2ème roman de Muriel Barbery , il m’a laissé une impression mitigée:

je m’explique, j’ai adoré la polyphonie des voix, la construction narrative, avec Mme Michel ou Renée la concierge » faussement quelconque, banale » mais d’une redoutable finesse et de Paloma, adolescente anticonformiste et pessimiste au ton tranchant; dont on attend finalement  qu’une chose : leur rencontre, mais j’ai trouvé certains passages trop longs et à la limite d’un certain « pédantisme » plutôt que du raffinement annoncé (notamment sur ceux de Renée) et de fait, frisant dangereusement avec la petite indigestion, mais je vous rassure pas de quoi vous faire renoncer pour autant..

D’ailleurs je compte bien le relire, il aura une place  de choix dans ma bibliothèque.

Quelques passages  » élégants »:

« Mme Michel, elle a l’élégance du hérisson : à l’extérieur, elle est bardée de piquants, une vraie forteresse, mais j’ai l’intuition qu’à l’intérieur, elle est aussi simplement raffinée que les hérissons, qui sont des petites bêtes faussements indolentes, farouchement solitaires et terriblement élégantes. »

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« Il y a toujours la voie de la facilité, quoique je répugne à l’emprunter. Je n’ai pas d’enfants, je ne regarde pas la télévision et je ne crois pas en Dieu, toutes sentes que foulent les hommes pour que la vie soit plus « facile ». Les enfants aident à différer la douloureuse tâche de se faire face à soi-même et les petits-enfants y pourvoient ensuite. La télévision diverti de l’harassante nécessité de bâtir des projets à partir du rien de nos existences frivoles ; en circonvenant les yeux, elle décharge l’esprit de la grande oeuvre du sens. Dieu, enfin, apaise nos craintes de mammifères et l’insupportable persepective que nos plaisirs prennent fin un jour. Aussi, sans avenir ni descendance, sans pixels pour abrutir la cosmique conscience de l’absurdité, dans la certitude de la fin et l’anticipation du vide, crois-je pouvoir dire que je n’ai pas choisi la voie de la facilité. »

D’ailleurs, rien de mieux qu’un livre qui vous ne vous satisfasse pas idéalement, la preuve d’une » résistance »appelant de pair une certaine qualité…

Il est des livres qui vous laissent sur votre faim, perplexes et cois, d’autres qui vous frustrent totalement et en même temps vous attirent irrémédiablement, comme les chants des sirènes, c’est je crois, en cela qu’ils sont particulièrement réussis.

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