Oraison funèbre

Toujours la même angoisse, la même peur viscérale qui coule dans vos veines et creuse les flancs, paralysant vos membres…Suis de celles qui sont juste terrorisées, anéanties devant l’inachevé, l’insignifiance..Je me suis toujours demandé et si…si demain…si tout s’arrêtait …si le silence absorbait tout, s’il taisait les corps et les voix, s’il volait chaque battement à tout rompre, que resterait-il ? Seraient-ils nombreux à venir ? En aurai-je touché comme si l’aura pouvait effleurer, chambouler, irradier? A quoi bon cette éraflure dans le marbre, ces mots de compassion si, du vivant, tu ne fais que toucher les vestiges? Survoler l’existence primitive…Seraient-ils nombreux, penchés, épanchés pour me regretter? Seraient-ils nombreux à fleurir cette tombe? L’éclosion des souvenirs…Si ça leur fait plaisir, je ne suis plus là après tout…Peu importe ce qu’ils laissent à mes pieds, mots, larmes, fanes, tant qu’ils laissent une trace, tant qu’ils lestent l’espace.

M.G

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