissait jamais.On la surveillait sans cesse, potentiel assassin d’elle-même ».

 

 

Stolpersteine:

Résultat de recherche d'images pour "charlotte salomon plaque"

  ou plaque commémorative aux déportés, celle de Charlotte…

 

 

 

 

 

Quand l’écrivain raconte dans Charlotte, un peu à la façon d’une mise en abyme, sa rencontre avec Charlotte Salomon,

c’est un hasard,

de l’ improbable,

puis un choc,

une obsession:

« On se crée des liens comme on peut »

« La connivence immédiate avec quelqu’un.

La sensation étrange d’être venu dans un lieu[…]

J’étais un pays occupé. »

 les difficultés,

les recherches,

les prises de notes,

l’écrivain nous livre la genèse de Charlotte,

l’errance:

« J’ai parcouru son oeuvre sans cesse.

J’ai cité ou évoqué Charlotte dans plusieurs de mes romans.

J’ai tenté d’écrire ce livre tant de fois.[…]

Quelle forme mon obsession devait-elle prendre?  […]

Et…il faut avouer,

la forme est assez

inédite,

du roman teinté d’éléments biographiques

à la typologie poétique,

alternances de blancs

et de rythmes qui balancent et qui se justifient

par l’écriture elle-même:

« Je n’arrivais pas à écrire deux phrases de suite.

Je me sentais à l’arrêt à chaque point.

Impossible d’avancer.C’était une sensation physique, une oppression.

J’éprouvais la nécessité d’aller à la ligne pour respirer.

 

Alors, j’ai compris qu’il fallait l’écrire ainsi ».(p.71).

Pari réussi…

Je ne connaissais pas l’artiste, me suis surprise pendant la lecture à chercher quelques unes de ses oeuvres, son histoire est sombre, un genre d’artiste maudite par son histoire personnelle et la tragédie familiale peu commune, comme si l’artiste ne pouvait s’épanouir que dans la torture ( j’entends psychologique comme physique)  et comme si les synesthésies n’opéraient  qu’effleurant une  certaine idée de la souffrance…

M.G

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