La 4ème de couverture annonçait « histoire troublante, obsessionnelle, mais aussi réflexion fascinante sur les sources de la création (comprendre littéraire/écriture), la tentation de la folie et le langage secret de l’amour », ce que je confirme.

L’obsessionnel oui, ce qui revient sans cesse et ne veut se faire oublier, ce  qui s’impose déraisonnablement et de façon complètement absurde à l’esprit, le ressassé perpétuel, de Lisey, avec les mots de Scott, son défunt mari, l’écrivain à l’imagination fertile, l’auteur des best-sellers, pourtant « Elle aurait cru que deux ans auraient suffi pour que l’étrangeté s’efface, mais non; le temps apparemment ne faisait qu’émousser le tranchant le plus acéré du chagrin, de sorte qu’il te hachait menu au lieu au lieu de te découper en tranches.Car tout n’était pas idem »p.30.

Ce sont « les nards » qu’ils soient de « bons nards » issus du « re-nard » des divers » traque-nards » et  du « narre » et qui jalonnent le roman come une litanie, un envoûtement.

Un jeu de piste à suivre pour Lisey, guidée par une voix qui résonne et sonne familière, avec arrêt prolongé aux stations et, en tentant de ne pas sombrer inexorablement dans la folie.

Un thème qui revient fréquemment  chez King, qui sait nous entraîner aux bords/rebords/abords de la confusion, de façon toute machiavélique « Faut que j’arrête tous ces ding-dong pour les freesias »  « pas la moindre toufue idée de ce que je raconte » avec des expressions décalées et la confusion ou l’inversion des lettres « foutue/toufue » (genre t’es en train de perdre la boule là, tu te mélanges les pinceaux, ça tourne pas rond dans le bocal!!!) et ça King, le maîtrise parfaitement « L’esprit harassé est la proie la plus facile pour l’obsession ».

La nuit et l’obscurité est son alliée, la lune, le monde de « Na’ya lune » loin de réconforter,

« La lune. Oui, la lune. Une lune bouffie, junkie, d’un orange sanglant, si subitement différente des aurores boréales et du froid meurtrier qu’elle venait juste de laisser derrière elle,..Elle avait , cette lune, la folie des étés lascifs, un éclat osbcurément délicieux, elle illuminait mieux que Lisey ne l’aurait voulu la vallée derrière le défilé de pierre près de la mare. P 495″.

Heureusement pour Lisey, Scott est là pour murmurer :

« Là, c’est le barda total.MIRALBA ? babylove »  échos échos « Miralba, babylove__ArRIMe Le barda quand faut y aller faut y aller ».

Je ne donnerai pas toutes les clés… il faut suivre la vallée, le paysage… intérieur et les 757 pages,  « les collines câlines et l’arbre miam-miam, la mare aux mots » de tout à chacun pour saisir et effleurer le royaume de l’imaginaire  et les âffres de l’écritures, les éthers…

 

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