Questions qui t’assaillent, te taraudent quand tu décides d’écrire (un peu ) et dont tu ne peux te débarasser, même si tu as déjà quelques prémices ou intuitions de réponses, pour moi, ça donnerait un genre de monologue intérieur, (à défaut).

A mon interlocuteur muet.

Je me demande : » Quand est-ce que tu es certain que ton texte est fini/ achevé et que tu ne vas pas en écrire une énième version »? ( j’ai déjà en tête quelques éléments de réponse, je repense aux brouillons de certains écrivains célèbres, Flaubert, Zola, Baudelaire, Hugo et même aux analyses portant sur les brouillons, si si il y en a !!..)

______Le faux muet : un sentiment de satisfaction,plus rien… à ajouter, simplement, quand tu poses le point et que t’as le sentiment d’avoir tout dit, il ne manque rien.

J’enchaîne alors: »Mais est-ce que toute rédaction passe par ces différents stades écrire/raturer/reformuler/améliorer/recommencer…? « Est-ce qu’il y a des étapes stades d’écriture incontournables? »Un texte peut-il être « bon » s’il vient d’un unique jet d’encre?

______Le faux muet : Tu sais bien, ce n’est pas aussi simple, parfois certaines bribes, tournures s’imposent à l’esprit,des évidences, elles débordent et doivent » s’ex-primer » au sens propre du terme, sortir et laisser place, » lester » comme tu le dis. Penses » aux pouvoirs »., « à la mare aux mots »..Les règles ne sont pas figées, c’est ce qui fait la beauté de l’écriture.L’écriture ça peut-être sérieux, avec les témoignages,  les récits de vie, l’autobiographie, tu le sais ça, tu l’as suffisamment étudié..J’acquièce : oui , c’est vrai, je me remémore les corpus sur l’autobiographie, Yourcenar, Sarraute, les Confessions de Jean-Jacques…et comment Starobinski parle de transparence, vérité du coeur, sincérité et écarts avec la réalité..Tu sais aussi que ça n’est pas aussi » limité « sinon ce serait bien triste, n’oublies pas,  le côté ludique, l’évocateur, toi qui revâsses si facilement…C’est vrai, j’ai immédiatement de la poésie qui traîne en tête, tu sais comme les refrains que tu voudrais brailler à tue-tête!! Je repense aussi à l’écriture automatique, aux jeux de mots, cadavres exquis, figures de styles …Tiens là, tout de suite, je repense »à  fil et aiguille » d’Eluard et Man Ray dans les Mains libres et à l’analyse…

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Ca y est, ça commence à bouillonner, ça part dans tous les sens là, genre feux d’artifices intérieurs qui fusent,

 Explosion de poudre colorée sur le fond blanc Photos stock

de l ’emmêlement intempestif:

des mots,

des phrases,

des tournures,

et il faut ralentir la frénésie, débiter, éplucher,couper, émincer, mélanger,mixer, trouver les bons accords, ceux qui ravissent, plaisent au palais, régalent.

Tu dois le faire, tu sais.

.Je réponds au faux muet :

oui, il faut goûter…c’est ça??… pour saisir l’essence, sentir l’amertume,.les textures…c’est comme ça que tu peux corriger, rectifier les assaisonnements.

Et comment tu sais quand tu vas trop loin, je veux dire, moi j’ai cette tendance, toujours trouver des liens, un genre d’esprit de synthèse un peu détraqué, une boussole dont l’aiguille serait comme figée, du coup, je me dis c’est pas un peu farfelu et délirant, un peu fou tout ça? Le faux muet : tu peux jamais savoir, fies-toi à ton instinct, ne brides pas, prends juste le temps___ ne te précipites pas..

 Explosion de poudre colorée sur le fond blanc Photos libres de droits

Il surenchérit : tu feras des faux pas, tu te tromperas dans les mesures, comme tu t’évades souvent et que tu peines à rester en ce monde, petite rêveuse, il faut l’accepter, et puis les essais…à force..ils transforment la tambouille, il la sublime en petits mets d’exception.

 

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